PRORATA
les désignaient par les lellres A. E, I, 0 clans les deux vers suivants :
Asserit A, negat E, verum peneraliter ambae; Asserit I, ucgat 0, sed particulariter ambse.
On distingue en outre, en Logique, des propositions contradictoires, subalternes, contraires, subcontraires ( Voy. ces mots), et, en Grammaire, des propositions iwcowju/excs et complexes, simples et composées, principales et subordonnées ou incidentes. — Voy. sujet, veriie, attridct.
En Rhétorique, la proposition est l'exposé sommaire du sujet. Elle doit être courte, claire et précise. Elle peut être simple ou composée : dans ce dernier cas, l'énoncé de ses parties s'appelle division.
Ce qu'on appelait les Cinq Propositions dans les disputes théologiques des xvii" et xvin" siècles, ce sont cinq pro|)osilionsde Jansénius, qui furent condamnées en 1655 comme entachées d'hérésie.
PROPRE (du lat. propriiis). En Droit, on appelle biens
froprcs les biens qui ne tombent pas en communauté Voy. communauté). — On appelait autrefois propres de succession les biens que le défunt avait reçus de ses ascendants, par opposition aux acquêts [Voy. ce mot) qui lui venaient d'élrangors par achat, échange ou donation.
En Logique, le propre est l'attribut lié à la dillérencc spécifique, c.-à-d. au caractère essentiel de l'espèce : p. ex. la différence spécifique du triangle rectangle est d'avoir un angle droit, et sa propriété est que le carré construit sur l'hypoténuse égale la somme des carrés construits sur les deux autres côtés. Cette propriété dépend de l'essence du triangle rectangle et ne convient qu'à lui seul. — Le jyropfe est un des cinq tiniversaiix. Voy. ce mot.
En Liturgie, le propre du temps, le propre des Saints, est l'office particulier de certains jours, de certaines fêtes; le propre d'une église est l'office particulier à cette église.
PROPRÉTEUR, magistrat romain. Voy. le Dict. d'ilisl. et de Géoqr.
PROPRIÉTAIRE (du lat. proprietarius), celui qui possède oi\ propre un objet quelconque {Voy. propriété). — Dans l'usage vulgaire, jiroprictaire s'entend surtout de ceux qui possèdent le sol et les constructions qu'il supporte.
La loi accorde un privilège au propriétaire sur les meubles de son fermier ou locataire, sur tout ce qui sert à l'exploitation de la ferme, et sur les fruits de la récolte de l'année, pour les loyers et fermages des immeubles, pour les réparations localives, et jwur tout ce qui concerne Icxéculion du bail. Le Code ci\il (art. 2102) et le Code de procédure civile (art. 819 et suiv.) règlent l'étendue et le mode d'exercice de ce privilège. — Consulter : Sergent, Manuel du propriétaire et du locataire (collect. Rorct\ et Marc-Delfaux, Manuel des j)roprictaires.
PROPRIÉTÉ (du lai. proprielas). En Droit naturel, la propri(''té est un droit primitif imposé à l'homme par la nécessité. La loi la sanctionne. On lui a assigné diverses origines : Voccupation [Voy. ce mot); l'appropriation par le I travail (c'est la théorie de Thiers) ; d'autres la considèrent comme une pure création de la loi, prétendant que l'occupation et l'appropriation ne servent à l'expliquer qu'au simple point de vue historique.
Tous les systèmes d'organisation de la propriété se ramènent à lui donner soit le caractère collectif, soit le ca- 'ractère individuel. Le premier semble avoir été celui iqu'elle a revêtu dans sa période d'enfance, lors des communautés de tribus ou de familles; le second paraît marcher de pair avec la civilisation. Seuls les Arabes, les Slaves et les Japonais, relativement avancés, ont conservé Varsk, le mir et le dessa: les autres peuples mettant encore les biens en commun sont à l'état sauvage. (Voy, de Laveleye, la Propriété). Consulter : dans le sens des communistes,'Platon (liépublique). Th. Morus [Utopie], Campanella [Cité du So/e«/), Harrington [Oceana), i.-i. Rousseau [Discours siir l'inégalité des conditions), Fichte [Staatslehre], Babeuf, Owen, Proudhon; et en sens contraire, G. Garnier [De la propriété dans ses rapports avec le droit politique), Ch. Comte [Traité de la propriété), Troplong {De la propriété d'après le Code). A. Franck, de Molinari, Thiers. Les raisons qui justifient la propriété individuelle sont surtout les suivantes : elle sert de mobile à l'activité humaine, elle est la sauvegarde de la liberté personnelle et de la vie de famille. Cf. Ahrens, Cours de droit naturel.
