‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1187 sur 1729 · PASTORAL · texte numérisé non relu

PASTORAL

PASSIONNAI RE, plante. Voy. passiflore.

PASSOLINE, syiioiiyinc de liaisin de Corinthe.

PAST (nnoiT de), droit que possédait le seigneur féodal daller, une ou plusieurs lois I an, prendre un repas chez son vassal ; celte redevance était rathetahle en argent.

PASTEL, Isatis, vulg. Guède ou Vouède, genre de la famille des Crucifères, renferme des plantes herbacées annuelles ou bisannuelles, qui croissent sous toutes les températures et dans tous les terrains. I/espèce prhicipale, le îf*. tinctorial [I. linctoria), haute de près de 1 m., a des feuilles d'un vert glauque, embrassantes, lancéolées, prolongées en deux oreillettes ; des fleurs jaunes, petites, disl»osées en une ample panicule ; des silicules allongées et aplaliesàune loge et une graine, très brmies à l'état de maturité. C'estdans les feuilles oue réside la matière colorante : l)our roi)lenir, on les fait d'abord fermenter, puis on les réduit en pâte et l'on forme avec celte pàtc des pains ou boules {paslilli, d'où le nom de la plante) d'un demikilogr., qu'on livre au commerce après les avoir fait sécher convenablement. — L'usage du pastel comme plante tinctoriale remonte à une époque très reculée : les anciens Brelons l'emnloYaient pour se peindre le corps. Au moyen âge, le pastel, étant la seule plante qui fournît ime teinte bleue solide, devint un objet de commerce important. Aujourd'hui il n'est plus employé que })our les teintures communes. La tige peut servir à la nourriture des bestiaux.

PASTEL (du lat. pastillus), sorte de crayon fait de couleurs pulvérisées, mêlées soit avec du blanc de plomb, soit avec du talc, et incorporées avec une eau de gomme, de manière à former une pâte. On fait des pastels de toutes sortes de couleurs.

Peinture au pastel, genre de dessin exécuté au moyen de crayons en pastel qui remplissent en partie l'office de pinceaux ou d'estompé. C'est surtout avec le lx)ut des doigts qu'on étend les couleurs et qu'on varie les teintes. La peinture au pastel s'exécute sur papier; elle ne sèche pas comme la peinture à l'huile, et par l'aspect mat, la fraîcheur et le velouté de ses teintes elle imite la nature mieux que tout autre procédé ; mais aussi elle manque de lixilé et les couleurs se détachent facilement du fond sur lequel elles sont étendues. — Ce genre de peinture a été imaginé en Allemagne et ne paraît pas remonter au delà du XVI" siècle. Il fut en grande vogue pendant le dernier siècle, surtout pour le portrait : on estime parmi les

Sastels de cette époque ceux de Latour, de Rosallja, de aller, de Boucher, de Vigée, etc. De nos jours, on cite les pastels de J. -François Millet qui passent pour égaler eu valeur ses plus beaux tableaux, et plus récemment les œuvres de Nitlis, Em. Lévy, llellen, etc.

PASTENADE, nom vulg. du Panais dans le Midi. PASTENAGUE, Uaia pastinaca, vulg. liatepeiiadc, espèce de Raie. Voy. moubine.

PASTÈQUE (de l'arabe bitlikha), Citrtdlus vulgaris, vulg. Melon d'eau, espèce du genre Courge; feuilles d'une consistance ferme, cassantes, droites, profondément incisées et couvertes d'un duvet très doux; fleurs jaunes, petites, peu évasées. Le fruit est orbiculaire ou ovale, l'écorcc en est lisse et d'un vert sombre, la chair d'un rose vif et la semence noire. La pastèque se cultive dans le midi de la France, en Italie et dans tous les pavs chauds ; sa chair, juteuse, fraîche et sucrée, est rafraîchissante et agréable à manger.

PASTEUR (du lat. pastor), celui qui garde des troupeaux, ou dont la principale richesse consiste en troupeaux : c'est en ce dernier sens que l'on dit les peuples pasteurs, par opposition aux peuples chasseurs ou agriculteurs. La vie pastorale paraît avoir été un des premiers états de l'homme civilisé.

hois pasteurs, chefs de tribus nomades qui régnèrent sur l'Egypte. Voy. hycsos au Bict. d'Hist. et de Géogr. ^ Dans la Religion, le mot Pasteur signifie gardien des âmes : c'est en ce sens que J.-C. est appelé le bon pasteur, que Ion dit que le bon pasteur meurt pour ses brebis. — Les Protestants ont adopté le titre de pastews pour designer en général les ministres de leur culte, mais ils appellent proprement pasteur le ministre qui a une église a desservir. ^

PASTICHE (de l'iial. pasticcio, pâté), s'est dit primitivement d un tableau où un peintre a imité la manière d un autre son goût, son coloris, ses formes favorites. Jordaens, Boullognc, Bourdon ont été fort habiles dans le pastiche. Teniers, artiste si original par lui-même, s'est plu

aussi à faire des pastiches : il iinilait à s'y tromper les tableaux du Hassan. — Par cxlensioii, ce mot se dit, en Littérature, d'un ouvrage où l'on a imité les idées et le style de quelque écrivain. Boileau et La Bruyère se sont «^xcrcés dans ce genre, le premier en composant deux lettres, l'une dans le style de Balzac et l'autre dans celui de Voiture; le second en imitant le style de Montaigne.

