FIGURÉ
POLYGONE. En termes de Fortification, c'est la figure qui détermine la forme générale du tracé d'une place forte; dans le système bastionné, on dislinguait le polygone exiéneur, dont les sommets se coni'ondaient avec ceux des bastions, el le polygone intérieur, dont les côlés étaient formés par les courtines. — Un polygone d'exercice est un terrain où les troupes exécutent certaines manœuvres; on donne plus particulièrement ce noiu aux vastes espaces où l'artillerie exécute son tir; la partie essentielle d'un polygone était autrefois une butte servar.t de cible unique pour toutes les pièces; on n'en fait )ilus usage auj. et l'on préfère disposer des panneaux en rase campagne en des points variés de manière à former le coup (l'œil des pointeur et des officiers au véritable tir de guerre. Il faut naturellement prendre les mesures de précaution nécessaires pour éviter les accidents. — Les troupes du génie ont aussi leur polygone, où elles s'exercent aux divers travaux qui leur incombent soit en campagne, soit dans les sièges.
POLYGONÉES, tribu de la famille des Polygonacées. Voy.
POLVGOXACÉKS.
POLYGONUM, nom latin botanique du genre Renouée. Voy. liKNoniE el polvgoxacées.
POLYGRAPHE (du gr. -îroXiiypiço;), auteur nui a écrit sur plusieurs matières. Chez les anciens, Platon, Xénophon, Arislole, Plntarque, Lucien, Cicéron, Varron, Sénèque; chez les niodernos, Fontenelle, Voltaire, Leibniz, Gœthc, Wieland, peuvent être appelés des polygraplies.
POLYGRAPHIE. Outre (lu 'on appelle ainsi la qualité de polygraphc, ou la partie d'une bibliothèque qui comprend les polvgraphes, on a aussi donné le nom de polygrapkie à l'art (l'écrire de plusieurs manières secrètes qui ne j)euvent être déchifl'rées que par celui qui en a la clef. Voy. cuvpto-
GHAPIIIK.
POLYGYNIE (du préf. poly el du gr. yuvT^. organe femelle), nom donné, dans le système de Linné, à 4 ordres
POIAIIALITE
POLYPÉTALË
comprpiiiint dos plaiitos qui ont plusieurs pistils dans la niùine llcnr (iicuoucule, Hosier).
POLYHALITE (du préfixe poly et du gr. (ï)^;, sel), sulfate multiple de calcium, de magnésium et de potassium ['iCaO.SO^-f MgO.SO' -f K^O.SO^ + 211^0] fjuon trouve eu rognons libreux colorés en rouge par l'oligiste, et décomposables par l'eau, à Slassfurt (Prusse), Isclil (Autriche).
— On a appliqué à tort le nom de Polyhalite à la Glaubérite de Vie. Voy. GLAUUÉiuTt;.
POLYMÉRIE (du préfixe poly et du gi". ]i.i^o^, partie), sorte A'isomérie qui consiste en ce «u'unc substance se modifie par la condensation de ses molécules, de sorte aue le point d'ébuUition est |)lus élevé, que la densité est plus grande et que le poids atomique se trouve multiplié par un nombre entier. Telles sont les modifications du cyanogène et de SCS composés. Voy. isomérie.
POLYIVIIGNITE (Ai\ préf. poly et dugr. [AiY^ûvai, mêler), lilanate de zirconmm, d'yttrium, de calcium et de fer; minéral noir, opaque, a|)partenant au système orthorhombique ; on le trouve en Norvège, dans la syénitc éléolithique.
POLYMNIE, 35° petite planète, trouvée le 28 cet. 1854, par (Ihacornac, à Paris. Voy. planètes.
POLYMORPHISME (du préfixe po/î/ et du gr. [Jiop9"/i, forme), |)ropriété que présentent certaines substances de cristalliser dans plusieurs formes incompatibles cristallograpliiqucmont. Voy. dimorphisme.
