PROROGATION
PROSTHÈSE
PROROGATION (du lat. prorogatio). En Droit conslitutionncl, la prorogation est l'acte par lequel le chef de l'Etat déclare que les travaux législatifs resteront suspendus pendant un délai déicrminc, et ajourne l'Assemblée à certain jour.
En Droit civil, on appelle prorogation de terme le délai de gi'àce que le créancier accorde à son débiteur qui n'a pas pu se libérer à l'échéance. La simple prorogation de terme accordée par le créancier au débiteur prnicipal ne décharge point la caution, <jui peut en ce cas poursuivre le débiteur pour le forcer au payement (C. civ., art. 2059). — La prorogation d' enquête est l'autorisation doiméc par le juge de continuer, dans certaines circonstances, l'enquête au delà du terme rigoureusement prescrit par la loi (C. de procéd., art. 40 et 279).
PROROROCA. Voy. barre.
PROSATEUR. Voy. prose.
PROSCENIUM (du lat. pro, en avant, et sccna, scène), partie du théâtre des anciens qui dominait l'orchestre, la scène des modernes ; c'est lit que jouaient les acteurs. PROSCOLEX. Voy. DISTOME.
PROSCRIPTION (du lat. proscriptio), condamnation au bannissement ou à la mort, prononcée sans aucune forme judiciaire, et qui peut être mise à exécution par qui que ce soit. La proscription était généralement accompagnée de la confiscation des biens. Les républiques anciennes firent un fréquent usage de la proscription. A Athènes, un héraut se présentait dans la place publique pour faire connaître la récompense promise à quiconque apporterait la tète du proscrit : la somme était déposée sur l'autel de quelque divinité. A Rome, il y avait deux sortes de proscriptions, l'une civile et l'autre politique. La première avait lieu à la requête des créanciers lorsqu'un débiteur se tenait caché pour n'être point traduit en justice : cette proscription se faisait par un édit du préteur, affiché à la porte du débiteur et réitéré jusqu'à quatre fois; après quoi, si le débiteur ne paraissait pas, ses biens étaient partagés entre ses créanciers ou vendus à leur profit. Pour la proscription politique, on se contentait d'afficher dans le forum les noms des proscrits, sans même désigner le crime qui les faisait proscrire. Les tables de proscription de Sylla, de Marins, des triumvirs Antoine, Lépide et Octave sont devenues fameuses. — Chez les modernes on trouve plusieurs exemples de proscriptions sanglantes, depuis celle qui frappa les Armagnacs au temps de Charles YI, jusqu'à celle dont furent victimes Guillaume de Nassau et ses adhérents sous Philippe II. La funeste journée de la St-Bar- Ihélemy, les rigueurs exercées contre les protestants après la révocation de l'édit de Nantes, les massacres des prisons pendant la Terreur, les mesures barbares prises à la même époque contre les émigrés et les suspects, les exceptions (ou catégories) qui accompagnaient les lois d'amnistie rendues en 1815, l'acte par lequel il était ordonné de courir sus à Napoléon I"", etc., peuvent être considérés comme autant de proscriptions.
PROSE (du lat. prorsa, directe [s.-ent. construction], discours qui n'est pas assujetti aux lois de la versification, c.-à-d. au rythme et à la rime : on l'oppose à poésie. Les ouvrages en prose peuvent se partager en six genres : Genre oratoire, G. historique, G. jjfiilosophique et moral, G. didactique, G. épistolaire. Roman. Voy. ces mots. Dans toutes les Littératures, la prose n'apparaît que longtemps après la poésie.
PftosE. Dans la Liturgie, on donne ce nom à un chant composé de vers non rythmés, mais terminés par une rime obligée, et n'ayant pour toute prosodie qu'un nombre détermine de syllabes, à la différence de l'hymne qui est une véritable pièce de poésie mesurée. Dans l'office de la Messe, la p7-ose se chante après le graduel : d'où le nom de séquence qu'on lui donne quelquefois. Les principales proses sont : le Stabat, dû à Jacopone : celle de Pâques, Victimse paschali: celle du St Sacrement, Latida Sion, due à St Thomas d'Aquin; le Veni Sancte Spirittis, pour la Pentecôte ; le Dies irse, pour la messe des morts, etc. — Voy. dans la préface des Œuvres poétiques d'Adam de St-Victor par L. Gautier (Paris, 1858) une histoire abrégée des proses.