En Droit, la propriété est définie : « Le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue pourvu qu'on n'eu fasse pas un usage prohibé par les lois » (C. civ., art. 544). Citons aussi l'art. 545 : « Nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n'est |)our cause d'utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité ». Cette règle, édictée pour la première fois par la Constitution de 1791, a été reproduite par plusieurs autres de nos Constitutions.
La propriété s'acquiert et se transmet par succession, par donation entre vils ou testamentaire, par l'clfet des conventions, par accession ou incorporation, par prescription, par occupation, par découverte ou invention (C. civ., art. 711 et suiv.).
On appelle pleine propriété celle à laquelle est joint l'usufruit, et nue propriété celle dont l'usufruit est séparé ; cette dernière n'est guère que nominale tant que dure l'usufruit. Voy. usufruit. On appelle copropriétaire celui qui possède un bien indivisément avec un autre.
Propriété littéraire, artistique et industrielle. — On a beaucoup controversé la nature du droit des auteurs, La loi de 1791 lui a formellement reconnu le caractère de propriété ; la loi de 1866 l'a réglementé, et, afin de ménager les intérêts de la société, t;lle a décidé que ce droit aurait pour durée la vie de l'auteur et 50 ans après sa mort.
A litre de constatation de la propriété littéraire ou artistique, tout auteur ou éditeur doit déposer — à Paris, au ministère de l'intérieur; dans les départements, au secrétariat de la préfecture — deux exemplaires de tout imprimé, et trois exemplaires de tout ouvrage de lithographie ou de musique. Pour s'assurer la propriété d'une marque ou d'un dessin de fabrique, il faut en faire le dépôt aux archives du Conseil des prud'hommes ou au grelle du tribunal de commerce.
Certificat de propriété. Voy. certificat.
PROPRIÉTÉ, qualité du style. Voy. style.
PROPYLE, groupe monovalent qui a pour formule CH'.Cll^.Cll^, dont l'hydrure est le propane C'^II*, et dont l'hydrate est l'alcool propvlique Cir'.Cll-.CH*OH. Ce radical a un isomère, l'isopropyle Cll^.Cll.ClF, d'où on peut lui faire dériver les composés isopropyliques. Quand on veut obtenir le propyle par l'action du sodium sur liodure de propyle, on obtient le dipropyle (CH")*, liquide bouillant à 69».
PROPYLÉES (du gr. TrpoirûXa'.a, avant-portes), sorte d'entrée monumentale formée de portes reliées entre elles par des massifs ou des galeries en colonnes, que les anciens plaçaient quelquefois en avant de leurs temples. On cite en ce genre les Propylées de l'Acropole d Athènes (dont l'entrée principale a été retrouvée en 1853 par Beulé) et les P. du temple de Cércs à Eleusis [Voy. le Dict. d'Iiist. et de Géogr.). On avait donné le nom de propylées aux 60 bàtimenis construits de 1784 à 1787, sur les plans de l'architecte Ledoux, en avant des barrières de Paris, pour servir de bureaux des octrois. Il en subsiste encore quelques-uns, notamment place de la Nation et avenue d'Orléans.
PROPYLÈNE, carbure d'hydrogène, venant immédiatement après l'élhvlène dans la série homologue des oléfines. Sa formule est C*H*.CU*. Ses propriétés sont les mêmes que celles de l'éthylène,
PROPYLIQUE (alcool), alcool qui dans la série grasse vient après l'alcool éthylique; sa formule est donc C^lP-Cll-OlI. On l'extrait aussi des liqueurs sucrées fermentées. Il ressemble à l'alcool ordinaire, mais a plus mie lui une odeur de fruits ; il bout à la température de iu", et oxydé il donne l'aldéhyde et l'acide propionique. Cet alcool a été découvert par Chancel en 1855. Voy. lactique (acide). — Il existe un autre alcool qui a la même composition que le précédent et qu'on a nommé alcool isopropyliquc; cet alcool, dont la formule peut s'écrire CIl'^.CllOH, est un alcool secondaire iVoy. alcools). U provient en effet de l'hydrogi'nation de l'acétone, et oxydé il reproduit l'acétone. L'alcool isopropylique est un liquide incolore bouillant à 86°. Il donne des ethers; son étlier iodhydrique se prépare en chaufTant de la glycérine avec de Tiode et du pliosphore. L'alcool isopropylique a été employé en Angleterre jwur la fabrication des roses d'aniline.
PRORATA (ad), du lat. pro, pour, et i-ata, réglée, s.-ent. parte, est synonyme d'à proportion.