‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1085 sur 1729 · NAVIRE · texte numérisé non relu

NAVIRE

NÉRILEUSES

«galèreiit bientôt. Le plus grand voyagre dont l'antiquité fasse mention est le périple de l'Afrique par des marins

fliéniciens aux ordres de >écliao : mais le fait est contesté, e périple d'Hannon, qui poussa au delà du cap Vert, est historique et nous en avons la relation. La boussole, transmise aux Européens par les Arabes, qui lavaient reçue des Cliinois, permit entin les longs voyages à partir du xiv* siècle. Vasco de Gama alla aux Indes en doublant le cap de Bonne- Espt'rance ii98 . Six ans auparavant Chr. Colomb avait découvert l'Amérique. Le premier voyage autour du monde fut exécuté de 1519 à lozi par le Portugais Magellan, qui voyageait au service de l'Espagne, et qui périt au cours du voyage. Auj. l'invention de la vapeur a transformé la navigation : le monde n'a plus de secrets et la mer est incessamment sillonnée par des navires de toutes les nations. L'Angleterre est la première puissance maritime du monde. Le mouvement de ses ports s'élève à GO millions de tonneaux (la France 20 millions). — Consulter, outre les Traités de navigation de Bouguer, de Bezout, de Dubourguet, de Romme, etc.. Bourde de Villebuet, le Manœuvrier [1814); Maury, Sailings Directions; Kcrliallet et de Freminville, Guide du marin (1863) ; Bonnefoux et Paris, Dictionnaire de la marine à voile et à vapeur {185tHl859): Lalou, Manuel réglementaire et pratique île la navigation intérieure (li58 ; Guillaumin, Dictionnaire universel du commerce et de la navigation (18t)I-62\ etc. — Voy. aussi eacx et marixe.

Droits de navigation. L'Etat perçoit des droits de navigation sur la partie navigable ou ilottable des fleuves et rivières, pour subvenir aux frais de leur entretien Lois du 20 mai i80'2 et du 9 juillet 1836, et Décret du 4 sept. 1849). Chaque bassin de la France est divisé à cet effet en arrondissements de navigation, dans chacun desquels il y a des bureaux de perception. — Pour la navigation maritime,

voy. FfHXCISATION, TONNAGE, ANCRAGE, Ctc.

Ecoles de navigation. Richelieu établit les premières écoles où l'on enseigna en France l'art de la navigation : mais elles furent peu suivies, même après l'ordonnance de 1681, qui organisait plusieurs écoles d'hydrographie. En 1786. on créa à Alais et à Vannes deux collèges de marine, qui suljsistèrent jusqu'en 1791. Le 27 septembre 1810, Napoléon l" créa deux écoles spéciales de marine, l'une à Brest, l'autre à Toulon: sous la Restauration, ces deux écoles furent supprimées et remplacées en 1817 par le Collège royal de marine, situé près d'Angoulême, sur les bords de la Charente. Après la création, à Brest, de Y Ecole navale flottante [Voy. navale) en 1827, l'école d'Angoulême ne fut plus qu'une école préparatoire de manne, où l'on formait des sujets pour l'école de Brest : cette école préparatoire fut définitivement supprimée en 1851. — Aujourd'hui, outre l'Ecole navale établie, en rade de Brest, sur le Borda, pour former les officiers de marine, il y a : des Ecoles d'artillerie de marine à Loricnt, — (le pyrotechnie à Toulon et de torpilles, sur ï.ilgésiras, en rade des îles d'Hyères, — une Ecole d'application du génie maritime à Paris, — une Ecole d'application des Aspirants, sur VIphigénie, — ime Ecole de Pilotes, sur l'Elan, — une Ecole de canonniers et de timoniers, sur la Couronne et le Saint Louis, en rade des îles d'IIvères; — une Ecole des mousses, établie en rade de ferest sur i'Austerlilz. — enfin des Ecoles d'Iivdrographie dans les principaux ports de commei-ce, pour former les capitaines au long cours et les maîtres au cabotage.

NAVIRE du lat. navis], se dit, en général, de tout bâtiment de mer, et, dans un sens plus restreint, de tout bâtiment à deux mâts; les grands bâtiments, surtout les bâtiments <le guerre, prennent plutôt le nom de rameaux.

I Oy. VAISSEAU, BATIMENT et FLOTTE.

En Droit, les navires sont meubles, mais affectes au pavement de certaines créances privilégiées (C. de comm., art. 190). Ils sont de plus soumis à une inscription au bureau de la douane du port où sont les chantiers, et ne peuvent changer de port d attache sans nouvelle déclaration. Ils ne peuvent être mis à la mer sans que l'acte de francisation {ioy. ce mol) ait été pris, et ils |)enlent leur nationalité

auaiid ils deviennent la propriété d'un étranger pour plus e la moitié de leur valeur (Loi du 4 juin 1841). L hygiène du navire laisse parfois beaucoup à désirer, exc(^>lion faite, bien entendu, des paquelwts luxueux des grandes lignes. Dans l'inunen^ majorité, l'espace restreint lont on dispose |)our loger les hommes crée tous les in- ^.wnvénients de l'encombrement, en particulier l'inrection

et le méphitisme des locaux réservés à l'énuipage. Le navire, en général, constitue un excellent milieu de culture pour les germes qu'y aDDortcnt toutes les souillures intérieures.

