PILLAGE
Chaqup élément est forini'- liun disque de zinc. d'une rondelle de drap humide, el d'un dis<jue de cuivre. On cnirile dans le même ordre autant de couples qu'on veut, et on a ainsi une jnle à colonnes, dont les deux extrémités sont appelées pôles. La pile restant ouverte, ses deux extrémités sont chargées d'électricités contraires par suite des actions de contact entre les métaux ditl'érents et le liquide acide conducteur. Quand on réunit les pôles par un fil conducteur, la pile se décliarge à travers ce lil et se recharge instantanément, à la condition qu'il se produise en elle des phénomènes chimiques ; les deux théories trop al>solues. et ja<lis rivales, du contact et de l'action chimique sont auj. élucidées, mais uous devons renvoyer sur ce point aux traités spéciaux.
La pile produit des elfets physiologiques, physiques et chimiques. Lorsqu'on touche avec les doigts mouillés les deux jinles d'une pile, on reçoit une secousse dont l'énergie dépend du nomhre et de la grandeur des éléments, et qui peut être mortelle si la pile est composée d'un grand nomlire d'éléments. Lorsqu'on apprcM>he l'un de l'autre jusqu'au contact et qu'on sépare ensuite les conducteurs d'une pile, on oljserve une étincelle qu'on appelle arc voltàique [Voy. ce mot). Le courant qui traverse un conducteur en élève la température au point d'en déterminer souvent l'incandescence, la fusion et la volatilisation: il produit les phénomènes électrodynamiques, électromagnétiques {Voy. cocRANTsl. Enfin le courant de la pile détruit un grand nomhre de combinaisons chimii|ues dont les composants sont aloi"s transportés aux deux p<>les de la pile : la première observation de ce genre fut faite en 1801 par Carlisle et N'icholson, qui virent l'eau se décomposer par l'action d'un courant, l'oxygène se portant au p<ile positif et l'hydrogène au pôle négatif. Plus tard Jacobi obtint ainsi des dépôts métalliques et créa la galvanoplastie. (Voy. ce mot\
Depuis 1800, époque à laquelle Yolta conslruisit la première pile, cet appareil a été l)caucoup perfectionné et a souvent varié. Cruikshank a imaginé la pile ci anges : les éléments zinc el cuivre y sont soudés ensemble el posés de champ: ils sont séparés les uns des autres par un intervalle, ou ange, et le tout est disposé dans une caisse de bois enduite de résine. Pour se servir de cette pile, on remplit les auges avec de l'eau acidulée, el l'on plonge dans chacune des auges extrêmes une lame de cuivre qui porto un fil métallique. — Dans la pile de Wollaslon. le zinc de chaque élément est placé entre les deux lames d'un morceau de cuivTe replié sur lui-même et présentant ainsi plus de surface, et tout le système est adapté à tuip monture en bois qui permet de le transporter facilement: on met l'eau acidulée dans les jarres; on y plonge les (»(>uj)les quand on veut mettre la pile en action, et on les en relire à l'instant où l'on veut que l'appareil cesse de fdnctiomier. — Les piles sèches, ainsi appelées parce qu'il n'entre pas de liquide apparent dans leur composition, se construisent ord. avec des rondelles de papier sur lesquelles sont collés, d'un côté, des feuilles d'étain, et, de l'autre, du peroxyde de manganèse eu jwudrc fine. Ces piles, trop faibles pour produire des etfets chimiques, montrent très bien les phénomènes d'attraction et de répulsion électriques. Zamboni s'en est servi pour construire son mouvement perpétuel. — Les piles précédentes diminuent rapidement d'intensité par suite du dépôt d'hydrogène sur la lame primitive. On a cherché d'abonJ à faciliter son départ en employant une lame de platine recouverte de noir de platine [pile de Smée). plus tard en l'absorbant par des reactions chimiques. La première en date et la plus parfaite de ces piles dites à dépolarisants est la pile de Daniell, due en réalité aux travaux d'Ed. Becquerel: elle comprend deux liquides séparés |)ar un vase poreux en porcelaine dégourdie : le pôle négatif est du zinc plongeant dans de l'eau acidulée, et le pôle positif est ime lame de cuivre plongeant dans une solution de sulfate de cuivre, qui se décompose par le courant et qu'on renouvelle au fur et à mesure de sa destruction. — Les piles (lalland, Meidinger, employées dans les télégraphes, en sont des variantes. — Dans la pile de Grove le vase intérieur contient de l'acide azotique où plonge une lame de platine. Bunsen en remplaçant cette dernière par un prisme de charbon de cornue a créé la pile la plus employée jusfm'à ces dernières années. — La pile Grenet ou pilê à bichromate est à un liquide: elle comprend une lame tle zinc et une lame de charbon dans deux solutions
de bichromate de potasse acidulée par l'acide sulfurique. — La pile Leclancné contient du chlorhydrate d'ammoniaque, el le dépolarisant ost formé pai" un aggloméré de bioxyde de manganèse.