PROSECTEUR (du lat. p7'ose^<or, qui découpe d'avance), se (ht, dans les cours de Médecine, de celui qui dissèque à I avance et dispose les pièces anatomiques pour la leçon du prolesseur C'est le prosectcur qui dirige les élèves dans leurs études de dissection ; il les fait opérer sous ses yeux
et préparc devant eux des pièces anatomiques. Les prosccleurs des Facultés sont nommés au concours.
PROSÉLYTE (du gr. -::poaT,ÀUTo;, nouveau venu, étranger). Dans l'origine, ce mot se disait chez les Juifs d'une personne qui avait passé du paganisme à la religion judaïque. Il s'est dit ensuite de tout converti à une religion, à une opinion quelconque.
PROSERPINE, 26" petite planète, trouvée le 5 mai 1855 par R. Luther à Rilk, près Diisseldorf. Voy. planètes.
PROSOBRANCHES, nom donné à un groupe de Mollusques gastéropodes dont le caractère principal est d'avoir le cœur placé en avant des branchies. Son opposé est Opisthobranchcs .
PROSODIE (du gr. TrpOffwôia, chant, accent), prononciation régulière des mots conformément au rythme, à l'accent et à la quantité. Il se dit aussi de la connaissance des règles d'après lesquelles on doit construire ou prononcer les vers : il se confond alors avec la Métrique [Voy. ce mot). — Il n'y a guère de prosodie bien déterminée et fixe que dans l'idiome des Grecs et des Latins ; c'est aussi la prosodie la plus mélodieuse et la plus riche. De tous les idiomes modernes, le nôtre est celui où l'absence de prosodie se fait sentir davantage. Ou a tenté, surtout au xvi" siècle, de composer en français des vers métriques; mais les essais n'ont jamais réussi.
On désigne aussi sous le nom de Prosodies les livres qui traitent de la prosodie; tels sont : pour la prosodie grecque, les Elementa doctrinx mctricx d'ilermann, les Prosodies grecques de Spitzner, Mathiœ, J. Hubert; pour la prosodie latine, les Prosodies de Leclievalier, Dumas, Aubert, Cabaret, Quicherat, Dunglas, le Traité de versification latine de (luicherat, ainsi que les dictionnaires qui donnent la quantité de chaque mot : les Gradus ad Parnassum de Boinvilliers, de Noël, d'Em. Pcssonneaux; le Thésaurus poeticus de Quicherat, etc. L'abbé d'Olivet a écrit un Traité de prosodie française, où il formule en onze règles toutes les lois de la quantité de notre langue ; Duquesuois et Quicherat ont donné aussi des Prosodies jfrançaises. Consulter aussi Ed. Duméril, Essai philosophique sur leprincij?e et les formes de la versification; Bergmann, Théorie de la quantité prosodique.
PROSOPIS, genre de plantes de la famille des Légumineuses, dont les fruits sont des gousses allongées inoniliformes, et dont les espèces les plus importantes appartiennent au sous-genre Algarobie.
PROSOPITE, fluorure d'aluminium et de calcium, se trouve à Schiaggenwald (Bohême).
PROSOPOGRAPHIE (du gr. Trpôatoxov, visagt\ piiysionomie, et ypâcpw, décrire), espèce de figure de Rhétorique qui consiste à décrire, soit en vers, soit en prose, les Irails extcrieui s, l'air, le maintien d'un homme ou d'un animal, lie manière à le rendre pour ainsi dire présent. Voy. hypo-
TYPOSE.
