‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1324 sur 1729 · PROVINCIAL · texte numérisé non relu

PROVINCIAL

tuteur. La loi permet de donner un protuteur au mineur qui possède des biens dans un lieu éloigné du siège de la tutelle; par exemple, dans les colonies. Le proluteur doit rendre compte au tuteur (C. civ., art. 417).

PROUE (du latin prora), l'avant d'un navire, et plus exactement la partie du bâtiment (jui est située sur l'avant du couple antérieur, dit cotlis, et qui a pour limite en avant l'étrave. Chez les anciens, la proue des vaisseaux de guerre était armée d'un éperon en airain ou en fer, en forme de bec d'oiseau : d'où son nom de rostrum. La proue est souvent ornée de sculptures.

PROUSTITE (du chimiste franc. Proust], minéral faisant jjartie du groupe des argents rouges. C'est l'argent rouge clair ou rosicler des mineur:?. Sa formule [3Ag*S. As*S'] est la même que celle de V Argyrythrose [Voy. ce mot;, sauf que l'arsenic y remplace lantimoine ; ces deux minéraux se mélangent par isomorphisme. Elle est rhomboédrique et d'un rouge clair. On la trouve, souvent avec argjTjthrose, au Harz, en Hongrie; les plus beaux cristaux viennent de Chanarcillo (Chili).

PROVÉDITEUR (de l'ilal. provveditore), magistrat vénitien. Voy. \e Dict. d'Hisl. et de Géogr.

PROVERBE (du lat. proverbium], espèce de sentence ou de maxime exprimée en peu de mots, et devenue d'mi usage commun. Les proverbes, résumé de l'expérience générale, sont, comme on l'a dit, la sagesse des nations. Les plus anciens recueils de proverbes sont ceux de Salomon {Livre des proverbes), chez les Hébreux, et de Pilpaï, chez les Indiens. On peut consulter encore, jxnir les proverlx-s orientaux, le Panlcha-tantra, et les Paroles remarquables, bons mots et maximes des Orientaux, par Galland. Les Poésies gnomiques des Grecs peuvent être considérées comme des recnedj de proverbes [Voy. gnomiques). On doit à M. E.-L. Leuisch un savant recueil de proverljcs grecs [Corpus parœmiograplioruni graecorum, Gœttingue, 1859-51). Les Distigues latins de Itionysius Caton, qui vivait au m* siècle de notre ère, furent traduits au moyen âge en langue vulgaire et jouirent Kjngtemps d'une gi'ande popularité. A la même époque, le Hava-mal, poème gnomique des Scandinaves, était répandu en Allemagne, ainsi que les Triades galloises en Bretagne. Le xvi" siècle vit éclorc un grand nôml)re de recueils de proverbes anciens, notamment le Violier d'Ajwstolius, et les Adages d'Erasme. Quant aux peuples modernes, indépendamment des ouvrages qui, comme le Don Quicliotte, sont remplis de proverlies. on a des recueils s|)éciaux de proverbes : italiens, par Cornazzano; espagnols, par N. Pinciano (.Madrid, 1616 et 1804) ; hollandais et allemands, parGruter; anglais, par Howell, Ray, Fielding, Kelly; français, par Leroux de Lincy (184'2). Consulter aussi A.-J. Panckoucke, La Mésangère. Quilard, Dictionnaires des proverbes ; Gratet-Dnplessis, Encyclopédie des provei'bes. Fleur des proverbes et Bibliographie des proverbes. Voy. PARÉMIOCRAl'HIE.

Proverbe, sorte de (letite comédie servant de développement à quelque proverbe. Collé et Carmontelle au xvui° siècle, Tli. Leclercq au commencement du xix° s.. Alfred de Musset de 1840 à 1850, ont écrit de charmants proverbes.

PROVIDENCE (du lat. providentia, prévoyance). Dans la doctrine spiritualiste, ce mot désigne l'action |)erpéluellc de Dieu sur le monde et sur l'homme pour les conserver et les diriger à leur lin, selon l'ordre qu'il a établi par la création. La Providence s'explique par la réunion des attriljuts intellectuels et moraux de Dieu. Etre souverainement parfait. Dieu possède l'intelligence, la toute-puissance avec la liberté, la bonté et la justice : il conçoit le plan (lu monde, il le réalise volontairement, il attache le plaisir à l'accomplissement des actes nécessaires à la conservation des animaux, il est le législateur et le juge des hommes (Voy. création, dieu). — La Providence se manifeste dans l'ordre de l'univers. Le règne inorganique est gouverné par des lois qui forment un système plein d'harmonie. Les êtres vivants sont organisés pour se conserver eu.x-mèmcs, propager leur espèce et remplir une fonction dans l'ensemble, lis constituent une série qui offre une progression continuelle de perfection par des transitions graduelles. Le végétal se développe en absorbant, pour les convertir en sa propre substance, des éléments empruntés aux minéraux. L'ammal a de plus la sensation et le mouvement instinctif ou volontaire. L'homme résume en lui les puissances des êtres inférieurs; il y ajoute la raison et

la liberté, jiar lesquelles il peut comprendre et réaliser avec réflexion sa destinée. Enfin, il y a progrès dans le développement historique de l'humanité, au milieu des révolutions qui marquent les divei"ses périodes de la civilisation.

