PRÉSURE
Charte de 4850. Depuis il a été rendu de nombreuses lois qui ont ou prinripalement pour objet la presse politique et les journaux, tantôt étendant, tantôt restreigrnant leur lil>erlé. Telles sont : la loi du 17 mai 1819, sur la répression des crimes et délits commis par la voie de la presse: la loi du 26 mai 1819, relative à la poursuite de ces crimes et délits; la loi du 10 juin 1819, relative à la publication des journaux, auxquels elle impose l'obligation d'un éditeur responsable; la loi du 25 mars 182'2, qui édiclait de nouvelles mesures de répression; la loi du 18 juillet 1828, qui fixait les conditions de la publication libre des journaux : la loi du 8 octobre 1830, appliquant I le jury aux délits de la presse ; la loi du 9 septembre 1855, sur les crimes, délits et contraventions de la presse; le décret du 6 mars 1848, abrogeant la loi précédente; les lois du 27 juillet 1849 et du 16 juillet 1850, contre les excès de la presse (cette dernière prescrit de signer les articles); le décret du 17 février 1852, qui, en soumettant les journaux à l'autorisation, fixait le tarif des cautionnements, les rendait justiciables de la police correctionnelle, permettait de les suspendre après deux avertissements, et de les sui)primer après deux condamnations; la loi du 11 mai 1868, qui a supprimé l'autorisation préalable et les avertissements, mais en conservant toutefois le cautionnement» et le timbre : elle a substitué à l'action préventive de l'administration la répression par les tribunaux, rétabli l'emprisonnement pour délits de presse, permis d'ordonner l'exécution provisoire nonobstant appel, et puni d'une amende de 500 ir., sur la plainte de la partie mtéressée, toute publication, dans un écrit périodique, d'un fait relatif à la vie privée. Aujourd'bui la presse périodique est régie par la loi du 29 juill. 1881. Tout journal ou écrit périodique peut être publié sans autorisation préalable et sans cautionnement, sous la seule condition d'avoir un gérant responsable et d'en avoir fait la déclaration au parquet du procureur de la République. L'impôt du timbre se trouve implicitement abrogé par cette loi. Lccolportagc et la distribution des journaux sur la voie publique sont également libres. — Consulter les Codes de la presse de MM. Fabregiiette, Barbier, V. Jeanvrot, etc.
Pour l'histoire de la presse et du journalisme, voy. l'art. JOURNAL, en y ajoutant : Pcignot, Essai historique sur la liberté d'écrire c/iez les anciens et au moyen âge, et sur la liberté de la presse depuis le xv° siècle (Paris, 1832) ; Leber, De l'état de la j^resse et des pamphlets depuis François I" jusqu'à Louis XVI (1834); Cucheval- Clarigny, Histoire de la presse périodique en Angleterre et aux Etats-Unis (185'/).
Presse des matelots, enrôlement forcé de matelots en Angleterre. En certaines circonstances, on enlève de vive force des honmies de toute profession pour les faire servir comme matelots sur les bâtiments de guerre : c'est de préférence sur les matelots marchands ou pécheurs que s'exerce cet acte de violence. La presse des matelots a été autorisée en Angleterre par un acte du parlement de 1779, pour les cas où les enrôlements volontaires seraient insuffisants. — En France, l'institution de \' inscription maritime [Voy. ce mot) dispense le Gouvernement d'avoir recours à ce moyen odieux.
PRESSION (du lat. prcssio). Dans le langage ordinaire, le mot pression veut dire simplement l'action de presser ; il est à peu près syn. de force. En Physique, on l'emploie dans un sens déterminé ; quand on dit "qu'un lluide, liquide ou gaz, exerce une pression constante sur une paroi, cela veut dire que chaque unité de surface est soumise à une force qui servira de mesure à la pression ; une surface donnée est alors soumise à une force ayant pour valeur le produit de la pression par la surface. Par ex., avec une pression de 1 kilog. par cent, carré, une surface de 20 cent, carrés subira une poussée de 20 kilog. ; on ne doit pas dire une pression de 20 kilog. La mesure d'une pression proprement dite comprend la valeur de la force et l'unité de surface choisie, ou encore la hauteur et la nature de la colonne liquide qui peut la produire; ainsi la pression ^^"josphérique moyenne est 1033 gr. par cent, carré, ou 760 millim. de mercure. Quand sur une paroi plane les lorces exercées sur des éléments égaux ne sont pas égales, on w\mllii pression moyenne le quotient de la force totale par la surface, c.-à-d. la force moyenne exercée sur l'unité de surtace; la limite de cette pression moyenne, quand la surlace décrite autour d'un point décroît de plus en plus, est lai pression au point considéré.