PROSOPOPÉE (du gr. irpoffwitoiTOua), figure de Rhétorique par laquelle l'orateur prête le sentiment, la |)arole et l'action à des êtres inanimés ou imaginaires, à des morts, à des absents, etc. On cite parmi les plus magnifiques prosopopées : celles de la patrie dans la première Catilinaire de Cicéron et dans la Pharsalf. de Lucain (1"' chant) ; celle de Fabricius dans le Discours de J.-.I. Rousseau sur les arts et les sciences. Bossuct, dans ['Oraison funèbre de la rein» d' Angleterre et dans le Sermon sur l'impénitence finale: Fléchier, dans VOraison funèbre de Montausier, et les autres grands orateurs de la chaire, offrent de fréquents exemples de cette belle figure. L'éloquence et la poésie ont seules le privilège d'employer la prosopopée ; encore ne peuvent-elles y recourir qu'en des circonstances particulières et rares : car si la prosopopée n'est pas de nature à produire un grand effet, elle devient ridicule.
PROSTATE (du gr. TrpoaTâTTiî. placé en avant), glande située entre le rectum, le bas-fond de la vessie, le col vésical, dont elle fait partie, et la symphyse pubienne, à laquelle l'unissent des ligaments spéciaux. Elle sécrète un liquide visqueux, qui sert à lubrifier le canal de l'urètre. Cet organe est sujet à de graves altérations, telles que tuméfaction, abcès, inflammation, etc.
PROSTHÈSE (du gr. ttoôtOeo-i;), figure grammaticale qui consiste à ajouter une lettre au commencement d'Un mot, sans que le sens de ce mot soit changé. Ex. : gnntus pour natus. C'est ainsi que se sont formés les mots gre-
PROSTOiffi
1>U0TÉVA>GILE
nouille, du laliu ramincula: nombril, de umbilicKs, etc.
Voy. MKTAi'IAS.ME.
PROSTOME (du gr. ttoô, en avant, et jrrôua, bouche , genre d'Helminthes, de l'ordre des Turbellariés, intermédiaires entre les yémertes et les Planaires (Voy. ce dernier mot'. Il y a des espèces fluviatiles et d'autres marines.
PROSTRATION (du lat. prostralio], se dit, en Médecine, de l'anéantissement des forces musculaires nui accompagne certaines maladies aiguës, et notamment les lièvres typhoïdes. Elle est caractérisée par la lenteur et la difliculté des mouvements, l'alwltenienl des traits, et par l'attitude qu'alFccte le malade, qui ne se trouve bien que couché sur le dos.
PROSTYLE du gr. Tooîrruîko;). En Architecture, on désigne par cette épilhète les temples des anciens qui n'ont des colonnes qu à la principale l'ace, à la partie antérieure. L'église Noire-Dame de Lorette, à Paris, offre l'exemple d'un édifice de ce genre.
PROSYLLOGISME, ou Syllogisme continué, argument composé de deux ou de plusieurs syllogismes placés à la suite l'un de l'autre, de telle sorte que la conclusion du premier serve de prémisse au second.
PROTAGON ou céhébbinf.. substance organique azotée qu'on a extraite du cerveau, n'est autre chose que la Lécithine. l'oif. ce mot.
PROTAGONISTE. \'oy. acteur.
PROTANDRE. protandrie. Une plante est prolandre quand les étaniines se développent avant le pistil. Voy.
DlCHtMÎAME.
PROTASE (du gr. TpôxaT'.î, proposition, exposition", partie d'un poème dramatique qui contient rex()osition du sujet. Un appelle personnage protalique celui nui ne parait qu'au commencement de la pièce pour faire l'exposition.
PROTE du gr. T.oCi'zoi, le premier), celui qui, dans une imprimerie, est chai-gé de la direction et de la conduite des travaux de la composition ou de la direction des machines.
PROTÉACÉES du genre type Protea, Prolée), famille de plantes Dicotylédones apétales à ovaire supère, se comjxîse d'arbres et d'arl)risseaux qui croissent en aliondance au Cap et en .\u5tralie : feuilles alternes, toujours vertes; fleurs hermaphrodites, groupées eu épis, en grappes, en corymbes, en capitule?, fonnant quelquefois une fleur coniiiosée : calice coriace, coloré, à 4 folioles lanlôt distinctes, tantôt soudées inl'crieurement ; élamines op|)osées aux folioles: anthères biloculaires : ovaire libre, à une seule loge, contenant un ou plusieure ovules; fruit capsulaire. La famille des Protéacées comprend 2 tribus : les Profées et les Grérillées.
