‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1111 sur 1729 · ŒIL · texte numérisé non relu

ŒIL

ŒDIPE ROI, Iraïédiotie Sophocle. Histoire d'Œdipctlccouvrd.it qu'il a, par méprise, successivcinent tué son père et épousé sa mère, et. ue désespoir, s'arratliant les yeux.

iKoiPE .1 coLONE, tragédie de Sophocle. Histoire de la mort d'Œdipe après une longue période de misères où il a expié ses crimes involontaires. Le dévouement d'Antigone à son père Œdipe est un des principaux traits de ce poème.

ŒDIPODE ;du gr. oloo;, grosseur, et —où;, tooô;, pied), Œdipoda, gem-e ô'Insectes, de Tordre des Orthoptères sauteurs, famille des Acridiens, renferme des espèces de sauterelles, caractérisées par le renflement du 4° article des tarses. L'CE. ensanglantée et \'CE. bimouchetée sont communes aux environs de Paris, dans les prairies basses et hiunidcs.

ŒIL (du iat. ocw/m») , oi^ne de la vision. Chez THomme, lœil se compose : 1" de parties principales formant le glulje oculaire; 2' de parties accessoires [tulamina oculi) qui protègent ce globe ou lui impriment divers mouvements.

Le globe de l'œil est revêtu extérieurement d'une membrane dure, résistante, inextensible, d'un blanc nacré, de structure libreuse, qu'on nomme sclérotique (vidg. blanc de l'œil], et qui est percée en arrière pour le passage du nerf optique, et en avant pour l'ùisertion de la cornée, membrane transparente, circulaire, convexe, qui occupe le milieu de la face antérieure du globe. A l'intérieur, la sclérotique est tapissée par une membrane vasculaire, la choroïae, enduite sur ses deux faces d'un épais pigmentum noir : celle-ci domie passage en arrière au nerf optique ; en avant, elle se termine vers l'union de la sclérotique à la cornée par un anneau blanchâtre dit cercle ciliaire, et offrant un grand nombre de replis nommés procès ciliaires. Derrière la cornée se trouve un petit espace rempli par un fluide transparent, l'humeur aqueuse; au milieu de cet espace est Vins, cloison verticale, membraneuse, diversement nuancée suivant les individus, et percée au milieu d'un trou circulaire, la pupille, qui se rétrécit ou se dilate à volonté selon l'intensité plus ou moins grande de la lumière : ce trou s'offre sous l'apparence d'une tache arrondie et noire qu'on nomme vulg. prunelle ; l'espace situé en avant et en arrière de l'iris porte le nom de chambre antérieure et postérieure de l'œil; derrière celle-ci est situé le cristallin, corps lenticulaire biconvexe, parfaitement transjKircnt, dont l'axe répond en avant au centre de la pupille et en arrière à celui de la rétine; celle-ci est une membrane molle, pulpeuse, d'un blanc grisâtre, qui est formée par un épanouissement du nerf optique : c'est elle qui reçoit les rayons lumineux; elle est comme une toile sur laquelle vient se tracer l'image des objets. L'humeur vitrée, dite aussi corps vitré ou hyaloide, remplit le reste du globe oculaire.

Quant aux parties accessoires, ce sont : 1» les orbites, cavités osseuses qui contiemient le globe de l'œil ; 2" les sourcils ; 3° les paupières et les ctls ; 4" les 6 7nuscles propres de l'œil (4 muscles droits et 2 obliques] ; 5" Vappareil lacrymal, avec la co/iyo/jc/ù'e, membrane <]m joint le globe de l'œil aux paupières ] Voij. ces mots). — Pour le mécanisme de la vision, voy. visiox.

L'œil est sujet à un grand nombre de maladies graves et douloureuses : ophtalmies, cataracte, staphylome,elc., ainsi qu'à certaines défectuosités qui rendent imparfait l'usage de cet organe, telles que la myopie, la presbytie, le strabisme, Vhéméralopie et la nyctalopie ^yeux diurnes et nocturnes), etc. Voy. ces mots.

Chez les Mammifères, les yeux sont au nombre de deux comme chez l'Homme, généralement sphériques. de couleur jaune, verte ou brune ; dans certaines espèces, la conjonctive prend un développement latéral assez considérable pour fonner une troisième paupière [membrane nyctifante) ;

Juant à la pupille, elle est ronde chez les Singes, les bauves-Souris et les Rongeurs; transversalement ovale, chez les Solipèdes, les Ruminants, les Baleines et les Dauphins ; ovale de haut en bas, chez les Chats. — Chez les Oiseaux, les yeux sont énormes relativement à la grosseur de la tète ; ils ont trois paupières, les deux paupières ord. et la membrane nyctilante formée par an repli de la con-

ionctive; la pupille est généralemenl ronde, l'iris plus arge et plus contractile que chez les Mammifères. — Chez les Reptdes et les Batraciens, l'organe de la vision décroît d'une façon manifeste : tantôt la peau recouvre les yeux

