POSITIVISME
fie l'un (Ipsdoiix fluides que l'on a imafîinés pourexplii]ucr le? phénoinoiics éleclriqucs iVoy. klectricité). Dans l'Iivpolliése de Fiaiildin, qui n'admettait qu'un seul fluide électrique, on disait qu'un corps passait à l'état positif quand il recevait du dehors une certaine quantité de fluide, qui s'ajoutait à celle qu'il possédait déjà. Quand, au lieu d'être en excès, le fluide électrique était en défaut, le corps était dit à l'étal négatif. — On distingue de même dans la pile galvanique un pôle positif et un pôle négatif. Voy.
PILE
On a conservé les mots positif (comme synonyme de vitreux, désignant l'électricité qui se produit sur le verre frotté avec la laine) et négatif ^syn.de résineux, désignant l'électricité qui se produit sur la résine frottée) parce que ces mots expriment heureusement ce fait que des quantités égales d'élcctriiilé contraire se neutralisent, de même qu'en algèbre deux quantités égales en valeur absolue, l'une positive, l'autre négative, ont par définition une somme nulle.
En Musique, on appelle positif l'un des claviere de l'orgue (Voy. orgce).
POSITION nÈGLE DE fausse). Voy. Fausse position.
Km Musique, on appelle position, dans le mécanisme des instrumenls à manche (violons, altos, violoncelles, etc.), la i»lace où se |)Ose la main de l'exécutant. A la première position, l'index se j)ose sur le degré immédiatement à l'aigu de la corde à vide. Pour les autres )K)sitions, l'exécutant doit démancher, c.-à-d. déplacer la main gauche et la rapprocher du chevalet. En la faisant successivement avancer d'un degré, il passe de la i'" position à la 2", 3% et ainsi de suite.
POSITIVES (sciences) , désignent les sciences mathématiques, physiques et naturelles, par opposition à Sciences philosophiques, métaphysiques, etc.
POSITIVISME ou philosophie positive, doctrine philosophique, fondée au milieu du xix° siècle par le savant français Auguste Comte, d'après laquelle le seul objet de la science est le positif, c.-à-d. les faits et les lois : les faits sont les phénomènes que nous manifestent les sens; les lois sont les relations que certains faits ont avec d'autres faits qui tes précèdent, les suivent ou les accompagnent. La Philosophie se compose des relations qu'ont entre elles les lois les plus générales dans lesquelles se résume chaque science particulière : elle doit renoncer à la recherche de l'absolu, c.-à-d. des causes et des principes qui expliquent l'origine et la lin des choses, parce que nous ne pouvons connaître que le relatif, c.-à-d. des faits en relations avec d'autres faits; toute existence qu'on se figure au delà des phénomènes sensibles n'a pas de réalité, et la métaphysique qui s'en occupe est une pure chimère. Toutes les s(;iences ainsi sulwrdonnées à la philosophie se ramènent â six : les Mathématiques, l'Astronomie, la Physique, la Chimie, la Biologie et la Sociologie. Toutes doivent être traitées par une même méthode : l'observation des sens, suivie de V expérimentation et aboutissant à la généralisation nommée induction, est l'unique base du raisonnement déductif pour démontrer les vérités scientiliques, à l'exclusion de toute notion a priori et de toute hypothèse. Le monde est l'ensemble des corps, composés eux-mêmes de molécules et de forces qui agissent en elles. Tout se réduit donc aux diverses combinaisons de la matière et aux lois mécaniques qui les régissent. Quant à l'ensemble que constituent ces combinaisons, il se développe suivant la loi du progrès, c.-à-d. de la formation successive et graduelle des existences en allant du simple au comjKJsé, du minéral à la plante, de la plante à l'animal, de l'animal à l'homme. L'étude de l'homme tout entier a|)partient à la Biologie, science de la vie, qui ramène la j)sychologie à la physiologie : la pensée est un phénomène vital, et la vie n'est qu'un ensemble de phénomènes physico-chimiques sans qu'il soit besoin de sup|>oser une torce distincte de la matière : la vie résulte simplement de l'organisation que la matière se donne à elle-même dans les circonstances convenables, et la pensée n'est qu'une forme de la vie, comme la vie est une forme de la matière. Quant aux sciences morales, elles sont toutes contenues dans la Sociologie ou science sociale, qui étudie les conditions dans lesquelles les sociétés se développent : la Morale a pour fondement l'élude des penchants de l'homme, c.-à-o. des P. égoïstes, qui nous font faire les actes nécessaires à notre propre conservation, et des P. altruistes, qui nous portent à être utiles aux