PROTECTEUR, titre politique qui a été employé en Angleterre et dans plnsicui-s autres pays. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.
PROTECTION. SYSTÈME PROTECTEUR. Eu Ecotiomie politique, la protection est le svstème qui favorise l'industrie nationale soit en imjwsant des droits élevés sur les marchandises étrangères qui lui font concurrence, soit en accordant des primes à l'exportation, soit en écartant certains produits par une prohibition absolue ( Voy. douanes, PRIMES, prohibition'. Lc Système protecteur a donné lieu, depuis le commencement du xix« siècle, aux plus graves discussions : on l'a accusé d'attenter à la liberté du commerce, de nuire aux intérêts du plus grand nombre et d'obérer les finances pour augmenter les bénéfices de quelques pi-oducteurs. Il a été fort mitigé en Angleterre depuis lluskissou et Robert Peel ; en France, il semble actuellement triompher [Voy. kchaxge). — Voy. Chevalier, Examen du système protecteur, et P. Clément, Histoire du système protecteur en France.
PROTECTORAT (de protecteur], se dit et de la dignité de prolecteur Voy. ci-dessus), et de la situation d'un gouvernement à l'égard d'un autre gouvernement moins puissant auquel il prête son appui. Des traités publics avaient place : sous le protectorat de la tJrande-Bretagne les îles Ioniennes, rendues à la Grèce en 18G7; sous celui de la Russie, les principautés de Moldavie, Servie et Valachie, devenues iudépeiulantes en 1878; sous celui de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, la république de Cracovie. qui a disparu. I^ France a établi son protectorat sur la Tnnisie, l'Annam dont le Tonkin est une province), l'ile de Madagascar et le Dahomey.
PROTÉE ^noin mythol.j, Proteus, genre de Batraciens
|)érennibranches, établi pour une espèce qui vit dans les eaux souterraines de la Camiole et de l'Istrie (et qui, en raison de cette circonstance, a des yeux tout à fait rudimentaires), le P. anguillard [P. ang'uinus), long de 0 m. 35 et de la grosseur du doigt : corps nu. cylindrique, terminé par une queue en forme de nageoire ; 4 pattes courtes et à 5 doigts; yeux presque entièrement cachés par la peau. Par sa conformation générale. le Protée a quelque analogie avec les Tritons ou Salamandres aquatiques. Protée. genre de Protozoaires. Voy. amibe. PROTÉE, Protea, genre type de la famille des Protéacées, renferme des arbustes, des arbres ou quelquefois même de petits arbrisseaux sans tige, portant des feuilles alternes et très entières. Le fruit est une s<jrte de noix toute couverte de poils. Ces plantes sont originaires des parties australes de l'Afrique. Le P. élégant [P. speciosa] a des Heui-s de couleur rosée, frangées de brun et jx)urvues d'une barbe de poils blancs, qui forment de gros capitules. On cultive comme plantes d ornement le P. en cœur, le P. argenté ou Arbre d'argent, le /*. à aigrette, etc.
(Jn donne encore le nom de Protée à un Champignon basidiosporé du genre Lycoperdon [Puff' bail des Anglais). La fumée de ce champignon sert en Angleterre pour engourdir les abeilles dans leui-s ruches. Voy. lycoperdon. PROTÉINE (du gr. — pôiTo;. premier, avec la désinence ine). nom donné par le chimiste Mulder à une substance «le comp<jsition définie qui, d'après lui, existait dans tous les albuminoïdes. C'étaient des flocons blancs, obtenus en traitant une substance albmninoide par la potasse. La protéine de Mulder n'ayant \ms de composition constante, la théorie qu'on en déduisait pour la composition des albuminoïdes n'a plus aucune valeur.
