OUVRIER
sectes, de graines et de semences. Elle mue deux fois par an, et i)ond ses œuls dans un trou creusé en terre. C'est un giliier estimé. — L'espèce la plus connue est la Grande Outarde {0. larda], dite aussi 0. barbue, parce qu'elle
fiorte à la base du Ijcc un faisceau de long:ues plumes cfliées. Les parties supérieures du corps sont d'un roux jaunâtre, rayé de noir, et les parties inférieures blanches. L'O. can'epelière ou Petite Outarde [0. letrax) recherche les lieux arides, et se nourrit de graines, d'insectes et de vers : elle niche dans les herl)es et les champs ; sa taille est de 0 m. 50. — Les espèces d'Afrique et d Asie ne diffèrent des précédentes que par la couleur de leur plumage.
OUTIL [du lat. usibilis ou usililis, qui peut servir], tout instrument dont se servent les artisans pour exécuter leur travail : marteau, scie, rabot, etc.
Les Tourneurs appellent outil de côté des ciseaux à deux biseaux. — Les Lapidaires appellent outil plat un (>elit cylindre de métal, attaché au Lout d'un long fer, dont ils se servent dans la gravure des pierres précieuses. — Les Elx'nisles appellent outil à ondes mie macliine ilont ils se servent pour faire des moulures ondées et d'autres ornements.
Les outils nécessaires aux occupations personnelles de ceux à qui ils appartiennent ne peuvent être saisis (C. de proc, art. 592).
Machines-outils. On comprend sous ce nom toutes les machines servant à la construction économique de tous les organes des appareils employés dans l'industrie manufacturière. Tels sont les diverses espèces de tours, les machines à raboter, à mortaiser, à aléser, à percer, à fraiser, à tarauder, à tailler les engrenages, à poinçonner, à cisailler, les ctaux limeurs, les machmes à faire les boulons et les écrous. On peut encorc y ajouter les marteaux-pilons et les marteaux divers, les for-
ffeuses mécaniques, les outils spéciaux pour l'ajustage, a chaudronnerie, etc. ; les machines spéciales au travail des bois [scieries mécaniques, machines à fabriquer les moulures, etc.). Voy. i.nstrcmexts et machines.
OUTLAWS. Voy. le Dict. dHist. et de Géogr.
OUTRAGE du lat. fictif uUraticum, de ultra, au delà; qui va au delà des homes) . L'outrage fait aux magistrats, aux agents ou dé|X)silaires de la force publique, dans l'exercice ou à raison de leurs l'onctions, par paroles, gestes ou menaces, est puni plus ou moins sévèrement, selon la gravité des circonstances. — Tout outrage à la morale publique par des discours, des cris, des menaces, proférés dans des heux publics, par des écrits, des imprimés, des dessins, des gravures, des peintures ou emblèmes vendus ou distribués, mis en vente ou exposés, est puni d'un emprisonnement d'un mois à un an, et d'une amende de 16 francs à 500 francs (C. pén., art. '■m-'ib ; Loi du 17 mai 1819, etc.).
OUTRE (du lat. uter, utris), peau de bouc préparée et cousue en forme de sac pour recevoir des liquides. C'est dans les outres que les anciens gardaient leur vin ; on s'en sert encore aujourd'hui dans les pays montagneux du Midi, où le transport des tonneaux ne peut se faire sur des voilures: on y enferme le vin, l'huile et d'autres li<|uides, et on charge de deux outres les chevaux et les mulets.
Outre se dit, en Botanique, d'une espèce de coupe ou de godet formé soit par une feuille courbée sur elle-même et soudée sur ses bords, soit par un évasemcnt particuher du sommet de la grande nervure, soit enfin ])ar la concavité d'une feuille. Los feuilles du Népcnthe distillatoirc ollrent cette disposition.
Outre de mer. nom vulgaire des Ascidies.
OUTREMER [A' outre ci mer, à cause de la provenance), matière colorante bleue qui n'est autre chose que la poudre du minéral connu sous le nom de lapis-lazuli ou lazulite, lequel en Minéralogie porte aussi le nom d'outremer {Voy. lazclite). Actuellement on emploie surtout l'outremer artificiel, que l'on prépare en chaulTant au rouge sombre un mélange de kaolin, de sulfate de soude, de carbonate de soude, de soufre et de charbon ; on obtient une masse verte qu'on lave. La masse desséchée est ensuite très finement pulvérisée. Cette poudre, qui est d'un bleu foncé, sert à l'impression des tissus. En lui incorporant de l'oxyde de zinc en quantité convenable, on peut faire varier sa couleur du bleu pur au vert.
OUVERTURE. En Géométrie, Vouverture d'un angle est l'écartement des deux lignes qui le formeTit.
