PASSION
les Dentirostrcs et les Ténuirostres de Cuvier). — C'est à l'ordre des Passereaux fju'ap|)artieniieut les oiseaux clianteui-s et la plupart de ceux qui fout des voyages périodiques.
PASSERILLE, nom d'un excellent cépage de la vallée du Rliùiio : il donne des vins blancs très recherchés.
PASSER IN E ^diniin. de passer, moineau), l'assei-ina, genre d'Oiseaux établi par Vieillot pour quelques Grosliecs d'Amérique.
PASSERi.NE, Passerina, genre de la famille des ThjTnéléacées, renferme des arbrisseaux et des herbes aiuuielles de l'Europe et de l'Asie, et surtout de l'Afrique australe. Le liber des liges est lin, soyeux, presque cotomieux, susceptible d'être travaillé; les feuilles sont éparses, sessiles, fort petites, souvent concaves en dessus; les fleurs petites, rarement colorées; le style est latéral. La P. des teinturiers (P. tinctoria), arbrisseau de 0 m. 80, a un bois d'un blanc jaunâtre, l'écorce cendrée, les fleure jaunes. Il est assez commun en Espagne et les teinturiers catalans s'en servent pour teindre en jaune. — Les Daphiiés :Sont auj. rangés dans ce genre.
PASSE-ROSE, nom vulgaire de la liose trc'mière, belle •espèce du genre Mauve {AUkea^. Voy. alcée.
PASSE-VELOURS. Vou. Célosie.
PASSE-VOLANT, se disait autrefois d'un homme qui, 5ans être enrôlé, >e présentait dans une revue pour faire paraître une compagnie plus nombreuse, et pour toucher la paye au prolit du capitaine. Louvois supprima à peu près les Passe-Volants. — Il se dit encore, dans la Marine, de •celui qui est porté en fraude sur le rôle d'un é-quipage.
Par ligure, on applique celte dénomination à tout homme <|ui s'introduit dans une partie de plaisir, sans payer sa part de la dépense comme les autres.
PASSIF (du lat. passiviis; de pati, souffrir), se dit de iout ce qui reçoit ou subit l'action.
En Psychologie, on nomme état passif toute modification que l'àme éprouve sans la produire elle-même :p. ex. la sensation. Ou l'oppose kï'acte. Foi/.ACTrvirÉ et cacsalité.
En Chimie et en Physique, état passif se dit de l'état d'un corps qui se trouve garanti pour quelque temps de certaines réactions par l'influence ou à la suite de l'action •d'un autre. Telle est la propriété qu'acquièrent certains métaux de ne plus être attaqués par un acide, tandis qu'ils ^ont ordinairement attaquables : un morceau de fer ordidinairc est attaqué par l'acide azotique étendu d'eau: il ç^erd cette faculté loi'squ'il a été plongé dans l'acide azotique concentré, ou quand il a servi d'électrode positif dans l'eau acidulée par le même acide.
En termes de Comptabilité, le passif est l'ensemble des obligations, des dettes et, en général, toutes les chai-ges «ni pèsent sur un établissement. On l'oppose à l'actif. Vou. ce mot.
En Grammaire, on oppose aussi passif à actif : verbe passif, voix passive. Voy. verbe.
PASSIFLORE (de passion et fleiir, parce qu'on a cru trouver dans les organes floraux une ressemblance avec les instruments de la passion de J.-C), Passiflora, >'ulg. Fleur de la Passion, Passionnaire et Grenadille, genre type de la famille des Passiflorées. renferme des plantes herbacées ou presque arbusculaires, communes en Amérique : tiges sarmenteuses, munies de vrilles; feuilles alternes, fleurs grandes, souvent solitaires : le fond de la fleur est occupé par un disque urcéolé à parois épaisses, et bordé •d'un cercle de lilaments roses, pourpres ou violets, représentant \a. couronne d'épines: du centre s'élève une longue 'Co\onae[gynopliore\ terminée par le pistil : c'est la lance: i'ovaire est surmonté de 3 styles terminés par autant de stigmates : ce sont les clous ; enfm les \Tilles sont le fouet. Le fruit est charnu, souvent comestible, son goût est acidulé et rafraîchissant. La P. bleue [P. cœruleà^, vulg. Culotte de Suisse, a des feuilles ovales à 5 ou 7 digitations, oblongues, de grandes fleui-s d'un bleu verdàtre en dehors, blanches en dedans, des fruits de la grosseur d'un abricot, d'un jaune orangé. I.a P. incarnate {P. incarnata) a des fleurs d'un blanc jaunâtre, d'une odeur agréable, mais éphémères, et des fruits de la grosseur d'une jwmme, d'un jamie pâle orangé, remplis dune pulpe douce. La P. quadranqulaire et la P. ailée sont des plantes sarmenteuses, dont les fleurs ont 0 m. 12 de diamètre: les fruits sont d'un vert jaunâtre, d'une odeur agréable et plus gros qu'un œuf d'oie ; leur pulpe est douce, acidulé et savoureuse.
