‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1065 sur 1729 · MUE · texte numérisé non relu

MUE

On dit qu'une quantité est partagée en moyenne et extrême raison, quand sa plus grande partie est moj'cnnc ])roportionnellc entre la quantité elle-même et sa plus petite partie.

En termes de Procédure, on appelle moyens les raisons de fait et de droit invoquées par les parties.

Moyen, en Grammaire. Voy. voix et veube.

Moyen terme, terme de Logique. Voy. syllogisme.

MOYEN ÂGE, période de temps qui sépare l'antiquité des temps modernes : elle commence soit en 395, à la mort de Tiiéodose, soit à la chute de l'empire d'Occident (476) et Unit à la prise de Constantinoplc par les Turcs (1453). Voy. noire article du Dict. d'Hist. et de Géogr. — Consulter : Kocli, Tableau des révolutions de l'Europe au moyen âge; Hallam, Tableau de l'Europe au moyen âge; Desmichcls, Histoire du moyen âge; Ruelle, Résumé de l'histoire du moyen âge; P. Lacroix, les Arts au moyen âge, etc.

MOYEN Dcc, ou Hibou commuH. Voy. iiiBon.

MOYETTE (dimin. du v. fr. moie, monceau, tas), petite meule provisoire, qui permet de rentrer la récolte a loisir, en la mettant à l'abri de l'humidité. Elle se compose de 8 à 10 gerbes placées verticalement et recouvertes comme d'un chapeau par une autre gerbe renversée.

Outre celte moyelte, dite M. flamande ou normande, et imaginée en 1760 par L. Rose de Béthune, on emploie aussi la M. picarde, de Ducarne de Blangy, qui est antérieure à la précédente. Ici les javelles sont entassées horizontalement, les épis au centre, jusqu'à une hauteur de 1 mètre à 1 m. 30, et forment à l'intérieur une véritable vis d'Archimède. On termine la moyette en la couvrant d'une gerbe qu'on ouvre en forme d'entonnoir après l'avoir lice près de son extrémité inférieure.

MOYEU (du lat. modiolus). Voy. roue.

MOZAMBÉ, genre de la famille des Capparidées, plus connu sovis le nom de Cléome. Voy. ce mot.

MOZARABE, mozarabique. Voy. liturgie.

MOZETTE. Voy. mosette.

MUANCE (c.-à-d. changement, du lat. mutare, muer, changer). En Musique, on appelait ainsi, lorsqu'il n'y avait que 6 noms pour les 7 notes de la gamme, les diverses manières d'appliquer à la notation les 6 syllabes de la gamme pour désigner la noie qui manquait de nom : pour cela, on répétait le nom de quelque note, tantôt de l'une, tantôt de l'autre, d'après des tables qui avaient été dressées exprès. Lorsqu'au xvii* siècle on eut ajouté la syllabe si aux notes de la gamme de Guido, la 7" note se trouvant nommée, les muances devinrent inutiles et furent abandonnées.

MUCÉDINÉES (du lat. niucedo, moisissure), groupe ou famille de Champignons filamenteux dont la place est encore indéterminée; il paraît cependant probable que la plus grande |yirtie de ces formes sera rattachée aux Ascomycèles. \ oy. ce mot.

MUCILAGE (du lat. mucus), substance analogue à la gomme, de nature visqueuse et nourrissante, qui est répandue dans presque tous les végétaux, et particulièrement dans les racines (racine de guimauve) et dans les semences (graines de lin, semences de coing, etc.). Sa formule est C'^l'^^'O**', c.-à-d. celle de beaucoup d'hydrates de carbone. Les corps où cette substance abonde sont (Uts mucila^inenx. Le mucilage diffère de la gomme en ce qu'il est insoluble dans l'eau froide et très peu soluble dans l'eau bouillante, qui le transforme en une masse gonflée et visqueuse. On se sert des mucilages pour préparer des cataplasmes et des gargarismes émollients, des lavements, des tisanes adoucissantes. — En Pharmacie, on donne le nom de mucilage à tout médicament liquide, mais plus ou moins visqueux, dont la gomme ou un principe mucilagincux forme la base. Tels sont, par exemple, les mucilages de gomme adragante, de gomme arabique, de coings, etc.

Mucilage animal. Voy. mucus.

MUCINE (de mucus), nom donné par Saussure à une matière visqueuse que l'on extrait du gluten et qui n'est autre chose que la glutine. Voy. gluten.

MUCIQUE (acide), de mucus, mucilage, acide organique

uroduit par l'action de l'acide azotique sur les mucilages,

r6u?o"s""*^^ et le sucre de lait et ayant pour formule

[C H 00*»]. Il se présente sous la forme d'une poudre cra-

Suant sous la dent, d'une saveur légèrement acide; il se ecompose par la chaleur, est peu soluble dans l'eau bouillante, insoluble dans l'alcool. Il est bibasique et donne

des sels qu'on appelle des niucates; quand on le chauffe, il perd de l'eau et de l'acide carbonique, et donne de l'acide pyromucique [C*lHO'j. — L'acide muciquc a été découvert par Scheele en 1780.

