‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 133 sur 1729 · AUTHENTIQUE · texte numérisé non relu

AUTHENTIQUE

— Ce phénomène paraît être intimement lié à la cause du magnétisme terrestre. En effet, le sommet de lare lumineux est toujours situé dans le plan du méridien magnétique du lieu de l'observation ; le centre de la couronne se trouve toujours sur le prolongement de la boussole d'inclinaison ; enfin, dès au'une aurore boréale est signalée, on constate, même dans les lieux très éloignés de son apparition, des perturbations dans l'inclinaison et la déclinaison de l'aiguille aimantée. — La cause des aurores boréales resta longtemps obscure. Gassendi fut le premier qui les regarda comme des phénomènes naturels; Halley leur attribuait une cause purement magnétique ; Eberhard et Paul Frisi en cherchèrent au contraire l'explication dans l'électricité atmosphérique. Cette dernière opinion, adoptée par Canton, Deccaria, Franklin, Dalton, et combattue par Volta et Biof, a été mise hors de doute par Peltier et de la Rive. Selon ces derniers, les vapeui-s qui s'élèvent entre les tropiques avec l'air dilaté se dirigent vers les pôles, au travers des régions supérieures de l'atmosphère, et s'y condensent en particules glacées, tandis que l'électricité qu'elles ont conservée, se trouvant renfermée dans un petit espace, atteint une tension considérable, et finit par se combiner avec l'électricité du sol. De là l'aurore boréale : l'accumulation des particules glacées autour du pôle en forme le segment obscur; les décharges électriques qui se produisent tout autour de ce segment en sont les rayons lumineux. Enfin, les variations brusques que ces décharges produisent dans le courant terrestre expliquent les perturbations subies par l'aiguille aimantée pendant le phénomène. — On a pu produire artificiellement en petit de véritables aurores boréales.

AURORE. 04" petite planète, trouvée le 6 sept. 1867 par AVatson à Ann Arbor Etats-Unis). Voy. planètes.

AURRESCU. L'Aurrescu est la danse nationale des Basques espagnols ; elle se compose de plusieurs figures comme celles d'un quadrille. Elle débute par une sorte de farandole lente, exécutée par les hommes seuls. Les femmes entrent une à une. après y avoir été invitées par les danseurs qui prennent à tour de rôle la tête de la chaîne. Quand le nombre des danseurs et des danseuses, se tenant par l'extrémité de leurs mouchoirs, est égal, le mouvement s'accélère, la chaîne se rompt et l'Aurrescu se termine par un fandango.

AURURES du lat. aurum, or), combinaisons de l'or avec un autre métal. Les seuls composés de ce genre qu'on connaisse sont : r.4. d'argent ou or aFgentifère. et l'A. de palladium et d'argent, appelé aussi auro-poudre.

AUSCULTATION [du lat. atiscultalio). On désigne ainsi, dans le langage médical, une méthode de diagnostic qui est basée sur la connaissance des bruits que l'organisme en fonction produit, tant dans l'état sain que dans l'état de maladie. Elle comprend l'étude et l'appréciation de tous les bruits qui peuvent être perçus soit à distance, soit par l'oreille immédiatement appliquée sur la région qui résonne, ou encore par l'intermédiaire d'instruments destinés à conduire le son, p. ex. le stéthoscope [Voy. ce mot). Les praticiens préfèrent auj.. avec raison, au stéthoscope l'application immédiate de l'oreille seule (loy. percussion). L'auscultation s'applique le plus généralement au diagnostic et au traitement des maladies des poumons et du cœur. Elle a été en outre appliquée au diagnostic des fractures, de la péritonite adhesive, de la grossesse, des maladies de l'encéphale, de la caisse du tympan et des sinus frontaux. Cette méthode de diagnostic, indiquée déjà par Hippocrate, fut mise en honneur et portée d emblée à un haut degré de perfection par Laënnec, en 1816. Le Traité de l'auscultation médiate de Laënnec a été annoté par Andral •1857'. Barth et Roger, ajoutant quelques détails, et dogmatisant les découvertes de Laënnec, ont produit un bon Traité d'auscultation et de percussion 1841 et 1844". L'auscultation du cœur en particulier doit de grands progrès à Bouillaud.

AUSONIA, es* petite planète, trouvée le 10 fév. 1861 par de Gasparis à Naples. Voy. planètes.

AUSPICE. Voy. AUGCRE.

AUSSIÈRE ou iiACSSiÊRE (de hausser 1). cordage composé de 5 ou 4 cordes ou torons tordus ensemble et dont on fait les câbles ; il a une circonférence d'env. O^.SS. On s'en sert communément pour remuer de lourdes masses et pour changer de place les navires.

