PANTOMIME
par cette même chose; par Dieu, un être absolutnont inliiii, c.-à-<l. une substance constilucc par une inliiiilé d'at- Iribuls infinis, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie. Do ces définitions découle tout le système. La substance infinie possède nécessairement une infinité d'attributs infinis qui constituent son essence : les principaux sont la pensée et l'étendue. Etant les manifestations réelles et vivantes de la substance infinie, la pensée et l'étendue supposent elles-mêmes nécessairement une infinité de modes finis par lesquels elles se manifestent à leur tour : la 1" se développe par une infinité A'idces; la 2° s'exprime par une infinité de grandeurs, c.-à-d. de figures et de mouvements. Toute cette tliéorie se résume en une proposition : Il est de la nature de la substance de se développer nécessairement par une infinité d'attributs infiniment modifiés. Hegel, par son idéalisme absolu, suppose dans l'être absolu l'identité des contradictoires, du néant et de l'être, de l'infini et du fini, etc. Cet cire absolu est Vidée qui représente l'essence des choses, comme la substance de Spinosa. La pensée étant supposée identique à la réalité, toute la réalité s'explique par les lois de la pensée, toutes les existences sont des degrés de l'évolution de l'idée, des moments de son développement, en sorte que la Logique, absorbant la Métaphysique, construit l'univers avec des catégories. En se manifestant, Vidée constitue successivement la nature qui l'exprime et l'esprit dans lequel elle se pense. Par suite, le système se divise en trois parties : Logique, Philosophie de la nature (Mécanique, Physique, Organique), Philosophie de l'esprit [V Esprit subjectif : Anthropologie, Phénoménologie et Psychologie; 2° E. objectif : Droit, Moralité, Mœurs; 3° E. absolu : Art, Religion, Philosophie). Ce système a le même vice fondamental que celui de Spinosa, l'abus des spéculations abstraites et le dédain de l'expérience. On lui a objecté aussi que, d'après lui : 1° Dieu n'a point d'existence personnelle, distincte de celle du monde; uni à la nature, il est avec elle dans un éternel devenir; pensé par l'esprit de l'homme, il constitue pour lui un simple idéal. 2° L'àme humaine n'a qu'une individualité passagère, sans espoir de l'immortalité. 3° N'étant pas une personne, elle se trouve soumise dans tous ses modes de développement à un déterminisme qui exclut la hberté et la moralité. 4° Interprété dans le sens idéaliste, le système conduit à une superbe indilTérence appelée dédain transcendanlal, et à un athéisme sentimental déguisé sous le nom de cidle de l'idéal ; interprété au contraire dans le sens naturaliste, il aijoutit au matérialisme et au communisme, comme le prouvent les doctrines développées par des disciples de Hegel. Quelque antipathique que ce système soit au génie français, il a cependant trouvé chez nous des adeptes qui, grâce à l'état des esprits, ont répandu certaines théories sans indiquer à quelles sources elles étaient puisées. — Voir : Saisset, trad. des Œuvres de Spinosa; l\. AVorms, Morale de Spinoza; Véra, Introduction à la Philosophie de Hegel et trad. de la Philosophie de Hegel; Janet, la Dialectique dans Platon et dans Hegel, Crise philosophique, le Matérialisme en Allemagne; Caro, l'Idée de Dieu, etc.
PANTHÉON (du gr. 7:îv, tout, et Sfeô;, dieu). Consacré, chez les anciens, à désigner des édifices où l'on rassemblait les statues de tous les dieux [Voy. panthéon au Dict. d'Hist. et de Géogr.), ce nom a été, de nos jours, appliqué métaphoriquement tantôt à des ouvrages où l'on réunissait les vies des personnages illustres de tous les temps; tantôt à des collections où entraient des auteurs de tous les genres : on connaît sous le titre de Panthéon littéraire une vaste collection en 60 vol. publiée à Paris sous la direction de Buchon, et qui comprend l'élite des littérateurs, des historiens et des philosophes.
PANTHÈRE (du lat. panthera) , Pardalis, genre de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers, famille des Féli-
ff ■ u^*^ "" ^'"^"^ '^^^*' P^"^ P^^'^ q"« ^^ Tigre, et qui offre beaucoup de ressemblance avec le Léopard. La Panthère est remarquable par son beau |)elage, fauve en dessus, blanc en dessous, et orné sur chaque flanc de G ou 7 rangées de taches noires en forme de roses ; quelques variétés sont entièrement noires, notamment la Panthère noire de Java. Le carnassier attaque les petits quadrupèdes, et grimpe sur les arbres pour y poursuivre sa proie ou pour fuir le danger. On le trouve dans toute l'Afrique et dans les parues chaudes de 1 Asie, ainsi que dans l'archipel Indien: — ies anciens, et souvent même les modernes, ont confondu
sous le nom de panthères plusieurs espèces de Chats, auj. bien distinctes, le Léopard, le Guépard et le Jaguar. VOnce de Ikiffon n'est qu'une variété de Panthère.