En Botanique, la Heur est quelquefois polymorphe, à styles longs et à styles courts, par exemple [Voy. hétérostylie). Ce mot s'applique aussi, dans les Champignons et Bactéries, à la multiphcité des organes reproducteurs. La découverte de ce polymorphisme a eu une importance capitale dans l'histoire de la science vers le milieu du xix" siècle.
POLYNÈME (du préf. poly et du gr. VT^jjLa, filet), Polyneintts, vulg. Poisson de paradis, genre de Poissons acanthoptérygicns, de l'ordre des Squamodermes, famille des Percoïdes, renferme des espèces propres aux mers des pays chauds, et surtout à l'Océan équinoxial. Ces poissons sont revêtus d'écaillés brillantes, et leurs nageoires pectorales ont plusieurs de leurs rayons libres et terminés en filaments allongés, à peu près comme les plumes qui ornent les oiseaux de paradis. On pêche sur les côtes du Bengale le P. mamjite, long de 0 m. 15, et d'un jaune citron ou orange ; certains individus sont argentés, avec des reflets pourpres et dorés.
POLYNÔME (du préf. poly et de la désinence du mot monôme), expression algénrique obtenue en ajoutant algébriquement plusieurs monômes. On distingue <lans un polynôme : les variables, représentées toujours par des lettres 3 ni entrent dans chaque monôme, et qui sont affectées 'exposants entiers et positifs : quand l'exposant n'est pas écrit, il doit être regardé comme égal à 1; et les coef'ficienls des différents monômes, qui sont des nombres positifs ou négatifs (même imaginaires) : ces coefficients peuvent être aussi représentés par des lettres ; mais leurs valeurs sont des constantes. Chaque monôme qui entre dans un polynôme a un degré, qui est la somme des exposants des variables qui ligurent dans ce monôme ; le plus haut de ces degrés est le degré du polynôme. Un polynôme est réduit Quand tous les monômes qui y figurent ditrèrent les uns des autres autrement que par leur coefficient. Un polynôme réduit à une variable est ordonné quand les degi-és des monômes successifs vont en décroissant, ou bien en croissant. La forme la plus générale d'un polynôme de degré n à une variable est Ax'» + A,a:''-' -(- ... -|- A„,a: -i-A„; A, Aj,..., A„,, A„ sont les coefficients, dont le premier n'est pas nul. — Un polynôme est homogène quand tous ses monômes sont de même degré : il prend alors souvent le nom de forme; les formes sont dites binaires, ternaires, quaternaires, .... suivant qu'elles ont deux, trois, quatre, ..., variables; elles sont linéaires, quadratiques, cubiques,..., suivant qu'elles sont du 1", du 2«, du 3% ..., degré. — Un polynôme formé de deux, de trois monômes s appelle binôme, trinôme. On dit le binôme du
aï?'"' trinôme du 2° degré, pour dire a.r-fft, ax -\-bx-\-c: a, b, c étant les coefficients, :r la variable.
— Un appelle racines d'un polvnôme à une seule variable les valeurs de cette variable qui' donnent au polynôme une valeur nulle. Le i>olynômc est l'élément essentiel de
Algèbre, qui est au fond l'étude des polynômes. L'élude des formes a coe ficcnts entiers est la partie la plus importante de 1 Arithmétique supérieure.
POLYODON , genre de Poissons chondroplérjgiens , de l'ordre des Ijanoïdes, famille des Slurioniens, établi pour un poisson du Mississipi, le Poisson feuille, remarquable par son museau aux bords élargis en forme de feuilles et par les nombreuses petites dents dont sa' bouche est garnie.
POLYOMMATE (du préfixe jjoly et du gr. o\l]i.%ii, . veux), Polyommatus, vulg. Argus, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papillonides, comprend des papillons de petite taille, parés, d'assez belles couleurs, et qui, sur un fond uniforme, offrent des taches imitant des sortes d'yeux. Leur chenille ressemble presque à un cloporte. (Juelques espèces portent,, à l'extrémité de leurs ailes, un polit appendice en forme de queue. Les espèces les plus communes sont V Argus bleu, le Bronzé, le Xanlhe, l'Argus du chêne, l'A- de la verge d'or, etc.
