‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1300 sur 1729 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

PRÉCHANTRE (du lat. prxcanlor), nom donné dans certaines églises cathédrales ou collégiales au premier chantre. Voy. <.ii\>tre.

PRÊCHE (de prêcher, du lat. prsedicare] , se dit d'un sermon prononré dans un temple de l'Eglise protestante, et, par extension, du lieu où s'assemblent les Protestsmls pour rexeroice de leur culte Pendant nos guerres de religion, le traité d'Amboise (19 mars 1565) assura aux nobles protestants le droit de prêche dans toute l'étendue de leurs seigneuries. Les bourgeois purent avoir un prêche dans une ville par chaque bailliage. Les prêches furent détruits après \èSb. Voy. prédication.

PRÊCHEURS frères;. Voy. le Dict. dHist. etdeGéogr.

PRÉCIEUSE du lat. pretiosa), femme qui est affectée dans ses manières et surtout dans son langage. Ce mot. qui se prend aujourd'hui eu mauvaise part, était entendu tout autrement dans la première moitié du xvu" siècle : on le donnait alors à des femmes d'un mérite réel, qui recherchaient dans leur langage, conune dans leur style, la pureté et l'élégance : il s'appliquait surtout aux personnes qui fréquentaient VHôtel de Hambouillet [ Voy. ce mot au I}ict. d'Hist. et de Héogr.). Cette recherche ayant dégénéré en alfectatiou ridicule de purisme, Molière s'en moqua dans ses Précieuses ridicules (1659) et dans ses Femmes êavanles (1672,, et le titre de précieuse devint dès lors un objet de raillerie. — Yov. Rœderer, Histoire de la société polie en France (1835), et Livel, Précieux et précieuses |1859'.

PRÉCIPITATION. PRÉCIPITÉ (du lat. prxcipilare). En Chimie, la précipitation est le phénomène cliimique qui se prtxluit quand une substance dissoute dans un véhicule s'en sé'pare et tombe au fond du vase sous l'influence de l'addition d'un autre composé : le dé|»ot qui se forme alors en poudre, en flocons, en cristaux, etc., prend le nom de précipité. On lioinme précipitant le réactif qui donne naissance au précipité. — On a spécialement appelé : Précipité blanc, le protochlorure de mercure, obtenu par précipitation; P. jaune, le sulfate de mercure; P. rouge ou P. per se, l'oxyde de mercure.

PRÉCIPUT (du lat. praeciputtm], se dit, en Droit, de l'action de prélever une certaine portion sur un tout. 11 peut y avoir préciput stipulé joit par contrat de mariage, soit dans des dispositions testamentaires : ainsi, le survivant des époux peut, en vertu d'une clause fréquemment usitée, prélever par préciput et hors part une certaine parlie des biens de la communauté, avant qu'elle soit partagée (C. civ.. art. 1515-20 . Le préciput accordé à 1 un des héritiers d'un défunt consiste dans le droit jKJur lui de prélever sur la succession une certaine somme d'argent ou certain objet sans préjudice de ses droits au partage du reste. Ce préciput ne peut excéder la portion disponible; il peut être retenu même par l'hérilicr qui renonce à la succession (art. 9191.

On donne aussi le nom de préciput à un traitement supplémentaire qu'on accorde à certains fonctionnaires, p. ex. aux doyens des Facultés.

PRÉCIS. Voy. ADRÉGÉ.

PRÉCISION, qualité du style. Voy. style.

PRÉCONISATION Ad préconiser, du lat. prseconisare, publier par la voix d'un héraut), acte par lequel un cardinal, et quelquefois le pape lui-même, déclare en plein consistoire que tel sujet, choisi pour un évèché par son souverain, et don,! la nomination est soumise à l'agrément du pape, a toutes les qualités requises. A la suite de cette di'flaralion, le pape décerne les nulles d'institution canonique.

PRÉCORDIAL (du lat. prsecordia, diaphragme], se dit de tout ce qui a rapport à l'epigaslre et à la région voisine du cœur située au devant de cet organe {région précordiale).

PRÉDÉCÊS !du préfixe pré, avant, et de décès], terme de Jurisprudence, mort de quelqu'un avant celle d'un autre. Voy. succession.

PRÉDESTINATION (du lat. prxdestinatio). Dans le tangage Ihéologique, c'est un décret de Dieu par lequel, suivîiiit l'opinion de certains docteurs, il a de toute éternité résolu de sauver un certain nombre de créatures raisoimables et de leur donner la béatitude éternelle, ainsi

3ue les moyens nécessaires pour y parvenir. Il n'est pas e matière qui ait été autant controversée que la prédestination. Les Thomistes, prétendant s'appuyer de l'autorité de St Augustin, tiennent pour la P. absolue et antécédente, c.-à-d. lui n'est pas subordomiée à la préWsion des

mérites de l'âme prédestinée, mais purement gratuite ; les Molinistes ou Congruistes sont pour la P. conditionnelle et conséquente, c.-à-d. subordonnée à la prévision de Dieu sur le mérite de telle ou telle âme. Luther, Calvin, Baïus, Jansénius exagérèrent la doctrine de la prédestination et en arrivèrent à nier le libre-arbitre. Voy. grâce.

