POULAIN
produisent par leur combustion des résidus solides (sulfure de ptilassium, charbon non brûlé, etc.), qui encrassent les armes : aussi, lorstju'on chercha à fabriquer des fusils de petit calibre à tir rapide (l'oy. fusil';, on était arrêté par I'im|M)ssibililé de tirer un grand nombre de coups avec une arme encrassée ; on avait essayé d'ailleurs, depuis plusieurs années, d'utiliser d'autres poutlres à base de chlorate de potasse, de coton-poudre, etc., dont la déflagration laisse beaucoup moins de résidus et qui ont en outre l'avantage de ne pas produire de fumée, si gênante parfois |»our les tireurs. Les recherches dirigées par M. Vielle, ingénieur des pjudres et salpêtres, amenèrent à la découverte dune jwunre nouvelle, dite sans fumée, dont la composition re!<te secrète et qui satisfait à la condition imposée; on substitua en 1886 cette poudre à l'ancienne, et peu d'années après on fabriqua une conijtosition analogue destinée aux bouches à feu et qui jouit de la même propriété. Toutes les grandes puissances sont airivées depuis à fabriquer des poudres du même genre, mais gardent avec un soin jaloux le secret de leur composition.
La fabrication des jwudres en France est aux mains de l'Etat. re|)résenfé par le service des Poudres et Salpêtres, qui dépend du Ministère de la guerre et dont les ingénieurs sont recrutés à l'Ecole polytechnique ; toutefois l'artillerie, qui autrefois fabriouait elle-même les poudres de guerre, a conservé la |>ouareric du Bouchet (Seine-et-Oise) pour les études qu'elle entreprend. Les autres poudreries sont : le Bipault (Indre-et-Loire,, Saint-Ckamas Douches-du- Rhônei, Angouléme, Esquerdes (Pas-ile-Calais), Saint- Médard (Gironde), Saint-Ponce (.\rdennes), Ponl-de- Buis 'Finistère) avec annexe au Moulin-Blanc, Sevran- Livry (Seine-et-Oise), Toulouse, longes (Cwte-d'Or), qui fabri(|ue la dynamite. Les raffineries dans lesquelles on épure le salpêtre et le soufre sont à Lille, Boiileaux, Marseille. 1^ détention, comme la vente, des poudres de guerre est interdite aux particuliers; celle de la poudre de chasse est soumise à certaines lois et règlements : un particulier ne peut iiosséder plus de 2 kilogr. de poudre de chasse. La vente des poudres de chasse constitue pour l'Etat une source importante de revenus, que grossit encore le produit des impôts perçus sur les poudres étrangères dont l'importation est autorisée.
La découverte et l'usage de la poudre à canon sont beaucoup plus anciens qu'on ne le croit généralement : il est démontré aujourd'hui que les Chinois connaissaient dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, et peut-être bien avant, les effets les plus simples de la jioudre, comme les feux d'artifice, les fusées, etc. Ce sont eux qui apprirent aux Romains l'usage des feux d'artifice, que ceux-ci em-
E lovaient au iv siècle dans leurs représentations théâtrales, 'est aussi des Chinois, dit-on, que Callinicus, architecte d'Iléliopolis, reçut le feu grégeois, qu'il apporta aux Grecs en 673 Voy. feu grégeois). La poudre à canon est mentionnée pour la première fois avec le nom qu'elle a aujourd'hui dans un ouvrage arabe sur les machines de guerre, écrit à l'éixjque de la croisade de St Louis en Afrique. De ce pays elle passa en Espgne, où on la voit figurer en 1257 au siège de Mébla, puis en France (Ijalaille de Crécy, 154t)). R(^er Bacon et .Albert le Grand la connaissaient; mais la préparation en resta secrète. C'est à tort (|u'oii en a attribué rinveiition à un moine allemand du XIV' siècle, nommé Berthold Schwarz.
