‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1066 sur 1729 · MUID · texte numérisé non relu

MUID

» Reptiles, les grenouilles parmi les Batraciens, el les crevissos parmi les Crustacés, changent fréquemment de eau ou (l'épitlermc. Chez les Insectes, la mue est le molent où leurs larves soiit forcées de changer de peau, par iiile (le l'accroissement de leur corps. Dans cette operaon. ([ui est toujours pénible et critique, la vieille peau i ride, brunit et se fend pour donner passage au corps de » larve, qui, pour l'ordinaire, apparaît, après s'être ainsi ésliahillce, sous une couleur plus claire qu'auparavant. La licnille qui constitue ce qu'on nomme ver à soie change e peau quatre fois avant de fder son cocon.

Mue de la voix, changement qui s'opère dans la voix e l'homme à l'âge de la puberté. Ce changement consiste ans la substitution des sons graves et mâles aux sons igus de la voix des enfants, en sorte que la voix baisse 'une octave ou d'une octave et demie. Pendant tout le snips de la mue, la voix est rauque, et l'émission du son ënibic. Chez les femmes, la mue est presque insensible, t le changement opéré ne se manifeste que par une plus rande intensité dans le timbre.

MUET (du lat. viutus). On appelle muet celui qui est napahle d'articuler des sons, qui n'a point l'usage de la arole. Le mutisme est le plus souvent congénital, et joint

la surdité, dont il est le résultat : en effet, si les sourdsluels ne jMirlcnl pas, ce n'est pas, le plus souvent, qu'ils c puissent parler, mais parce qu'ils n'ont pas entendu arler. Le mutisme peut aussi être accidentel, et dépendre e In conformation ne la langue, dont le frein serait trop ourl. Le mutisme congénital est ordinairement incurable; i traitement du mutisme accidentel varie selon les afliecions qui l'ont causé. Quant à l'éducation particulière u'on est parvenu à donner aux sourds-muets, voy. soubds-

rETS.

En Gi'ammaire, on appelle muettes les lettres qui ne e prononcent pas (/t dans homme), ou qui s'entendent art peu [Ve muet en français). Les consonnes muettes ont celles qui ne peuvent se faire entendre sans être ccompagnées d'une voyelle, et qui ne figurent point au ombre des liquides, dès nasales ou des sifflantes ; telles ant b. p, g, k, d, t.

MUETS. On nommait ainsi, dans l'Empire ottoman, des cns attachés au service des sultans, et qui, sans être priés de l'usage de la parole, ne s'exprimaient jamais que ar des signes. Us exécutaient aveuglément tous les ordres u'ils recevaient : c'étaient eux qui étaient chargés d'étran- 1er les malheureux dont le sultan avait décidé la mort.

MUETTE (synon. de meute), rendez-vous de chasse, liaison où l'on tient des relais de chasse et des meutes de biens. Telle était autrefois la Muette du bois de Boulone : telles sont encore les muettes de St-Germain-en-Laye, le Fontainebleau, etc.

MUEZZIN, oflicier musulman attaché aux mosquées, dont emploi principal est d'annoncer à haute voix, du liant des ninarets, l'heure de la prière. 11 dirige sa voix successiveaent vers les quatre points cardinaux, en psalmodiant ces iiots : Il n'y a d'autre Dieu qu'Allah, et Mahomet est on prophète.

MUFFINS (mot anglais), sorte de petits pains moulés aits avec une pâte à brioche très légère ; très usité en An- :letcrrc : on y incorpore quelquefois des raisins de Corinhe, de Sinvrne, etc.

MUFLE fde l'allem. MuffeCj, portion de peau nue, ru- Ticusc.ord. noire, qui termine le museau de certains manunièrcs carnassiers, comme le lion, le tigre, le léopard ; de quel- |ucs rongeurs et de la plupart des ruminants, comme le erf, le bœuf, le taureau. C'est dans cette peau, criblée l'un nombre considérable de pores muqueux. que sont 'orcés les orilices externes de l'organe de l'olfaction chez es animaux.

Mufte-de-veau, plante. Voy. Mon-iER.

MUFLIER ou MUFLE-DE- VEAC, Antirrhinum, genre de la :iiiiille des Scrofularinées, type de la tribu des Antirrhinées, infermc des plantes herbacées, à feuilles opposées ou alernes, à fleurs en grappe terminale, et dont la corolle ilfre quelque ressemblance avec le mufle d'un veau. On lit aussi Mufle-de-bceuf, M.-de-chien, Gueule-de-loup. Jn en compte plus de vingt espèces, parmi lesquelles six iroissent en France. Plusieurs sent cultivées dans les jarliiis.

MUFTI, prêtre mahométan. F oy. ce mot au Dict.d'Hist. t de (iéogr.

