‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1298 sur 1729 · POUSSEE · texte numérisé non relu

POUSSEE

la partie supérieure du corps entre la tête et le foie : elle est incolore dans l'animal, mais, exposée à l'air et à la lumière, elle passe par toutes les nuances du vert jxtur se lixer enfin à la couleur propre. La liqueur du M. trimculus donne deux radicaux, une substance azurée, analogue au bleu d'indigo [oxyde cyanique], et une substance d'un rouge ardent [oxyde vurpurique) ; celle du M. brandaris ne renferme qu un railical [oxyde tyrien). Ces résultats sont dus aux travaux du D'Dizio de Venise (1835); ils ont été confirmés depuis par les expériences de M. de Lacaze-Duthiers, et ils s'accordent en outre avec les recberclies des arcbéologues.

Suivant la tradition, la découverte de la pourpre serait due au chien d'un berger phénicien qui, ayant brisé un coquillage, en fit sortir un liquide qui lui teignit la gueule en rouge. Pendant longtemps l'usage de la pourpre fut réservé aux rois et aux princes souverains. Chez les Romains, le droit de la porter n'appartenait qu'aux triomphateurs, et plus tard aux empereurs. C'est pour cela que l'expression prendre la pourpre devint synonyme de se faire proclamer empereur. Dans les temps modernes, la robe do pourpre a été réservée aux plus hauts dignitaires de l'Kglise : aoù l'expression pourpre romaine, pour dire la dignité de cardinal.

POURPRE, Purpura, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, famille des Muricidées : coquille spirale, ovale et épaisse, présentant une ouverture large, pourvue en avant d'une forte écbancrure respiratoire oblique et à peine canaliculée; bord columellaire aplati; labre simple et non épaissi. L'animal a la tête petite, deux tentacules coniques et un pied elliptique assez court. Ces mollusques faisaient partie jadis du genre Buccin : c'est Lamarck qui les en a détachés et qui leur a donné le nom de Pourpres, parce qu'on pensait à tort que la pourpre des anciens en provenait. — Les Pourpres ont des représentants fossiles dans l'étage falunien, ils vivent aujourd'hui dans toutes les mers.

POURPRE. En Médecine, on appelle ainsi tantôt la ^èn^-c pourprée [Voy. ci-après), tantôt un exanthème qui offre sur la peau de petites taches pourprées nettement circonscrites : le mot est alors masculin. — On donne le nom de pourpre blanc à la miliaire.

POURPRE, t. de Blason. C'est un des émaux, le violet.

Pourpre de Cassius, belle couleur de pourpre que l'on emploie dans les arts pour peindre sur la porcelaine et pour colorer le verre, les cristaux et la porcelaine en rose et en pourpre : c'est une laque formée par le bioxyde d'étain gélatineux et l'or très divisé, analogue à celles que forment un grand nombre de matières colorantes avec l'alumine gélatineuse, qu'on obtient en faisant réagir le chlorure d'or sur mie solution de chlorure stanneux.

POURPRÉE (fièvre). Purpura hemorrhagica febrilis, fièvre ainsi nommée parce que le corps est alors parsemé de petites taches sous-cutanées, de couleur pourpre, et qui sont autant de petites hémorragies ( Voy. purpura et fièvre). Le nom de fièvre jiourpréc n'est plus en usage.

Voy. SCORBUT.

POURRIDIÉ, maladie des racines des végétaux ligneux .et particulièrement de la vigne. Le pourridié est dû au développement du mycélium de champignons parasites, du Dematopkora necalrix d'après M. Viala, de ÏAgaricus mclles d'après M. Millardet. Le pourridié se développe surtout par l'immidité; en drainant le sous-sol et en détruisant les premiers foyers d'infection, on peut enrayer le fléau.

POURRITURE [Ad pourrir), état d'un corps en putréfaction. Voy. ce mot.

POURRITURE d'hôpital, gangrène qui survient aux plaies et aux ulcères des blessés par l'encombrement des malades ou par l'insalubrité du local. Elle est probablement d'origine parasitaire. Elle débute ordinairement par la suppression de la suppuration de la plaie, qui se recouvre {l'une couche grisâtre qui peut s'ulcérer (forme ulcéreuse) ou devenir couenncuse et tenace en même temps qu'elle devient très douloureuse (forme pulpeuse). La gangrène se manifeste ensuite : du centre de la surface ulcérée, elle s étend vers les bords : ceux-ci se tuméfient et se renversent : les muscles deviennent grisâtres et gonflés et se putréfient, les vaisseaux s'ulcèrent, d'où des hémorragies redoutables ; en 48 heures, un membre tout entier peut être frappe de gangrène et les malades succombent dans un état dadynamie. Le trailemenl consiste dans l'emploi des toni-

ques à l'intérieur, et des topiques excitants et antiseptiques à l'extérieur ; il faut, en outre, désinfecter soigneusement la salle où règne la. maladie.

