‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1113 sur 1729 · ŒUF · texte numérisé non relu

ŒUF

jI s'obtient par l'oxydation de l'aldéhyde de mûme nom. Celle-ci résulte d'ailleurs de l'action des alcalis sur l'huile de ricin

ŒNOBAROMÈTRE, aréomètre spécial permettant de déterminer, à l'aide de tables, le poids de l'extrait d'un vin. L'Œ. de lioudart est le plus employé : il donne des indications exactes, à la conoilion que fe titre alcoolique soit déterminé avec précision. —

(ENOCARPE (du gr. olvoç, vin. et xas-ô;, fruit), CEiiocarpus, genre de la famille des Palmiers, tribu des An'cinées, dont toutes les esp^es se trouvent en Amérique.

ŒNOLINE (du gr. Q-M>^, vin), matière colorante des vins rouges, que l'on précipite par l'acétate basique de plomb ; c'est une j)oudre d'un brun rougeâtre, quand elle est humide; presque noire, quand elle est sèche : cette poudre est presque insoluble aans l'eau ; elle est plus soluble dans l'akool.

ŒNOLOGIE (du gr. olvo;, vin ri A6YOi;,discoiu^), ensemble des connaissances techniques et scientifiques qui rcsuinent la préparation et la conservation des vins.

ŒNOIMEL (du gr. olvo;, vin, et piAt, miel), sirop dont le vin fait la oase, et dans In composition duquel le sucre «st rem|)lacé |)ar le miel. Voy. hïdrojiel.

ŒNOMÈTRE. Voy. glccométre.

ŒNONE. '215= petite planète, trouvée le 7 ami 1880 par Knorre, à Berlin. Votf. planètes.

ŒNOPHILE (du gr. otvo;, vin, et çÎAO;, ami), qui s'occupe de vins, de l'art de les produire, et de les soigner. Voy. vix.

ŒNOTHERA (du gr. oîvo6lr,p';), un des noms scientifi- <juos du genre Onagre, dont quelques botanistes ont formé le mot CEnolhéracées, synonyme A'Onagrariées. Voy. ce mot .

ŒSOPHAGE (du gr. oiiTOçàyo;), conduit musculo-memhraneux, de forme cylindrique, qui s'étend de l'extrémité intérieure du pharynx ou gosier, à l'orifice supérieur de l'estomac. Il sert à porter la nourriture à l'estomac. La sensiijilité v est peu développée, si ce n'est dans les cas fort rares d'inflammation (œsophagite). Cet organe peut î'tre affecté de cancer, de squirrhe et de paralvsie.

ŒSTRE (du gr. olorpoî), Œstriis, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des Alhéricères et type de la tribu des Œstrides; ils ressemblent à de grosses mouches, mais ils sont Ijeaucoup plus velus. Les Œstres n'ont jias plus tôt subi leur dernière métamorphose, qu'ils cherchent à s'accoupler. Chaque espèce dépose ses œufs sur un animal

Iiarliculier : le Ixeuf, l'âne, le cheval, le renne, le cerf, antilope, le chameau, le mouton et le lièvre ont chacun leur œstre spécial. L'espèce la plus commune est VŒslre du cheval [CE. equi), long de 0 m. 012, de couleur fauve et ferrugineuse. La femelle dépose ses œufs sur les jambes et les épaules des chevaux, qui, en se léchant, transportent les larves dans leur estomac, où elles se développent ; ces larves descendent ensuite jusqu'à l'anus, et tombent à terre pour subir leui-s transformations. — La tribu des Œstndeê renferme, outre le genre-type, les genres Cutérèbre, Cépkéiténiyie, Œdemagcne, Hypoderme, Céphalémyie, Colax, etc.

ŒUF l^du lat. ovtim). Toute espèce animale, sinon tout individu, vient d'un œuf : « Omiie vivum ex ovo », a dit llarvey. L'œuf ou élément femelle est fonné dune partie fondamentale, Vovule [Voy. ce mot), et de parties accessoires. L'ovule présente la même constitution d'un bout à l'autre du règne animal. C'est une cellule, généralement ■entourée d'une membrane [membrane vitelline) et contenant un noyau [vésicule germinative) qui lui-même peut renfermer un nucléole [tache germinative). Les œufs les plus éimples sont microscopiques; ils se compliquent par l'accumulation de matériaux nutritifs mis en réserve et qui <loivent être absorbés par l'embryon pendant son développement; l'œuf peut acquérir ainsi un assez gros volume Jaune de l'œuf de poule). Les parties accessoires, qui doivent servir de nourriture ou de protection à l'ovule, forment la plus gi-ande masse de l'œuf de l'oiseau ou du serpent, ovipares chez lesquels le germe ne se nourrit pas aux dépens de la mère. Ainsi chez l'oiseau, l'ovule, c.-à-d. l'élément essentiel, est constitué par la cicatricule, partie plus claire qui s'aperçoit au milieu de la niasse du jaune : «ette cicatricule est entourée de la masse du jaune, clément nutritif et accessoire; celle-ci, des couches d'albumine ou blanc d'œuf qui sont étrangères à l'œuf à un plus haut degré encore; enfm de la membrane coquillère, et de la

