ARSIS
avec le cobalt [smaltine ou cobalt arsenical), le nickel [nickéline ou nickel arsenical, le soufre [réalgar et orpiment), le soufre et le cobalt [cobalt gris], le soufre et le nickel [disoniose), le soufre et le fer [mispickel], etc. Il est surtout aliondant, sous ces diverses formes, en Saxe, Bohême, llong^rie. Souabe. au Harz et dans le Puy-de- Dôme et le Dauphiné. — Comme corps simple, lai^enic est sans usage ; mais il forme de nombreuses combinaisons, remarquables par l'action énergique qu'elles exercent, aux doses les plus faibles, sur les êtres organisés. Il existe deux combinaisons de l'aï-scnic avec l'oxygène : l'anhydride arsénieux (improprement acide arsénieitx) (As*OJ, vulg. mort aux rats, l'anhydride arsénique [As^O^] et l'acide arsénique [AsO'IP] Voy. ces mots". — l^' hydrogène arsénié ou arséniure d'hydrogène [AsIP] est un gaz excessivement vénéneux et combustible, qui se produit toutes les fois que l'on introduit un comjiosé solublc de l'arsenic dans un appareil producteur d'hydrogène ; c'est le principe de l'appareil de Marsh, qui a pour but de reconnaître l'arsenic dans les cas d'emjwisonncmcnt. Pour reconnaître l'arsenic, on introduit dans un appareil à hydrogène le liquide à examiner: le gaz qui se dégage se rend dans un tube de verre eflilé; ce tube est porte au rouge sur une certaine partie de sa longueur ; l'hydrogène arsénié s'y décompose, et l'arsenic s y déjwse soiis la forme d'un anneau métallique sur lequel on peut constater ses propriétés : ou bien on allume le jet de gaz
a ni se dégage de l'appareil à hydrogène, et l'on tient auessus de la llanime une soucoupe de ijorcelaine ; on voit alors se déposer des taches d'arsenic métallique noires aux endroits où la |)orcelaine est en contact avec la flamme ; la
Ïirésencc de l'arsenic se reconnaît même à la couleur de a flamme, qui, au lieu d'être d'un jaune paie commî avec l'hydrogène iiur, est alors d'un blanc bleuâtre, et répand des fumées blanches. — L'arsenic n'était pas connu des anciens ; ce que les Grecs et les .\rabes nomment ainsi est l'orpiment, 1 un des sulfures de ce métal. Il paraît avoir été connu de Paracelse : mais Brandi est le premier qui, en 1755. l'ait bien étudié.
ARSENIC XATiF, arscnic métallique presque pur. qu'on rencontre en masses noires, lamellaires ou bacillaires, dans beaucoup de localités, associé à l'aident sulfuré, au cobalt gris et à la nickéline. La poudre aux mouches du commerce, appelée Koboll ou à tort mine de cobalt, est de l'arsenic natif en poudre.
AR5EMC SCLFCRÉ JAOE. Voy. ORPIMENT.
ARSENIC SULFURÉ ROUGE. Voy. RÉALGAR.
ARSENIC, en Toxicologie. Dans les cas d'empoisonnement supposé, on détruit la matière organique soit par l'acide sulturique en présence d'acide azotique, soit par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse; le charbon dans la première opération, le résidu évaporé dans la seconde, renferment l'arsenic à l'état d'acide arsénique : celui-ci est enlevé par l'eau et caractérisé par ses réactions (sulfure, sel d'argent) ou par l'appareil de Marsh. Dans le cas oii l'on veut doser des traces d'ai-senic (des fractions de milligramme', on coupe la partie du tube de l'appareil de Marsh où s'est dé|HJsé l'arsenic et on la pèse; puis, après avoir enlevé l'arsenic avec de riiyp<x'hlorite de soude et séché le tube, on le pèse de nouveau. La recherche de l'arsenic par l'appareil de Marsh nécessite un grand nombre de précautions, pour l'élude desquelles il faut consulter les traités de toxicologie. — L'arsenic se localise d'abord et à peu près exclusivement dans les centres nerveux. Ce n'est que plus tard et lorsque l'empoisonnement continué lentement, et à petites doses, est devenu une intoxication chronique, que le foie, la rate, les poumons et les muscles s'en trouvent imprégnés. Par ces indices, la justice peut découvrir non seulement si un individu a été réellement empoisonné, mais encore s'il l'a été en une fois ou par des doses répétées, enfm si l'empoisonnement est récent ou si les tentatives criminelles ont été commencées depuis longtemps.
ARSENICAUX, classe de médicaments dont l'arsenic est la base et le principe actif; ils sont d'un emploi fort dangereux. On les administre à l'intérieur, particulièrement l'acide arsénieux 'liqueur de Fowler et l'arséniate de soude solution de Pearson , dans un grand nombre de maladies cutanées, dans les lièvres rebelles, dans le rhumatisme aigu, l'asthme, la phtisie, etc. Les Indiens passent pour avoir les premiers administré l'acide arsénieux. L application des poudres ou pâtes arsenicales sur
les cancers ulcérés de la peau, les dartres rongeantes, etc., remonte à la plus haute antiquité, aussi bien que l'emploi de l'orpiment, associé à la chaux \ive comme dépilatoire.
