‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1303 sur 1729 · PRÉPOSITION · texte numérisé non relu

PRÉPOSITION

PRÉLATION (du lat. pnelalio, préférence), droit de préférence. On nommait ainsi en France, sous rancicii régime, un droit qu'avait le roi, en plusieurs endroits du royaume, de retirer une terre seigneuriale en remlx)ursant l'acquéreur, pourvu qu'il n'eût pas fait foi et hommage. — En fait de bail emphytéotique, c'était le droit qu'avait le bailleur d'être préféré à tout autre dans l'acquisition des consti'uctions et améliorations que le preneur voulait aliéner. — On nommait encore ainsi le droit établi pour les enfants d'avoir par préférence les charges que leurs pères avaient possécit-es.

PRÈLE (p. asprelle, de l'ital. asparello, rude), Equtsetum, vuïg. Queue de cheval, Asperelle, Aspréle, genre type de la famille des Equisétacées, se compose des plantes herbacées à tiges rondes, cannelées et rugueuses, dont les rameaux effilés offrent quelque analogie avec les crins d'une queue de cheval. Les fructifications, en forme de cônes obtus, sont composées de plusieurs verticilles de pièces distinctes qui ressemblent à de petits boucliers et sous lesquelles on trouve une dizaine de sporanges contenant des spores entourées d'élatères spiralées qui s'étalent par la aessiccalion. Les Prèles se plaisent dans les lieux humides, marécageux et tourbeux; elles varient en hauteur, depuis quelques centimètres jusqu'à 2 et 3 m. Les principales espèces sont : la Prèle des chavips [E. arvense), qui étoutle les plantes cultivées: la P. des fleuves {E. fluvialile] ; la P. des marais (E. palustre) ; la P. des buis (E. sylvnticuiii . En Italie, on mange en guise d'asperges les jeimes pousses de la Prèle des fleuves. Les menuisiers et les orfèvres emploient les tiges de la Prèle d'hiver, pour polir les bois et les métaux ; les doreurs s'en servent aussi pour adoucir le blanc qui sert de couche à l'or. — On trouve dans les tourbières et les terrains secondaires beaucoup de Prèles fossiles, plus grandes que les espèces actuelles.

Pri-le, nom vulgaire de l'oiseau appelé Proyer.

PRÉLEGS (du préfixe pré et de legs), synonyme de legs par préciput. Voy. précipct.

PRÉLÈVEMENT (de prélever). C'est, dans le partage d'une succession, ce que prennent de plus que leur part les cohéritiers de celui qui fait un rapport en moins prenant (C. civ., art. 850). Voy. Georges Legrand, Théorie du droit de prélèvement. Voy. rapport.

PRÉLIMINAIRE (du préfixe pré et de liminaire). Dans le Droit des gens, c'est un traité provisoire conclu par un général d'armée sous la condition de la ratification du pouvoir souverain. On connaît en ce genre les préliminaires de Léoben ;29 avril ITîtT), qui précédèrent la paix de Campo-Formio. — En Droit civil, il y a le préliminaire de conciliation. Voy. conciliation.

PRÉLUDE (du lat. prœ, avant, et ludere, jouer;. En Musique, ce mot désigne souvent une sorte d'introduction, généralement peu développée, à un morceau principal et dans le même ton que lui ; parfois aussi de courtes pièces ajant le caractère d'improvisations. On appelle aussi prélude [Vorspiel en allemand) une introduction symphonique à une œuvre dramatique ou de concert ou à une partie de cette œuvre. Enfm, prélude se dit aussi des accords ou traits de fantaisie qu un exécutant esquisse avant de commencer à jouer.

PRÉMÉDITATION (du ht. prsemeditatio). En Droit criminel, la préméditation, ou dessein réfléchi d'exécuter un crime, est mie circonstance très aggravante, dont la preuve entraîne une augmentation de peine (C. pén., art. 297). Le meurtre avec préméditation est qualifié d'assassinat (art. 296.

PRÉMICES (du lat. primitiœ), les premiers fruits de la nature, les premiers produits de la terre ou du bétail. On voit dans l'Ecriture Abel offrir à liieu les prémices de ses troupeaux. Les IsraéUtes lui ofTraient. au nom de toute la nation, une gerbe d'orge cueillie le soir du 15 du mois de nisan, avant la récolte générale, et battue dans le parvis du temple. Par la loi de 3Ioïse, les prémices qu'on offrait à Dieu appartenaient à la tribu iie Lévi. — Chez les Païens, les peuples les plus lointains, les Hyperboréens, envoyaient à Délos, pour y être offertes à Apollon, les prémices de leurs moissons. Les Romains ofl'raient les leurs aux dieux lares et aux prêtres.

PREMIER nombre), en Arithmétique, tout nombre qui n'est divisible que par lui-même et par l'unité.