l'Oi DKE-coTO.\, dite aussi Fulmicoion. Colon-poudre, Pyrojifle, Pyroxylène, substaïKC explosive qu'on obtient par I action de l'acide nitrique sur le colon, le papier, le chanvre et, en général, sur la fibre ligneuse. .\ l'aspect elle se distingue à peine du coton ordinaire, et elle fait explosion, comme la poudre à canon, par le contact d'une étincelle, et même par le seul choc. Les expériences qu'on a faites dans les mines et les carrières pour faire édater les roches ont montré que la force explosive de la |)oud recoton est environ quatre fois plus grande que celle des poudres de mine. Quelques chasseurs ont aussi constaté qu'elle écarte moins les chaînes à petit plomb que la poudre de chasse. Il suffit pour préparer cette poudre de maintenir pendant 20 minutes du coton dans mi mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique " concentrés ; on lave ensuite le produit à grande eau et on le dessèche : cette dernière opération exige beaucoup de précautions quand on opère sur de grandes masses. La poudre-coton renferme du carljone, de l'hydrogène et de l'oxygène, dans les mêmes rapports <iac la fibre ligneuse, mais associés aux clémculs
de l'acide nitrique, auxquels elle doit, comme la poudre à canon, ses propriétés explosives. C'est en général un mélange de plusieurs œmposés nitrés, dont le principal a pour formule C®H^(Az0*)'O*. On a proposé de substituer la poudre-coton à la poudre ordinaire pour les armes à feu et les mines; mais, outre qu'elle est plus chère, elle a l'inconvénient de détériorer les armes si elle n'est pas bien préparée, de les remplir toujours d'humidité, et de produire sur elles des effets brisants. En effet son explosion est si rapide qu'on peut l'allumer sur la poudre ordinaire sans qu elle communique à celle-ci son inflammation. On prépare en .\ngleterre et en Autriche, par des procédés peu connus, du coton-poudre qui parait complètement résister à l'altération et qui même ne fait pas explosion par le choc. On emploie en Chirurgie et en Photographie, sous le nom de collodion (Voy. ce mot), du colon-poudre dissous dans l'éther. Comprimé fortement avec une solution de camphre dans l'alcool, le fulmicoion s'agrège, devient dur et compact et peut être travaillé au tour; c'est le celluloïd, substance blanche qui sert à confectionner des objets d'ornementation et à remplacer l'ivoire ; mais il a l'inconvénient de prendre feu facilement. C'est une substance analogue qui sert à confectionner le linge américain, tissu poli qu'on peut laver au moyen d'une brosse humide. Les Chimistes connaissaient depuis longtemps un grand nombre de substances explosives produites par l'action de l'acide nitrique sur les substances organiques ; mais c'est M. Schoenbein, professeur de chimie à Bàle, qui prépara le premier, en 1846, une semblable suljstance avec le coton.
POUDRE FCI.JII5.\STE. l'oy . FCLMIWTES.
POUORJTTE. poudre extrêmement fine que l'on obtient par la dessiccation des matières fécales, séparées des urines, et qui sert à fumer les terres, auxquelles elle fournit un des meilleurs engrais. Il y a d'importantes fabriques de poudrette près de Paris, notamment à Bondy, à Courbevoie, à St-Denis. à Colomlies. On a trouvé un moyen économique de désinfecter, avec le silicale soluble de soude, les matières fécales et l'urine, et de les convertir immédiatement en un engrais inodore, susceptible de remplacer avantageusement le guano.
POUDRIÈRE, magasin à poudre. — Il ne faut pas confondre la pouilrière avec la poudrerie, qui est une fabrique de poudre.
POUGOUNE, espèce de Civetlc. Voy. paradoxure.
POUGUES ^Nièvre), eau miner. Voy. eaux minérales.
POUILLÉ (du b.-lat. pulegium, corruption de polyptycum, tablette à plusieurs plis^ . On nommait ainsi dalwrd le registre sur lequel on inscrivait les noms des censitaires ou contribuables, avec la note de ce qu'ils avaient \ta\é. Par extension, on a donné ce nom à tout registre public, et spécialement au registre où l'on inscrivait le catalogue des églises et des bénéfices d'un pays, d'un diocèse, etc. On trouve dans la Bibliothèque historique <lu P. Leiong le catalogue de tous les pouiîlés connus. Voy. polvptvqce.
POUILLOT, Phyllopneusta, oiseau de l'ordre des Passereaux dentirostres, famille des Sylviadés, tribu des Becsfins, genre des Roitelets ou Figuiers : sommet de la tête et parties supérieures d'un olivâtre clair, plumes de l'aile et de la queue d'un brun cendré. Cet oiseau, de fort petite taille, vit dans les bois, et se nourrit de moucherons et d'insectes, surtout de chenilles. Il fait son nid à terre avec beaucoup de soin, et pond six œufs blancs, marqués de taches d un rouge pourpré. Vif et remuant, il agile continuellement les ailes et la queue. Son chant doux et agréable lui a fait donner le nom de Chantre.
POULAILLER, lieu où juchent les poules. Le poulailler doit être entretenu avec une propreté particulière. Il ne doit être ni trop froid, ni trop cliaud, ni trop humide : trop froid, les poules n'y pondent pas; trop chaud ou trop humide, il engendre des maladies. L'exposition du levant et celle du midi sont celles qu'il faut préférer. On ménage un jour au nord |)our donner de l'air et rafi-aichir la température inlérieure. L'entrée des poules doit être à i m. 50 au-dessus du sol; une échelle extérieure leur donne le moyen d'y monter. Des juchoirs, formés de traverses de bois, sont disposés dans l'intérieur. Des nids garnis de foin fin sont préparés pour les jjoules qui veulent pondre.
POULAIN ou pouLix [i\\xh.-\i\.. pidlanus, du lat. pullus), nom vulgaire du jeune Cheval jusqu'à 5 ans. — On appelle jMuliche la jeune Jument, et jument poulinière, la Jument en étal de gestation.