ARSÉNICITE, PHARUACOLITE, ou CHACX ARSÉNIATÉE. Voy. PHARMACOLITE.
ARSÉN I EUX 'anhydride', improprement Acide arsénieux, ■ dit aussi Arsenic blanc. A. oxydé, mort aux rats, combi- I naison de l'arsenic avec l'oxygène [As-O^j, se présente en masses compactes translucides (A. vitreux) qui de\iennent peu à peu opaques de la surface au centre {A . porcelanique] ; il ressemble, en poudre, à du sucre pilé; est peu solublc dans l'eau, et n'a presque pas de saveur; se réduit en vapeur quand on le jette sur des charbons rouges, et exhale alors une forte odeur d'ail. Chaulfé dans un tulx; de verre fermé, il se sublime en petits cristaux qui sont des octaèdres réguliers. On le connaît également sous une autre forme (prisme orthorhombique). Sa dissolution rougit légèrement le tournesol. On obtient l'acide arsénieux conune produit secondaire dans le traitement des arséniures de cobalt et de nickel, de la Saxe et de la Bohème. Dans certaines localités, notamment en Silésie, on le préparc comme produit principal par le grillage du mispickel ;corabinaison d'arsenic, de fer et de soufre). L'acide arsénieux est un poison des plus dangereux. La magnésie calcinte et l'hydrate de peroxyde de fer sont les meilleurs antidotes de ce poison. — Dioscoride fait déjà mention de l'action vénéneuse de l'arsenic blanc. La fameuse Aqua-Tofana [Voy. ce mot) était, dit-on, une solution déguisée d'acide arsénieux. — On emploie l'acide arsénieux pour détruire les souris et les rats : on l'associe, dans ce cas. avec de la farine et de la graisse; et l'on ajoute à la pâte quelques semences de fenouil. Les naturalistes en font usage pour préserver de la putréfaction les animaux ein|)aillés; ils lassocient à une bouillie savonneuse et calcaire, appelée savon de Bécœur. Dans les verreries, on mêle de l'aiidc arsénieux à la pâte du verre pour la blanchir et la rendre plus fusible. Les teinturiers et les indienneurs s'en servent aussi, mais, le plus souvent, après l'avoir uni aux bases, et notamment à la potasse. Enlin, on emploie l'acide arsénieux en médecine. Voy. arsenicaux.
ARSÉN lOSIDÉRITE, arséniate hydraté naturel de fer et de chaux.
ARSÉNIQUE , anhydride, acide). On obtient l'acide arsénique ^AsO*H') en faisant bouillir l'acide arsénieux avce de l'eau régale; la chaleur le déshydrate et doiii.c une poudre blanche d'anhydride, puis de l'acide arsénié; x- L'acide est tribasique comme l'acide phosphorique ; il a;^.t comme oxydant, en se transformant en acide arsénieux. On l'emploie beaucoup aujourd'hui dans la préparation des couleurs d'aniline. — L'acide arsénique a été découvert |)ar Scheele en 1775. Il se rencontre assez fréauenment dans la nature en combinaison avec plusieurs liascs.
Voy. ARSÉNIATES.
ARSÉN ITES. sels formés par l'acide arsénieux. L'.i. de cuivre entre dans la composition du vert de Scheele, emplové en peinture, h' A. de potasse fait la base de la liqueur de Fotrler. On l'emploie dans les mêmes cas que l'acide arsénieux. Les arsénites solubles donnent avec le nitrate d'argent un précipité blanc jaunâtre d'arsénite d'argent.
ARSÉNiTE ou ARSÉNOLiTE, acidc arséuieux naturel, cubique, isomorphe de la sénarmontite.
ARSÉNIURES, combinaisons de l'arsenic avec un métal. On rencontre dans la nature plusieurs arséniures, notanH ment l'.l. de cobalt [cobaltine] et r.4. de nickel [nie^ kéline).
ARSÉNOLITE. Voy. arséxite.
ARSINES, composés analogues aux aminés dans lesquels l'azote est remplacé par l'arsenic [Voy. le mot qui précède la désinence arsine).
ARSIS. Dans la Métrique ancienne, le mot àpr.;, levé, marquait le temps fort par opposition à la eÉT'.;, ou temps faible. Dans un mot isolé, l'arsia signifiait le commencement du mot, jusques et v compris la syllabe accentuée. Dans un vers, on entendait par arsis la première syllabe <run pied, qui se prononçait en élevant la voix : dans les vers nexamètres, les poètes latins ont quelquefois allongé la brève, lorsque l'arsis se rencontre avec la césure. Voy. aussi hiatus.
ARSIS, en Musique. L'étymologie de ce mot nous apprend que notre manière de marquer la mesure est contraire à