‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1248 sur 1729 · PLAIE · texte numérisé non relu

PLAIE

la classe laborieuse : en verlu du décret du 25 mars 1852 et de l'ordonnance de |)olice du 3 avril suivant, nul no peut ouvrir un bureau de placement sans une permission du préfet. Dans chaque bureau il y a un registre visé jwr le maire ou le commissaire de police. On v inscrit les nom, prénoms, âge, lieu de naissance, domicile, profession de la |)ersonne à placer, avec l'indication des pièces produites pour établir sa moralité. L'inscription ne doit pas coûter plus de 0 fr. 50. En fait, les travailleurs continuent à se prétendre « exploités » par les bureaux de placement. Plusieurs municipalités ont essayé de remédier à ce mal en ouvrant des registres ou des tableaux publics où chacun peut venir demander ou offrir du travail et un emploi. Il y aurait lieu, semble-t-il, d'encourager et d'étendre cette pratique.

PLACENTA (du lat. placenta, gâteau). Ce mot désigne : 1° en Anatomie, un organe cellulo-vasculaire qui, d'une part, adhère aux («rois de l'utérus, et. de l'autre, communique avec le fœtus au moyen du cordon ombihcal : ce n'est autre chose que l'épanouissement et la transformation de la vésicule allantoïde. C'est par les vaisseaux de cet organe que le sang maternel arrive au fœtus et revient à la mère ; 2° en Botanique, la partie interne de l'ovaire à laquelle chaque ovule est attaché soit immédiatement, et dans ce cas l'ovule est sessile, soit par l'intermédiaire d'un funicule, et dans ce cas l'ovule est stipité. Le mode de placentation a une grande importance pour la définition des familles. I.a placentation est pariétale quand les ovules sont attachés sur la partie périphérique de l'ovaire; la placentation est axile quand l'ovaire est à plusieurs loges et que les ovules sont insérés au centre ; la placenlation ventrale est caractérisée par l'existence d'une sorte de massue ou d'axe portant les ovules au centre de l'ovaire à une seule loge

PLACERS (de l'espagn. placeres). Ce mot désigne, dans la Californie et l'Australie, les places où l'on exploite l'or : ce sont le plus souvent des terrains dalluvion ou même le lit des cours d'eau.

PLACET (c.-à-d. en lat. il plaît], se dit : 1" en termes de Procédure, de la demande adressée à un tribunal |tour obtenir justice : elle doit être rédigée par l'avoué ; 2° de toute supplique adressée au souverain ou à ses ministres : dans ce sens on dit plutôt pétition ou demande.

PLACODERMES, sous-ordre de Poissons ganoïdes fossiles, chez lesquels la partie antérieure du cor|)s est recouverte de grandes plaques osseuses à surface granuleuse. Les Placodermes, représentés surtout par les genres Pterichthys et Coccosleus, sont très abondants dans le vieux grès rouge, c.-à-d. dans le Dévonien du nord de rEuro|)c. Les Ptéraspidés et les Céphalaspidés sont des groupes voisins.

PLACOÏOES fpoissoxs). Voy. plagiostomes.

PLACUNE, Placuna, genre de Mollusques acéphales, de l'ordre des Pleuroconques, famille des Ostracidés : coquille mince, irrégulière, aplatie ; charnière formée de deux dents tranchantes, dis(>osécs en forme de V. et qui pénètrent dans deux cavités de même forme situées sur ("autre valve, et où est logé le ligament. La coquille des P lacunes est si transparente, que dans certains pays on emploie celle des grandes espèces en guise de verre à ^^t^e. — Les espèces vivantes habitent l'océan Indien; il en existe de fossiles dans les terrains tertiaires.

PLAFOND (de plat et fond], se dit. en Construction, de la partie supérieure d'un lieu couvert, d'une pièce d'appartement, même quand cette partie, au lieu d'être plate, est légèrement cintrée. Les plafonds onlinaires sont com|X)sés d'un lambris de lattes et d'une ou plusieurs couches de plâtre qui le recouvrent. Autrefois on laissait en saillie la rangée de poutres qui soutient le plancher supérieur. — Quand on veut rehausser les plafonds de peintures, on les divise ordinairement en compartiments encadrés par des moulures saillantes : c'est ce qu'on appelle caissons, tympans, voussures. — Quand les plafonds sont trop élevés, on fait au-dessous de faux plafonds.

PLAGAL fdu gr. Tzkiy.o^, obhque), se dit d'un ton du plain-chanl ( Voy. ce mot).

En Harmonie, on appelle cadence plaqale la cadence jbtcnue par l'accord du si aigu (sous-dominante) à l'état direct, ou vice versa, suivi de l'accord piirfait de tonique; elle s'emploie le plus souvent à la lin d'un morceau, après la cadonce parfaite.