autres; le Droit et la Législation ont pour but l'utililé générale des hommes vivant en société; la civilisation tend à fondre toutes les nations en une société unique qui est l'humanité, et la Religion doit consister dans le cidte de l'humanité; enfin l'Histoire confirme cette théorie en montrant que l'évolution des sociétés humaines se divise en trois cp(K|ues, \'E. théologique, l'E. métaphysique et l'E. scientifique : dans la première, l'homme explique les faits en y voyant le produit d'une action des dieux; dans la seconde, îl y voit le produit de l'action de certaines causes, qui ne sont plus divines, mais qu'il conçoit encore comme des êtres réels (âmes, etc.); dans la troisième, il arrive enfin à ne plus s'occuper que de la constatation des phénomènes et de l'établissement de leurs relations. Telle est la doctrine exposée par Aug. Comte dans son Cours de philosophie positive (1850-42) : elle a été surtout professée par des physiologistes et des médecins quî~ réduisent la vie à un pur mécanisme, comme MM. Leblais, Robin, etc. Cette doctrine soulève plusieurs objections : 1° le positivisme n'a |)as le droit d'invwjuer en sa faveur l'autorité des sciences positives ou physiques. Celles-ci ont pour unique objet d'étudier les phénomènes sensibles et leurs lois au moyen de la méthode expérimentale ( Voy. ExpÉniMEXTALE [méthode], déter.mimsme) : elles n'interdisent donc jjoint à l'esprit l'étude des phénomènes de conscience ni les spéculations de la raison. Au contraire, le positivisme, dépassant les limites et la compétence de ces sciences, formule un dogmatisme rigoureusement négatif à l'égard de la métaphysique : en niant a priori la réalité des faits psychologiques parce qu'ils ne tombent jmis sous les sens, il viole les règles de la méthode expérimentale; en refusant de se prononcer sur l'existence de l'âme et celle de Dieu, il se montre favorable aux doctrines matérialistes, quoiqu'il prétende tenir la balance égale entre elles et le spiritualisme; 2° la sociologie détruit la liberté en cherchant dans l'histoire un développement nécessaire qui amène une organisation nécessaire de la société, et partage ainsi l'erreur des sectes socialistes (Voy. socialisme). Elle ôlc au droit tout caractère obligatoire en le déduisant du fait au lieu de juger le fait d'après le droit. Elle prétend arbitrairement faire leur part aux penchants égoïstes et aux penchants désintéressés sans se baser sur la règle absolue du devoir : sa morale a tous les défauts du système utilitaire et du système sentimental {Voy. INTÉRÊT, sentiment). — Consulter : Auguste Comte, Cou7's de philosophie positive; E. Caro, .V. Littré et le positivisme.
Quelques-uns des principes du j)Osilivisme ont été adoptés en Angleterre par l Ecole de l'association des idées. Son chef, J. Stuart Mill, admet la philosophie des sciences et de l'histoire d'Aug. Comte : mais, dans son écrit intitulé Aug. Comte et le Positivisme (1865), il signale des lacunes et des erreurs capitales dans tout le système : i" tout ce qui est connu de nous dépend de nos movens de connaître : nous devons donc nous en tenir à l'expérience : or Aug. Comte dépasse l'expérience en déclarant impossible toute conception d'une cause première intelligente à laquelle on rapporte l'origine de toutes choses; 2° l'œuvre d'Aug. Comte ne contient aucune règle pour l'induction et la déduction, aucun critérium de certitude : il y manque donc une logique ; 5° c'est une erreur que de rejeter l'observation de la conscience et de remplacer la psychologie par la phrénologie. Quelque opinion que l'on ait d'ailleurs sur la phrénologie, on ne peut établir scientifiquement des relations entre la conformation des diverses parties du cerveau et les opérations de l'esprit sans observer parallèlement les unes et les autres, par conséquent sans analyser les faits psychologiques par un procédé indépendant des conditions physiologiques; 4° on ne saurait reconnaître .4ug. Comte comme fondateur de la science sociale quand on le voit exclure l'économie (wiitique de l'ordre des connaissances positives. Outre les critiques qu'il adresse ainsi à l'ensemble du système, J. Stuart Mill rejette absolument la morale d'Aug. Comte, sa politique autoritaire et sa religion de l'humanité. — Consulter Taine, le Positivisme anglais; Ravaisson. la Philosophie au xix° siècle, ^ viii. — Enfin M. Herbert Spencer, qui a adopté cependant certaines des formules du positivisme, a écrit une étude intitulée : « En quoi je me sépare d'Auguste Comte » (insérée à la suite de la traduction française faite par M. Réthoré de la Classification des Sciences de M. Herbert Spencer).
POSOLOGIE