MOUTON
Îicue ; 3/. d'Islande, la Physcic ou Lichen d'Islande ; . terrestre, le Lycopode.
Mousse de Corse ou de mer, ou Varech vermifuge, dite aussi Dentelle de Vénus, Anadyomène, espèce d'Algue du genre Gigartine, commune dans la Méditerranée et que l'on récolte principalement sur les rochers qui hordent la Cors»?. La mousse de Corse passe pour vermifuge; sa vertu parait avoir été connue des anciens, mais elle était tombée dans l'oubh, lorsqu'en 1775 un médecin corse remit ce remède en usage.
MOUSSONS de l'arabe mausim, époque fixe]. On nomme ainsi des vents périodiques qui régnent prmcipalement dans les mers resserrées ou formant de vastes golfes. Ils soufflent pendant six mois de l'année dans un sens et pendant les SIS autres mois dans l'autre : ils sont dus à l'inégal échauffement des terres et des mers par le soleil aux différentes époques de l'année. Dans nos climats, par exemple, à partir du mois d'avril réchauffement moyen de la terre est plus grand que celui de la mer ; l'air, échauffé au contact du sol. s'élève dans l'atmosphère en laissant un vide que vient combler de l'air arrivé de la mer : le vent souffle donc de la mer vers la terre : c'est la mousson du printemps. Le contraire a lieu à partir du mois d'octobre et le vent souffle de la terre vers la mer : c'est la mousson d'automne. Dans l'hémisphère austral, où les saisons sont inverses, le phénomène des moussons est lui-même renversé, et la mousson du printemps souffle vers la mer, tandis que la mousson d'automne souifle vers la terre. Le changement de sens des moussons en im lieu déterminé s'effectue quelquefois lentement et produit un calme, plus ou moins prolongé ; d'autres fois il s'effectue brusquement et est ainsi la cause de violentes tempêtes. — C'est principalement dans la mer des Indes que l'on observe les moussons les mieux caractérisées : elles y soufflent du sud-ouest d'aM'il à octobre, et du nord-est pendant le reste de l'année. Dans nos contrées, elles sont moins sensibles: cependant, sur les côtes de la Méditerranée pendant l'été, le vent vient à peu près constamment du nord, tandis que pendant l'hiver il vient du midi. Ces vents constants, qui sont de véritables moussons, dues aux variations de température du sol aride de l'Afrique et principalement du Saliara, étaient déjà connus des anciens, qui les désignaient du nom de vents étésiens.
MOUSTAC, espèce de Singe du genre Guenon.
MOUSTACHE. La mode de porter des moustaches remonte aux temps les plus anciens : les Grecs et les Rf>mains l'adoptèrent et l'abandonnèrent tour à tour. Les Orientaux, les Chinois surtout, l'ont conservée constamment,
Î|uoique se rasant le reste de la barbe. Elle existait chez es Franks, à l'époque de l'invasion. Cet usage se perdit au ix° siècle et reparut avec les croisades. Presque abandonnée vers la fin du xm" siècle, la moustache reparut sous le règne de François I"", et fut à la mode jusque sous Louis XIV. — Dans l'Armée, les grenadiers seuls avaient le droit de laisser croître leurs moustaches. In règlement de lan xiii (1805) l'étendit à toute la cavalerie, les dragons exceptés. Accordé aux officiers en 1821, ce privilège a été concédé à tous les militaires en 1852. Auj. le port même de la barbe tout entière est laissé à la discrétion des soldats. Voy. garde.
On appelle encore moustaches, chez les Mammifères, nu ou plusieurs pinceaux de poils gros, longs et peu flexibles, droits ou contournés, qui naissent de la lèvre su|)crienre : ces moustaches sont souvent érectiles, et d'une sensibihté excessive, parce que les nerfs qui se rendent dans leurs racines sont très développés. Les chats, les phoques, les écureuils.les porcs-épics, les chinchillas, etc., en sont pourvus. — Chez les Oiseaux, c'est la réunion de plumes ou de poils raides qui partent de la base du bec.
On donne \nilgairement le nom de Moustache à la Mésange barbue et à plusieurs espèces de Corbeaux et de Drongos, ainsi qu'à plusieurs poissons de la famille des Siluroïdes. à cause des barbillons dont ils sont pourvus.
MOUSTÉRIENNE (époque). Voy. préhistorique.
MOUSTIQUES ;dc l'espagn. mosquitos, petites mouches), nom vulgaire employé aux colonies pour désigner les Cousins ou Maringôuins. Ces insectes y sont plus gros que dans nos climats et font une piqûre bien plus douloureuse. Pour s'en préserver, on enveloppe les lits de rideaux de gaze ou de mousseline lines, appelés moustiquaires.
MOÛT (du lat. mustum), jus de raisin non fermenté.
