‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1132 sur 1729 · OREZZA · texte numérisé non relu

OREZZA

ORGANiaSME

OREZZA (Corse), eau miner. Voy. eacx minérales.

ORFÈVRE, oRFÈvREitiE (du lat. auri faber, travailleur iVor . \.'orfrvrerie est l'application de la sculptunr aux métaux précieux (or, arjjenl, aluminium, etc.). 1" La grosse orfèvrerie comprend la fabrication de grandes pièces, comme ornements d'église et ohjets destinés au culte, services de table, objets d'art (p. ex. collrcs à bijoux, statuettes, etc.) : on fait un modèle en cire, on le moule en sable, puis on fond et on cisèle; quelquefois, pour une œu\Te d'art, au lieu de fondre, on repousse, c.-à-d. on façonne en relief une lame d'argent, que l'on cisèle ensuite; certains objets d'argent sont dorés entièrement ou en partie, décorés de nielles ou d'émaux (Voy. vermeil, melle, émail). 2° La petite orfèvrerie fabrique les instruments de table, comme salières, builiers, etc. ; souvent elle emploie \' estampage, procédé expéditif, mais sans valeur artistique. 3" La fabrication des couverts forme une brandie distincte qui a ses procédés spéciaux. — L'orfèvrerie-bijouierie fabrique des objets oii le prix du travail égale ou même d('passe celui du métal : bracelets, pendants d'oreilles, bagues, épingles, broclics, croix, cbaines, boulons, boî- ■tes de montre, etc. (or ciselé, filigrane, émail). L'orfèvrerie-joaillerie est l'art de sertir les pierres précieuses pour en enrichir des bijoux, etc. Voy. bijoux et joaillier.

Orfèvrerie d imitation. Elle comprend la fabrication d'objets en cuivre doré, principalement ceux destinés au culte (dont le moyen âge a laissé de remarquables modèles), des pièces plaqui'es d'argent ou argentées pour les services de table, des bijoux faux en cuivre doré. — La <lécouverte de l'argenture et de la dorure par le procédé Elkington et Ruolz a permis à l'orfèvrerie d'imitation de produire, surtout pour les services de table, des œuvres qui rivalisent sous le rapjwrt de l'art avec l'argenterie véritable et ne sont pas exposées comme elle à être converties en lingots. Voy. galvanoplastie.

L'orfèvrerie est un art fort ancien. Elle fut jiratiquée : par les Indiens, qui se distinguent encore par la délicatesse du travail et excellent dans le filigrane ; par les Chaldéens, les Phéniciens et les Egyptiens, dont on voit de précieux restes dans les musées. Les Grecs, chez lesfjuels on cite Mentor, la portèrent à la perfection (trépieds, vases et coupes pour les temples: vaisselle ciselée ou ornée de bas-reliefs rapportés, £ jjLb AT, (Asxa; bijoux ornés de cette granulation dont Castellani a de nos jours retrouvé le secret, comme pendants d'oreilles, boucles et agrafes, épingles et broches, bracelets, bagues, diadèmes formés de fleurettes émaillées, colliers faits d'une chaîne à laquelle pendent des «amées, des figures ou des pièces de monnaie). Ils enseignèrent leur art aux Etrusques et aux Romains, dont le luxe <îst célèbre. On en a découvert de beaux spécimens dans ies fouilles d'IIerculanum et de Pompéi, de Kertch et de Koul-Oba (en Crimée), de Vulci, de Chiusi, de Caere (en Etrurie). Un en voit à Paris à la Bibliothèque nationale {Cabinet des antiques et médailles] et au LomTe {collection Campana). L'orfèvrerie tomlja ensuite en déca- <lence entre les mains des Byzantins, qui sulislituèrent à l'art le poids du métal et la profusion des pierres précieuses. Ces derniers enseignèrent leurs procédés aux Italiens, 3ui, s'affrancliissant de leur tradition, produisirent des chefsœuvre à l'époque de la Renaissance : on cite alors Verrocliio, Thomaso Bigordi (surnommé le Ghirlandajo, parce qu'il fabriquait ces cercles d'or ou d'argent qui retiennent les cheveux), Finiguerra, le Franchia, Benvenuto Cellini, (jui laissa un Traité de l'orfèvrerie et mit à la mode les figurines collées contre la panse ou grimpant le long du pfed des aiguières, etc. — En France, on suivit d'abord la tradition romaine. Sous le roi Dagobert, St Eloi fut renommé par l'habileté qu'il déploya tlans la fabrication d'objets destinés au culte ; mais les invasions des Normands détruisirent les richesses des monastères. Pendant qu'en Allemagne l'école rhénane naissait de la tradition byzantine, l'abbé Suger. sous Louis VII, restaura l'art en faisant exécuter pour l'abbaye de St-l)enis, par des orfèvres lorrains, des œuvres remarquables dont il reste quelques spécimens dans la collection des gemmes et joyaux de la Couronne, au Louvre. Son exemple eut de nombreux imitateure. Le «tyle gothique devint bientôt le caractère de l'orfèvrerie religieuse : les châsses, p. ex., représentèrent des églises ogivales en or, en argent ou en cui\Te doré. Le goût se développa aussi pour les joyaux et pour l'argenterie destinée au service de la table : fontaines, salières, aiguières, iianaps, bouteilles, drageoirs, etc. Sous St Louis, les orfè-

