‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1257 sur 1729 · LONGE · texte numérisé non relu

LONGE

PLATESSA, nom latin scientifique de la Plie.

PLATINE (de plat). C'est proprement un ustensile de ménage consistant en un grdiid rond de cuivre, un peu convexe, monté sur des pieds de fer, et dont on se sert pour sécher et repasser le linge.

Les Armuriers ap|x;llent platine la plaque à laquelle sont attachées toutes les pièces qui composent le mécanisme de départ dune arme à feu, et au moven desquelles on communique le f>>u à la chaîne. On appelait : P. à mèche, P. à rouet, les platines des arquebuses à mèche ou à rouet; P. à peraission, celle des fusils à percussion où le feu était rais à l'aide d'une capsule emboilant la cheminée (Voy. fusil). Les armes de guerre actuellement en usage ne comportent plus de platine, mais une boîte de culasse.

Les Horlogers appellent platine chacune des deux ])laques qui soutiennent toutes les pièces du mouvement d'une montre ou d'une pendule. — Ixîs serruriers nomment ainsi la plaque de fer attachée extérieurement à une porte au devant de la serrure, et j)ercée de manière à donner passage à la clef.

Dans la Machine pneumatique, la platine est le disque de vern* rodé sur leouel on applique, avec l'intermédiaire d'un corps gras, les cloches en verre servant de récipients.

PLATINE (de l'espagn. ;>Za/nifl. dimin. de plata, argent , corps simple métallique [Pt = 194j, d'un gris d'acier, très malléable et très ductile lorsqu'il est pur, et assez mou pour qu'on puisse le coui)er et le i-aver facilement. Sa densité est 21.5. Il est infusible au plus violent feu de forge, mais peut être liquélié, même en grande masse, par l'emploi du chalumeau oxyhydrique alimenté pr du gaz de l'éclairage et de l'oxvgène (H. Sie-CIaire Deville et VVôliIer). Il fond à 1750» (Violle). Il ne i)eut être oxydé directement et résiste à l'action de tous les acides, mê'me les plus concentrés, à l'exception de l'eau régale, qui le dissout et le convertit en chlorure. Le platine |x>ssède à un haut degré la propriété de condenser certains gaz à sa surface, et souvent de les combiner entre eux ; la mousse ou éponge de platine, le noir de platine déterminent à leur contact et à la température ord. la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène et transforment au contact de l'air l'alcool en aldéhyde. A la température rouge, le platine est très perméable aux gaz-

Les propriétés plivsiques du ]>Iatine, son inaltérabilité rléterminent ses applications : fabrication de creusets, capsules, alambics pour les chimistes et les industriels, des plaques ou réseaux métalliques pour l'électrolyse. I^e platine pur serait trop mou, mais tel qu'on le prépare habituellement, il reste mélangé à de petites quantités de métaux étrangers (fer, cuivre, iridium, rhodium) qui lui donnent de la dureté. .\llié à l'iridium (90 de platine et 10 d'iridium), il forme un alliage très dur et inaltérable, employé à la fabrication des mètres et kilogrammes étalons internationaux. Allié avec le cuivre, il sert en bijouterie à faire les montures des diamants.

Le platine n'a été tixxuvé jusqu'ici qu'à l'état natif, en pépites ou grains contenant du fer, du rhodium, de l'iridium, du palladium, du ruthénium et de l'osmium dans les sables ou les terrains d'alluvion qui renfennent l'or et le diamant. Les mines les plus anciennement connues sont, en Amérique, au Pérou, dans la Nouvelle-Grenade . le Brésil et la Colombie. On le trouve aussi en Russie, dans les monts Ourals : ces dernières mines, découvertes depuis 1823. sont très pnjductives.

L'extraction de ce métal exige de nombreuses opérations : le minerai, d'abord calciné au rouge, est ensuite épuisé par de l'eau régale ; on ajoute au liquide une solution de sel ammoniac, et l'on recueille le précipité jaune qui se forme [chloroplatinate d'ammonium) ; après avoir lavé ce précipité, on le calcine au rouge dans un creuset, où il prend la forme d'une masse grise et spongieuse [éponge de platine). Cette éponge, qu'if fallait anciennement comprimer à l'aide du martelage, est auj. fondue au chalumeau dans un four en chaux.

Parmi les combinaisons du platine, le tétrachlorure [PlCl*] est celle qui présente le plus d'intérêt; la combinaison de ce sel avec le chlorhydrate d'ammoniaque [chloroplatinate d'ammonium) est lin précipité cristallin, jaune, très peu solublc dans l'eau. Le chlorure plalineux PiCl-, en combinaison avec le chlorure de potassium [chloroplu'

PLATIiMRlDIUM

PLATYOMÈ

Unité de potassium), est employé en plaiinotypie ( Votj. ce mol].