PROTÈLE, Prolelcs, genre de Mammifères, de l'ordre des Carnassiers, famille des llyénidés, créé en 1825 irar Isid. Geoffroy St-Hilaire pour un animal de la taille du chacal, qui a 4 doigts comme les hyènes aux pieds jwslérieurs, et 5 aux pieds de devant, d'où son nom .du gr. tzoô, par devant, et té^eio;, complet). II se dislingue en outre par ses molaires rudimentaires et impropres à la mastication. Cet animal est nocturne, et ne sort de son terrier que jKJur aller à la recherche de sa nourriture, qui se com|)ose de jeunes ruminants et principalement (l'agneaux. L'espèce type, le P. de Delalande ou Genette hyénoïde, haijile l'Afrique méridionale.
PROTESTANTS, nom donné d'alwrd aux Luthériens, puis à tous les partisans de la Réforme. Voy. protestants et I.UTIIÉRIEXS au Dict. d'Hist. et de Géogr.
PROTESTATION idu lat. proteslatio), acte par lequel on déclare qu'on ne laisse faire une chose que parce qu'on ne peut l'empêcher, qu'on tient un acte pour nul, (pi'ou entend se pourvoir contre. Les protestations faites contre un jugement par celui à qui il est signifié, sont conservatoires de ses droits. — En cas de perte d'une lettre de change par celui qui en est le porteur, un acte de protestation de sa part, notifié aux tireurs et endosseurs dans les formes et délais prescrits, lui conserve ses droits (G. de comin.. art. 1531.
En Politit|ue, on a recours aux protestations pour prévenir l'établissement d'un principe avjincé par un Etat, l'adoption dune mesure nuisible, ou du moins pour prévenir les inductions que l'on pourrait tirer du silence. Parmi les plus célèbres protestations, on peut citer : celle que firent les Luthériens contre un décret de la diète de AVorms, en 1529, et qui lui valut le nom de protestants; celle du pape Innocent X contre la paix de Westphalie, en 1648; celles auxquelles donna lieu la paix d'Aix-la- Chapelle, en 1748; celles de l'Espagne, du St-Siège. des princes allemands médiatisés contre diverses stipulations du congrès de Vienne en 1814 et 1815.
i PROTÊT (de protester], acte par lequel le porteur i d'une lettre de change, d'un billet à ordre, fait constater i le refus de les accepte!" ou de les payer, de la part de ! ceux sur qui la lettre de change a été tirée ou par qui le I billet a été souscrit. Les protêts doivent être faits par I deux notaires, ou par un notaire et deux témoins. A Paris, les huissiers seuls font les protêts. — Voy. le Code de commerce, art. 161-187.
PROTÉV ANGI LE ou proto-évangile {c.-k-d. premier évangile), livre faussement attribué à St Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, et où il est parlé de la naissance de la Ste Viei^e et de Jésus-(>lirist. Ce livre fut rapporté d'Orient au xvi" siècle par G. Postel et publié
PROTHALLE
PROTUTEURl
à Bàlc ou 1552 par Tli. Bihlianclcr. Basnagc a dcmonlré
qu'il élail l'œuvre de l'Iiérclique L. Carinus, du n° siècle.
PROTHALLE, polilc lame verte, de quchjues milli-
mèlres, se développant à la surface du sol et sur laquelle se
f réduisent les antliéridies et les arcliéfj^ones des Fougères, ycopodiacces et Equisétacécs. Ce protlialle, qui a passé longtemps inaperçu, joue donc un rôle capital dans lliisloire de ces végétaux; c'est là que s'opère la reproduction sexuée.
PROTHÈSE (du gr. irpiôeffii;). En Chirurgie, on appelle ainsi l'opération qui consiste dans le remplacement, par une préparation artificielle, d'un organe perdu ou enlevé. Poser un obturateur au palais, placer une jambe de bois, un œil artificiel, une dent fausse, etc., c'est faire mie opération de prothèse : de là les expressions />;-o//jèse oculaire, prothèse dentaire, etc.
Dans l'Eglise grecque, on appelle prothèse un petit autel sur lenuel on prépare tout ce qui est nécessaire pour le saint sacrifice.
PROTHORAX (du gr. irpô, en avant, et de thorax), le premiiT à partir de la tète des trois segments qui composent le tliorax chez la plupart des Insectes. Le prothorax donne toujours attache à la première paire de pattes; les ailes ne s'y insèrent jamais. Voy. thorax.
