PATISSERIE
scènes vives d'allure, semées de traits piquants et pliiloso-
rliiques, écrites dans une langue saine et bien Iranraise, éternelle histoire du trompeur trompé. L'auteur de Maître Pathelin est resté inconnu ; on l'a attribué successivement à Guillaume de Lorris, à Antoine de la Sale, à Ralx"lais, enfin à lavocat poitevin Pierre Blanchet (1459-1519;. La pièce jouit au xv» et au xvi^' siècle d'une popularité qui dure encore ; la preuve en est dans ce fait qu'elle a Fourni à la langue les mots, patelin, patelinage et quelques autres dictons.
Les imitations furent nombreuses : la Vie et le testament de Maître Pathelin; Pathelin et le pelletier; i\ y eut même des traductions latines de l'érudit allcmancl Reuchlin (U97; et d'Alexandre Connibert (ib[2); en 1706 Brueys et Palaprat en firent une comédie en prose en trois actes; enfin, en 187"2, M. Edouard Fournier a donné à la Comédie-Française le texte primitif simplement rajeuni. — Consulter : Lenient, //i.s/o?Ve de la Satire en France; J. Génin et Lacroix (Bibliophile Jacob), Préfaces de leurs éditions de Maître Pathelin.
PATHÉTIQUE (du gr. t.ol^t^-z'.xôz) , se dit, en Rhétorique, de 1 art d'exciler les passions,- soit en communiquant aux autres les sentiments dont on est soi-même pénétré, soit en faisant naître ces sentiments par un récit, un exposé, une peinture. La principale et l'unique règle à observer quand on veut émouvoir les autres, c'est d'être ému soimême : Summa circa movendos affectas in hoc posita est, ut moveatnur ipsi (Quintilien). Horace a dit de même, dans VArt poétique (v. 101) :
Vt ridentibus arrident, ita Jlentibus adflent Humant viiltus; si fis me flere, dolendum est Primum ipsi tibi.
En Anatomie, on nomme : muscle pathétique, le grand oblique de l'œil; nerf pathétique, ou nerf de la ¥ paire. un nerf moteur qui sort de l'encéphale, derrière la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux, et se distribue au muscle grand oblique de l'œil.
PATHOGÉNIE (du gr. -riOoî. affection, et yâvca'.;. production), partie de la Médecine qui a pour objet la formation et le développement des maladies.
PATHOGNOMON IQUES (signes), du gr. raOoy'/wfxov'.xôi;, se dit, en Médecine, des signes particuliers qui caractérisent chaque maladie.
PATHOLOGIE (du gr. TzaOoXovîa), partie de la Médecine qui a pour objet la connaissance des maladies, de leur origine, de leurs symptômes et aussi de leur traitement. Elle se divise en P. générale et en P. spéciale. Cotte dernière se subdivise en P. chirurgicale ou externe, qui s'occupe des maladies, lésions ou difformités auxquelles on remédie le plus ordinairement en pratiquant certaines opérations; et en P. médicale ou intei-ne, qui s'occupe particulièrement de combattre les maladies par des moyens tirés de l'hygiène ou de la matière médicale. La pathologie se divise, en outre, en trois parties : étiologie, qui traite des causes des maladies, symptomatologie, qui traite de leurs signes, et thérapeutique, qui enseigne à les guérir.
PATHOS, mot grec (iciOoî) qui signifie affection, passion, était employé en Rhétorique comme svnon>Tme de pathétique : on l'opposait à ithos [Voy. ce mot). Par suite, le mot pathos en est venu à expruner en français l'affectation des l)eaux sentiments.
PATIBULAIRES (fourches). Voy. potence.
PATIENCE (du lat. patientia], vertu qui fait supporter avec douceur l'adversité, les injures et les douleurs {Voy. FORCE morale). Elle fut recommandée surtout par les Stoïciens : le Manuel d'Epictèle est, d'un bout à l'autre, une longue leçon de patience. — Dans la Morale religieuse, la patience constitue la résignation , qui regarde les maux de cette vie comme une épreuve et se soumet au cours naturel des choses parce qu'il est l'ordre établi par Dieu.
PATIENCE (jEcx DE^, amusemeuts qui consistent à rassembler et à mettre en ordre les pièces, découpées en cent façons, d'une mosaïque représentant divers objets, tels
Îju'une carte de géographie, une estampe à plusieurs igtiros, etc. Ce jeu a été appliqué avec quelque succès à l'éducation des enfants, surtout à l'étude de la géographie.
On appelle, en outre, patiences dilTérenfos combinaisons d'un jeu de cartes, au moyen desquelles une per-
sonne seule arrive à un résultat qu'elle s'est proposé. Il y a de ces patiences qui se jouent en deux.