IProteus anguinus] ; tantôt les paupières semblent manquer Serpents) ou être remplacées par des bourrelets Salaman-

dre); l'iris est argentin chez beaucoup de Reptiles, verdàtre dans les Crocodiles, brun doré dans la Grenouille, quelquefois tacheté chez les Serpents. — Chez les Poissons, les yeux sont très gros, à l'exception des espèces vermifor3\€s ; ils sont arrondis en arrière, aplatis en avant; ils n'cnt point de paupières ni d'appareil lacrymal ; l'iris est étroit, immobile, d'un éclat métallique, la "pupille ronde et grande. — Parmi les Articulés, les uns sont dépourvus d'yeux (Helminthes), les autres en ont 1, 2, 3 ou même davantage : la Scolopendre en a 24. Ces yeux sont tantôt simples, et on les appelle alors stemmates ou yeux lisses, tantôt composés, c.-à-d. formés par l'agrégation de segments de sphère plus ou moins grands, qui peuvent être inuuobiles (Insectes), ou mobiles sur »les pédicules (Crustacés décapodes). Le nombre de ces facettes est souvent considérable ; on en a compté 50 dans les Fourmis, 2 500 dans le Homard, 11300 dans la Cosse gâte-bois, 12 544 dans les Demoiselles, 25 088 dans les Mordelles : chez tous les Insectes, leur masse est énorme, proportionnellement à la grandeur du corps. Pai-mi les Mollusques, les Céphalopodes ont des veux aussi compliqués et aussi parfaits que ceux des Vertébrés supérieurs ; les Gastémpodes ont des yeux beaucoup plus simples et fort myopes. Quant aux groupes inférieurs, leurs organes de vision, quand ils existent, sont tout à fait rudimentaires.

Œil pinéal, œil impair. Divers batraciens et reptiles (Hatteria, Caméléon, etc.) possèdent à la face supérieure du crâne, sur la ligne médiane, un organe sensoriel assez parfait, dit œil pinéal, oui est sensible à l'action de la lumière. Chez les Vertèbres su|>éricurs, cet organe entre en régression, et chez l'homme il n'est plus représenté que par le diverticule encéphalique appelé glande pinéale.

Œil arli^ciel. Les yeux artificiels s<jnt en émail : antérieurement ils alfectent la forme de l'œil naturel ; ils sont concaves à la face postérieure de manière à s'adapter exactement sur le moignon. Si ce moignon est mobile, il imprime à l'œil artificiel des mouvements analogues à ceux de l'œil, et l'illusion peut être complète. Il faut avoir soin de maintenir l'œil artificiel dans uu état parfait de propreté.

On nomme vulgairement :

l'Eu Ornithologie, Œil blanc, une espèce de Fauvette; Œ. de bœuf, le Roitelet ; Œ. d'or, le Garrot, variété de Canard : — en Ichtyologie, Œ. de bœuf, le Spare aux gros veux; Œ. de paon, le Chétodon ocellé; Œ. rouge, un typrin; — en Conchyliologie, Œ. d'Ammon, Œ. de bœuf, Œ. de vache, plusieurs Hélices; Œ. de bouc, Œ. de rubis, plusieurs Patelles; Œ. de flambe, Œ. de Ste- Lucie, plusieurs Trochus (Salwt) ; — en Entomologie, Œ. de jour et Œ. de paon, le Papillon ;

2" En Botanique, Œil (au pluriel yeux], le bourgeon naissant des arbres [Voy. bolrgeon); Œ. de bœuf, plusieurs Chrysanthèmes, les Buphtalmes et V Anthémis tinctoria ; Œ. de bouc, le Pvrèthre et le Chrysantlième leucanthème; Œ. de chat, le fruit du Bonduc; Œ. de chèvre, r.Egilops; Œ. de chien, un Plantain ; Œ. de Christ, une Aunéc; Œ. de dragon, le Li-tchi; Œ. de perdrix, le Myosotis, l'Adonide d'été, et une Scabieuse ; CE. de soleil, la Malricaire commune; Œ. de vache, plusieurs Camomilles ;

5° En Minéral(^c, Œ. de chat, une variété de Quartz hyalin pénétré d'asbestc (Voy. chatoiemext) ; Œil de perdrix, une variété de Silex gris; Œ. de serpent, des dents de poisson pétrifiées oui olfrent des cercles concentriques rappelant la forme de l'œil ; Œ. de tigre, un quartz fibreux rougcàtre, pénétré de Gœlhite, du Cap.

ŒIL (acceptions diverses). On nomme œil certaines ouvertures qui se trouvent dans plusieurs outils et instruments : Vœil d'un marteau est le trou par où passe le manche; l'œil d'une chèvre, d'une grue, etc., le trou par où passent les câbles. — Les Horlogers nomment œil du ressort une fente faite à chacune des extrémités du grand ressort d'une horloge pour le faire tenir aux crochets du Iwrillet et de son arbre. — Les Fondeurs appellent œil une ouverture située au bas du fourneau, par laquelle la matière fondue s'écoule pour être reçue dans le bassin qui est au-dessous : fondre par Vœil. c'est fondre sans boucher ce trou et laisser couler le métal à mesure qu'il fond. — Les Typographes nomment œil d'une lettre la partie de celle-ci qui est en relief et qui s'imprime. On distingue les différentes épaisseurs par les termes de petit œil et gros œil.

ŒILLÉ

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