En Architecture, le pastiche est l'imitation plutôt exacte que raisonnée ou intelligente d'un style ancien ou d'un monument. Les pastiches du style gothique sont nombreux en France, en Allemagne et en Angleterre depuis env.

On nomme encore pastiche ou centon un opéra formé de la réunion de morceaux de musique pris dans plusieurs ouvrages dramatiques. La Forêt de Sénart de Castil-Bla/.e est un pastiche. Ces pasticcii sont fort en usage en Italie.

PASTILLAGE [i\e j^ciste, ])our pâte, pastille). On nomme ainsi, dans l'art du confiseur, toute imitation d'un objet faite avec une pâte de sucre, de gonmie et d'amidon, dont on garnit des assiettes montées pour desserts. On fait de cette manière des fruits, des légumes, de |>etites figures d'hommes, d'enfants, d'animaux ou de tout autre objet.

PASTILLE (du lat. j)astillus), petit pain de diverses formes et comiKisé de dilférentes substances odorantes, comme l'encens, le benjoin, le styrax, dont on se sert pour parfumer l'air d'une chambre, en les brûlant. — On appelle pastilles du sérail des i)astilles dures et ])arfumees qui viennent de Conslantinople. On donne quelquefois aussi ce nom aux clous fumants.

On donne aussi le nom de pastilles à un petit pain rond composé de sucre, tantôt aromatisé seulement [pastilles de menthe, de cédrat, de cannelle, etc.), tantôt associé à des médicaments plus ou moins actifs [P. soufrées, d'ipécacuana, de bicarbonate de soude ou de Vichy, de kermès, etc.). — On prépare les pastilles soit en faisant une pâte molle avec du sucre en }K>udre et un mucilage, en ajoutant à cette pâte les aromates ou les médicaments, et en la découpant ensuite avec un emporte-pièce ; soit en faisant cuire le sucre jusqu'à la consistance d'un sirop épais et en le faisant ensuite couler goutte à goutte sur une surface plane [pastilles à la goutte). ■ — Les pastilles du Levant sont des terres bolaiics qu'on apixirle des îles de l'Archipel, sous la forme de pastilles, et qui ont l'empreinte dun cachet. Elles étaient employées comme remèdes astringents et absorbants.

PASTINACA, nom latin botanique du genre Panais.

PASTISSON, espèce de Courge. Voy. courge.

PASTORAL (genre), genre de Littérature qui peint la vie et les mœui-s champêtres. Ce genre, qui s'exprime en prose comme en vers, peut admettre loutes les formes : celle du roman lies Amours de Daphnis et de Chloé par Ix)ngus, VEstelle de Florian, Paul et Virginie de Bernardin de St-Pierre, Hermann et Dorothée de Goethe, la Mare au Diable de G. Sand), celles du drame [VAminta du Tasse, le Pastor fido de Guarinij, de l'opéra [Mélicerte de Molière) et même de l'épopée [Athis de Segrais) ; mais il affectionne surtout celle de Véglogue et de Vidylle [Idylles de Théocrite, Eglogues ou Bucoliques de Virgile). Le style de ces sortes de jjoèmes doit être simple, doux et naïf. Racan (dans ses Bergeries) et Segrais (dans ses Idylles) sont regardés comme les plus parfaits modèles que nous ayons, dans notre langue, de la poésie pastorale propr. dite. Les idylles de Mme Deshoulières sont de la plus grande faiblesse; les eglogues de Fonlenelle pèchent surtout par l'abus de l'esprit ; A. Chénier seul a su donner aux siennes un parfum d'antiquité qui en rend la lecture encore agréable.

On trouve à toutes les époques et dans loutes les littératures des descriptions des beautés de la nature et de la simplicité de la vie des champs. Le Gita govinda de l'Inde, le Livre de Ruih et le Canligue des Gajitiques de l'Ecriture sont, en ce genre, de sublimes pastorales; les moallakals des Arabes, VOdyssée d'Homère, les Œuvres et les Jours d'Hésiode, etc., offrent également j)lus d'une peinture de ce genre ; mais, considérée comme genre distinct de littérature, la pastorale est née en Sicile au m' siècle av. J.-C. : c'est de là que sont sorties les Idylles de Théocrite et celles de Bion et de Moschus. Chez les Romainsi ce genre fut cultivé d'abord par Virgile et, après lui, mais avec un talent bien inférieur, par Calpurnins, Némésieii et Ausone. Longus le fit revivre en Grèce eu comi)osant, au V siècle, son roman pastoral de Daphnis

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