‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1165 sur 1729 · PARADIS · texte numérisé non relu

PARADIS

oase était ordinairement écrite en vers anapestiques. Arislopiiane en olfrc de curieux exemples dans les Chevaliers, les Muées, les Guêpes, les Oiseaux, etc. Les hardiesse'? dont la paral»ase était remplie et les attaques violentes que le poète s'y permettait contre les citoyens les plus distingués de la republique tirent supprimer cet intermède l'an 404 av. J.-C. — Vov. dans le Recueil de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres un Mémoire spécial de Le beau sur ce sujet.

PARABOLE (du gr. -ra&aêoXr,, comparaison), allégorie qui renferme quelque vérité importante. Ce mot n'est guère usité qu'en parlant des allégories employées dans l'Ecriture sainte, et surtout dans les Evangiles. Les para- Ixilcs de V Enfant prodigue, du Bon Pasteur, du Mauvais Riche, du Bon Samaritain, etc., sont commcs de tout le monde. — Chez les mo<lernes, plusieurs allemands ont compose des paraboles remartjuables. notamment Andreae, Lessmg. Ilerder et Krummaclier, dont les Paraboles ont été traduites par l'abbé Bautain (1821) et Teillac (1838). On estime aussi les Histoires et paraboles du P. Bonav. Giraudeau 1766). continuées par Cliampion de Nilon(1786).

PARABOLE. En Géométrie, on nomme ainsi une courbe plane dont tous les points sont également distants d'un point fixe appelé foyer, et dune droite fixe appelée directrice. Elle est symétrique par rapport à la perpendiculaire menée du foyer sur la directrice : cette droite est Vaxe de la parabole ; le point unique ou l'axe rencontre la {«rabiile est le sommet de la courbe. Rapportée à son axe et à la tangente au sommet comme axes des x et des y, la parabole a pour équation y-=^1px; p. distance du loyer à la directrice, est le paramètre. — La tangente fait des angles égaux avec le rayon vecteur qui aboutit au point de contact et la parallèle à l'axe menée par ce point. La paraixjle est une des coniques. Voy. comque et aussi tiBiQiE pour parabole cubique.

La parabole a de nombreuses applications : en Optique, les miroirs paraboliques jouissent de la propriété de concentrer en un même jwint tous les rayons parallèles à l'axe; — en Balistique : les projectiles lancés dans le vide sous une inclinaison quelconque décrivent des paraboles; — en Astronomie, dans le calcul du mouvement des comètes, on confond l'orbite de ces astres dans le voisinage du périhélie avec des {«raboles.

PARABOLIQUE [de parabole), ce qui se rattache à la paral)ole. — On dit : arc parabolique, pour arc de para- IhiIc; segment parabolique, pour désigner l'espace compris entre un arc de parabole et sa corde; miroirs parahtiliques y>our désigner, en Physique, les miroirs qui ont pour sections principales des para iwles.

PARABOLO'I'DE de parabole et du gr. sISoç, forme). On désigne sous ce nom. en Géométrie, les surfaces du second ordre qui sont privées de centre. On distingue : X" le P. elliptique, dont les sections planes sont des ellipses ou des paralwles ; 2" le P. hyperbolique, dont les sections planes sont des paralwles ou des hyperboles. — Chacune de ces surfaces a deux plans de symétrie dont l'intersection donne l'axe du paralwloïde et qui coupent la surface suivant une parabole principale. Toute section faite par un plan passant par l'axe est toujours une parabole. Les deux paraljoloïdes peuvent être engendrés juir l'une de leui-s paralx>Ies principales se mouvant parallèlement à elle-même, de telle sorte que son sommet se trouve constamment sur l'autre; le paraboloïde h>'perboliqiie peut aussi être considéré comme une surface réglée à plan directeur et rentre par là dans la classe des surlaces conoïdes : il est engendré par une droite mobile qui se déplacerait en rencontrant constamment deux droites fixes non situées dans un même plan et en restant constamment parallèle à un plan fixe. — Le paraboloïde elliptique peut être de révolution autour de son axe. — Le cylindre parabolique peut être regardé comme un cas limite du paraboloïde hyperbolique.

PARACENTÈSE (du gr. Taoa/JvTT.j'.;). ponction prati-

8uée dans le but d'évacuer le liquide d'une cavité séreuse, m fait ainsi la paracentèse de la plèvre, du péricarde, du péritoine. On fait aussi la paracentèse de la chambre antérieure de l'œil, de la caisse du tympan, etc.

PARACÉPHALES, PABACÉPHAi.iENS (du gr. iraoâ, à côté, contre nature, et XEçaXf,, tête;, classe de Monstres unitaires ompbalosites, q^iii ont pour caractère principal d'avoir une tête très imparfaite.