I MUGE, Mugil, vulg. Mulet, genre de Poissons acantho-

plérygiens, de l'ordre des Sqnamodennes, type de la famille des Mugiloîdes : corps presque cvlindrique, couvert de grandes écailles; tête nue, peu déprimée; museau très court ; bouche transversale, anguleuse, garnie de lèvres charnues et crénelées ; dents presque imperceptibles ; oesophage très étroit. Ce genre renferme plus de 30 espèces, 3 ni habitent la Méditerranée, l'Océan, ainsi que les côtes e l'Amérique, de l'Afrique et des Indes. Ces poissons remontent en troupes à l'embouchure des fleuves, où on les pèche en abondance avec des filets. L'espèce la plus connue, le Muge à large tête [M. cephalus), vulg. Cabot ou Midel de mer, atteint près de 0 m. 70 et pèse de 8 à 9 kil. : il est gris plomlié sur le dos, d'un blanc argenté mat sous le ventre. Parmi les autres espèces, on remarque le M. capiton, le M. à grosses lèvres, le M. à lèvres cachées, le M. sauteur, le M. doré. — Ces poissons étaient connus des anciens, qui les péchaient sur les côtes méridionales de la Gaule; c'est encore auj. un des poissons les plus recherchés : sa chair est tendre, grasse et d'un goût agréable. On fait avec les œufs une espèce de caviar, dit boutargue.

MUGUET (du lat. muscatus, sentant le musc), Convallaria, le Lilium convallium des Pharmaciens, genre de la famille des Liliacées-Asparagées : fleurs hermaphrodites, périanthe en forme de clochette, à orifice resserré, divisé jusqu'au milieu en 6 lobes; 6 étamines; ovaire à 5 l(^es contenant chacune 3 ovules; le fruit est une baie sphérique à 3 loges. Le Muguet de mai [Convallaria maialis] est une jolie plante dont les grandes feuilles vertes, ovales et lancéolées sortent directement de terre, comme celles des tulipes, et du milieu desquelles s'élèvent plusieurs hampes, terminées chacune par une grappe élégante, formée de 6 à 10 fleurs blanches, répandant une odeur suave et agréable. Elle croît naturellement dans les taillis fourrés; ses racines tracent au loin de leur jioint de départ, et Quand on parvient à l'introduire dans les jardins, il s'y multiplie de lui-même ; mais il demande une exposition très ombragée. Les fleurs du muguet, desséchées et pulvérisées, ont été employées comme sternutatoires. L'eaû distillée de ces fleurs [eau d'or) est calmante et antispasmodique. L'extrait hydro-alcoolique de ces mêmes fleurs est im puissant diurétique.

On appelle vulg. : Muguet des bois, l'Aspérule odorante; M. anguleux, le Sceau de Salomon. Y'oy. polïgo-

MATUM.

MUGUET, dit aussi Millet, Blanchet, Stomatite, inflammation de la muqueuse buccale, avec exsudation d'une couche blanche, crémeuse et caséeuse, sur la langue, les gencives, la face interne des joues, le voile du palais, enfin le pharynx et l'œsophage. Cet enduit est formé par les spores et les filaments tubuleux d'un petit champignon microscopique, l'Otrfiwm albicans, mêlés aux cellules épithéliales ; four qu'il se développe, il faut que le mucus ait passé à état acide. Cette maladie, le plus ord. contagieuse, affecte surtout les enfants mal soignés ou d'une faible constitution, notamment ceux qui sont nourris au biberon : elle est commune dans les hôpitaux parmi les nouveau-nés, surtout en liiver et dans les temps humides. Lorsque le muguet n'est accompagné ni de fièvre ni de troubles gastriques et qu'il ne complique aucune maladie, c'est une affection bénigne, qui cède en quelques jours au traitement le plus simple; mais lorsqu'il vient à la suite d'une maladie aiguë ou chranique grave, c'est toujours un symptôme fâcheux, même chez les adultes. Par lui-même, le muguet n'a d'autre clfet que d'occasionner une gêne momentanée de la succion et de la déglutition; cependant si les exsudations membraneuses sont assez considérables pour obstruer l'œsophage ou le pharynx, le danger peut être sérieux. On observe aussi le muguet chez l'adulte à la suite de longues suppurations, dans l'empoisonnement urineux. — Le traitement se borne à des applications de jur; de citron, d'alun, de borate de soude el de calomel en poudre ; il faut éviter les corps sucres.

MUID (du lat. modiua), mesure de capacité usitée en France pour les liquides et les matières sèches avant l'établissement du système métrique. Elle variait suivant la nature des matières à mesurer, et aussi d'une province à l'autre, pour les mêmes matières. Pour les liquides, le 7nuid de Paris, le plus répandu de tous, contenait 288 pintes, et éauivalait à 268 litres : celui de Languedoc ne valait que ii4 litres, tandis que celui de Bourgogne en valait 272. Pour les matières sèches, le muid de Paris, qui

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