PLAGE (du lat. plaga, étendue de terre"), rixzge plat et découvert qui se termine en pente douce. On distingue des plages de quatre sortes : les plages de rochers, celles de galets ou cailloux, celles de sable et celles de vase. Les côtes de l'Océan, dans |)resque tout le golfe de Gascogne, ainsi que celles du nord de la France (St-Maio. Trouville, Luc, Boulogne), sont en général des plages de sable : ce sont les plus favorables pour l'établissement des bains de mer.

PLAGIAT (du lat. plagiatus, de plagivm], délit du plagiaire. Chez les Romains, on appelait plagiaire celui qui débauchait ou recelait les esclaves d'autrui, qui volait ou supposait un enfant. Une loi de Constantin les punissait de peines sévères. — Dans notre langue, cette qualification s'applique à l'auteur qui s'approprie les pensées daulrui. Quand le plagiaire s'approime un ouvrage entier, il prend le nom de contrefacteur et est puni comme tel ( Voy. contrefaçon), — Voy. Cil. Nmlier, Du plagiat, de la supposition d'auteurs, des supercheries qui ont rapport aux livres (Paris. 1826).

PLAGIONITE (du gr. XYdéXto;, oblique), sulfure double d'antimoine et de plomb (5PbS.4Sb*S'| en prismes clinorlioinbiques gris foncé, de Wolfsljerg (Saxe).

PLAGIOSTOMES (du gi-. rXiyioî. oblique, et Tcôtia, Ijouche). Duméril avait donné ce nom à une famille de Poissons chomlroptérygiens caractérisés par une bouche placée transversalement au-<lessous du museau (Requins, Raies, etc.). Aujourd'hui les Plagiostomes de Duméril sont aussi nommés Sélaciens. Voy. ce mot.

On a donné aussi le nom de Plagiostomes aux Mollusques appelés Limes. Voy. ce mot.

PLAGIÙRES (du gr. -Aiy.o^, transverse, et oOoâ, queue), synonyme de Cétacés dans Linné et quelques autres, désigne surtout ceux dont la queue est très aplatie horizontalement.

PLAID (du b.-lat. placitum). Ce mot, qui signifiait autrefois débat, plaidoyer, n'est plus usité que dans cette locution : peu de chose, peu de plaid, pour dire : Il n'est pas besoin de longues explications pour une chose de peu d'importance.

Au pluriel, le mot plaids désignait autrefois les assemblées dans lostiucUes se jugeaient les pnjcès sous les rois de France des deux premières races. On distinguait les

{>laids géiwraux, tenus par le roi lui-même, qui avaient ieu deux fois l'année et en plein air ; et les plaids particuliers ou assises, qui étaient présidés par les simples seigneurs, et qui s<; tenaient plus fréquemment. On ouvrait tous les plaids à la St-Martin. — Plaid se disait aussi des jugements rendus dans ces assemblées.

En Angleterre, la cour des plaids communs est une des quatre principales cours de justice. Elle juge les différends civils entre parties.

PLAID (mot écossais), écharpe de laine à carreaux de diverses couleurs dont les Ecossais se servent pour se couvrir, et qu'ils portent croisée sur la poitrine. Se dit aussi auj. d'un large carré d'étoffe imperméable pouvant servir de manteau de voyage.

PLAIDOYER, PLAU)OiRiE (de plaid). Les parties, assistées de leurs avoués, peuvent plaider elles-mêmes leur cause; néanmoins le tribunal a la faculté de leur er. interdire le droit, s'il recoimaît que la passion ou l'inexpérience [les empêche de discuter avec la décence convenable ou avec la clarté nécessaire. Le ministère des avocats leur est, en ce cas, indispensable. — Les tribunaux peuvent supprimer des plaidoyers injurieux ou diffamatoires ( Voy. DÉFENSE, AVOCAT, HUIS-CLOS, ctc). — Pour les recueils de plaidoyers, voy. barreau et cacses célèures.

PLAIE (du lat. plaga). On en distingue huit espèces : 1° plaies par insti-uments tranchants (c-outeaux, sabres, etc.) : elles sont caractérisées par l'écartement des bords de la plaie et par l'écoulement du sang (Voy. blesscRE et cocpcre) ; — 2" plaies par instruments piguants (poinçons, alênes, stylets), ou piqûres [Voy. piqûre); — 3° plaies conttises, faites soit par des corps contondants ordinaires (Voy. cojnxsiox), soit par des projectiles lancés par la iwuare (grains de plomb, oalles, biscaïens. lioulets, éclats d'obus, etc.) : ces tiemières sont les plaies d'armes à feu ; elles offrent une teinte livide, une désorganisation plus ou moins étendue, une sorte de slu)K?ur qui se pro- |)age quelquefois à toute l'économie ; souvent absence dliémorragie. La simplification de la plaie, c.-à-tl. l'extraction d'esquilles, l'ablation de corps étrangers, puis la désinlec-

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