‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1071 sur 1729 · MITOYENNETÉ · texte numérisé non relu

MITOYENNETÉ

On appelle : gros murs ceux qui forment l'enceinte d'un bâtiment, et qui portent les combles, les voûtes; mur de face, le gros mur qui forme la face principale d'un bâtiment ; mur latéral, celui qui forme l'un des côtés ; mur de pignon, un mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte ou le dépasse, et en a la forme inclinée; mur de refend., celui au'on élève entre les gros murs, pour diviser l'intérieur du bâtiment ; m.ur mitoyen, le mur qui sépare deux propriétés et qui est commun à toutes deux ; mur de parpainçj, un mur formé de pierres qui en traversent toute l'épaisseur ; mur d' appui, un mur qui n'est qu'à hauteur dappui, qui n'est élevé que d'un mètre environ; mur de terrasse, un mur qui relient les terres d'une plale-forine, d'une terrasse, d'un jardin, d'un boule-

vard, etc.; mur de douve, le mur intérieur d'un réservoir; 7nur en ailes, celui qui va en obliquant de h direction d'un autre mur auquel il fait suite ou prolongement, tels sont les murs droits ou courbes construits en avant de la face de tête d'un pont et servant de inur de soutènement; mur en décharge, celui dont le poids est soulagé par des arcades bandées d'espace en espace dans la maçonnerie ; mur en l'air, celui qui ne porte pas de fond, mais qui porte à faux, comme sur un arc ou une poutre en décharge; mur planté, celui qui est fondé sur un pilotis ou sur une grille de charpente ; mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée; mur en surplomb, déversé ou forjeté, celui qui penche en dehors; mur bouclé ou soufflé, celui qui fait ventre, avec crevasses, et qui est près de sa ruine.

MURAILLE. Dans le langage courant, ce mot sert à désigner parfois les fortifications d'une ville, qui autrefois comprenaient essentiellement de hautes murailles où s'installait le défenseur. Certaines de ces constructions prolongées sur de très grandes étendues ont été employées pour protéger un pays entier ; telle est celle de la Chine, qui est restée célèbre; tels sont encore les anciens murs de Trajan.

MURAILLE. Les Vétérinaires appellent ainsi l'épaisse couche cornée qui enveloppe le pied du cheval. Elle représente un large croissant de corne incurvé sur lui-même, placé de champ contre la face antérieure du pied, et replié d'arrière en avant à ses extrémités. Les deux angles ainflexion de la muraille sont appelés les talons; la partie impaire, médiane et antérieure porte le nom de pince, et entre la pince et les talons se trouvent les mamelles, puis les quartiers. Les deux parties réfléchies portent le nom de barres

MURAL (cercle), en Astronomie. Voy. cercle. — Couronne murale. Voy. couronne.

MURCHISONIA, genre de Mollusques gastéropodes fossiles, de l'ordre des Prosobranches, se distingue des Pleurotomaires par sa forme turriculée. Les Murchisonias se rencontrent depuis le Silurien jusqu'au Trias.

MURCHISONIEN (étage), nom donné par d'Orbigny aux étages moyen et supérieur du système silurien.

MURCHISONITE, variété d'Orthose, en masses laminaires blanc-rougeàtres, avec reflets chatoyants. On trouve la murchisonite à Dawlish en Angleterre, dans un conglomérat.

MURE ou MuiRE (du lat. muria, saumure), noms qu'on donne dans les salines à l'eau mère qui reste après la cristallisation du sel, ainsi qu'à l'eau saturée de sel, après qu'on lui a fait subir l'évaporation nécessaire. On applique aussi ces noms aux eaux imprégnées de sel marin, et même aux eaux naturellement salées.

MÛRE (du lat. mora), Morum, fruit du Mûrier. On donne aussi ce nom aux fruits composés de diverses espèces de Ronces. Ces fruits ont une saveur à la fois sucrée et acide assez agréable. On en fait un sirop qui est im peu astringent. Voy. ci-après mûrier noir.

MURÈNE, Murœna, vulg. Flûte, genre de Poissons malacoptérygiens apodes, de l'ordre des Squamodermes, famille des Anguilliformes : point de nageoires pectorales, opercules peu visibles, estomac en forme de sac court. La M. commune [M. helena), très répandue dans la Méditerranée, est un poisson rusé, carnassier et vorace, qui ne porte qu'une seule rangée de dents aiguës à chaque mâchoire, et dont le corps, long de plus d'un mètre, est marbré de brun sur un fond jaunâtre. Sa ciiair est blanclie, grasse et tendre : les Romains élevaient ces poissons dans des viviers creusés près de la mer ; on connaît la cruauté de Yédius Pollion, qui nourrissait ses murènes avec les corps des esclaves qu'il faisait mourir. On a longtemps attribué à la graisse ainsi qu'à la peau et au liel de ce poisson des vertus thérapeutiques que l'expérience n'a pas confirmées. — Une autre espèce est plus connue sous le nom de Congre [Mursena conger). Voy. congre.

MUREX (mot latin qui signifie pointe de roche), nom commun à différentes espèces de coquilles univalves, hérissées de pointes rocailleuses [Voy. rocher) : c'est d'une de ces espèces que les anciens tiraient la pourpre.