Le platine fut (UVouvcrt au Pérou dés 1735 et apprtc en Europe eu 1741 par l'Anglais Cli. WooH ; mais il ne fut guère connu des savants i|u en 1748. Wattson, Lewis et Scheffer furent les premiers qui en étudièrent les propriélés. Plus récemment , Yauquelin , Wollaston, Berzelius, Dœbcreincr, Deville cl Debray ont examiné ses combinaisons.

PLATINIRIDIU M, combinaison naturelle d'iridium et de platine, en grains dans la mine de platine.

PLATINOTYPIE, procédé de reproduction en positif sur papier des négatifs pbotograpbiques sur verre. Le i>apicr, nnprégné d'un mélange de cliloroplatinitc et d'un sel ferreux insoluble, tel que l'oxalate ferreux, est impressionné par la lumière. La réduction du sel de platine est continuée par l'emploi d'un révélateur, qui dissout en même temps le mélange salin qiii n'a jws subi l'action de la lumière. On obtient ainsi des épreuves d'un beau noir velouté et inaltérables.

PLATONICIENNE (école). Voy. platonisme.

PLATONIQUE (amouk), amour dégagé des sens, tel que Platon l'a décrit dans ses ouvrages, dans le Banquet et dans le Phèdre : c'est l'amour purement spirituel de deux êtres dont cliacun aime en l'autre l'image de la beauté éternelle. Voy. iokalisme.

PLATONISME, piiilosopbic de Platon. Elle est contenue dans une série de dialogues, où Platon met surtout en scène son maître Socratc, mais en lui prêtant ses propres idées. Les principaux de ces dialogues sont : l'Apologie de Socrate, le Criton, le Pbédon, le Théétète, le Sophiste, le Parménide, le Protagoras, le Gorgias, le Banquet, le Plièdrc, l'Ion, le Philèbe, la République, les Lois, le Timée. De ces dialogues se dégage une philosophie dont les grandes lignes sont les suivantes : 1° Théorie de l'être, ou ontologie. Les êtres terrestres sont multiples et ])érissal)les. Il doit y avoir au-dessus d'eux quelque cliose d'un et d'impérissable, dont ils tirent leur existence. Ce quelque chose, c'est « l'Idée ». L'Idée est un être à la fois général et réel : ainsi « l'Idée de l'homme » est une sorte d'homme idéal, renfermant en soi tous les attributs qui peuvent convenir à l'humanité, et auoucl participent tous les hommes sensibles. Au-dessus des Idées elles-mêmes, il y a une Idée centrale, « l'Idée du Bien », qui communique à toutes les autres Idées ce qu'elles ont de réalite et de perfection, et qui est ainsi à leur égard ce qu'elles sont elles-mêmes à l'égard des êtres sensibles. C'est par abaissement, et en descendant dans la matière, dans le « non-être », que les Idées ont formé les choses. — 2° Théorie de la connaissance (elle se nomme dialectique, nom que Platon applique d'ailleurs aussi à la théorie de l'être). Platon distingue deux sortes de connaissances : la connaissance sensible qui s'applique aux êtres périssables, et se forme d'abord une opinion (SôÇa), puis une croyance (xtuTtî) ; et la connaissance rationnelle, qui s'applique aux êtres impérissables, aux Idées, et les atteint, d'aixird par le raisonnement (otàvoial, puis par l'intention (vÔTiaiî). A la théorie de la connaissance est jointe chez Platon une théorie de l'amour : car on aime les choses, dit-il, comme on les connaît. — 3» Psychologie. I>"àme est distincte du corps. Elle comprend 3 partics : l'àme des passions inférieures, logée dans le ventre, l'âme des passions généreuses, logée dans la poitrine ; l'âme rationnelle, logée dans la tête. L'âme, au moins dans sa partie supérieure, est immortelle. — 4° Morale. Platon distingue 4 vertus principales : la tempérance, vertu de l'àme du ventre ; le courage, vertu de l'âme de la poitrine ; la sagesse, vertu de l'âme du cerveau ; enfin la justice qui met l'harmonie entre ces diverses parties de l'homme et entre l'homme et ses semblables. En politique, Platon penche pour les utopies communistes. En esthétique, comme dans tout le reste de sa philosophie, il se montre un pur idéaliste. — Voy. Alfred Fouillée, Philosophie de Platon, et les art. académie et néo-platonisme.

PI-ATRAGE, addition de plâtre à la cuve de vendange dès le début de la fermentation. Cette opération hâte le dépouillement du vin, en avive la couleur, et s'opjwse partiellement à l'action des germes de maladie. En même temps le plâtre agit sur la crème de tartre et lui enlève la moitié de son acide tartrique, sous la forme de tartrate neutre de calcium qui se précipite, tandis que du sulfate acide de potassium se dissout. Le plâtrage a été considéré

par certains savants comme inoffensif, par d'autres comme dangereux. D'après une circulaire ministérielle du 27 juillet 1880, la présence du sulfate de iiotassium dans les vins du commerce, qu'elle résulte du j)Iàtrage du moùl, ou du mélange du plâtre ou de l'acide sulfurique au vin, n'est toléré que jusfju'à la limite maxima de 2 grammes par litre.

