‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1279 sur 1729 · POMPE · texte numérisé non relu

POMPE

sont envahis. Cette maladie est due à une Péronosporée, le Phytophlhora inf'estans, que l'on parvient à combattre à i'ai(le du sulfate de cuivre.

La pomme de terre est oi-iginairc de l'Amérique. Elle croit naturellement dans les Cordillères et on la cultivait au Pérou longtemps avant qu'elle lût connue en Einope. Elle y fut importée au xvi" siècle par les Espagnols : la Bourgogne, la Franche-Comté la cultivèrent des premières ; elle fut introduite eu Allemagne du temps (le Charles- Quint, et lorsque John llawkinsen fil jouir l'Irlande (15G5), et (|ue Walter Ralcigh l'apporta de la Virginie comme une nouveauté (1623), la pomme de terre se répandait déjà parmi nous. Dès 1588 elle était cultivée autour d'Arras; c'est elle, sans aucun doute, qui est désignée sous le nom de carloufle dans le Théâtre d'agricuUure d'Olivier de Serres (1604). Vers la même époque, Casp. Uauhin en avait établi la culture aux environs de Lyon et dans les Vosges; mais c'est seulement de la fin du xvui" siècle que date chez nous son importance comme substance alimentaire : c'est à Parmentier qu'était réservé l'honneur de l'accréditer délinilivemcnt et de vaincre d'injustes préjugés.

POMMELIÈRE (de pomme, pommelle, de la forme des tumeurs qui remplissent les poumons), forme pulmonaire de la tuberculose bovine, qui aifecte les vaches laitières, surtout celles qui sont élevées à l'étable. Elle amène un rapide amaigrissement et menace l'animal dnne mort prochaine. On a vainement tenté de guérir cette redoutable maladie; on ne peut que chercher à en prévenir les causes, (lui se réduisent presque uniquement à la contagion, à 1 hérédité et aux mauvaises conditions d'hygiène.

POMMETTE (dimin. de pommé], partie saillante que présente le visage au-dessous tte l'angle externe de l'œil. Elle est formée par un os quadrilatère appelé os de la nommetlc, os malaire ou os jufjal (zygoma). — La coloration des pommettes fournil un indice dans les cas de phtisie et de pneumonie.

POMMIER, Malus, genre de la famille des Rosacées, type de la tribu des Pomacées, se compose d'arbres de moyenne grandeur, à rameaux souvent épineux ; à feuilles pétiolées, ovales, un peu aiguës, à peine dentées ; à fleurs d'un blanc mêlé de rose, disposées en une sorte d'ombelle sessile : calice persistant, à 5 divisions; 5 pétales, ctamines nombreuses : le fruit (pomme) est sphériquc, ombiliqué à ses deux extrémités, renfermant dans une pulpe très épaisse une capsule cartilagineuse à 5 loges; les semences [pépins] sont aussi cartilagineuses. Ces fruits, acerbes à 1 état sauvage, fournissent par la culture un très grand nombre de variétés, qu'on distingue en deux ordres : les pommes douces, agréables à manger, et les jjommes acerbes, ou à cidre, préférables jjour fabriquer cette boisson. La pomme est de tous les fruits d'hiver celui qui se conserve le plus longtemps (Voy. pomme). Les pommes sont rafraîchissantes : crues, elles peuvent être indigestes ; cuites, elles forment un aliment sain et léger; leur décoction, leur sirop calment la toux. Le bois du pommier est léger, doux et liant ; il est recherché par les tourneurs et les ébénistes. L'écorcc peut servir à teindre en jaune. — Ces arbres se perpétuent de graines, de drageons et de grell'es ; ils veulent un climat tempéré, un ten-ain frais, profond et de bonne qualité.

Le Pommier cultivé [Malus communis) offre un très grand nombre de variétés, la plupart cultivées en Normandie. Parmi celles qui produisent des ]X)mmes douces, nous citerons ; les reinettes (R. du Canada, R. grise, R. blanche, R. jaune hâtive, R. d'Angleterre hâtive, R. pomme d'or); les apis (Petit Api, A. noir, A. blanc, A. étoile) ; les fenouillets ou pommes-anis (F. gris, F. rouge ou court-pendu); les calvilles (C. blanche, C. rouge d'hiver, C. 'cœur de Ixeuf) ; les jiigeonnets ou cceurs-dc-pigeon {V. commun ou rougeâtre, P. blanc. Gros Pigeonnet, P. de Rouen) ; les passe-pommes ou pommes de glace (P. hâtive, P. tardive) ; le rambour d'été et d hiver, etc. — Le Pommier sauvage diffère du pommier commun par des feuilles plus petites et presque glabres, dos llcurs longuement pédonculées, et un fruit d'un goût acerbe. Il croit spontanément dans les bois de l'Europe, et est la souche des principales espèces de pommiers à cidre.