Prédestination se dit aussi d'un arrangement immuable d'événenwals, que l'on suppose devoir arriver nécessairement : ce genre de prédestination se confond avec le fatalisme. Voy. ce mot.

PRÉDÉTERMINATION ou prémotio!» pmsiQBE. C'est, suivant la croyance des Thomistes, une action de Dieu qui prévient et meut la volonté humaine, l'affectant intérieurement et la déterminant à agir, sans que pour cela la liberté de la créature soit contrainte. C'est un des movens qu'on a proposés pour concilier la grâce et la lil)erté.

PRÉDICABLE, prédicat (du lat. prœdicabile, prsedicatum, de prsedicare, attribuer). Dans ses Topiques, Aristote, considérant les idées générales qui sont les matières de toute proposition, les classe ainsi : genre, espèce, différence, propre, accident. Porphyre a expliqué ces cinq divisions dans son Introduction aux catégories d' Aristote, et les Scolastiques leur ont donné les noms latins de prédicables et de prédicats. On les appelle encore les cinq universaux {yoy. ces mots). — Voy.

aussi ATTRIDCT.

PRÉDICAIMENT 'du lat. prsdicamentum. de j)raedicare', terme par lequel les Scolastiques désignaient le* dix catégories d'Aristote. Ce terme s'emploie encore auj., en Logique formelle, comme syn. d'attribut. Voy. catégorie, ATTRIBUT.

PRÉDICAT. Voy. prédicable.

PRÉDICATION (du hl. praedicatio], iclion de prêcher, c.-à-il. d'annoncer en chaire la parole de Dieu et les vérités de la religion. Jésus-Christ confia le ministère de la prédication à ses apôtres en h:ur disant : « Allez par tout le monde prêcher l'Evangile à toutes les créatures ». Les apôtres le transmirent aux évêques qui, dans le principe, en furent exclusivement chaînés; plus tard, ceux-ci déléguèrent ce soin à de simples prêtres ou à des clercs instruits et habiles dans l'art de la parole. Le droit d'autoriser les prédicateurs n'appartient qu'aux évêques dans leui^s diocèses; les curés 1 exercent dans leur paroisse.

Voy. SERMON, HOMÉLIE et ORATEURS SACRÉS.

Quoique tout prêtre puisse se livrer à la prédication, certains ordres se sont particulièrement consacrés à cet exercice : les Dominicains eurent d'aijord ce privilège, d'où le titre de Frères jjréchetirs ; depuis, ce droit fui étendu aux Franciscains et aux Carmes.

Consulter : St Augustin, De doctnna christiana; Fénelon. Dialogues sur l'éloquence de la chaire: l'abbé Maury, Essai sur l'éloquence de la chaire; l'abbé llamon. Traité de la prédication à l'usage des séminaires (1854 : — J.-R. Joly, Histoire de la prédication J766) ; lloudry. Bibliothèque des prédicateurs {il2!i); d'Assance, Nouvelle Bibliothèque des prédicateurs (lo37; ; l'abbé Migne, Collection intégrale des orateurs sacj-és. — Il a paru de 1837 à 1841 un Dictionnaire des prédicateurs.

PRÉDICATIVE racine). Voy. racine.

PRÉEMPTION .du lat. prse, avant, de préférence, et emptio, achat,. On appelle d7-oit de préemption le droit

3u'a, dans certains cas, l'administration de la Douane acheter une marchandise sur-le-champ, au prix déclaré par le propriétaire, lorsque celui-ci est soupçonné de vouloir la faire passer frauduleusement en lui attribuant une valeur trop faible. Quand la Douane exerce ce droit, elle paye en outre un dixième en sus de la valeur déclarée.

PRÉEXISTENCE. Voy. métempsycose.

PRÉFACE (du lat. prxfatio), discours préliminaire qu'un auteur place en tête d'un livre, soit pour expliquer le plan et la contexture de son ouvrage, soil p<iur prévenir favorablement le lecteur. On dit aussi prologue, préambule, avant-propos. Le premier a vieilli et ne s'emploie plus guère qu'au théâtre ( Voy. prologue) ; le second se dit surtout de la partie préliminaire d'un pn>jet de loi, d'une ordoiuiance ou d'un règlement, dans laquelle le législateur expose l'objet qu'il a en vue et son utilité. Quant au mot avant-propos, il fut, selon Pasquier, employé pour la première fois au ivi" siècle par Lecharrond, qui appela ainsi le prologue mis en tête de ses Dialogues ; il ne diffère en rien de la préface, mais il est généralement moins étendu. Le Discours sur l'Histoire uni"

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