En Agriculture, on donne le nom de plâtrage à l'addition de plâtre en jxiudre aux terres qu'on veut cultiver.

Depuis déjà jilus d'un siècle, on a reconnu les Iwiiselfets du plâtrage sur les terres arables et particulièrement sur les prairies artificielles. Sur les céréales au contraire, et sur les prairies naturelles, le plâtre reste sans elfet. Il semble que l'action du plâtre soit en relation avec la présence des jjactéries qui constituent les no<losités des racines de Légumineuses, grâce auxquelles se produit, comme l'ont montré llcllriegel et ^Yilfartll, la fixation de l'azote libre de l'air chez ces plantes.

PLÂTRE (du lat. j/lastrum, p. emplastrinn), sulfate de calcium anhydre, obtenu jjar calcination du sulfate de calcium hydraté connu sous le nom de pierre à plâtre ou gypse [Voy. ce mot). Le plâtre est une j)oudre blanche qui, délayée avec de l'eau, s'hydrate de nouveau et forme une pâte qui acquiert en séchant une grande cohésion- C'est grâce à cette propriété que le plâtre sert, dans la maçonnerie, à enduire les murs ou à cimenter les pierres. On emploie le plâtre le plus fin à fabriquer des moules, à modeler des ligures. Mélangé avec de la colle forte, il constitue le stuc et prend le jwli du marbre. Les meilleurs plâtres i)our la construction et le moulage se tirent des carrières des environs de Paris.

Le plâtre provenant des démolitions est utilisé pour l'amendement des terres ; il a le triple avantage de donner de la vigueur à plusieurs plantes utiles, notamment aux Légumineuses et aux luzernes, en diminuant les effets dissolvants de l'eau ; d'arrêter le développement de beaucoup de végétaux nuisibles, comme les plantes marécageuses, et de fixer le carbonate d'ammoniaque des engrais, en le convertissant en sullate.

La calcination du gypse a lieu dans des fours, dits plâtrières, où l'on entasse la pierre à plâtre après l'avoir concassée. On bat ensuite ou l'on moud la pierre calcinée pour la réduire en poudre. On nomme : jdâtreau la pierre à plâtre avant qu'elle ait été cuite; plâtre blanc, le plâtre qui a été râblé, c.-à-d. séjMiré du charbon; plâtre gris,. celui qui est mêlé d'impuretés qui en aUèrent la blancheur. Les maçons appellent plâtre au panier le plâtre grossier passé au mannequin : il sert à faire les crépis ; plâtre au sas, celuii-(jui est passé au tamis. — Le plâtre des mouleurs, qui est très fin, mais oui n'a pas la lorce d'adhésion du plâtre ordinaire, est produit par une variété de gypse cristallisé en lames transparentes, connue sous le nom de gypse fer-de-lance ou de pierre à Jésus.

On donne aussi le nom de plâtres à tous les ouvrages moulés en plâtre. Le plâtre d une statue, d'un buste, etc., est le modèle en plâtre de cette statue, de ce buste, etc.; un plâtre antique est une figure, un Iws-rclief, etc., moulé sur l'antique.

PLATY... (du gr. x>»aTÛ<:, large), entre dans la compsition d'un grand nombre de mots scientifiques, comme platycéphale, jilatycère, ptatydactyle, platygaster, platyoaon, jjlatyonyx, plalyplère, etc., c.-à-<l. à tête, à cornes, à doigts, à ventre, à dents, à ongles, à ailes larges.

PLATYCARCIN (du gr. -7:>kaTÛ<; et vcapxtvoî, crabe), P/atycarcinus, genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes brachyures, famille des Cyclométopes, établi par Milne Edwards pour trois espèces de Crabes, dont une très commune sur les côtes de Normandie, le Plalycarcinus pagurus, connu sous les noms vulgaires de Poupart et de Tourteau.

PLATYCERIUIVI,genre de la famille des Fougères, tribu des Polypodiacées et voisin des Acrostics, renferme des espèces exotiques dont une, le P. grande, a des feuilles en forme de bénitier.

PLATYOME (du gr. -rrT.axûî, large, et wfxoî, épaule), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Curculionides, renferme une soixantaine d'espèces, toutes originaires de l'Amérique équinoxiale. — Ce genre n'a rien de commun avec les Platyomides, 42° tribu de l'ordre des Lépidoptères, famille des Kocturnes, dont le caractère le plus saillant est d'avoir la côte îles premières ailes plus ou moins arquée à la base, ce qui leur

PLATYPODES

Page 1