Voy. POURPRE.

MUREXIDE. Voy. PURPURATES.

MURIATES (du lat. muria, saumure), ancien terme de Chimie, servait à désigner les sels qu'on appelle aX' chlorures ou chlorhydrates [Voy. chlorures).

MURIATIQUE (acide). Voy. chlobhïdrique (acideI.

MURIATIQUE OXYGÉNÉ (aCIDe). Voy. CULOBE.

MURICAIRE

MLSC

MURICAIRE, nom donnô, à cause des pointes qui hérissent SOS graines, à la Bimias proslrala, espèce du genre Bunias, laniille des Crucifères.

MÛRIER do mûre), ilorus. genre t\-pe de la sousfamille des Moroes, rattachée aux Urticacées, renferme des arbres lactescents, à feuilles alternes, simples et souvent découpées; à fleurs monoïques, disposées en chatons solitaires ou réunis à l'aisselle des feuilles : les chatons mâles cylindriques et pendants, les chatons femelles plus courts. Le fruit, ou mûre, est une sorose formée d'akènes enveloppés et réunis par les calices qui, après la floraison, se renflent et deviennent pulpeux.

Les principales espèces sont : 1» le Mûrier noir [Monts nigra], originaire ae l'Asie Mineure. C'est un arbre haut de 8 ou 10 m., au tronc épais, à l'écorce rude, aux branches longues, formant une tète arrondie et touffue; ses feuilles en cœur, dentées, aiguës, sont mi peu épaisses et rudes au toucher. Son fruit est ovale, épais, d'un pourpre noir, d'une saveur agi'éable et fraîche : on en compose un sirop que l'on emploie contre les inflammations légères de la gorge. Le suc de ce fruit noinit les mains et laisse sur le linge des taches difliciles à effacer : il sert à donner de la couleur au vin et aux liqueurs. Le bois du mûrier noir est employé par les tourneurs et les ébénistes: avec son écorce on fabrique des cordes et du papier. Enlin. ses feuilles, bien qu'inférieures en qualité à celles du mûrier blanc, peuvent servir, eu cas de nécessité, pour la nourriture du ver à soie.

i" Le Mûrier blanc [M. alba], le seul qui jusqu'à présent ait été cultivé en grand sur tous les pomts du midi de la France. Cet arbre est originaire de la Chine : il s'élève à 8 et 10 m. dans les climats tempérés et jusqu'à 17 m. dans le midi de l'Europe. Sa tige se divise en branches épars<»s et nombreuses; ses feuilles glabres, d'un vert luisant, sont péliolées. ovales, un peu échancrées en cœur et dentées sur leurs bonis; ses fruits sont blanchâtres, quelquefois roses ou même rouges ; ils ont la môme saveur et les mémos usages que les mûres noires. Les principales variétés sont : la colombasse, très anciennement connue : sa fendie, petite et mince, est très soyeuse (c.-à-d. que les vers qui s'en nourrissent donnent tJeaucoup de soie) : la colombassetle rose, à feuilles un peu plus grandes et d'un vert plus foncé, à fruits rougeâtres; la colombassetle verte, à feuilles moins fines, mais plus grandes et plus allongées, à fruits petits et bleuâtres; la rabalayre ou traineiise. à feuilles moins nombreuses : elle ne porte que pou de fruits; la poumaou ou la pomme, à feuille giando, fine et ronde : l'arbre produit des jets courts, mais très fouillés; Yamella ou Y amande, à feuille ovale, épaisse, pesante : elle résiste aux hivers rigoureux; la fourcade ou la fourche, à feuille presque ronde : elle protluit beaucoup : la dure, qui doit son nom à la difficulté (^u'on éprouve à détacher les feuilles de leurs rameaux; l admirable, à feuilles très grandes; mais en raison de leur épaisseur, on ne les donne aux vers qu'après leur quatrième mue.

5° Le Mûrier mullicaule (M. muUicaulis, M. culcullata, M. bullala\ dit aussi Mûrier des Philippines : cette espèce, im|X)rtce de Manille au Sénégal en 1824, et quelques années plus tard dans le midi de la France, y est auj. très multipliée. Elle se distingue par ses feuilles d'un vert gai, rudes en dessus, pubescentcs en dessous, très acérées, à pétiole presque cylindrique, canaliculé en dessus; les fruits sont oblongs, non pendants, petits; ils passent successivement du blanc au rouge et enfin au noirâtre.

Dès que le mûrier est dépouillé de ses premières feuilles, on s'empresse de le tailler, afin qu'il ait encore le temps de pousser des rameaux qui puissent se changer en bois parfait avant les premières gelées; ce sont ces jeunes pousses qui doivent jwrter la feuille destinée à la nourriture des vers de l'aïuiée suivante. — Les mûriers blancs se multiplient par graines, et pour cela on estdans l'usage d'écraser les mûres sur de vieilles cordes, ou de les frotter fortement avec une poignée de ces fruits mûrs et d'enterrer la corde ainsi chargée de graine dans une terre légère et meuble. Quant au plant nommé pourelte, on le met en pépinière, en haie, en lailhs. suivant que l'on vent conserver l'arbre en buisson ou le faire filer à haute tige.