vres de Paris formaient déjà une corporation importante. Le style renaissance imita les figures allégoriques que l'Italie avait mises à la mode. Henri II eut El. Delaulne, qui a laissé de précieux motièles gravés au burin, et Fr. Briot, auteur d'aiguières en élain (musée de Clunv) ; Hcnii IV, D. Venant et J. Delahaye. Le style Louis XIII commença une ère nouvelle avec R. Delahaye, P. Courtois, Merlin, et la joaillerie joua un rôle important. Le style Louis XIV eut la même noblesse que l'architecture, la sculpture et l'ameublement de la même époque : alors brillèrent Cl. Ballin, Lescot, Jean Grcvet, L. Texier, Montarsy. Al. Loir, P. Germain; malheureusement les désastres de fa guerre d'Espagne firent fondre des somptuosités de tout genre : on ne les connaît que par les estampes de N. Delaunay, de Lepautre et de Berain. Sous Louis XV, Ballin le neveu et Th. Germain firent quelques belles choses : mais le mauvais goût finit par prévaloir avec le ge7ire rocaille. En même temps, avec plus de caprice daiis la monture, les bijoux eurent moins d'élégance : l'or et l'émail compromirent souvent l'éclat de la pierre. Le style Louis XVI, avec Micalef et Auguste, adopta celte grâce galante et un peu maniérée qui convient à un boudoir. La Révolution détruisit leurs œuvres cl, ce qui est irréparable, les richesses de rorfè>Terie sacrée. Sous l'Empire, Thomire, Odiot, etc., imitèrent avec lourdeur l'antiquité grecque et romaine. La fin de la Restauration eut un homme de génie. Fauconnier. Enfin, après 1830, Vagner, Froment-Meurice, Veclite et Fcuchère atteignirent à une perfection qu'on n'a jxiint dépassée. — Consulter : Rouet, Traité d'orfèvrerie; Fessarl, Vade-mecum de l'orfèvre; Odiot, Cahier et Gandais, Modèles d'orfèvrerie; Vallardi, Joaillerie, bijouterie et orfèvrerie ; l'ugin. Modèles d'orfèvrerie ; Rambosson. Pierres précieuses et ornements; F. Seré et P. Lacroix, Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie.

ORFRAIE (du lat. ossifraga, qui rompt les os), vulg. Aigle de nier, espèce d'Aigle, reconnaissable à son plumage brunâtre, à sa queue d'abord noirâtre et tachetée de blanc, puis blanchissant avec l'âge. Longtemps on a distingué rOrfraie du Pygargue ou Aigle pêcheur ; mais il est auj. reconnu que c'est le même oiseau. Il est plus particulièrement nomme Orfraie sous le plumage qu'il porte dans ses deux premières années. Voy. pvgabgce.

ORFROI (du lat. aurum phi-ygium, italien orifrigio), fil d'or travaillé à la façon des anciens Phrygiens. On en ornait les chapes, les dalmatiques, les chasubles. L'orfroi était aussi une broderie d'argent ou de soie.

ORGANDI, mousseline unie ayant reçu un apprêt. Elle se fabrique spécialement à Tarare et à St-Quentin en France, à St-Gall en Suisse.

ORGANE (du gr. ôpvavov, instrument), partie d'un être organisé destinée à renaplir ime fonction. Dans les végétaux, on distingue les 0. de la végétation, la racine, la tige et les feuilles, et les 0. de la reproduction, la fleur et le fruit. Dans les animaux, on distingue les 0. de la nutrition, les 0. de la génération, les 0. de la locomotion, lesO. des sens. L'ensemble des organes qui concourent à une même fonction prend le nom d'appareil

Par métaphore, on a donné le nom d'Organe iOrganum) à la Logique, qui est comme l'instrument de l'intelligence : on a réuni sous ce titre les écrits d'Aristote qui se rapportent à l'art de raisonner ; Bacon et Lambert ont publié, sous le titre de Novum Organum, des traités où ils professent une logique nouvelle.

ORGANEAU [X'organe], terme de Marine, gros anneau de fer qui est passé au bout de la verge de l'ancre et qui sert à y amarrer le càWe.

ORGANICISME [d'organique], doctrine philosophique et physiologique d'après laquelle les phénomènes vitaux s'expliquent par l'organisation [Voy. ce moll du corps, organisation qui, par son mécanisme, modifie les effets des forces physiques et chimiques aux lois desquelles elle est soumise. Cette doctrine, jadis appelée chimiatrie et iatromécanicisme [Voy. ces mots;, se nomme aujourd'hui mécanicisme, dynamisme physico-rhimique, histologisme, selon qu'elle rapporte les phénomènes vitaux principalement aux lois du mouvement de la matière pondérable, ou à celles d'agents impondérables (électricité, chaleur, etc.], ou aux propriétés spéciales des tissus vivants. Quand elle considère comme des fonctions du cerveau la sensation, la jjensée et la volonté, elle est matérialiste; elle est au contraire spiritualiste quand elle admet <|ue le cerveau est seulement l'organe des phénomènes de con-

ORGANINO

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