‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1198 sur 1729 · PÉDAGOGUE · texte numérisé non relu

PÉDAGOGUE

PÉDILANTIIE

l'éducation individuelle, et fonde ce qu'on a açpclé depuis la psychologie appliquée à l'éducation; il distingue deux périodes dans l'éducation, l'une de gouvernement, et l'aulre de discipline, laquelle a un double objet : donner la ronnaissance et éveiller la curiosité ou l'intérêt. Un autre pliiiosopbe, Scldeicrniacher, prend pour principe que « toute punition est détestable » ; enfin Gœthe, dans Wilhelm Meisler, s'est amusé à décrire une Salent e pédagogique qui rappelle celle de Télémaque et où les enfants sont divisés par groupes avec des costumes dillcrents de cou^e et de couleur.

En France la littérature pédagogique, très riche et très brillante, débute avec Rabelais et Montaigne par la critique (le la scolastique et de son enseignement : on lui reproche l'abus de l'érudition, l'usage d'un latin barbare, l'excès de pédantisme ou l'éducation livresque, et de nouvelles idées surgissent sur une éducation générale et humaine, à la fois pratique, naturelle et morale. Ramus, de même, réclame en faveur du français, se plaint que la philosophie des écoles soit tout « altercatoire et questionnaire » et ne fasse aucune place à l'expérience des choses, demande des exercices pratiques pour l 'enseignement des sciences, et prend cour principe : Peu de préceptes, et beaucoup d'usage. L'éducation des jésuites trouve son expression dans le Ratio atudiorum, publié en 1599, où l'étude des lettres antiques est estimée une « culture de pure forme ». L'Oratoire, au contraire, avec les PP. Lamy et Tbomassin, témoigne d'un désir de réconciliation entre le sentiment religieux et les lettres profanes, d'un goût vif pour les sciences, pour le cartésianisme, les études historiques et archéologiques; Port-Royal renouvelle, simplifie et facilite l'étude de la traduction des classiques, l'enseignement grammatical, l'étude du grec, et veut qu'on s'applique à former le jugement, à susciter les qualités pratiques. Les écrits de Bossuet pour l'éducation du Dauphin, ceux de Fénelon, les Lettres et les Entretiens de Mme de Maintenon sur l'éducation des jeunes fdles attestent l'agrandissement des vues pédagogiques au xvii« siècle; le Traité des études de Rollin, publié en MIQ, représente à la même époque la charte pédagogique de l'Université. Au xvnt' siècle J.-J. Rousseau jette de nouveau au creuset les grands problèmes et les principes de l'éducation, prétend que « tout est bon, sortant des mains de la nature », et que l'éducation n'a pas à améliorer la nature, mais seulement à ne pas la corrompre ; ce dernier principe, après avoir provoqué l'enthousiasme de Mmes d'Epinay, de Staël, Necker de Saussure, a été depuis fort combattu et reconnu aussi peu solide que le fameux dogme de Rousseau sur l'innocence originelle de l'enfant. Condillac, Diderot, Helvétius développent après lui de nouvelles théories, et durant la Révolution Mirabeau, ïallcyrand, Condorcct et Lakanal s'efforcent d'arriver à une organisation pratique des divers degrés d'instruction. Le XIX' siècle ne s'est pas moins passionné pour les questions générales de pédagogie ou les méthodes et programmes propres à l'éducation des jeunes gens ou des jeunes filles, et il a été établi, tant à la Sorbonne que dans les Facultés de province, des Cours de pédagogie fondée sur la psychologie.

Gréard, YEd. des femmes par les femmes.

PÉDAGOGUE (dugr. TraiSa-v-toYÔi;). En Grèce el à Rome, ce mot, conformément à son etymologie, désignait l'esclave chargé de conduire les enfants aux écoles publiques et de les ramener. Il ne remplissait auprès d'eux en aucune façon les fonctions de gouverneur ou de précepteur ni celles de maitre. — Dans l'ancienne Université, les pédagogues étaient ce que l'on appelle aujourd'hui principaux de collège, c.-à-d. les directeurs d'établissements dmstruction. Peu à peu on n'employa plus ce mot que dans un sens défavorable, pour designer un pédant plein de morgue. r o i r

''^''*h^ (du lat. pedalis). On appelle ainsi, en Musique, une touche de bois ou de fer que l'on fait mouvoir avec les pieds, soit pour modifier l'intensité du son, comme dans le piano, soit pour hausser ou baisser le ton, comme nans la harpe, ou enfin pour faire parler les grands tuyaux de 1 orgue qui rendent les sons les plus graves de cet instrument.

On appelle aussi pédale une noie soutenue à la basse ou a toute autre partie sur laquelle on fait succéder plu-

sieurs accords nui peuvent lui être étrangers. On distingue : \ixP. inférieure, à la basse; la P. supérieure, à la i)lus haute partie; et les P. intérieures, dans les parties intermédiaires.