AUSTER, nom latin du vent du midi, qu'on dérive du grec a-j(jj. sécher.

i AUSTRAL (d'aua^er), tout ce qui appartient au sud : j l'hémisphère austral, le pôle austral, etc. — Les Terres I australes (Nouv.-HoUande, etc.) ont été découvertes en ' lt)05, par les Hollandais. Plusieurs navigateurs ont cru à l'existence d'un continent austral, situé à de hautes latitudes, et faisant contrepoids aux parties boréales de l'Asie et de l'Amérique. L'existence de ce continent est encore à prouver.Jusqu'à présent on n'a guère dépassé le 78° lat. sud.

AUSTRÈGUES (de l'ail, austragen, rapporter, décider), nom qu'on donnait dans l'Empire germanique à des arbitres devant lesquels les électeurs, princes, comtes, barons, prélats et nobles inmiédiats, avaient le droit de porter certames causes. Il y avait trois sortes à'austrègues : ceux de plein droit, pour les princes et Etats immédiats de l'Empire, ceux qu'on nommait par compromis et ceux que les empereurs accordaient à des villes impériales ou à d'autres membres du Saint-Empire. L'établissement des austrègues date du xia' siècle. Ils furent, depuis, remplacés par la Diète pour toutes les contestations élevées entre les membres de la Confédération germanique.

AUSTRIA. 136° petite planète, trouvée le 18 mars 1874 par Palisa à Pola. Voy. planètes.

AUTAN (du b.-lat. altanus), vent du midi qui vient de la haute mer.

AUTEL (du lat. altare), primitivement un lieu élevé, naturel conmie le sommet d une colline, artificiel comme un tertre de gazon et sur lequel on offre un sacrifice à la divinité. Le mot s'est appliqué ensuite à des monuments en bois ou en pierre, affectés à la même destination. — Toutes les religions ont eu des autels. Ceux des Egvptiens avaient la forme d'un plateau reposant sur une base conique. Ils étaient fixes ou portatifs. Ceux des Juifs étaient en terre d'abord et en pierres non taillées ensuite : l'autel des holocaustes, érigé en face du vestibule du temple de Salomon, avait vingt coudées dcj large, autant de long et dix coudées de haut. Les druides gaulois se servaient simj plement pour leurs sacrifices de larges tables de pierre, dont quelques-unes existent encore auj. Chez les Grecs et les Romains, l'autel, d'abord temporaire, devint fixe et fut construit en pierre, en marbre ou en briques. Il s'élevait en général devant les temples, en face de l'image même du dieu. Avec le temps, il devint une véritable œuvre ! d'art. Un des autels les plus fameux dans l'antiquité était celui de Jupiter à Olympie. Il avait à sa base 40 m. de tour et une nauleur de 7 à 8 mètres. On peut citer encore I l'autel monumental de Pergame, dont les débris sont au ! musée de Berlin. Les chrétiens ne paraissent pas avoir eu d'autels fixes dans les premiers temps de leur église. A partir du iv siècle et du triomphe du christianisme, ces I autels apparurent, avec différentes formes, mais toujours , en pierre depuis 517. L'autel dut toujours renfermer tout ou partie du corps d'un martvr : on plaçait ces précieuses reliques dans une cavité pratiquée dans l'autel. Les autels se multiplièrent dans les églises et devinrent très somptueux. Celui de Ste-Sophie, sous Justinien, était en or avec pierres précieuses et émaux. On se servit aussi d'autels portatifs, surtout au temps des croisades. La décoration des autels varia ensuite jusqu'à nos jours, suivant le goût de chaque époque.

! ACTELS privilégiés. On donne ce nom aux autels auxquels le pape a accordé une Indulgence plénière applicable aux défunts pour lesquels on y célèbre la messe. l}n ne connaît pas fa date exacte à laquelle a commencé cet usage : mais il s'est multiplié surtout depuis le xvi" siècle. AUTEL, constellation de l'hémisphère austral, qui a trois étoiles tertiaires : elle est placée sous la queue du Scorpion. Elle contient 3 étoiles de 3* grandeur, 4 de 4% 8 de 5'. Son ascension droite moyenne est 17'' 0"", sa déclinaison 54".

AUTEUIL l'Paris), eau miner. Voy. eaux minérales. AUTHENTIQUE (du gr. ajOevTixôî; d'aù6ÉvTT,î. oui agit de sa propre main). En Jurisprudence, on appelle actes authentiques les actes émanés d'officiers puolics avant le droit d'instrumenter dans le lieu où ils ont été rédigés et avec les formalités requises. — Dans la Critique historique, on nomme écrits authentiques ceux qui sont réellement de l'auteur auquel le titre les attribue, et du temps auquel la tradition les rapporte : on oppose, en ce sens, le mot authentique au mot apocryphe [Voy. ce mot). — Dans l'histoire du Droit romain, les Authentiques sont la traduction authentique des Novellet de Justinien,^

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