Plusieurs piles réunies entre elles forment une batterie galvanique ou voltaï^ue : la ])uissaiice de cet appareil est fort grande. La Société royale de Londres fit construire, dès 1806, une batterie de 2000 éléments, de 4 ou 5 décimètres carrés chacun, d'après le système des piles à anges: c'est avec cette batterie que H. Davy parvint à faire, en 1808, la décomposition de la potasse et de la soude. Gay-Lussac et Thenard firent également, à la même époque, de belles découvertes avec une batterie de GOO éléments, chacun de 9 décimètres carrés.
Dans ces dernières aimées, Warren de la Rue a fait construire une pile de plusieurs milliers d'éléments au chlorure d'argent, qui lui permit de faire des observations très intéressantes.
Piles secondaires. Lorsque deux lames du même métal ont servi pendant quelque temps à décomposer un liquide dans im circuit voltaïque, si on les sépare du circuit, et si on les réunit par un conducteur, elles produisent un courant qui dure un certain temps. La pile secondaire construite par G. Planté est le principe des accumulateurs (Voy. ce mol;.
Les piles ne s'emploient plus guère industriellement : elles ont été remplacées dans la plupart de leurs applications par les machines magnéto-électriques à courants continus. Voy. >IACMiTO-Él.ECTRIQCES (jIACHINEs).
PILEOPSIS, synonvme de Capulus, genre de Mollusques pectinibranches, de la famille des Cré|iidulidées. Voy. cabochon.
PILET, Anas acuta, dit aussi Canarda longue queue, espèce du genre Canard, sous-genre Tadorne, caractérisée par mie queue prolongée horizontalement et pointue, ainsi que iiar un liée long el étroit : iwirties supérieures el flancs varies île zigzags noirs et cendrés; taches noires sur les scapulaires; sommet de la tête varié de brun et de noirâtre ; joues et gorge d'un brun irisé ; une liande noire bordée de blanc sur la nuque; parties inférieures el devant du cou blancs; rectrices d'un noir verdàtre. Sa longueur est de 0 m. 65; la femelle est un peu plus petite. Le Pilet se trouve dans le nord des deux contmenls.
PILEUS, bonnet en feutre, rond, sans rebortls, usité chez les Romains, était l'emblème de la Liberté, parce qu'on le
E laçait sur la tête des alTranchis en leur donnant la lierté.
PILEUX ou PILAIRE (ststève], du lat. pilosus, de pilits, poil. On entend par cette expression l'ensemble des poils
! de tout genre (poils, duvet, cheveux) qui cou^Tent un animal ou une plante. Voy. poils.
PILIER (du lat. pilarium), maçonnerie de forme carrée,
[ cruciforme, cylindrique, etc., qui sert de point d'appui quelconque, par exemple pour soutenir la voûte d'un édifice. (Juand ils sont employés comme ornements d'architecture.
i les piliers prennent les noms de pilastres, colonnes. Voy.
I ces mots.
En Anatomie, on appelle piliers : 1» deux replis mem-
1 braneux et musculeux, qui s'étendent du voile du palais aux côtés de la Ijase de la langue [P. antérieur et aux côtés de la base du pharynx [P. postérieur) ; 2° deux gros faisceaux formés par la réimion des fibres charnues qui naissent du diaphragme. — Dans le cerveau, on nomme aussi piliers trois prolongements d'une portion de substance médullaire cérébrale, dont la partie supérieure a la fonne d'une voûte. Voy. voûte.
PILLAGE (de piller, de l'ital. pigliare). Le pillage était autorisé par les lois militaires de Rome, lorsqu'on en avait donné le signal: ce signal consistait à élever comme étendard une lance rougie de sang. Pendant le moyen âge. le pillage d'un pays conquis était regardé comme un encouragement donné aux troupes, et comme la juste punition des populations vaincues; les villes pouvaieiJt se racheter du pillage à prix d'argent. En 1590, une ordonnance de Henri IV défendit que le pillage des villes prises d'assaut durât plus de 24 heures. Ce ne fut toutefois qu'en 1791 que parurent les premières dispositions légales pour empêcher et punir le pillage. La loi du 21 brumaire an v, encore en vigueur, punit de mort tout militaire convaincu de pillage à main armée [titre V, art. \). — Lo pillage n'est pas moins sévèrement puni en dehors de l'armée ; ce crime est puni : de mort lorsqu'il est commis sur
PILOCARPINE