PRÉLAT
de la pierre précrdaiil celui dos môtaux ; partoul — sauf en Afrique, où les armes de fer succèdent direcloinent à celles de pierre — le cuivre cl le hninze ont servi, avant le fer, à la fabrication des armes et des outils. Les instruments en silex éclate que l'on découvre dans les alluvions anciennes de la Somme et de la Seine se retrouvent, accompagnés de la même faune, dans les alluvions de la Tamise, du Manzanarès, des lleuves de l'Inde. Partout l'homme s'est réfugié dans les cavernes avant de songer à se construire des habitations; en Suisse et en Autriche, comme dans la Nouvelle-Guinée, il a établi ou établit encore sa résidence dans des stations sur pilotis au lx)rd des lacs. Dans toute l'étendue de l'Europe et de l'Asie, la composition des bronzes d'époque très ancienne est à peu près identique, mais l'on ignore encore si l'étain des premiers métallurgistes provenait de la Grande-Bretagne, de l'Asie centrale ou de rinsuliude. Enfin, les rites funéraires que fait connaître l'élude des vieilles nécropoles présentent des analogies surprenantes : les dolmens se retrouvent aux Iles Britanniques, en France, en Espagne, en Hollande, dans l'Allemagne du Nord, dans l'Afrique du Nord, à Madagascar, en Syrie, dans le Caucase, dans l'Inde, au Japtin. L'explication de ces analogies est embarrassante : on supjwse parfois l'existence d'un foyer unique, d'où lacivilisation primitive aurait rayonné ; parfois on préfère attribuer les similitudes que l'on constate dans l'industrie et les usages à l'uniformité de l'esprit humain, qui répond par les mémos inventions aux mêmes besoins. Il est lx)n d'observer que plus on avance dans la préhistoire, plus les ressemblances diminuent et plus les différences locales s'accusent : les armes de fer des différents peuples présentent des types beaucoup plus varicîs que leurs armes de pierre.
Pour nous en tenir à la France, voici ce que nous savons de plus certain sur la préhistoire de ce pays. L'homme fait son apparition à l'époque quaternaire, enlrj la période de la plus grande extension des glaciers et celle de leur dernier retour oHensif. Il se trouve au milieu d'une faune caractérisée par un mélange d'animaux qui vivent aujourd'hui dans les pays chauds, comme l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, et d'autres qui n'habitent plus (jue (les régions froides, comme le Ijœuf musqué et le renne. Les outils en silex, qu'il taille à grands éclats, témoignent déjà d'une habileté de main singulière et d'un effort vers l'élégance de la forme. L'homme était surtout chasseur et pêcheur : il ignorait complètement l'agriculture. Lors de rétablissement du froid sec qui marque le recul des glaciers, il chercha un abri dans les cavernes naturelles ; là se développa une civilisation dont on a surtout recueilli les restes dans le Périgord et dans la région des Pvrénées. A côté du silex, on travaillait surtout l'ivoire et le bois de renne, (|u'on ornait de figures incisées ou ménagées en relief. Quelques-unes des œuvres de ces troglodytes surprennent par l'exactitude du dessin et la précision sévère de l'exécution; le 7'eniie broutant, gravure découverte à Thayngen près de Schairiiouse, est un des plus beaux spécimens connus de cet art préhistorique. A la fin de l'époque quaternaire, le climat de la Gaule et le régime des eaux tendirent de plus eu plus à se rapprocher de ce qu'ils sont à l'époque actuelle. L'hippo|)otame et le rhinocéros disparurent les premiers, puis ce fut le tour du mammouth et du renne. Cependant le mammouth existait encore à l'époque dite des cavernes, puisqu'on a découvert dans le Périgord des défenses gravées et sculptées de cet animal.
