‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 134 sur 1729 · AUTONOME · texte numérisé non relu

AUTONOME

traduction revtUuc par l'empereur Justin II de la sanction de l'aulorilé publique. On donne aussi ce nom aux extraits des Sovellcs puijliés en 1130 par Irnérius et revus au xni' siècle par Accursc.

En Musique, on nomme mode authentique un mode ou ton dont la dominante est la quinte de la finale. On regarde aussi ronimc authentiques tous les tons, pourvu que la modulation soit rceulière, parce qu'on ne reconnaît jamais pour linalc que la note qui a pour dominante la

2uiiite à l'aigu ou la quarte au grave. L'Eglise latine a auj. tons authentiques : le 1", le 3°, le 5° et le 7°; on les nomme ainsi |)arcc cpc ce furent les 4 tons approuves par saint Amhroise, à qui on doit le plain-cliant.

AUTOBIOGRAPHIE (du gr. auTÔî, soi-même, pio?, vie, et vpà,îw, (''crire), récit qu un personnage fait de sa propre vie! Ce mot, tout moderne, peut s'appliquer aux détails

Îu'à différentes époques quelques honunes célèbres ont oniiés sur leur propre histoire, sous le nom de Confessions, comme saint Augustin et J.-J. Rousseau, ou sous ceux de Mémoires, comme Benv. Cellini, Goethe, Alfieri, Casanova, Goldoni, Marmontel, Chateaubriand, etc., de Coufidcuces. comme Lamartine, etc.

AUTOCHTONES (du gr. aÙTÔy^wv, tesu du sol même), nom que les Grecs donnaient aux peuples qui se prétendaient originaires du pays même qu'ils habitaient. Ce mot est à peu près synonj-me i!î aborigènes. Les peuples anciens, surtout les Athéniens, tenaient à honneur de passer pour autochtones par opposition à colons.

AUTOCLAVE (du gr. auxô; et du lat. clavus, clef), vase qui se ferme de lui-même par la pression de la vapeur. Cet appareil n'est autre chose qu'un perfectionnement de la ?nai-mite de Papin [Voy. marmite).

AUTOCRATE (du gr. auxoxpdxTjî), souverain absolu. Ce titre, donné d'abord par les Athéniens à un général en chef investi de pouvoirs discrétionnaires et dispensé de rendre compte, fut ensuite affecté aux empereurs de Byzance; c'est d'eux qu'il a été emprunté, comme celui de Tsar (César), par les empereurs de Russie, qui le portent seuls aujourd'hui.

AUTODAFÉ. J'o^. ce mot et inquisitio.n au Dicl. d'Hisl. et de Géogr.

AUTOFÉCONDATION, fécondation du pistil d'une fleur

Ear le pollen de la même fleur. L'autofécondation est rare ; i fécondation croisée donne des métis plus aptes à la lutte pour la vie.

AUTOGRAPHE (du [gr. aùtÔYpacpOi;). Ce mot s'emploie comme adjectif : lettre autographe, écrite de la main de l'auteur ; et comme substantif : un autographe de Voltaire, de Rousseau, de Napoléon. — Suétone et Pline parlent déjà de recueils d'autographes. Depuis le commencement de ce siècle, le goiît des autographes est devenu chez quelques personnes une vive passion, pour la satisfaction de laquelle on n'a pas reculé devant les plus folles dépenses. Il faut reconnaître que les autographes ne servent pas seulement à alimenter la curiosité : ils peuvent quelquefois aider à résoudre d'intéressants problèmes d'histoire et de critique littéraire. — Outre les riches collections

Ï n'offrent les établissements publics, notamment la Bibliolèque nationale de Paris et les Archives, on cite, en France, celles de plusieurs amateurs : de MM. de Châteaugiron, Dolomieu, Monmerqué, G. de Pixérécourt, Bérard, Saint-Gervais, d'Aligre, Anatole de Montesquiou; surtout celles de MM. de Villenave et Feuillet de Couches. — On supplée à la possession des autographes par les fac-similés, dont il a été publié divers recueils ; le plus abondant est V Isographie des hojnmes célèbres (Paris, 1827, 2° éd., 1853). M. Fontaine a donné le Manuel de l'amateur d'autographes (Paris, 1836), et M. Feuillet de Couches, les Causeries d'un curieux tirées d'un cabinet d'autographes (1862).