PROTO... (du gr. tow-co;, premier), dans les termes chimicpies prolosidfate, prolochlonue, prolonitrate, etc., désigne le pins souvent un sulfate, chlorure, nitrate, etc., correspondant au protoxyde d'un métal.
PROTOCATÉCHIQUE (acidk), ou acide dioxydenzoïque, découvert par Strecker. Par la distillation sèche, cet acide perd de l'acide carbonique et donne de la pyrocatéchine
PROTOCOCCUS (du gr. TipwTo;, premier, et xôx-/oî, gi'ain), genre de la famille des Algues, section des Algues vertes, se compose uniquement de cellules gloi)uleuses. Ces végétaux, de couleur verte ou rouge, s'étendent parfois sur les arbres [P. viridis), sur la terre humide, sur la neige, sur les rochers, etc., qu'ils colorent diversement. On a attribué au P. nivalis la coloration de la neige rouge.
PROTOCOLE (du b.-lat. proîocollum [du gr. xpwtôxoXaov, la première page d'un livre]). À Byzance, ou nommait protocole ou premier registre le registre des'.iné à contenir les actes publics : on l'appelait ainsi ])arce qu'il jwrtait à la première page un timbre qui lui donnait un caractère authentique. — Aujourd'hui les protocoles sont le compte rendu ou procès-veriial des conférences tenues entre les ministres plénipotentiaires de diverses puissances! C'est au congrès de Vienne, en 1814 et 1815, que le mot protocole fut employé en ce sens pour la première fois. Ce congrès, ainsi que ceux d'Aix-la-Ciiapelle en 4818 et de Vérone en 1822, l'institution du royaume de Grèce, la séparation de la Belgique et de la Hollande, etc., ont donné heu à de très nombreux protocoles.
Protocole diplomatique : c'est la règle du cérémonial à suivre dans les rapports jxjlitiques oflicicls entre les Etats aussi bien qu'entre les ministres. Il embrasse les qualilications et titres qui sont attribués aux Etats, aux souverains, aux ministres publics, etc., de même que les formes et la courtoisie à observer dans les documents politiques. La juste application de ce cérémonial a une telle imiwrtance pour les bonnes relations, qu'il a été créé en France au ministère des Affaires étrangères un bureau du protocole, spécialement chargé de ce service.
PROTOGÉNIE, 147° petite planète, trouvée le 10 juillet 1875 par Schulhof, à Vienne (Autriche). Voy. planètes.
PROTOGINE (c.-à-d. roche mère), variété de granité composée danorthose, de microcline, de mica noir et de
Juarlz. Le mica est le plus souvent transformé en chlorite. ontrairement à ce que l'on admettait autrefois, la protoginc est une véritable roche éruptive, qui ne présente une schistosité apparente que par suite des pressions qu'elle a subies; elle injecte les micaschistes, qu'elle travei-se. La protogmc constitue une grande partie des massifs du Mont Blanc et du Pelvoux.
''"OTOGYNE, pnoTOGYME. Une fleur est protogyne quand l organe femelle , ou pistil, amve à maturité avant les etainines. Voy. uichogame.
PROTONÉMA, filaments verts, ramcux, formés de cellules associées bout a, bout; ils proviennent de la germination de la spore des Mousses. A un moment donné, on voit des bourgeons apparaître sur ces lilaraents et des tiges fcuillées se développer.
PROTONOTAIRE (c.-à-d. premier notaire). On nommait ainsi dans le Bas-Empire le premier notaire des empereurs romains; les rois de France de la première race adoptèrent la même dénomination pour des fonctions analogues. — Auj. le protonotaire est un officier de la cour de Home, supérieur aux autres notaires apostoliques. Il y a à Rome un collège de 12 protonotaires : ils ont rang de prélat et jxirtent le violet. Leurs fonctions consistent à faire les procès-verbaux d'intronisation des papes, et à écrire toutes les délibérations et décisions des consistoires publics. Les simples notaires ajwstoliques expédient les actes d'une moindre importance.