PARACHRONISME (du gr. -api, à côté, et /fiiw,.

temps), espèce d'anachronisme qui place un événement plus tard qu'il ne doit être placé.

PARACHUTE ules mots français parer à et chute), machine qu'emploient les Aéronautes soit pour ralentir la chute de leur ballon, soit pour descendre à terre quand ils l'ont abandonné. C'est ordinairement un cercle de Iwis recouvert de toile ou de tatfelas en forme de cône tronqué ou de demi-sphère, sur laquelle s'attachent les ficelles qui soutiennent une nacelle d'osier. — L'invention du parachute date de 1784 et est duc à Séb. Lenormand ou à Blanchard. Il a été perfectionné par Garnerin qui, le premier, en fil l'expérience publique (1797).

PARACLASE ^de Ttapi, à côté de, et xXiw, briser, diviser), t. de Géologie. Voy. faille.

PARACLET .du gr. Tapix>,T,xo;), nom biblique donné au Saint-Esprit, veut dire Consolateur. Voy. paraclkt au Dict. d'Hist. et de Géogr.

PARACOUSIE du gr. itapaxoÛEtv, entendre mal). On appelle ainsi : 1» le bourdonnement ou tintement d'oreille, dans lequel on entend des bruits imaginaires, ou

3 ni n'existent qu'à l'intérieur de l'oreille; 2° une anomalie ans la perception des sons, qiii parait résulter d'une impression discoi-dante de ces mêmes sons sur les deux oreilles. Le traitement de celte affection est nécessairement aussi varié que ses causes.

PARADE (de l'espagn. parada, temps d'arrêt d'un cheval de manège). Ce mol cfésignait d'abord l'action d'arrêter court un cheval pour montrer et sa docilité et l'adresse du cavalier. C'est de ce sens primitif que sont dérivés tous les sens du mot parade. On appelle ainsi :

1° La montre ou l'étalage de quelque chose : on nonume p. ex. lit de parade un lit richement orné sur lequel on expose, après leur mort, les rois, les princes, les prélats et les personnages de distinction;

2" La marche que les cavaliers faisaient en bel ordre dans la lice avant de commencer les carrousels, et qu'on appelait aussi comparse;

à° Dans l'Année, la revue qu'on fait passer aux troupes qui doivent monter la garde du jour : s'exécutait autrefois avec un certain apparat, qu'on a supprimé depuis longtemps : les gardes de chaque corps défilent la parade dans la cour du quartier et vont directement occuper leur poste. On donne aussi le nom de parade à tout rasseml)lemenl de troupes réunies pour être passées en revue par un personnage de distinction ou pour manœuvrer devant lui ;

i" Les scènes grotesques qu'on représente sur les tréteaux dans les foires ou les fêles publiques. A Paris, la parade en plein vent eut son siège principal d'alwrd au l'ont-N'euf, puis aux foires de St-Germain et de Sl-Laurenl, enfin au boulevard du Temple. Collé, Fagan, La Chaussée, Poinsinet n'ont point dédaigné d'écrire des parades : on les a réunies dans un recueil intitulé : Théâtre des parades {Voy. farce). Le Père Rousseau, Bobèche et Galimafré. Gringalet, etc., ont été renommés comme paradistes. Aujourd'hui la parade n'est plus qu'une espèce d'introduction aux spectacles forains faite par les paillasses sur les tréteaux.

Dans l'Escrime, la parade est l'action d'écarter, avec sa lame, la pointe de l'adversaire lorsqu'il vous porte un

coup. Voy. ESCRIME.

PARADIGME du gr. rapâoeiYjxa, modèle), terme de Grammaire, désigne les exemples des déclinaisons et des conjugaisons qui peuvent ser>ir de modèle pour les mots analogues d'une même langue : ainsi, en latin, le mot rosa est le paradigme de la V' déclinaison des substantifs; aniare, de la 1''' conjugaison des verbes.

PARADIS (du gr. rapioE'.îo;, jardin; du persan ^ai?i'daeza, enclos), lieu de délices. Dans l'Ancien Testament, on appelle paradis terrestre la demeure qu'occupait le premier homme avant sa faute [Voy. éden au Dict. d'Hist. et de Géogr.) ; dans le Nouveau Testament, le mot paradis s'entena du ciel, c.-à-d. du séjour où les ànies des bienheureux jouissent de la béatitude étemelle. La croyance des Cathobques est que les portes du paradis sont ouvertes au juste aussitôt après sa mort ou après un temps d'expiation proportionné à ses fautes [Voy. purgatoire). Luther. Calvin et plusieurs schismatiques grecs et arméniens soutiennent qu'il n'y entrera qu'après le jugement dernier. Vuy. enfer.

Fondée sur la croyance universelle à l'immortalité de l'àme et à la justice divine, l'idée d'un paradLs se retrouve daus toutes les religions sous des formes diverses. D'après

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