A la théorie de la Providence se rattache la question de l'origine du mal métaphysique, du mal physique et du mal moral. 1' Le tnal métaphysique est l'imperfection naturelle des êtres. Il est la conséquence nécessaire de la nature des choses : d'un côté, il devait y avoir une dislance infinie entre les créatures et le créateur ; d'un autre côté, il valait mieux que Dieu créât hbrement des êtres imparfaits que de ne rien créer. 2° Le mal physique est la douleur. Celle-ci résulte des lois générales de la nature toutes les fois qu'elle n'est pas imputable à l'abus de notre liberté. Elle remplit d'ailleurs un rôle utile, soit parce qu'elle nous détourne des objets nuisibles à notre organisation, soit parce qu'elle nous détermine à faire les actes nécessaires à la conservation de notre existence et au développement de nos facultés, en sorte que l'effort et le travail nous élèvent au rang de personnes morales. 5° Le' tnal moral consiste dans la violation de la loi morale et le défaut d'harmonie entre la vertu et le lx)nheur. L'homme, par cela seul qu'il est libre, peut violer la loi morale ; cependant la liberté est Iwnne, paixe que, jointe à la raison qui lui donne la notion du bien, elle lui permet de se perfectionner et de mériter un bonlieur fort supérieur aux jouissances de l'animal, quoiqu'elle l'expose à l'erreur et au vice. Quant à la punition des fautes, elle est conforme à la justice distributive et ramène l'individu au bien par l'expiation. Enfin, la vie actuelle est une épreuve où l'homme doit, par la grandeur de ses ell'orls, se rendre digne du l)onheur : s'il ne l'obtient pas immédiatement sur cette terre, c'est qu'une harmonie complète entre la vertu et la récompense ôterait tout mérite au dévouement; il en faut seulement conclure que Dieu doit, conformément à sa justice, continuer notre existence pour rétribuer chacun selon ses œuvres. — On peut ajouter que, pour croire à la Providence, il n'est pas nécessaire de résoudre toutes les objections, parce que ces objections tiennent à l'ignorance où nous sonuues naturellement sur le plan total de l'univers et sur les vues finales de Dieu. C'est le tort de Yoptimisme absolu que d'essayer de tout expliquer et d'entre-

E rendre ainsi une lâche au-dessus des forces de l'esprit umain. Voy. optimisme, .mal.

Les questions auxquelles donne lieu la Providence ont été traitées à des points de vue très diflercnts par lieaucoup de philosophes et de théologiens : Platon [Lois, Timée, etc.), Cicéron [de la Xature des Dieux, d'après les Stoïciens), Sénèque {de la Providence, etc.), Marc- Aurèle [Pensées), Plotin [du Destin, de la Providence), Simplicius [Commentaire sur le Manuel d'Epictète), Proclus (de Providentia et Fato, de Malorum subsistentia, etc.), St Augustin, qui a emprunté à l'idéalisme platonicien ce qui était compatible avec la doctrine chrétienne (Confessions, de l'Ordre, du Libre Arbitre, de la Cité de Dieu, etc.). Bot'ce [Consolation de la philosophie), Malebranche [Entretiens sur la tnétaphysique. Méditations chrétiennes), Leibniz (Théodicée). — Consulter aussi Rersot, Essai siir la Providence (1855); J. Simon, la Religion naturelle, Voy. grâce, prescience, prédestination, fatalisme.

PROVIGNAGE (de provin, du lat. propago, -ginis), sorte de marcottage qui consiste à coucher en terre des branches d'arbres, surtout de vigne, afin qu'elles prennent racine et produisent de nouveaux pieds. Ces branches prennent le nom de provins. Les provins ne rapportent pas de fruit la première année.

PROVINCE (du la.i, provincia\, division territoriale. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr,

PROVINCIAL (du lat. provincialis), supérieur religieux gouvernant, sous la dépendance du supérieur général, les divci-s monastères d'un même pays, d'une même circonscription, qui constituent une province religieuse.

pROvi.NciALES (Les), nom sous lequel on a pris l'habitude de désigner le recueil des pamphlets écrits, sous forme de lettres, par Pascal, à l'occasion de la fameuse querelle que la (|uestion de la Grâce {Voy, ce mot) avait suscitée entre les Jansénistes et les Molinistes, c'est-à-dire les Jésuites Voy, le Dict, d'Hist, et de Géogr., art. iort-roval, jansénistes). Ces lettres étaient anonymes : la première parut le 25 janvier 1656, la di.x-huitième et dernière fut pu-

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