Voy. VIXIFICATIOX.
MOUTARDE (du lat. mustum, moût, et d'un suffixe], Sinapis, genre de la famille des Crucifères, tribu des Brassicées, renferme des plantes berlwicées, annuelles, à fleurs d'un jaune pâle, formant des grappes qui sont bientôt remplacées par de petites siliques cylindriques, biloculaires , dans lesquelles sont contenues' des graines rondes qu'elles laissent échapper à l'époque de la maturité. La Moutarde noire [S. nigra], vulg. Sénevé noir, croît abondamment dans les champs et les blés. Sa tige a près de 1 mètre ; ses graines sont rouges à l'époque de la maturité et noircissent à une époque plus avancée. On s'en sert en médecine pour préparer les topiques rubéfiants qui prennent d'elle le nom de sinapismes, ainsi que des cataplasmes et des bains de pied sinapisés. La graine doit êlie réduite en farine : cette farine présente, lorsqu'elle est de bonne qualité, un aspect jaunâtre, avec des pointes noires. — La .1/. blanche (S. alba), vulg. Sénevé blanc, ne s'élève guère au-dessus de 0 m. 40 à 0 m. 50: ses graines sont doubles en grosseur de celles de la moutarde noire et ont des propriétés moins prononcées : on les em-
filoie comme apéntives et dépuratives. Longtemps négligée, a moutarde blanche a, de nos jours, pris une certaine importance, grâce aux spéculateurs qui ont voulu en faire une panacée : la vérité est qu'elle stimule doucement le canal intestinal et facilite les digestions. — La .V. des champs [S. arvensis], vulg. Sanve, est souvent si abondante dans les terrains cultivés, qu'elle ollre, à l'époque de sa floraison, comme un vaste parterre de fleurs jaunes. Ses graines ont les mêmes propriétés que celles de la moutarde noire, mais elles sont moins actives.
Avec la farine qu'on tire des graines des diverses moutardes, de la moutarde noire surtout, on prépare un condiment bien connu, et dont l'usage remonte à l'antiquité. On confectionne la moutarde de table de diverses manières : le plus souvent, on délaye la farine de moutarde soit avec le moût de vin, soit avec le vinaigre ou la bière; la moutarde préparée avec du moût de raisin rouge prend le nom de moutarde violette ; celle qui est faite avec du vin n'est jamais aussi forte que celle qui est faite au vinaigre. A Dijon et à Paris, quelques moutardiers aromatisent leurs produits avec de l'ail, de l'estragon, des fines herbes, etc. : à Paris et à Bordeaux, on la colore avec du curcuma et on l'aromatise avec des essences de thym cl de citron ; en Allemagne, on y joint du sucre, et dans le Nord, du piment. La moutarde de Dijon est la plus estimée. — On raconte que le pape Clément VII (Jules de Médicis) faisait un grand usage de moutarde, et récompensait lar-
§ement ceux qui se distinguaient dans l'art de la pro|>arer : e là viendrait, dit-on, l'importance que donne un dicton populaire au moutardier du pape.
La graine de moutarde, surtout celle de la moutarde noire, doit son action rubéfiante à une huile essentielle, l'essence de moutarde ou sulfocyanure d'allijle, qui se développe en présence de l'eau par l'action d'un ferment particulier, la myrosine, sur un sel, le myrotiate de potasse, que renferme cette semence. La poudre de graines de moutarde noire, ou farine de moutarde, délayée dans l'eau tiède sert à faire des sinapismes : les ppiers sinapisés sont faits avec de la farine de moutarde privée d'huile fixe et retenue sur un papier par une colle ou caoutchouc. Voy.
ALLTLtQCES (cOMPOSÉs).
MOUTARDELLE, nom vulgaire du Raifort sauvage ou Cranson. Voy. cocoléaria.
MOÛTIER (du lat. monasterium], vieux mot qui signifiait monastère. Voy. monastère.
MOUTON (du b.-lat. multo; orig. celtlq.], Oris, genre de Mammifères, de l'ordre des Ruminants, famille des Onnés, assez voisin des Chè^Tes, est caractérisé par l'absence de barbe au menton, par la convexité du chanfrein et par la direction des cornes, contournées latéralement en spirales : ces cornes sont creuses, persistantes, anguleuses, ridées en travers. Les moutons ont 52 dents, le museau terminé par des narines de forme allongée, sans mufle; les oreilles médiocres et pointues; le corps couvert de laine; les jambes assez grêles; la queue plus ou moins courte. Chacun connaît le caractère doux et passif du mouton, son peu d'intelligence pour prévenir ou pour fuir le danger, l'instinct qui [wrte ces animaux à s'assembler en troupeaux et à suivre aveuglément le premier qui se met en marche, le peu d'attachement qu'ils se jiorteut