La disparition de la civilisation du renne paraît avoir été brusque, causée par un changement subit de la température. Mais la civdisalion néolithique, avec les animaux domestiques et les céréales qui la caractérisent, ne s'introduisit que gi-aduellement en Gaule. D'où venait-elle? Nous ne savons encore rien de précis à cet égard, et l'origine orientale de la civilisation celtique n'est qu'une hypothèse. Nous ne savons pas non plus si les constructeurs de dolmens, si les habitants des stations lacustres doivent être considérés comme des Celtes; rien ne prouve, du reste, qu'ils parlassent la même langue et qu'ils crussent appartenir à la même race. Ce qui est certain, c'est que la Gaule connut alors une civilisation développée, dont témoignent surtout les dolmens. L'érection de çareds monuments, qui demandaient un travail collectif énorme, ne se conçoit que dans une société soumise à la suprématie d'une caste religieuse, où le gi-and prêtre et le pand chef ne faisaient qu'un. Rien, dans la construction ou la décoration des dolmens, n'atteste rintervenlion d'outils en
métal. Les premières armes de cuivre et de bronze ne commencèrent à circuler en Gaule que lorsque l'épotiue des dolmens touchait à sa fin. Elles étaient peut-être apportées par des marchands ambulants qui formaient des corporations tenant secrets leure procédés de fabrication. Dans les dolmens, le rite de l'inhumation domine : à l'époque des armes de bronze, on trouve surtout celui de rincinéralion. Il ne paraît pas que l'âge du bronze, si développé en Scandinavie, ait dure longtemps en Gaule : les armes de fer, du même modèle que les armes de bronze, mais plus grandes, font bientôt leur apparition dans de grands tumulus ou tertres funéraires, que l'on trouve surtout dans la région de l'est et dont le mobilier appartient à l'époque Itallstattienne (800 à 500 av. J-C.). La monnaie et l'écriture étaient encore ignorées ; il n'y avait pas d'autres œuvres d'art que celles qu'apportait le commerce ou oue les tribus guerrières allaient coixjuérir en Italie. C est ré|K)que de la plus grande extension des Celtes, qui dominent également sur le Rhin et sur le Danube. A côté de cette civilisation que l'on peut appeler danubienne, les fouilles permettent de suivre les traces d'un autre courant, nue l'on peut appeler l>elge, et qui a laissé des traces nombreuses dans les nécropoles de l'ancien Belgium. C'est le marnien ou civilisation de la Tène, caractérisé par des épées en fer d'une forme particulière, des fibules en fer ou en bronze, l'inhumai ion substituée à l'incinération. Il est probable que, dans les quatre derniers siècles avant Jules César, des populations semigermaniques, venues du nord-est, ont dominé j sur toute la Gaule. Leurs relations ethniques avec les constructeurs des tumulus de l'Est, comme avec les jiorteurs des armes de bronze cl les constructeurs des dolmens, sont des problèmes que l'on ne peut encore résoudre et qui, du reste, sont plutôt du domaine de l'histoire proprement dite et de la toponymie, science qui cherche à définir les groupements de peuples par l'analyse des noms géographiques qu'ils ont laissés.
4. MusÉKs ET BIBLIOGRAPHIE. — Lc musée de Saint-Germain-en-Laye, organisé depuis 1867 par M. A. Bertrand, est la plus riche collection d'objets préhistoriques en France. Il eu existe d'autres à Mayence, à Vienne, à Berlin, à Copenhague, à Stockholm, à Moscou, à l'Ermitage de St-Pélersbourg, etc. Les ouvrages principaux sur les sciences préhistoriques sont ceux de MM. Bertrand, Cartailhac, Evans, Lubijock, de Mortillet, de Nadaillac, elc ; on en trouvera une liste considérable, classée par épo(|ues, à la fin du livre suivant, qui peut servir de manuel : S. Reinach, Catalogue du musée de Saint-Gennain, 2* édition, Paris, 1891.
PREHNITE, minéral qui fait partie du gr. des zéolites [2CaO.AI*0''.5SiO-.H*0]. Les cristaux sont orthorhombiqucs ; on la trouve cristallisée, ou eu masses fibreuses, à faces courlx's, et en rognons; elle est j)arfois limpide, le plus souvent verdàtre. Bien plus dure que les autres zéolites, elle raye le verre. La variété en cristaux nets s'appelle kaspholite. La prehnite vient en général des terrains primitifs. Prehn l'a découverte au cap de Bonne-Espérance; ou l'a retrouvée depuis sur beaucoup de points : Oisans, Tyrol, Ecosse, etc.
PRÉJUDICE (du lat. prsejiidicium) . Voy. dommagesintérêts, OBLIGATION, RESPONSABILITÉ.
PRÉJUDICIEL. En Droit, ce mot signifie ce qui doit être jugé préalablement. Une question préjudicielle doit être résolue avant le jugement d'un procès ; une exception préjudicielle fait renvoyer le jugement jusqu'à la solution d'une question de même nature. Ainsi, devant une cour d'assises où un individu est traduit pour parricide, peut se présenter la question préjudicielle de savoir s'il est réellement le fils de la victime. — Consulter Berlauld, Traité des questions et exceptions préjudicielles (Paris, 1856).
PRÉLART (orig. inconn.), grosse toile goudronnée, avec laquelle on couvre les objets dans les ports pour les mellie à l'abri.
PRÉLAT (du lat. prxlatits, placé au-dessus). Dans l'Eglise catholique, on nomme prélats tous les dignitaires ecclésiastiques possédant une juridiction : tels sont le pape, les cardinaux, archevêques et évoques, les patriarches, les légats, les chefs d'ordres religieux, abbés ou prieurs. On étend même ce nom à ceux qui par leur charge apiiroclicnt de la personne du pape, et ont le droit de porter le violet.
Chez les Protestants, le litre de prélat na été conservé qu'en Angleterre, en Suède cl en Danemark.
PRÉLATTON