Le Pommier de la Chine (Malus spectabilis) se cultive comme arbre d'ornement : il se couvre en avril de fleurs doubles (I un rose vif, un peu odorantes et d'assez longue durée; le P. à bouquets (M. coronaria], originaire de

l'Amérique du Nord, et le P. à feuilles deprunier (M. pruni/'olia], de la Sibérie, se cultivent également dans les. jardins.

Le Pommier de paradis, ainsi nommé à cause de la qualité exquise de ses fruits, atteint à peine 1 m. de hauteur : il vient en espalier ou en plein vent, et fournit des sujets jiour la gi'cffe des jmmmiers nains.

POMŒRIUM (<tu lat. ^lost, derrière, et mœrus, p. munis, mur). Les Etrusques appelaient ainsi un espace vide qu'ils laissaient autour de leurs villes, au dedans et au dehors des murs. Rome leur emprunta l'usage d'établir un pomœrium ; c'était là qu'on prenait les auspices avant la tenue des comices.

POMOLOGIE (du lat. pomum, fruit, et du gr. À'iyoç, discours), science des arbres fruitiers. On cite en ce genre : V Instruction pour les jardins fruitiers de La Quinlinie (16U0), le Traité des arbres fruitiers de Du Duhamel du Monceau (1768), et le Traité d'arboriculture de M. A. du Rreuil. La Société d'Horticulture de Paris a public la Pomologie française. Voy. friitiers (arbres).

POMONE, 52" petite planète, trouvée le 26 octobre 1854 par Goldschmidt, à Paris. Voy. pi.ANÈrKs.

POMPE (orig. incert.). On donne ce nom aux appareils destinés à aspirer, à refouler ou à comprimer un lluide gazeux ou liquide : de là deux grandes catégories, les pompes à gaz et les pompes à eau. Dans la premièrfr nous plaçons les machines soufflantes, les ventilateurs et les aspirateurs, les pompes de compression, les inachines pneumatiques, etc. [Voy. ces divers mots). La 2° catégorie comprend les pomjies à eau, à vidange, à acides, etc. Au point de vue de leur mode d'action, on divise ces pompes en 3 classes : 1° P. aspirantes ; 2» P^ foulantes; 3° P. aspirantes et foulantes. Au point de vue de leurs organes, on distingue : 1" les P. à piston, 2' les P. rotatives, 5" les P. centrifuges. Les pompes à piston se composent d'un cylindre creux ou coi'ps de jwmpe, <\\\n piston qui joue à frollement dansée cylindre, et de soupapes. — Dans les pompes aspirantes, le corps de pompe est fixé sur un tube dit tuyau d'aspiration,

aui plonge dans le liquide, et le point de réunion de ces. eux parties, ainsi que le piston, est muni d'une sou|)ape s'ouvrant de bas en haut, jKmr laisser |)asser le liquide. Dans les pompes foulantes, le piston est plein ; le corps^ de pompe plonge dans le liquide, et il reçoit un tuyau de décharge latéral, fermé par une soupape qui se meut de dedans en dehors, et destiné à l'écoulement du liquide refoulé. Le plus souvent ces deux esjièces de jiomjjcasont réunies de manière à être à la fois aspirantes et foulantes.

Les pompes oi-dinaires, dites aussi pompes élévatoirrs,. sont de simples pompes aspirantes, munies d'un tuyau d'ascension, placé au-dessus du corps de pompe. Lol•squl^ le piston, arrivé au bas de sa course, remonte, il se produit au-dessous de lui un vide; la soupape placée dans l'épaisseur du piston se ferme par l'effet du poids de l'eau placée au-dessus; en même temps, par l'eifet de l'excès de la pression atmosphérique sur la pression intérieure, la soujKipc du tuyau d'aspiration se soulève, et l'eau monte par ce tuyau dans le corps de |)ompe; lorsque le pistonredescend, la soupape d'aspiration se ferme. L'eau soulève ensuite la soupape du piston, et passe par-dessus : elle est évacuée, lors de l'ascension du piston, par un déversoir placé à la partie supérieure du tuyau d'ascension. Théoriquement la distance entre le fond du corps de pompe et le niveau de l'eau à élever doit être inférieure à 10 m. 33 (32 pieds); elle est beaucoup moindre dansla pratique, parce qu'on ne peut pas réaliser exactement les conditions théoriques. — Les |)ompes destinées aux usages domestiques sont généralement des pompes élévatoires très simples. Les pompes rotatives consistent essentiellement dans un corps de pompe cylindriaue renfermant un tambour excentré, muni de palettes mobiles. En tournant, le tambour engendre un volume croissant du côté de l'aspiration. Elles ont été inventées par Ramelli. On les fait à un ou à deux axes. Citons parmi les plus connues les pompes Broguel, Behrens, Grcmdl; elles marchent à une vitesse modérée et peuvent élever l'eau à 70 ou même^ 100 mètres.

Les pompes centrifuges se composent d'un tamljour mobile, à axe horizontal, tournant avec une très grande vitesse dans une capacité qui l'enveloppe à petite distance. La tubulure d'aspiration correspond à l'axe; l'eau est

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