PRESSI ROSTRES (du lat. pressus, serré, comprimé, et rostrinn, bec), groupe d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers, caractérisés par un bec médiocre, mais assez fort pour percer la terre et y chercher des vers. Les Pressirostres, parmi lesquels on range les genres Vanneau, Pluvier, Outarde, Huitrier, Coure-vile et Cariama, forment une section du sous-ordre des Limicoles. Voy. ce mot.
PRESSOIR (du lat. j)ressorium), machine qui sert à extraire par foulage ou pression du raisin, des poires, des pommes, des olives et des plantes oléagineuses les sucs qu'ils contiennent. Le pressoir le plus simple est le pressoir à cage, sorte de presse à vis, dans laquelle la pression s'opère au moyen d'un grand arbre ou bras de levier qui a son point d'appui entre quatre jumelles : ce pressoir a l'inconvénient de fatiguer extrêmement la vis, laquelle, en raison de l'inclinaison même du levier, m^ tourne pas perpendiculairement dans son écrou; souvent même il la fait casser ou plier; il exige en outre, à cause de sa longueur, plus d'emplacement que les autres, et est d'un prix considérable, en raison de la quantité et de la force du bois qu'il exige. On emploie de préférence le pressoir à étiquet et le pressoir à tesson, qui coûtent moins et occupent moins de place : ils se composent d'une table inférieure, recevant la matière à presser, d'une table supérieure, qui lui est superposée, et d'une vis, engagée par le haut dans un écrou, reposant sur la table supérieure ; la vis est mise en mouvement par un volant, un cabestan ou un levier. — Dans les usines, on emploie des presses hydrauli<jues (Foj/. presse), bien sup«!rieures aux pressoirs précédents.
Pressoir d'Hérophilc. Voy. confluent.
PRESTANT [AviXni. prwstans, qui l'emporte), nom d'un des principaux jeux de l'orgue. Voy. ce mot.
PRESTATION (du lat. prxstatio), se dit, en termes de Jurisprudence, de certaines redevances qu'on doit payer en nature, et spécialement d'une espèce de corvée à laquelle sont soumis les habitants de toute commune. Aux termes de l^art. 3 de la loi du 21 mai 1830 : « Tout habitant, chef de famille ou d'établissement porté au rôle des contributions directes peut être appelé à fournir, chaque année, une prestation de 5 jours, pour sa personne et pour chaque individu mâle, valide, âgé de 18 ans au moins, et de 60 ans au plus, membre ou serviteur de la famille, et résidant dans la commune. La prestation pourra être acquittée en nature ou en argent, au gre du contribuable. » C'est le plus souvent pour la réparation des chemins vicinaux que l'on réclame les prestations.
Prestation de serment. Voy. serment.
PRESTE (la) (Pvr.-Or.), eau miner. Voy. eaux minérales.
PRESTIDIGITATEUR (de l'adj. franc, preste, habile, et du lat. digitus, doigt), individu dont le métier consiste surtout à ifaire des tours subtils avec les doigts : on les appelle aussi escamoteurs, joueurs de gobelets, etc. Parmi les plus célèbres prestidigitateurs qu on ait vus en France, on cite l'Italien Pinetti, les Français Bienvenu, Olivier, Ledru dit Comus, Bosco, Comte, Robert Houdin, etc.
PRESTIGE (du lat. prsestigium), illusion opérée par sortilège [Voy. magie). On oppose prestige à miracle : les changements que semblaient opérer les magiciens d'Egypte n'étaient que des prestiges; ceux qu'opérait Moïse étaient des miracles.
PRESTIMONIE. En Droit canonique, ce mot se disait d'un revenu alfccté par un fondateur à l'entretien d'un prêtre sans qu'il y eût érection en titre de bénéfice.
PRESTO, terme italien qui signifie « vite ». Ce mot, écrit à la tête d'un morceau de musique, indique un mouvement très animé. Le superlatif prestissimo indique un mouvement encore plus animé.
PRÉSURE (de l'ilal. presura, de preso. pris), liquide renfermé dans l'estomac des jeunes mammifères en lactation, et qui, par la diastase [présase] qu'elle renferme, a la propriété de coaguler la caséine du lait. Pour l'obtenir, on fait macérer dans l'eau la caillette fraîche d'un veau, après l'avoir coupée en morceaux et additionnée de sel, afin d'éviter une fermentation ou une putréfaction trop rapides. Les solutions ainsi préparées n ont évidemment pas une force coagulante régulière ; le commerce; livre maintenant des dissolutions concentrées de présure, qui conservent une force à peu près constante, et dont un litre peut amener la coagulation de 10 à 15 000 litres de lait :