AUTOGRAPHIE. L'autographie est un procédé lithographique par lequel on transporte sur le support lithographiqiie (pierre ou feuille de métal) une écriture ou des dessins exécutés sur un papier recouvert d'une couche de colle d'amidon ou de toute autre matière collo'ide facilement solublc dans l'eau. L'encre dont on se sert a sensiblement la même com])osition que celle utilisée pour écrire ou pour dessiner directement sur pierre. La feuille de papier, couverte d'écriture ou de dessins, est placée, face contre face, sur ime pierre lithographique disposée sur le chariot de la presse (Voy. lithographie). On donne une ou plusieurs pressions et l'encre adhère à la pierre ; en humectant

le papier, on détrempe la couche d amidon sur laquelle les traits ont été faits, la feuille-support s'enlève alors sans difficultés, laissant sur la pierre lithographique liîs dessins ou l'écriture, qu'on prépare et qu'on imprime comme il est dit au mot lithographie. Inventée en 1799-1800 par Senefelder, l'autographie a été, justju'à ces dernières années, le procédé d'impression économique et expéditif par excellence. On lui a substitué auj., dans les administrations et dans les maisons de commerce, l'impression obtenue à l'aide de planches sur compositions à base de gélatine (autocopie, polycopie, etc.).

AUTOMATE (du gr. aÙTÔ[xaTOî, spontané), machine qui, par l'effet d'un mécanisme caché, imite les mouvements des créatures vivantes. Le pouvoir moteur de presque tous les automates est un ressort d'acier, analogue à celui d'une montre. On se sert aussi de poids, ou de sable fin tombant sur les auges ou palettes d une roue qui met en mouvement le reste du mécanisme. — On a construit des automates dès les temps anciens, témoin le pigeon d'Arcliytas, qui volait; mais c'est aux progrès de l'horlogerie que cet art doit ses plus grandes merveilles. Vers la fin du xin« siècle, plusieurs horloges, entre autres celles de Strasbourg, de Lubeck, de Prague et d'Olmûtz, faisaient déjà mouvoir des mécanismes remarquables. Deux automates du célèbre Vaucanson excitèrent au plus haut point l'admiration publique au siècle dernier : l'un était un joueur de flûte qui exécutait plusieurs airs, et l'autre un canard qui battait des ailes, nageait, mangeait et digérait. Le Suisse Droz et Fréd. de Knauss, de Vienne, sont connus aussi pour leui-s automates. — On cite encore : Vandroïde d'Albert le Grand, qui ouvrait en saluant à ceux qui venaient frapper à sa porte; la mouche et l'aigle volants de Rcgiomontanus ; plusieurs pièces de Léonard de Vinci ; les têtes parlantes de l'abbé Mical; enfin, le joueur d'échecs du baron de Kempelen, automate qui, en 1809, fit sa partie à Schœnbrunn avec Napoléon. — On ne construit plus guère auj. d'automates, si ce n'est dans la Suisse française et la Forêt-Noire, où plusieurs artistes continuent encore de faire de petits automates, p. ex. des serins ou d'autres oiseaux qu'on place dans des tabatières. — Consulter : Schott, Technica curiosa ; les Œuvres de Kirchcr, de Lana, de Porta, de Wilkins, de Salomon de Caus; Borgnis, Traité des machines imitatives (1820); Kempelen, Explication du joueur d'échecs (1821), etc.

AUTOMATIQUE. En Physiologie, on appelle mouvement automatique tout mouvement qui dépend uniquement de l'organisation, et sur lequel la volonté n'a aucun pouvoir, p. ex. : la circulation du sang, le battement des artères ; ou qui a lieu sans aucun but déterminé, p. ex. : les mouvements de l'enfant nouveau-né, les mouvements de certains maniaques ou délirants.

En Mécanique, un mouvement est dit automatique quand il s'opère en raison même de la disposition des organes de la machine, sans le secours de l'homme. .

AUTOMNE (du lat. autumnus), 3= saison de l'année, commence le jour du second équinoxe, au moment où le soleil entre (dans le signe de la Balance, le 23 septembre et quelquefois le 22 [Voy. saisons), et finit le 21 ou le 22 décembre, lorsque le soleil entre dans le signe du Capricorne; sa durée est de 89 j. 16 h. 30 m. Depuis le premier jour de l'automne jusqu'au premier jour de l'hiver ou solstice, les jours dans notre liémisphère vont toujours décroissant et sont toujours plus courts que les nuits. C'est en automne que les fruits mûrissent dans nos climats : c'est aussi dans cette saison que les maladies sont le plus fréquentes. Dans la zone équatoriale il n'v a point d'automne. — On représente l'Automne, en mytnologie, sous les traits d'une femme couronnée de pampres ; elle tient d'une main une grappe de raisin, et a l'autre bras chargé d'une corne d'abondance.

AUTONOME (du gr. aôxovoîxo;, qui se donne sa loi à soi-même). Kant nomme autonome lame qui ne se guide que d'après les purs préceptes de la raison, jiarce que la raison est le fond de l'âme elle-même : arriver à I autonomie, est pour lui le but de la vie morale. Voy. Kant, Critique de la Raison jiratique. — En Droit public, on nomme Etat autonome celui qui se gouverne lui-même, sans être le vassal d'aucun autre ni avoir à subir son protectorat.

En Histoire, on nomme autonomes certaines villes auxquelles les Romains, après les avoir conquises, lais-

ALTOPLASTIE

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