PATIE.NCE (corruption du b.-allem. Patich, dérivé luimènne du b.-lat. lapathium), espèce du genre Rumex (Oseille) et de la famille des Polygonées, ne se distingue de l'Oseille commune que par la présence de luliercules à la base des folioles intérieurs du calice et par sa saveur peu acide. Plus de 20 variétés de celte espèce croissent en France, en Suisse et en Allemagne. La P. commune [R. officinale] est une plante à racine nvace et pivotante; à tige cylindrique, haute de 0 m. 50, garnie de feuilles grandes, ovales, d'un vert foncé, ondulées sur leurs bords; à fleurs verdàtres, petites et nombreuses. Sa racine, mi peu amère, est stomachique et dépurative. La P. sauvage [R. crispus) a une tige arrondie, haute de 0 m. 80, et des feuilles lancéolées et très ondulées sur les bords : elle est très commune dans les bois, les prairies, les fossés humides. Sa racine a les mêmes propriétés que la précédente. La P. aquatique [R. hydrolapathum), qui atteint jusqu'à 2 m., a été employée contre le scorbut, les obstructions, les affections cutanées, les rhumatismes, la goutte, etc. La P. rouge [R. sanguineum), dite aussi Sang-de-dragon, Herbe au charpentier, originaire de la Virginie, a une tige droite, haute de 0 m. 50; sa racine est astringente et hémostatique. La P. des Alpes ou Rhubarbe des ynoines [R. atpinus] a la racine allongée, amère et visqueuse; on la dit purgative.
On donne quelquefois le nom de Patience acide à l'Oseille, et de P. à écussons à la Petite Oseille.
PATIN (de patte], sorte de soulier à semelle fort épaisse, que les femmes portaient autrefois pour se grandir. Ce mot s'est dit aussi d'une chaussure supportée par un cercle de fer et par deux montants, que les femmes attachaient à la semelle de leurs souliers, pour éviter l'humidité. Les patins ont été remplacés par les soques, les caoutchoucs et enfin les snow-boots. — Dans le midi de la France, on donne le nom de patin à une chaussure d'hiver formée d'une forte semelle en bois, recouverte d'un chausson en laine cloué en entier, ou seulement jusqu'au milieu, sur la semelle de bois.
On appelle spécialement patins une chaussure dont on
se sert pour glisser sur la glace, et qui est formée d'une
semelle de bois au milieu de laquelle est fixée dans toute
sa longueur une lame d'acier placée de champ, recourbée
à la pointe et droite au talon. Cette chaussure se fixe sous
chaque pied, à l'aide de courroies et de boucles. Les
peuples du Nord font des patins non seulement un moyen
de divertissement, mais encore un objet d'utilité : ils s'en
servent pour voyager sur la glace. Ces patins, appelés skie
I ou skielœbere, ont près de 2 m. de long, et ne sont pas
I plus larges que le pied : ils sont formés de deux planches
! de sapin minces et effilées, d'une épaisseur double dans
' leur milieu, et légèrement recourbées en l'air à leur
1 extrémité.
I Les Charpentiers appellent patin une pièce de bob
qu'on pose de niveau sous la charpente d'un escalier
pour la porter : elle repose elle-même sur une assise de
1 pierre. — Dans l'Architecture hydraulique, les patins
I sont des pièces de bois que l'on couche sur des pieux
' dans des tondations où le terrain n'est pas solide, et sur
lesquelles on dispose des plates-formes pour bâtir dans
l'eau.
PATINAGE Ide patin), se dit des roues motrices d'une locomotive lorsque, étant mises en mouvement par l'action de la vapeur, elles tournent sur elles-mêmes sans faire avancer le train. Cela a lieu quand les rails sont couverts de verglas, quand la charge à remorquer est trop forte, ou encore quand on quitte une voie horizontale pour gravir une pente trop grande. Pour y remédier, il faut augmenter l'adhérence de la roue sur le rail. Dans certains cas on y parvient en lançant du sable sous les roues. Les locomotives sont, à cet effet, munies d'une boîte à sable qu'elles peuvent projeter par l'action d'un jet de vapeur.
PATINE (du lat. patina), couleur noirâtre que prennent avec le temps le cuivre et le bronze sous l'action de l'oxygène, de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique de l'atmosphère : elle est due à la formation d'une couche mince d'hydrocarbonafe de cuivre. On applique sur les statues de bronze modernes un vernis qui imite cette couleur.
PÂTISSERIE (de pâte). L'art du pâtissier consiste à préparer certaines pâtes délicates auxquelles on ajoute le
PATISSON