Pourriture du foie ou Cachexie aqueuse, maladie non contagieuse des bètes à laine et quelquefois des bêtes à cornes, causée par une affection parasitaire du foie, qui est envahi par des douves [Distoma hepalicum), une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité, et l'humidité des étables ou des pâturages. Elle se reconnaît à la pâleur de la peau, à la bouffissure des yeux, au gonflement du menton et de l'abdomen. Au début, on peut lui opposer les toniques astringents et les vermifuges résineux : branches de genévrier, bourgeons de sapin, feuillards de toute nature, etc.

Pourriture du pied : c'est le Piétin. Voy. ce mot.

Pourriture des soies, maladie du Cochon, ayant un caractère scorbutique.

POURSUITE (de poursuivre). C'est, en Jurisprudence, la mise en action d'un droit : elle comprend tous les act'>s d'exécution (saisie, expropriation, vente, etc.) qui se font en vertu d'un droit contre quelqu'un pour le contraindra à faire une chose à laquelle il est obligé. On appelle spécialement droit de poursuite le droit pour les créanciers d'une succession de poursuivre les héritiers et légataire* univei'sels, sauf le recours de ceux-ci contre jleurs cohéritiers et colégataires. — Le mot poursuite s'emploie en matière criminelle, comme en matière civile. Voy. actiom et procédure.

POURTOUR [de pour et tour), se dit, en Architecture, du circuit, de la circonférence d'un corps, d'un ouvrage. Quand le pourtour d'un édifice est orné d'une colonnade ou d'arcades, il prend le nom de péristyle ou de portique. — Dans une église, le pourtour du chœur est la prolon-

f;ation des nefs latérales lorsqu'elles se rejoignent derrière e chœur.

POURVOI (de pourvoir). C'est, en Jurisprudence, l'action par laquelle on attaque devant une juridiction sin)érieure la décision d'un tribunal inférieur. 11 se dit surtout pour désigner les actions déférées à la cour de cassation. — Le pourvoi en cassation ne peut être fondé que sur la violation ou fausse application de la loi ou des formes, sur y incompétence du juge, ou sur Yexcès du pouvoir. Les jugements des juges de paix ne peuvent être cassés (|ue pour ces deux dernières causes. — Le pourvoi dans l'intérêt de la loi est exercé exclusivement par le procureur général et uniquement pour la conservation des principes, sans que les parties puissent s'en prévaloir ni en soulfrir en aucune manière (C. d'inslr. crim., art. 442). — En matière civile, le délai pour se pourvoir en cassation est ordinairement de 2 mois; en matière criminelle, correctionnelle ou de police, le délai n'est (jue de 3 jours. Le pourvoi civil n'est reçu qu'autant que le demandeur a consigné 150 fr. Cette somme est restituée à celui dont le pourvoi est admis; elle est perdue pour celui qui succombe. Le pourvoi n'est point suspensif de l'exécution des jugements et arrêts en matière civile; il l'est pu matières de police correctionnelle et criminelle.

Pourvoi en grâce. Voy. recours.

POUSSE [de pousser], se dit, en Botanique, du jet qu'un arbre produit dans le cours d'une année, surtout au printemps et au milieu de l'été. On nomme : première pmtsse,. celle qui vient en mars et avril ; seconde pousse, celle qui vient en août.

pousse, maladie du Cheval, caractérisée par une irrégularité, une difficulté de l'acte respiratoire, presque toujours incurable, mais qui laisse néanmoins à 1 animal une certaine aptitude au travail. La loi de 1858 rangeait la pousse parmi les vices rédhibitoires, celle du 2 août 1884 a spécifié davantage en n'indiquant plus que Vemphyscme pulmonaire au lieu de la pousse. Cette affection a pour causes toutes les maladies chroniques des voies aériennes, l'emphysème pulmonaire, l'indul-alion des poumons, les maladies du cœur, l'hypertrophie du fuie, etc. — On a recommandé contre la pousse l'emploi de l'acide arsénieux.

POUSSE. Voy. VINS (maladies des).

POUSSÉE [de pousser). En Architecture, poussée se dit de l'effort que font les terres d'un quai, aune terrasse, les claveaux d'un arc, les pierres d'une voùte, etc., qui poussent obliquement les corps environnants : c'est un effet de la pesanteur. On y résiste au moyen d'éperons, de contreforts, d'arcs-boutants [Voy. aussi culée). On a donné le nom de principe des poussées obliques, par opposi-

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