‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1281 sur 1729 · PONT · texte numérisé non relu

PONT

poil, qu'on trouve en Irlande et dans les montagnes d'Ecosse.

PONGITIVE (douikub), du lat. j'urKjitivus, de puiigere, l)ii|uer. l'oy. douleur.

PONGO ou OBANG xoin. Voy. oraxg.

PONT (du lat. pons, potiiis), construction servant au passage d'un tours d'eau, d'un l'ossé, etc. Les ponts sont fixes ou mobiles.

Pouls fixes. On distingue les pouls de pierre, \(isponls de bois ou de charpenle, les ponls de fer, les ponts suspendus. — Les ponts de pierre se com|X)Scnt d'un tablier en maçonnerie, reposant sur des arches, soutenues elles-mêmes par des piles. On appelle culées les massifs qui terminent le {xint aux deux extrémités et qui soutiennent la poussée de toute la construction. Les arches furent d'alwrd construites en plein cintre, celle du milieu [arche marinière) étant plus haute que les autres, ce qui obligeait d'établir des pentes fort raides : tels étaient jadis le Pont-Neuf, le Pont-au-Change, le Pont-Marie, etc., à Paris, etc. On les fil ensuite à cintre surbaissé en forme d'anse de panier, ce qui jxM-mit de rendre le tablier horizontal : on cite en ce genre les Ponls de Neuilly (1768), d'Iéna, de Solférino, etc., à Paris; le Pont de Bordeaux (18-21), le Pont de Waterloo et le Nouveau-Pont à Londres, etc. — Les ponts de bois sont moins chei-s et plus rapidement construits, mais moins durables que les précédents : on en fait dont les culées et les piles sont en maçonnerie, et qui n'ont en bois que le tablier et les arches. On cite, parmi les ponts de char|iente les plus remanpiables : le Pont de Bonpas, sur la Durance; le Pont de Schaffhouse, sur le Rhin, cl celui qui fut construit en 1778 sur la Limnial, et qui n'a qu'une seule travée. — Les premiers ponts de fer ne diffèrent des ponts de char- ))enle à piles de pierre que par l'emploi de fer forgé ou de la fonte au lieu de bois, tels sont : à Paris, les Potits d Austeriitz (1804, refait en pierre en 1854), des Arts (1806) et du Carrousel (1836); en Angleterre, les Ponts (le Sunderland, sur le Wear (1795), de Southivark, à Londres (1818), etc. — 11 a été construit aussi des ponts d'acier : celui de Rouen date de 1887 et il y a été employé 1 300000 kil. de ce métal. — Les ponts suspendus, \m\\.és des ponts de lianes ou de cordes des indigènes de l'Amérique, se composent d'un plancher ou tablier supporté par des liges verticales fixées à des chaînes ou à des câbles en fil de fer, qui décrivent un arc de courlie renversé : ces câbles, fortement amarrés aux deux extrémités du pont, sont euxmêmes supportés oi'dinairemcnt au milieu, ou en deux endroits, sur de grands massifs en maçonnerie élevés audessus des piles. Le Pont du Drac, à Grenoble, et celui de Tain, sur le Rhône, sont les premiers ponts de ce genre construits en France (1815). Paris en a possédé plusieurs, mais on les a remplacés presque tous |)ar des ponts en pierre et en fer. On cite encore le Pont de Beaucaire, sur le Rhône, le Pont de Fribourg, en Suisse, etc. Un d's plus extraordinaires est le pont tubulaire ipii traverse le détroit de Menai et réunit l'île d'Anglesey au pays de Galles.

Ponls mobiles. On dislingue : 1" les ponls de bateaux ou ponts flottants, composes d'un plancher qui re|)ose sur une suite transversale de bateaux disposés dans le sens du courant et liés entre eux par des câbles ou des poutrelles : il en existe trois sur le Rhin, à Straslxturg, Mayencc et Cologne; Rouen eut longtemps un pont de ce genre qui s'ouvrait jx)ur laisser passer les navires ; — 2'' les pontslevis, qui s'élèvent en tournant autour d'une arête horizontale : l'extrémité mobile est suspendue à des chaînes qu'on fait mouvoir de différentes manières; il y a des ponls-levis sur les fossés de toutes les places fortes : on peut rattacher à ce genre les po)its à flèche, ainsi que les ponts à bascule (Voy. ci-après); — 3» les ponls tournants, qui restent toujours dans la jwsition horizontale et qui pivotent autour d'un axe vertical, comme ceux du canal St-Marlin, à Paris; — 4° les ponts roulants et à coulisses, qui se retirent en arrière en glissant sur des roulettes ou des galets; — 5° les ponts à soulèvetnent, qui sont équilibres par des contrepoids et ne demandent qu un effort relativement peu important pour être levés à une certaine hauteur. Un pont de ce genre a été construit a lans, sur le canal de l'Ourcq, rue de Crimée.