PRÉMISSES (en lat. prsemissse). On nomme ainsi, en Logique, les deux premières propositions d'un syllogisme,

jiarce qu'elles sont comme envoyées en avant pour préparer la troisième, qui en est la conséquence. Voy. syllogisme. PRENNE. Premna, genre de la famille des Yerbénacées, tribu des Viticées, renferme des arbrisseaux à feuilles opposées, dentées en scie dans les jeunes plantes, très entières dans les adultes ; à fleurs petites, blanchâtres, en cymes terminales : le fruit est un drupe pisiforme, à un seul noyau ouadriloculaire. Les Premnes croissent dans l'Asie tropicale et l'Australie. On en connaît une dizaine d'espèces : les feuilles de la Premne à feuilles entières (P. integrifolia) exhalent une odeur désagréable, mais , elles ont, dit-on, la propriété de dissiper les maux de tête : d'où le nom A' Arbre à la migraine qu'on lui a donné.

PRÉMONITOIRE (du préf. pc, avant, et damonitoire], qui avertit d'avance. Les médecins appellent diarrhée prémonitoire celle qui précède le choléra et qu'il convient, en temps d'épidémie, de traiter sérieusement aussitôt qu'elle paraît.

PRÉMONTRÉS. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr. PRÉMOTION. Voy. prédltermisatiox.

PRÉNANTHE (du er. TpT,vT)î, penché, et â'/Goî, fleur), ! Prenanthes, plante de la famille des Composées, tribu des Chicoracées, dont la plupart des espèces sont indigènes d'Europe : feuilles grandes, lyrécs, glauques en dessous, ] d'un vert foncé en dessus ; tige terminée par une paniculc i très ample, composée de petits capitules penchés d'un jaune I pâle. On trouve, dans les montagnes subalpines, le P. pourpré, espèce gracieuse par la finesse de ses pédoncules et ses petits capitules purpurins. Le P. blanc, de l'Amérique septentrionale, est une plante d'ornement, à feuilles cordiformes, sinueuses, à fleurs blanches, légèrement lavées j de rose.

J PRENEUR (de prendre). Ce mot, en termes de Pratique, s'emploie par opposition à bailleur : le preneur est celui 1 qui prend à loyer ou à ferme une chose, une maison, une terre, etc.

j PRÉNOM du lat. prsenonien], nom oue l'on met d'ori dinaire avant le nom de la famille, afin ae distinguer celui ' qui le porte. Chez les Romains, l'enfant recevait son prénom le '> jour de la naissance. Les prénoms les plus usités étaient Autus, Gains, Gneius, Lucius, Marcus, Manius, I Publius, Quintus et Titus, qiii s'écrivaient abréviative- ; ment par les initiales A., C, Cn., L., M., M"., P., Q., T., et ensuite ceux de Decimus, Servius, Sextus, Spurius et Tiberius, que l'on écrivait I). ou Dec, Serv., Sext., Sp. et Tib. — Liiez les Chrétiens, depuis le xi« siècle environ, les prénoms sont le plus souvent empruntés aux saints du ' calendrier, et ils se confondent avec les noms de baptême. Sous la République française on les tirait du calendrier républicain, qui ne contenait que des noms de plantes, de légumes, d'instruments aratoires. Depuis 1802 il n'est permis d'employer dans les actes de naissance que les noms en usage dans les différents calendriers ou ceux des personnages connus de l'histoire ancienne. Il est interdit aux officiers de l'état civil d'en admettre aucun autre dans leurs actes Loi du 11 germinal an xi). PRÉOLIER. Voy. maraîcher.

PRÉOPERCULE (du préf. pré, devant, et d'opercule).

j On nomme ainsi, chez les Poissons, une pièce osseuse par

: le moyen de laquelle l'opercule, c.-à-d. la plaque qui pro-

I tège lès ouïes, s'articule avec le crâne. L'opercule se meut

sur le préopercule comme une porte sur son montant.

PRÉPARATE (veise), du lat. vena prwparata, veine qui se présente en avant, synonyme de veine frontale.

Voy. FRONTAL.

PRÉPARATION. Préparation d'une dissonance. La préparation d'une dissonance consiste, en Harmonie, à faire en sorte (jue toute dissonance soit ou la prolongation, ou la répétition d'une même note déjà entendue comme partie ; intégrante de l'accord précédent. Font seuls exception à ; cette règle les accords ayant la dominante comme fondamentale dans les deux modes. ! PRÉPOSITION (du lat. prsepositio), partie invariable du discours qui se place entre deux mots pour exprimer le rapport qu'ils ont entre eux; exemple : les rayons du soleil; je vais à Rome, etc. Les deux mots réunis par la préposition sont appelés les termes du rapport ; les prépositions précèdent le plus souvent le second terme ou complément de la préposition : d'où leur nom. — Les I Grammairiens divisent les prépositions, d'après la rature I du rapport exprimé, en prépositions : de lieu, comme à, I auprès, autour, chez, jusque, près, par, proche, vers.

PRÉPOSTÈRE

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