PÉDALE, en Vclocipédie, pièce sur laquelle on pose les pieds pour donner le mouvement. La pédale se compose de deux parties • l'axe, qui est lixé, par un écrou de serrage, sur la manivelle, cl la pédale proprement dite, qui tourne autour de l'axe. La pédale proprement dite est un rectangle traversé par l'axe aux points milieux des petits côtés. Les grands côtés sur lesquels repose le pied ont une forme de lame de scie pour les pédales de course ou sont recouverts de caoutchouc pour les pédales de touristes.

PÉDALÉ ou PÉDAUSERVÉ, se dit, en Botanique, d'une feuille composée dont les folioles naissent sur le bord interne de deux maîtresses nervures qui s'écartent l'une de l'autre en sortant du pétiole commun, p. ex. : les feuilles de l'Hellébore pied-de-grifl'on.

PÉDALÉES (dug.-type Pedalium), sous-famille de Gcsnéracées, plantes Dicotylédones gamopétales à ovaire supère, renferme des herbes et quelquefois des sous-arbrisseaux à feuilles simples, sinuées; à fleurs axillaires ou solitaires et à fruits drupacés. Les Pédalées tiennent le milieu entre les Bignoniacées et les Gesnérées : on les trouve dans les régions tropicales du globe, au Cap et dans l'Australie. — Principaux genres : Pedalium, Martynia, Craniolaria, Josephinia, Ischnia. Le Pedalium murex est une herbe de 1 Inde, douée d'une forte odeur de musc; la racine de la Craniolaria annua est comestible; la Josephinia se fait remarquer par ses fleurs magnifiques.

PÉDALIER, en Vélocipédie, partie du cadre d'une bicyclette, ayant la forme d'un tube dans lequel passe l'axe des manivelles.

PÉDICELLE (du lat. pedicellus). On désigne sous ce nom : 1° chacune des ramifications du pédoncule et le pédoncule propre à chaque fleur dans un groupe de fleurs, comme dans les ombelles, les paniculcs ; 2» le filet qui supporte l'urne des Mousses et l'appareil fructifère ue quelques Champignons, du groupe des Mucédinées. — Cassini appelait pédicellule le lilet qui, dans certaines Composées, sert de pédicelle à l'aigrette de l'ovaire.

PÉDICELLÉS, nom donné par Cuvier à son X"' ordre de la classe des Echinodermes, comprenait les Astéries, le» Oursins et les Holothuries.

PÉDICULAIRE (du lat. pediculus, pou), Pediculans, genre de la famille des ScrolAilarinées, tribu de Rhinanthées, renferme des plantes herbacées presque toujours vivaces par leurs racines, à feuilles le plus souvent ailées ou pinnatifides, et à fleurs en épis terminaux, purpurines, blanches ou jaunâtres. On en connaît près de 50 espèces, qui, à l'exception de deux, particulières aux pays de plaines, appartiennent toutes aux montagnes alpines ou aux climats froids. La P. des marais (P. palustris), vulg. Herbe aux poux, croît en France dans les lieux aquatiques ; autrefois on supposait que cette plante donnait aux bestiaux les poux qui les dévorent pendant l'été ; elle a été vantée comme vulnéraire. Parmi les autres espèces, on remarque la P. des bois, la P. incarnate, la P. verticellée, la P. tubéreuse.

Maladie pédiculaire. Voy. phtiriase.

PÉDICULE (du lat. pediculus). On nomme ainsi : en Botanique, tout support d'un organe quelconque, quand il est plus ou moins allongé et grêle, et notamment la tige des champignons et celle des lichens : on dit plus communément pédoncule quand il s'agit des fleurs, et pétiole quand il s'agit de feuilles; — en Pathologie, la partie rétrécie et comme étranglée qui supporte certaines tumeurs.

PÉDICURE (du lat. pes, pedis, pied, et cura, soin), celui qui s'occupe exclusivement du traitement des cors aux pieds, oignons, durillons et autres aflTections du même genre. Un pédicure se trouve attaché à la plupart des établissements de bains.

PÉDIEUX, se dit, en Anatomie, de ce qui appartient au pied, p. ex. : l'artère pédieuse, qui continue la tibiale antérieure ; le muscle pédieux, situé à la face dorsale du pied, et qui est extenseur des orteils.

PEDIGREE, mot anglais introduit dans l'Hippologie française et surtout dans le langage du turf; il est synonyme d'origine ou de généalogie.

PÉDILANTHE, Pedilanthus, genre de la famille des Euphorbiacées, renferme des arbrisseaux lactescents, oiiginaires des Antilles et des Indes orientales. Le P. tilhy-

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