POLYPE (du \bX. poly pus, du gr. ttoXûtouî), tumeur charnue, ordinairement jiédiculée, qui se développe dans les cavités du corps revêtues d'une membrane muqueuse, notamment dans les fosses nasales. On a dit que les anciens lui avaient donné le nom de polype parce qu'elle a plusieurs racines ou pieds. Selon d'autres, cette dénomination viendrait de ce que les excroissances polypeuses ont la faculté de se reproduire après avoir été extirpées, de même que les polypes ont la faculté de reproduire les parties qu'ils ont perdues. — Les polypes varient pour le nombre, le volume, le mode d'adhérence. On connaît les polypes du pharynx, du nez, de l'utérus, de la vessie. La forme en polype n'indique pas la structure de la tumeur, qui peut être un myxome, un fibromyome, un sarcome, etc. Les polypes sarcomateux sont les plus graves; ils se ramollissent, s'ulcèrent et envahissent toutes les parties molles environnantes, et même les cartilages et les os. L'excision, la ligature, l'arrachement et la cautérisation sont les procédés que l'on emploie pour les guérir.
POLYPES, POLYPIERS. Lcs Polypcs sont des animaux Rayonnes qui forment, avec les Spongiaires, un des der-niers embranchements dans la classification actuelle du Règne animal. Ils comprennent non seulement les Polypes propr. dits de Cuvier et de Blainville. mais aussi les Acalèphes [Voy. ce mot), depuis qu'on a vu ces deux groupes s'engendrer l'un l'autre. — Les Polypes sont des animaux à corps mou, gélatineux, nettement rayonné : leurs tissus peuvent être envahis par un dépôt calcaire dont la masse souvent ramifiée constitue ce que l'on nomme le polypier {Voy. corail). Leur tube digestif est représenté par une cavité à un ou plusieurs orifices. Les Polypes vivent isolés ou agrégés. Ils se renroduisent par deux modes : 1° l'oviparitc : à la sortie de 1 œuf, les embryons sont couverts de cils et se meuvent comme les infusoires ; 2" par la gemmiparité : les gemmes deviennent, à leur tour, et suivant les groupes que l'on étudie, des individus semblables à ceux dont ils proviennent, ou des individu* dissemblables, dont les rejetons seulement seront semblables aux individus de la première génération : c'est la génération dite alternante. — Les Polypes sont surtout abondants dans les mers chaudes et profondes. Ceux qui |X)ssèdent des polypiers y ont formé et y forment encore des roches, des récifs et des îles même. Voy. madrépores.
Les progrès de la science ont souvent fait varier la classification des Polypes. Cuvier et, avant lui, Lamarck les avaient partagés en deux ordres : les Polypes nus ou Gymnopolypes (Actinie, Hydre, etc.), qui vivent sans polypier, et les Polypes à polypier ou Synipolypes (Tu- Ijipore, Corail, Madrépore, Pennatule, etc.). Les travaux de Blainville, Ehrenbcrg et Milne Edwards firent modifier ces divisions.
Aujourd'hui on les partage en 3 classes : 1" les Discophores ou Acalèphes simples de Cuvier, comprenant les. Siphonophores (Pliysale, Physophore, Praya, VéJelle, Porpitc), les Méduses et Polypoméduses (Campanulaire, Corync, etc.), les Serlulaires, les Hydres ou polypes d'eau douce ; 2° les Zoanthaires, comprenant les Actinies, les. Madrépores, les Antipathes, etc.; 3° les Cténor-hes ou Coralliaires, parmi lesquels on range les genres Alycon, Corail, Gorgone, Lobulaire, Vérétille, Pennatule, etc. Enfin, on rattache aux Polypes les Spongiaires ou Eponijes ( Voy. ces deux mots). — On doit à M. de Lacazc-Dutliier» des recherches sur les Actinies et le Corail ( Voy. cœlex-
TÉRÉS).
POLYPÉTALË (du préf. poly et de pétale), se dit, en Botiinique, des corolles formées de plusieurs pétales ou de