PATRONAGE
jiliis souvent (lu beurre, de la crème, du sucre, des confitures, des fruits, des viandes, etc. Les pâtisseries reçoivent mille formes divei'ses, et comprennent une foule de compositions, dont chacune a un nom particulier : pâtés, vol-au-vent, Iourtes, biscuits, tartes, gâteaux, brioches, petits-fours, etc.
Cet art n'était pas ienoré dos anciens : Athènes et Rome connurent de bonne heure toutes les délicatesses de la pâtisserie. On y aimait surtout les gâteaux légers ou garnis de fruits, dans lesquels le miel et l'huile remplaçaient le sucre et le beurre. On trouve à Rome, au iv siècle, une corporation de pâtissiers [pastillarii]. Les flans, les gâteaux soufflés et garnis de jwmmes, sont d'origine gallo-romaine; les échaudés, les gâteaux feuilletés, les rissoles, étaient connus au xni* siècle ; les talmouses de St-l)enis étaient déjà renommées du temps de Villon. Au xvi" siècle, nous trouvons les fouaces de Normandie et du Poitou, les darioles d'Amiens; les gohières et les popelins, sortes de flans à la crème et au fromage, ainsi que de nombreuses espèces de tartes. Les cuisiniei-s italiens venus en France à la suite de Catherine de Médicis raflinèi'cnt chez nous la pâtisserie : on leur doit les macarons, la crème à la frangipane, les gâteaux de Milan, les massepains remplis de confitures liquides, etc. A la fin du dernier siècle, le talent d'Avice et, plus tard, celui de Carême, l'inventeur des petits-fours, des meringues, etc., ont porté l'art de la pâtisserie à sa perfection. — Voy. Carême, le Pâtissier royal parisien, et Leblanc, Manuel du pâtissier.
PATISSON, espèce de Courge. Voy. conncE.
PATOIS (jwur patrois, du b.-lat. patriensis, s.-ent. sermo, langiie du pays), langage vulgaire particulier à une contrée, à une province; c'est la corruption d'un dialecte ( Voy. ce mot) qui a cessé d'être cultivé littérairement et qui n'est plus en usage que dans la conversation, surtout chez les gens du peuple. Malgré la difl'usion de la langue française et les progrès de l'éducation populaire, il y a encore en France un nombre considérable de patois. Dans les pays de la langue d'oil, on n'en compte pas moins de 11 : le wallon, le picard, le normand, le lorrain ou austrasien, le champenois, le poitevin, le saintongeois, le tourangeau, le berrichon, le bourguignon, ic franc-comtois. Les pays de la langue d'oc offrent aussi un grand nombre de patois; les principaux sont : le provençal, le languedocien,, le gascon, Vauvei-gnat, le limousin, etc. Raynouard et Cli. Nodier sont les premiers qui aient |>ppelé l'attention des savants sur l'intérêt que peuvent offrir nos ])atois pour arriver à une connaissance approfondie de la langue française. Depuis, les travaux se sont multipliés à l'iniini. Nous citerons : Bottin : Recherches sur les patois (1853); Schnakcnburg, Tableau des patois de la France (Berlin, 1840) ; Picrquin des Gemliloux. Histoire littéraire, philologique et bibliographique des patois (1841), et les écrits plus récents de MM. Du Méril, Corbet, IMuquct, A. Chassant, L. Dulwis, Dartois, Tissot, Gras, Jaubert, Montesson, Azaïs, etc. — Consulter en outre, sur la méthode à suivre j)our étudier les patois, trois articles de M. P. Meyer (Revue critique, 186(5. 1" sem., p. 554, 388 et 400).
PATOUILLET (da patouiller, patauger; de patte), appareil einnloyé, en Métallurgie, pour débarrasser les minerais (le leurs parties terreuses. Il se compose : d'une bâche cylindrique en fonte, placée horizontalement; d'un arbre en bois armé de bras en fer qui tourne au centre de la bâche, à l'aide d'un moteur quelconque; dans le cylindre se trouvent trois excavations, l'une supérieure pour l'introduction de l'eau courante; une seconde, un peu plus lias, pour évacuer les eaux salies; et la troisième, qui est au lond, pour recevoir le minerai lavé. — On remplace queli.ucfois le patouillet par une grande auge en bois dans lai|uelle le lavage se fait à bras, ou par un cylindre à clairc-voic, plongeant dans une cuve pleine d'eau et pouvant tourner autour d'un axe légèrement incliné.
PATRIARCHE, Patrice, pathiciens. Voy. ces articles au Dict. d'Hist. et de Géogr.
PATRIMOINE (du laf. pati-imonium). C'est l'ensemble des biens de la famille, ou plus exactement le bien qui vient du père et de la mère. — Après la révolution de 1/8.1, on a longtemps appelé biens patrimoniaux les biens piovenant de la famille par droit d'hérédité, en opposition aux biens nationaux, nom par lequel on désignait les biens fjui, à la suite d'iuie confisca-
tion, avaient été vendus à des particuïicrs au profit de la nation.