En termes de Jurisprudence, 1 ouverture d'une succes-
sion est le moment où cette succession peut être recueillie ou du moins réclamée. — En parlant d'un prwès jugé en dernier ressort, on dit qu'il y a ouverture à requête civile, pour dire qu'il y a possibilité de se pour*oir contre l'arrêt par requête civile.
En Musique, on appelle ouverture une composition orchestrale comi)ortaiit généralement un certain développement et servant de début à un opéra, un ballet ou toute autre œuvre dramatique : il y a pourtant des ouvertures dites de concert
aui sont de purs morceaux symphoniques, mais écrits 'après la coujk; ordinaire des ouvertures dramatiques. L'ouverture, autrefois appelée symphonie, nom qu'elle a conservé en Italie, ne date guère que du xviir sii-cle : ce sont les Allemands qui ont incontestablement créé les chefs-d'œuvre du genre. Rappelons seulement les noms : de Mozart, de Weber, de Beethoven et de ^\agIler en Allemagne; de Mélnil, de Boieldieu, d'Hérold, d'Auber et de Berlioz en France, et de Rossini, en Italie.
OUVRABLE (joir), se dit des jours consacrés au travail, par opposition aux jours fériés ; on les nomme ainsi parce qu'en ces jours on peut œuvrer, c.-à-<l. travailler. Voy.
FÊHIÉS.
OUVRAGE (du lat. fictif operatictim], nom générique donné, en termes de Génie militaire, à toute pièce de fortification. En particulier, on ap|)ellc : 0. à cornes, celui aui est composé d'un seul front bastionné terminé par eux branches de Hanc; 0. à couronne, deux fronts IJastionnés à côté l'un de l'autre avec deux branches aux extrémités; 0. avancé, celui qui, placé à petite dislance devant une enceinte, reçoit son flanquement de celle-ci; 0. détaché, celui qui est assez éloigné d'une place pour recevoir une organisation indépendante, mais qui néanmoins est destiné à proléger la place ; 0. isolé, un fort non rattaché à une place, servant à maîtriser une voie de communication.
OUVREUR. Dans l'Art du Papetier, on nomme ainsi l'un des trois ouvriers qui font le jwpier dit à la main : c'est celui qui prend la pâte dans la cuve avec la forme, tandis que le coucheur jxisc la feuille sur le feutre avec la forme, et dispose le tout pour le mettre sous la presse, et que le leveur retire les feuilles de papier après qu'elles ont été pressées.
OUVRIER (du lat. operarius), se dit de quiconque est soumis à un travail qui ne met d'ordinaire en jeu que les forces physiques et qui est rémunéré par un salaire. L'ouvrier à façon est celui à qui l'on fournit les matériaux et qui les met en œuvre : l'ouvTier est : aux pièces quand il est payé proportionnellement à ce qu'il produit; à la journée quand il reçoit tant par jour.
Avant 1869, Tourner était soumis à l'obligation du livret [Voy. ce mot); sa profession est encore régie par plusieurs lois spéciales, notamment pour ce qui regarde le contrat d'apprentissage, le louage d'ouvrage et d'industrie, le travail des enfants dans les manufactures, les coalitions, etc. Voy. APPRENTISSAGE, ASStRASCE, COALITION, LOCA- TION, prud'hommes, RETRAITES.
L'ouvrier a été émancipé au point de ^•ue civil en 1789 et au point de vue politique en 1848. Sa condition est encore précaire. Il a cherché à y remédier par l'association. De là l'organisation de Trâde-Unions en Angleterre et de SjTidicats en France. L'Etat, de son côté, lui est venu en' aide par l'enseignement primaire gratuit, par la fondation d'hôpitaux et d'hospices, par la Caisse d'épargne. (Pour l'Assurance ouvrière, voy. socialisme.) C'est en Amérique que la condition de l'ouvrier est le plus favorable. La France vient, peu après, à ce point de vue, dans l'échelle des nations: la Belgique et l'Allemagne sont à un niveau bien inférieur. Voy. paupérisme, société, secours MUTUELS, travail. — Consulter : Audiganne, les Populations ouvrières de la France au xix' siècle: E. Levasseur. Histoire des classes ouvrières en France depuis \1 ^9 jusqu'à nos jours: i. Simon, COuvrière: Le Play, les Oun-iers en Europe.
Dans les Imprimeries, on appelle ouvriers en conscience-, ou de conscience, les compositeurs et metteurs en pages qui, à cause de la nature de leurs travaux, ne peuvent être payés qu'à la journée, sur la déclaration du temps qu'ils ont employé à leur travail.
Dans l'Armée," on appelle chefs-ouvriers d'un régiment l'armurier, le tailleur, le cordonnier, le bourrelier, le sellier ; ils ont sous leurs ordres un certain nombre de soldats ouvriers. Il existe en outre 25 sections de commis et
ouvRom