PANTIÈRE (<lu franc, pante), grand filet vertical de
10 m. de haut et d'une longueur proportionnée à l'espace que l'on désire barrer. Sa longueur est d'environ bO m. On l'emploie pour prendre toute espèce d'oiseaux. La pantière est tendue de façon à tomber sur les oiseaux lorsqu'ils se trouvent dessous. Les braconniers s'en servent pour s'emparer des compagnies de perdrix Cette chasse est loi" mellement interdite.
PANTIN (orig. inc], petite figure en carton plat, coloriée et découpée, représentant un personnage burlesque dont on fait mouvoir les membres à l'aide d'un fil. Les pantins apparurent en France au xviii" siècle et firent un instant fureur. Voy. marionnettes.
PANTOGRAPHE (du gr. Trâv, -rdvTOî, tout, et ypicpw, tracer), instrument au moyen duquel on copie mécaniquement toute espèce de dessins et de gravures, en les réduisant ou les amplifiant dans la pixtportion que l'on veut.
11 se compose de quatre règles mobiles, ajustées ensemble sur quatre pivots, et formant entre elles un parallélogramme. La disposition en est telle, (]ue lorsque, avec une pointe adai)lée à l'une de ces règles prolongées, on suit les contours d'un dessin, un crayon, ajusté au prolongement d'une autre règle, reproduit ce dessin plus grand ou plus petit selon la position que l'on a donnée au crayon. — Le pantographe était connu dès le xvii° siècle : il a été décrit en France par Marolais (1615) et en Italie par Scheiner (1630) ; il a été perfectionné par Canivet, Langlois, Lafond et Gavard : le pantographe perfectionné par ce dernier a reçu de lui le nom de diagraphe. Voy. DiAcnAi-iiE.
Le Pantographe des sculpteurs, inventé en 1820, met au point les statues et les bustes en marbre.
PANTOMÈTRE (du gr. -nâv, Ttivxoi;, tout, et |i.£Tpov, mesure), instrument imaginé au xvii° siècle par Bullet, et qui était destiné à mesurer toutes sortes d'angles, de hauteurs et de distances ; il était composé de 5 règles mobiles, dont les ouvertures et les positions donnaient à la fois les 3 angles du triangle.
PANTOMIME (du hl. panloniimus, du gr. TavxôiJiijJiOî), se dit de l'acteur qui ne s'exprime que par des gestes, et de l'art de représenter par des gestes toutes sortes de sentiments [Voy. mimique). — On donne aussi ce nom à une espèce de drame, le miniodrame, où l'acteur supplée à la parole par le geste.
Chez les Grecs, la pantomime ne fut jamais qu'un accessoire de la danse ; mais, chez les Romains, elle était cultivée à part. Dans les cérémonies funèbres, des pantomimes reproduisaient, à l'aide du geste, les habitudes et les principaux traits de la vie du défunt. Du temps de Cicéron, le fameux Roscius traduisait par une pantomime expressive les discours les plus éloquents de l'orateur romain ; Pylade et Bathylle, l'un tragique, l'autre comique, furent célèbres sous le règne d'Auguste : ils établirent chacun une école de pantomime, et se partagèrent le public. Néron lui-même figura parmi les pantomimes. Bientôt l'enthousiasme que ces acteurs excitèrent fit éclore des factions rivales, comme aux courses du cirque, et donna lieu aux plus déplorables excès. — La pantomime se conserva parmi les amusements du peuple au moyen âge ; mais la grossièreté des acteurs qui s'y livraient nécessita fréquemment des mesures de répression. La vraie pantomime théâtrale ne reparut en France qu'en 1577, avec la première troupe d'acteurs italiens : le fameux Scaramouche se distingua surtout en ce genre. Néanmoins il fallut encore près d'un siècle pour que ce spectacle devînt à la mode : le mot pantomime était encore nouveau en 1670, (piand .Molière donnait les Amants magnifiques, pièce dans laquelle ce mot est défini (Vov. le second intermède). .\u xviii« siècle, on la trouve à la fois : au Théâtre-Italien, où brillait en 1768 un pantomime appelé Roger; à l'Opéra français, où Noverre créa en 1772 le ballet pantomime, perfectionné depuis par Gardel: sur les petits théâtres de la Foire et sur ceux des boulevards, auxquels le chant et le dialogue étaient interdits : dans ces derniers, les acteurs joignaient à la pantomime l'emploi d'écriteaux expliquant aux spectateurs ce que le geste seul n'aurait pu faire entendre. La pantomime pure s'est maintenue longtemps à Paris, au théâtre des Funambules. Elle a de temps en temps une reprise de vogue quand elle est pratiquée ])ar un bon acteur. Les ballets pantomime* sont toujours en vogue sur la scène de l'Opéra.