Séparation des patrimoines, moyen d'empêcher que les biens composant une succession ne se confondent avec ceux de l'héritier qui l'a recueillie, et que les créanciers personnels de cet héritier ne soient payés sur les biens de la succession au préjudice des créanciers et légataires du défunt. Les créanciers du défunt et les légataires ont le droit de demander la séparation des patrimoines (C. civ., art. 878-881).
PATRIOTISME (de patriote, du gr. xatpitÔTTiî, qui est du même pays), amour de la patrie. Le patriotisme est ce sentiment qui nous anime iwur la conservation et la défense de tout ce qui touche à la prospérité, à la considération, à la gloire de notre patrie ; il est la principale source des dévouements et des actes d'héroïsme (iont sont remplies les annales des peuples. C'est, {lar rapjmrt aux liommes, la fraternité, mais restreinte à ceux qui vivent actuellement sous les mêmes lois que nous. Par là, le patriotisme se distingue de la philanthropie, qui nous fait embrasser dans une même alfection tous nos semblables, à quelque nation (ju'ils appartiennent, et du cosmopolitisme, qui supprime absolument l'idée de patrie. Il ne faut pas non plus confondre le patriotisme avec le civisme, qui consiste surtout dans le zèle apporté a défendre les intérêts et les droits politiques de ses concitoyens. Voy. FRATERNITÉ, PHILANTHROPIE, COSMOPOLITISME, CIVISME.
PATHOLOGIE, patristique, nom donné à la connaissance des ouvrages et des doctrines des Pères de l'Eglise (Patres).
Voy. PÈRES.
PATRON (du lat. patronus). On apjxïlait ainsi, chez les Romains : 1» le protecteur que chaque citoyen pauvre, de l'ordre des plébéiens, (Choisissait parmi les patriciens : le protégé prenait \a nom de client (Voy. ce mot) ; 2" l'ancien maître de l'esclave afl"ranchi, qui avait sur lui des droits de tutelle et de succession, compris sous le nom de droits de patronat. — Auj. le mot jmtron a plusieurs acceptions iiarticulières : ainsi, il se dit non seulement du protecteur vis-a-vis du i)rotégé, du maître à l'égard de l'esclave, mais encore du maître d'une étude de notaire, d'avoué, du chef d'une maison de commerce, du commandant d'un canot, d'un i)ctit bâtiment employé au jXîtit calxitage. — Quant aux relations du patron avec ceux qu'il emploie, wy. OUVRIER, employé, responsabilité, syndicat, etc.
Dans l'Eglise catholique, on nomme patron le saint dont on jwrle le nom ou sous la protection duquel on est placé. Ainsi, la Ste Vierge, sous le nom de ^otre-Dame, est la iiatronnc d'un grand nombre de cathédrales; St Denis et Ste Geneviève sont les patrons de Paris; St George est le |)atron de l'Angleterre, Si Nicolas celui de la Russie. Les orfèvres et les forgerons ont |X)ur patron St Eloi ; les jardiniers, St Fiacre ; les corctonniers, St Crcpin ; les marins, St Nicolas ; les vignerons, St Vincent ; les chaixuliers, St Antoine; les musiciens, St Julien ou Sic Cécile; les artilleurs, Ste Barlie, etc.
On appelait patron dune ('glisc celui qui avait bâti, fondé ou doté une église, en considération de quoi il avait ordinairement sur cette église un droit nomme patronage. Ce droit conférait les prérogatives de la place d'honneur à l'i'-glisc et dans les processions, de l'eau bénite, du pain Lénit, de l'encens et de l'oirrande avant les autres, et même souvent le droit de pro|)Oser à la nomination de l'évêquc le prêtre appelé à la desservir.
Dans les Arts, on appelle patron : le modèle sur lequel travaillent certains artisans, comme les brodeurs, les tapissiers, etc. ; le morceau de papier, de carte ou de parchemin, que les tailleurs, les lingères, etc., découjXînt de manière à figurer les dilTércntcs parties de leurs ouvrages, et sur lesquels ils taillent l'étolTe dont ces ouvrages doivent être faits (Voy. calibre). — Dans les manufacturcs de tissus d'or, d'argent et de soie, on donne ce nom au dessin rehaussé de couleurs qui sert à monter le métier et à représenter sur l'ouvrage les (Ufl'érentes figures dont le fabricant veut l'emljellir. — Les Luthiers nomment ainsi certaines pièces de bois qui ont la forme de différentes parties d'un instrument, tel que violon, basse, guitare, etc., et d'après lesciuclles on taille le lx)is dont ces instruments doivent être faits. — Voy. modèle et
GADARI.
PATRONAGE. Ce mot, qui exprime en général la protection qu'un homme puissant, appelé patron (Voij. ci-