PROTOPLASMA, partie essentielle des cellules qui comjKisent les tissus animaux et végétaux, ainsi que les êtres très simples, infusoires, etc. [Voy. sarcode). Le protoplasma est formé de plusieurs albuminoïdes ; sa comjjosition n'est pas définie, elle est variable avec les diverses cellules que l'on considère, et dans une même cellule peut varier avec l'âge de cette cellule. Il est comjxisé principalement d'oxygène, carlwne, azote et hydrogène, avec un peu de soufre, de phosphore, etc. ; il est le siège de mouvements propres qui peuvent être accélérés ou ralentis par l'action de divers agents physiques ou chimiques (électricité, lumière, chaleur, chloroforme, etc.). Cette réaction par un mouvement à une action extérieure est ce qu'on appelle l'irritabilité. Il fixe certaines matières colorantes (carmin, aniline, etc.), c.-à-d. qu'il peut former avec elles des composés durables qui sont des sortes de laques [Voy. ce mot). Dans son intérieur, le protoplasma contient le noyau, ([ui joue un rôle très important dans la multiplication des cellules [Voy. DIVISION cellulaire); des recherches récentes indiquent que le protoplasma lui-même, par une activité spéciale, joue un rôle im|)ortant dans ce phénomène : il se |)olari»e autour de deux corpuscules particuliers [centrosomes] qui sont dans son intérieur comme des centres d'attraction (Voy. à ce sujet : Ranvier, Traité d'Histologie; Van Tieghem, Traité de Botanique^ et de nombreux mémoires originaux publiés dans les recueils périodiques de zoologie, de botanique et de physiologie).
PROTOPTÈRE, Protopterus, genre intermédiaire entre les Batraciens et les Poissons, établi pour le P. anguilliforniis des côtes de Gambie et que l'on range, sous le nom de Dipnoï, dans la même famille que les Lépidosirènes. ' Ces jKiissons vivent généralement dans l'eau et resjiirent par leurs branchies ; mais dans les périodes de sécheresse ils peuvent suppléer à la res|)iration branchiale par le jeu de leur vessie natatoire qui fonctionne alors comme un véritable poumon.
PROTOXYDE (du gr. itpôiTOç, premier, et d'oxyde), se dit, en général, de l'oxyde le moins oxygéné d'un métal. Ainsi le protoxyde de mercure [Hg-O] "renferme proportionnellement moins d'oxygène que le deitloxyde [IlgO]. On désigne aussi les protoxydes en ajoutant la syllabe eux au nom du métal : oxyde mercureux est synonyme de protoxyde de ?nercure.
PROTOZOAIRES (du gr. xpwtoî, premier, et Çwâpiov, animal), 7"= embranchement du Règne animal, comprend les animaux à la fois les plus petits et les plus simjiles. Ils sont formés d'une matière gélatineuse et sans structure, le sarcode, ayant toutes les propriétés réparties dans les différents tissus des animaux supérieurs : cette substance est ou non soutenue par une sorte de squelette. — On distingue les i'rotozoaires en Infusoires et en Uhiiopodes ou Foraminifères.
PROTRITON, Batracien fossile de l'ordre des Stégocéphales, décrit par M. Gaudry dans le Peniiien d'Autun et considéré par certains auteurs comme l'étal larvaire du genre Branchiosaurus.
PROTUBÉRANCE (du hl.protuberare, être proéminent). En Anatomie, on donne le nom de protubérances à des saillies qu'on observe à la surface des os, surtout de ceux du crâne. C'est sur l'observation des protubérances du crâne que repose toute la Phrénologie. Voy. ce mot.
On nomme spécialement protubérance cérébrale ou annulaire, ou corps de la moelle allongée, la portion la moins volumineuse de l'organe encéphalique, placée à la base du crâne, entre le cerveau, le cervelet et le bulb«; rachidien, et que Ion connaît aussi sous le nom de pont de Varole, du nom de l'anatomisle qui l'a décrite le premier. — Protubérances cyllndroides. Voy. cvi.ixdre.
Proljibérances roses (du Soleil). Voy. soleil.
PROTUTEUR (du lat. protutor), celui qui lient lieu de