Ou donne le nom de ponts portatifs k Aes ponts en fer composes d cléments triangulaires adossés, facilement démontables et transpoptables. Ils peuvent rendre de grands iorviccs en temps de guerre. En 5 heures, une cinquan-

taine d'hommes peuvent monter et lancer un pont de 24 m. de long.

On appelle : passerelle, un pont léger, pour les piétons ; aqueduc, un pont qui sert à conduire l'eau; jmnt-canal, un pont destiné à faire passer un canal j)ar-dessus une rivière; viaduc, un pont qui donne passage à une route ou à un chemin de fer.

L'art de construire les ponts remonte à une très haute antiquité ; mais pendant longlem|)s on ne les fit qu'en bois : l'antique pont Sublicius à Konic, œuvre du corps sacré qui prit de là le nom de pontifes, était de Iwis. Les Grecs furent les premiers à construire des ponts en pierre; les Romains perfectionnèrent cet art et firent des |)onfs d'un caractère monumental; toutefois le célèbre pont du Danube, construit sous ïrajan,ne date que du i""^ siècle de J.-C. ou du commencement du ii°. Ils ont laissé partout des

[lonts très solides, notamment : le |)ont St-Ange à Rome et e pont de Rimini, eu Italie; le jxjnt Julien, près d'Api, et celui de St-Thibéry, près Pézenas, dans l'ancienne Gaule, etc. En France, avant le xn* siècle ou ne traversait guère les rivières qu'à l'aide de bacs : à cette éjKKfue on vit se former en France et en Allemagne plusieurs associations religieuses, dites les Frères du pont ou Pontifices, qui, à l'aide de sommes obtenues de la piété des fidèles, construisirent un nombre considérable de ponls : les plus fameux en ce genre sont le jmnt d'Avignon, sur le Rhône, construit en 1178, et le pont St-Esprit, un neu moins ancien, sur le même fleuve. A {wrlir du xiii° siècle, les architectes laïques devinrent très habiles dans la construction des ponts : nous avons de ce siècle et du suivant des |)onls très remarquables à Réziers, Limoges et surtout Monlauban et Cahoi-s (|K)nt Valeutré). Les j)onts étaient généralement précédés ou surmontés de tours au moyen âge. Le premier pont de pierre de Paris fut le j^ont Notre-Dame, fait en 1412. Depuis, ces constructions se iiinltiplièrent et arrivèrent insensiblement à la perfection qu'elles ont atteinte de nos jours.

Ponts mililaires, ponts construits par une armée pour traverser une rivière. Us s'établissent soit au moyen des ressources locales, soit à l'aide des équipages de pont que les armées mènent à leur suite, soit à l'aide des ]X)nts ixulatifs ( Voy. plus haut). Les ponls militaires prennent le nom de leurs supports : il y a des ponts de bateaux ou de pontons (Voy. ci-après), </e radeaux, de chevalets, etc. — On appelle pont-volant une portion de pont construite sur deux grands bateaux, et qui, fixée à un cordage qui a son point d'attache dans le lit même de la rivière, passe d'une rive à l'autre par la seule force du courant. — Les plus célèbres jwnts qui aient été jetés par des armées sont ceux : de Darius, fils d'ilystaspe, sur le Danube; de Xerxès, sur l'ilellespont; de César, sur le Rhin; du duc de Parme, sur l'Escaut, en 1585; ceux des Français sur le Rhin, la Limmat, le Pô, le Danube, le Niémen, la Rérésina, etc., sous la République et sous l'Empire ; ceux qui furent jetés par les Russes sur le Danube, en 1837 et en 1839.

Dans la Marine, on appelle pont le plancher d'un bâtiment, fait en fortes planches de sapin et de chêne. Selon leur grandeur, les bâtiments ont un, tieux et même trois jxints, sans compter le faux pont et les gaillards. On appelle : premier pont, ou franc lillac, celui ()ui est le plus près de l'eau ; second pont, celui qui est au-dessus du premier; troisième pont, le pont le plus élevé, lorsque le vaisseau est à trois jxints; faux pont, un espace ménagé entre deux ponts ou entre un pont et le fond de cale pour établir un plus grand nombre de logements (Voy. FAUX pont) : piont coupé, celui qui n'a que l'accastillage de l'avant et de l'arrière, sans régner de la jiroue à la i>oupe. Pont à bascule, appareil dont on se servait jKiur peser les voitures publiques à l'entrée et la sortie des villes, et s'assurer si leur cliargement n'excédait ps le i)oids <léterminé par les règlements. C'était une sorte de balaucrbascide [Voy. bascule). Ces ponts, établis par la loi du 29 floréal an x, ont été supprimés par celle du 30 mai 1851. Ils sont employés auj., dans les gares de chemins <le fer, pour peser les wagons, et à l'entrée des grandes usines pour les voitures, etc.

Pont de Varole. Voy. puotubéraxce cérébrale. Pont de Wheastone, appareil d'électricité servant à la mesure des résistances.

poxTS ET CHAUSSÉES (coRPS DEs), corps d'iugénieurs spécialement chargés de la direction et de la surveillance de tous les travaux qui se rapportent aux voies de communi-

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