MUCO-PUS, mélange de mucus et de />u« sécrété par une muqueuse enflammée.

MUCOR (du lat. mwor, moisissure), genre type de la famille des Mucorinées. Ce sont des végétaux d'une petitesse et d'une fragilité extrêmes, qui croissent sur les corps susceptibles de fermenter ou Je se putrélier, principalement sur les fumiers. Le Mucor mucedo, ou Moisi propr. dit, se développe sur les légumes en décomposition, sur le pain et les pâtisseries aigris, les confitures fermentées, l'empois, la colle, etc., surtout sur le fumier de cheval ; il s'étend à la surface de ces substances, ou pénètre dans leur épaisseur, sous la forme d'un réseau filamenteux, analogue à une toile d'araignée, d'abord blanc, puis grisâtre, et enfin noirâtre. Le Mticor en particulier et les Mucorinées en général se reproduisent à l'aide de spores formées dans des sporanges, et d'œufs issus de la conjugaison de deux cellules égales.

MUCORINÉES, famille de Champignons Oomycètes; elle se divise en Pilobolées, Mucorées, Mortiérellées et Syncéphalidées. Les Mucorinées sont des moisissures extrêmement abondantes dans la nature; elles se développent surtout sur les excréments d'animaux, quand ces excréments sont maintenus à une température douce dans une almosplicre humide. Pour les divers modes de reproduction,

voy. MUCOR.

MUCOSINE. Voy. mucus.

MUCOSITÉS (du lat. mucosus, muqueux). Quand ce mot n'est pas synonyme de mucus, il désigne des fluides qui offrent l'aspect et qui tiennent de la nature du mucus, ou qui en sont en grande i)artie formés : tels sont les glaires, la pituite, l'écoulement nasal qui a lieu dans le coryza, etc., tous liquides que les memoranes muqueuses sécrètent avec excès quand elles sont en état d'irritation. Voy. mucus.

MUCRONÉ (du lat. mucronatus, de mucro, pointe), se dit, en Botanique, des organes qui se terminent par une petite jwinte aroile et raide, comme les feuilles du Statice mucroné, les poils du Diclamne blanc, les spathelles de la Fléole des prés.

MUCUS (du lat. mucus), sécrétion qui se produit à la surface des membranes muqueuses. Il y a autant de mucus différents que d'organes à la surface desquels ils sont versés. Us ont pour fonction de lubréfier les muqueuses et d'adoucir Ite frottements qui s'y produisent. Ils ont pour caractères communs d'être visqueux, demi-transparents, et de contenir une espèce de substance organique, la tnucosiiie, coagulable plutôt par l'action de divers réactifs que par la chaleur. De plus, à cet élément viennent se joindre des principes organiques cristallisables, de l'eau qui tient en solution des sels minéraux, et dans ce mélange liquide des débris de la couche épithéliale qui revêt la muqueuse, des granulations moléculaires et des gouttes d'huile, quelquefois du pus dans les cas d'inflammation. Le mucus nasal et le mucus bronchique offrent le type

firesque pur de cette matière ; mêlé à d'autres liquiiies, e mucus forme la base de plusieurs excrétions, telles que la salive, les crachats, les glaires, le fluide lacrymal, etc., en un mot, de toutes les mucosités.

MUE (de muer, changer). On appelle ainsi divers changements auxquels les animaux sont sujets à certaines époques de leur vie, mais qui n'altèrent en rien leur forme firimitive : ces changements ont lieu principalement dans a j)eau ou dans ses appendices, poils, plumages, etc. Le» Oiseaux, les Mammifères, les Poissons, les Batraciens et les Reptiles éprouvent des mues de diverses sortes. Dans les deux premières classes, elles s'effectuent au passage d'un âge à un autre, de la jeunesse à la puberté, soil d'une saison à une autre saison. C'est surtout chez les Oiseaux que cette dernière sorte de mue est commune. Tous les oiseaux muent régulièrement en automne, les uns plus tôt, les autres plus tard. Il en est qui muent deux fois par an. Chez les mâles seuls, les couleurs du plumage changent. Beaucoup d'oiseaux meurent au moment de la mue ; la plupart cessent de chanter. Parmi les Mammifères, p. ex. chez les chevaux, les chiens, les chats, etc., le poil d hiver tombe au printemps. Les jeunes lionceaux ont une livrée qu'ils perdent en grandissant. Les cerfs éprouvent, chaque année, une mue dans leurs bois. Les couleuvres, parim

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