Le mûrier est connu de toute antiquité. Les Grecs et les Romains connaissaient les deux variétés blanche et

noire. L'application du mûrier à l'éducation du ver à soie remonte, dit-on, en Chine, à l'an 2698 av. J.-C. On en fait honneur à l'impératrice Iloui-Tseu, femme de Hoang-Ti; de là elle passa dans l'Inde et la Perse. Sous l'empereur Justinien, deux moines apportèrent des Indes à Constautinople le mûrier blanc et des œufs de ver à soie. De Constantinople, ce mûrier se répandit dans une grande partie de la Grèce, et plus tard le l'éloponèse échangea son nom contre celui de Morée, tant le mûrier [morus] s'y était multiplié. Au xii* siècle, on commença à cultiver cet arbre en Sicile et en Italie, surtout en Calabre, et sous Cliarles VIII, après son expédition en Italie (1494), quelques pie<ls en furent transportés en Franco. Charles IX, Henri 11 et Henri IV favorisèrent la multiplication du mûrier; ce dernier, par le conseil d'Olivier de Serres, et malgré l'opjwsition de Sully, en établit des pépinières. Plus tard, Colbert fit distribuer les pieds qu'on retirait de ces pépinières, et ce fut ainsi que tout le Midi se peupla de mûriers. Sous Louis XV, de nouvelles pépinières rovaliîs furent établies dans les provinces du centre, et les plants on furent gratuitement distribués. Depuis, la culture du mûrier s'est répandue par toute la Franco.

Dans l'Asie équaloriale, on cultive spécialement pour la nourriture des vers à soie le Mûrier de l'Inde (M. tndica, M. australis, M. intermedia). Le M. rouge [M. rubra), originaire du Canada et des Etats-Unis, ne se cultive chez nous que comme arbre d'agrément. — Le .)/. à papier, avec lequel les Chinois fabriquent de la toile et du papier, constitue un genre particulier [Voy. broissonétieJ. Le M. des teinturiers {M. tinctoria] est une espèce au ^nre Maclure.

MURIQUÉ (du lat. murex, pointe], se dit. en Botanique, dos organes arrondis hérissés de pointes ou aiguillons à base élai^e : telles sont les semences de la Muricaire et la Pomme épineuse.

MURON. nom vulgaire du Framboisier sauvage.

MURRHINS (vases). Voy. vases.

MUS, nom latin du Rat, a formé les mots Murins, Muridés donnés au groupe de Mammifères rongcui^s dont le Rat est le type. Voy. rat.

MUSA, plante. Voy. bananier.

MUSACÉES (du g.-tvpc Musa), famille de plantes Monocotylédonos à ovaire infère et à albumen, renferme des végétaux herbacés ou vivaces, atteignant quelquefois 5 et 6 mètres de haut; à feuilles entières, longuement pétiolées, embrassantes à la base ; à fleurs grandes, nombreuses et renfermées dans des spathes : calice irrégulier à 6 divisions, 15 élamincs. anthères linéaires introrses; ovaire infère à 5 loges; style simple. Le fruit est une capsule à 5 loges polvspennes, à graines ayant un albumen amvlacé et pas de périsperme. Les Musacées habitent, pour la plupart, les régions interlropicales ; elles se recommandent quelques-unes par leur utilité, toutes par leur beauté. — La famille a été divisée en deux tribus, les Uraniées et les Héliconiées, et comprend, outre le genre type Musa ou Bananier, les genres Ravenala, Strelitzia et Heliconia. Cette famille se rattache très intimement aux Zingibéracées et Marantées ou Cannées.

MUSARAIGNE [du lat. Tiiusaraneus, de mus, rat, et aranea, araignée), Sorex, genre de Mammifères, de l'ordre des Insectivores, se compose de très petits animaux nocturnes, assez semblables aux souris et presque aveugles, qui habitent solitaires des trous dans la terre ou les vieux murs : ils ont le corps allongé, ainsi que la tète, le museau fort pointu, les oreilles larges , la queue plus ou moins longue, les poils doux et soyeux; ils portent sur les flancs des glandes sébacées qui laissent suinter une humeur grasse et odoriférante. On distingue : la Musaraigne commune ou Musette [S. arancus), longue de 0 m. 08, non compris la queue; elle est d'un gris brunâtre en dessus, lîlanchâlre en dessous et a les dents blanches; elle vit dans les bois et, l'hiver, se rapproche des habitations; la M. d'eau [S. fodiens), de la même grosseur que la précédente, mais dont les couleurs sont plus vives; la M. carrelet [S. tetragonurus), qui n'a guère plus de 0 m. 00 : sa queue est carrée, d'où son nom ; la M. rayée [S. variegalus), qui porte sur le chanfrein une petite raie blanche, etc. Les musaraignes méritent d'être protégées, parce qu'elles détruisent une grande quantité d'insectes nuisibles.

MUSC ou poRTË-ncsc, Moschus moschiferus, espèce du genre Cbcvrolain, renferme des ammaux ruminants assez

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