L'humidité entretenue par la mer, la température clevcc de la machine sur les bateaux à vapeur, les matières organiques qui composent souvent la cargaison, tout concourt à l'infection. Dans la partie la plus déclive de la cale se réunissent les eaux de lavage et d'infiltration, elles y croupissent et forment la sentine, le marais nautique, dont les gaz putrides finissent par empoisonner tout le navire, surtout quand, pour ménager le chargement, on ferme les. panneaux d'écoutille. Le navire, pour rester un mibeu sain, doit donc être largement ventile par des appareils spéciaux, par des manches à vent ; on doit en outre maintenir ouverts, chaque fois que le temps le permet, les panneaux d'écoutille et les hublots.

Les longues traversées exposent, par suite du régime spécial qu'elles entraînent, à certaines alTections, telles que le scorbut. Le jus de citron [lime Juice], employé dans les flottes anglaise et française, prévient cette affection.

Outre les maladies épidémiqucs des différents points du globe (choléra, peste, fièvre jaune, impaludisme), les marins sont encore exposés aux périls des influences climatériques résultant de la rapidité avec laquelle le navire passe des régions torrides de 1 équateur aux froids extrêmes des pays septentrionaux.

NAVIRE le), ou le l'aisseau, constellation. Voy. argo.

NÉANT du lat. ne ou Hec, négation, et ens, entis, être), le non-être. Voy. être.

NEBEL. Voy. psaltériox.

NÉBULEUSES (du lat. nebulosus), taches blanchâtres que l'on aperçoit par places dans le ciel, soit à l'œil nu. soit à l'aide de lunettes, et qui sont fixes comme les étoiles. Quelques-unes ont été signalées dès longtemps : le catalogue de Ptolémée en mentionne 5. Les navigateurs du x^•* et du xvi" siècle en découvrirent quelques-unes dans l'hémisphère sud. notamment le Grand et le Petit Muage qui avoisinent le pôle sud. Depuis Galilée, plusieurs astronomes, notamment Simon Marius, Hodiema. Halley, Hevelius, observèrent des nébuleuses. Cependant le nombre des nébuleuses coiuiues n'était encore au milieu du xviii« siècle que de 22. La Caille, dans son catalogue du Ciel austral, en donne 42 nouvelles (1755). Messier en 1771 publie une liste de 68 de ces objets. C'est ^y. Ilerschel qui fit connaître l'importance des nébuleuses dans le ciel. De 1785 à 1802 il en découvrit plus de 2500 et donna, en les publiant, sur la constitution de l'Univers, des vues qui ont été confirmées par les découvertes modernes, notamment par l'analyse spectrale. Il admet que la matière nébuleuse est répandue dans l'espace ; qu'il s'y forme des centres locaux d'attraction autour desquels la matière se condense graduellement, formant des lambeaux nébuleux faibles et irréguliers: la concentration augmentant, les contours deviennent plus nets, et l'on a une nébuleuse proprement dite ; puis il se forme un noyau qui s'élève à Véclat d'une étoile entourée d'une faible atmosphère : étoile nébuleuse, qui deviendra plus tard ime étoile proprement dite. S'il s'est fonné plusieurs centres d'attraction, on arrivera à une étoile multiple. '\V. Ilerschel divise les nébuleuses en 8 classes : nébuleuses brillantes, faibles, très faibles, planétaires, très grandes, amas très serrés, condensés, disséminés, types auxquels il convient d'ajouter les nébuleuses en spirale, découvertes par Ross en 1849. On remplace auj. cette classification artificielle par une plus simple et naturelle, en : amas d'étoiles, nébuleuses résolubles, nébuleuses proprement dites. Les travaux de W. Ilerschel ont été continués par son fils J. Ilerschel, qui publia en 1855 un catalogue de 2506 nébuleuses boréales, dont 525 découvertes par lui, et plus tard un catalogue de 1708 nébuleuses australes, dont 1269 nouvelles; une grande partie des autres avaient été observées par Dunlop à Paramalta. G. Herscbel divise les nébuleuses en régulières, irrégulières, et amas irréguliers. De nombreux observateurs ont publié ré-cemment des catalogues de nébuleuses observées par eux, notamment Bond, d'Arrest. Marth, Ross, Steplian, Bigourdan, etc. Drever a publié en 1888, dans les mémoires de la Société ftoyale Astronomique de Londres, un catalogue général de nébuleuses, renfermant 7 840 de ces objets. Les nébuleuses ne sont pas répandues uniformément dans le ciel. Dans l'hémisphère nord elles sont en majorité entre 9 et 15 heures d'ascen-

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