PASSIFLORÉES. famille de plantes Dicotylédones dialypétalos, à ovaire libre, intimement liées aux Bixacées : on y distingue 3 tribus : Passiflorées propres (fleurs hermaphrodites, liges grimpantes), Paropsiées (fleurs hermaphrotlites. liges non grimpantes) et Modeccées (fleurs unisexuées, liges grimpantes). — Genres princi|)aux : Passiflora, Thompsonia, Tacsonia, Paropsia, Modccca, Kolbia.
PASSION du lat. passio). On entend par ce mot : i" tout état passif de Pâme, toute modiiication qu'elle reçoit, par opposition à action [Voy. sensibilité); — 2" les diverses émotions que l'àme peut éprouver : plaisir ou douleur, joie ou tristesse ( Voy. plaisir, doclecr) : 3° les mouvements spontanés par lesquels Pâme se jKjrte vers les objets ou s'en éloigne, et qui, selon leur degré de vivacité ou d'énergie, constituent : 1° des penchants, des appétits, des instincts, des inclinations ; 2" des désirs et des affections: 5^ des passions proprement dites. En ce dernier sens, la passion n'est (jue le désir exaUé par l'imagination et fortifie par l'habitude. Voy. penchants, appétits; désir, aversion; sïtipathie, antipathie, affection.
Platon divisait les passions en P. concupiscibles [ir.:- 6ujjL(a, concupiscence, disposition qui nous porte vers un objet) et P. irascibles (Sr'jtiô;, colère et courage, disposition par laquelle nous réagissons contre ce qui nous nuit ou nous déplaît). Aristolc, outre V Appétit concupiscibte et l'A. irascible, admettait P/1. rationnel, qui est la volonté (!îoj^t,5'.î), c.-à-d.. dans ce système, le désir éclairé \)ar la raison. Les Stoïciens reconnaissaient 4 passions : désir, joie, crainte, tristesse. La Scolaslique suivit la théorie d'Aristote et de St Thomas d'après lequel il y a 6 P. concupiscibles, amour, haine, désir, avei-sion. joie, tristesse, et 5 P. irascibles, audace ou courage, crainte, espérance, désespoir, colère (Bossuet, Conn. de Dieu et de soi-même, ch. I, § 6). — De nos jours on divise généralement les passions en P. bienveillantes [Voy. amocr, amitié, philanthropie) et P. malveillantes. [Voy. haine'.
Descartes i Passions de l'âme] et )ilalchrwnc\\c (Recherche de la vérité] ont surtout cherché à expliquer l'action des passions par l'hypothèse des esprits animaux. Gall et Spurzlieim ont proposé une classification des passions adaptée à leurs hypothèses phrénologiqucs [Voy. phrénologie). De nos jours, Ch. Fourier a donné une nouvelle théorie des passions, qui, pour lui, ne sont que divei"s mo<les A'attraclion. Il les divise en 5 classes ; !• P. positives, qui nous portent à rechercher ce qui peut contribuer à notre bien-être, et qui répondent aux 5 sens; 2° P. affectives, qui nous unissent à ceux de nos semblables avec lesquels nous avons quelque rapport de consangu'mité ou d'intérêt, et forment ainsi des yroupes ; il en admet quatre : ambition, amitié, amour, affections de famille; 3° P. distribulives ou mécanisantes, qui dévelopj>ent entre les groupes eux-mêmes des sympathies ou des rivalités, et par là les distribuent en groupes nouveaux, ou qui mettent en mouvement toutes nos facultés ; elles sont au nombre de trois : la cabatiste ou esprit d'émulation, la papillonne ou amour du changement, la composite, produite par l'assemblage de plusieurs plaisirs des sens et de l'esprit. Voy. phalanstère.
I^s philosophes se sont partagés sur le rôle que doivent jouer les passions : les stoïciens, les cyniques, les ascétiques les proscrivent entièrement : les épicuriens, les matérialistes, les sociahsles, les trouvent, au contraire, bonnes en principe, et en font, avec St-Simon, R. Owen, Ch. Fourier, Aug. Comte, l'unique ressort de la vie sociale ; les plus sages, Platon, Aristote, les Pères de l'Eglise, pensent que l'on ne doit ni extirper les passions, ni s'y abandonner, mais qu'il faut s'elfoi-cer de les subordonner à la raison.
Ciceron, dans ses Tusculanes, a résumé la doctrine des anciens sur les passions. Les autres ouvrages sur ce sujet, outre ceux que nous avons déjà nommés, sont : De l'influence des passions sur le bonheur, de Mme de Staël (179(3): Elude des passions appliquées aux Beaux-.\rts, de Delestre (1844); Dm plaisir et de la douleur, de Fr. Bouillier ; Physiologie des passions, de Letourneau, etc.
Passions oratoires. Voy. pathétiqce.
En Médecine, on nomiiie : passion hystérique, l'Hystérie ; passion iliaque, l'Iléus, etc.
PASSION la;. Sous ce nom, on désigne spécialement les souffrances que le Christ voulut endurer pour la rédemption <lu genre humain. Voy. passion au Dicl. d'Hist. et de Géogr. — Ce mot a été aussi appliqué à la mort des martyi-s quand elle était accompaguee de sup|)liccj>.
PASSIONNAIRE