coquille (vulg. coque). — L'ovule possède une activité vitale propre, une évolution marfjuéc. Après la ponte, il devient le siège de mouvements intérieurs : c est une cellule qui va entrer en division par le processus ordinaire; son noyau (vésicule germinative) est le siège de phénomènes complîqués [Voy. cellile). Si l'œuf n"a pas été fécondé, la division s'arrête vite et la vie se termine (sauf exceptions, voy. partiiéxogesèseV S'il est fécondé au contraire, la division se poursuit, chaque cellule formée en donne 2 nouvelles à son tour, et ainsi de suite. La masse s'étrangle par de nombreux sillons et prend un aspect framlx>isé [fractionnement du vilellus) ; les sphérules ainsi formées se disposent bientôt en une couche à l'intérieur de la membrane vitelline : c'est le blastoderme. Sur un point du blastoderme apparaît Vaire germinative, commencement du jeune animal [Voy. exbrtox). — L'organe dans lequel se produisent les œuls est la glande appelée ovaire. L'œuf de la femme n'est connu que depuis 1834 par les travaux de de Baër et Coste. H a moins de 1/10 de millimètre de diamètre.

Le nombre des œufs que pond une espèce animale augmente ou diminue en raison des dangers qu'ils courent dans leur lieu d'incubation. Les Poissons, qui abandonnent leurs œufs dans l'eau à la merci de toutes les causes de destruction, en pondent des milliers et même des millions. Les Syngnathes, qui les déposent dans une poche protectrice, n'en pondent plus que des centaines : les Raies et les Squales, qui sont souvent vivipares, en pondent seulement quelques dizaines. Les Oiseaux de proie pondent 2 ou 3 œufs; les Mésanges et les Roitelets, de 15 à 20; les Perdrix, au delà. La plupart des Palmipèdes n'ont qu'un œuf; le Canard sauvage cependant en pond de 8 à 18.

La plus giande partie des œufs |X)ndus pr les oiseaux <le basse-cour servent à la nourriture de l'homme. Les œufs de poule sont ceux dont la consommation est le plus considérable : on en mange annuellement à Paris près de 200 millions, et plus de 7 milliards dans toute la France. Viennent ensuite ceux de dinde, d'oie, de cane, de pintade, etc. On a imaginé divers moyens de conserver des œufs pour la saison d'hiver, pendant laquelle les poules pondent fort peu : on les met par couches dans le sable, la sciure de liois, la paille hachée; on les conserve aussi dans des pots de grès bien bouchés et remplis avec de l'eau de chaux. On peut aussi les enduire d'une couche de gamme, de gélatine, d'huile et de cire, etc. — Les œufs servent non seulement à la nourriture de l'honune. mais encore à une foule d'usages. En Médecine, on emploie le blanc d'œuf dans les collvTes, et le jaune fait la base des laits de poule: on en extrait une huile douce, bonne contre les gerçures. Le blanc d'œuf sert à clarifier le vin, les sirops, etc. (Voy. albcjiine). On peignait autrefois au blanc d'œuf; on s en sert encore comme de vernis.

Les anciens faisaient naître le monde d'un œuf, ou, du moins, l'œuf était chez eux le syml)ole de la première origine de toutes choses. Les Grecs et les Romains offraient des œufs à leurs divinités, quand ils voulaient se purifier.

En Botanique, on appelle œuf la cellule résultant de la fusion de l'élément mâle et de l'élément femelle. L'œuf est une cellule d'où dérivent, par bipartitions successives, toutes les autres.

Œufs de coq ou CE. blancs, œufs imparfaits qui n'ont

Eas de jaune et qui ne contiennent que de l'albumine. — 'est aussi le nom vulgaire donné à des œufs trouvés dans les fumiers et les meules de foin, où ils ont été déposés par des couleuvres.

Œufs de Pâques. Autrefois il était d'usage de faire bénir, le samedi saint, une certaine quantité d'œufs mis en réserve dans le temps du carême, }Kuir les offrir en cadeaux ; on les teignait en jaune, en violet et surtout en rouge. On les nommait a'ufs de Pâques, parce qu'on les donnait après la grand'messe de ce jour. Aujourd'hui les œufs de Pâques ne se donnent plus qu'aux enfants : ils sont en sucre et renferment de petits présents. On donne aussi aux œufs de Pâques une origine plus lointaine et une signification mythique : ce serait le symbole du soleil ayant disparu pendant les mois d'hiver et se montrant de nouveau au printemps dans toute sa splendeur.

Œuf électrique, globe de verre, de forme ovoïde, dans lequel sont placées deux tiges de métal. Quand on a fait le vide dans ce glolie, on peut produire l'étincelle électrique entre les liges, et elle présente alors des particularités remarquables : si le vide est aussi parfait que possible.

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