‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1354 sur 1729 · RAIL · texte numérisé non relu

RAIL

RAFLE (du lai. raperc^. On appelle ainsi : 1° une espèce Ao Glet conlremaillé, dont on se sert |K)ur prcn<lre les inoijieaux et autres petits oiseaux pendant la nuit ; 1^ un lilet de pèche garai d'ailes, et qui a plusieurs ouvertures à chaque exlréiuité.

Rafle se dit, au Jeu de dés, quand les dés amènent oliacun le même point.

RAFLE (du lioUand. rappe. teiçne)^ l,es Vétérinaires ap|>elleut rafle mie maladie éruplive qiii aireclc spécialement les hèles bovines : elle consbte dans une éruption de pustules qui, après avoir formé abcès, s'ouvrent cl se dessèchent.

RAGE (du lai. rabies^, maladie virulente consistant en un trouble profond de l'innervation qui atteint à la fois la sensibilité, le mouvement cl rinlelligcnce. Elle est fréquemment observée chez le cliien, le chat, plus ran-mcnl sur le cheval, l'âne, la vache, le loup, etc., et peut cire communiquée à l'homme par la morsure de ces animaux, mais seulement par elle : la transmission de l'homme à l'homme ou aux animaux n'a pas été constatée ; mais l'inoculation de la moelle de sujets morts de rage donne des résultats jKtsitifs dans tous les cas. chez tous les animaux, loi-sque l'moculation est faite suivant une technique déterminée. C'est à tort que l'on donne à la rage le nom A' hydrophobie (horreur de l'eau ou des boissons), car ce symptôme manque le plus souvent chez le chien ou il ne traduit que de la dysphagie bucco-pharyngienne, et chez l'homme il appartient à d'autres maladies. — Le développement de la rage offre trois périodes dont la succession est plus ou moins régulière : 1° P. d'excitation, 2' P. de perversion, 5» P. d'affaissement.

Chez l'homme, dans la \" période il y a exallalion douloureuse de la sensibilité, hypereslhésie de tous les sens, d'où résultent une inquiélntle et une agitation incessantes. Le malade manifeste l'horreur des boissons (hydrophobie) et des aliments (dvsphagie) : ces signes caractéristiques s'accompagnent parfois de crachotements d'une salive gluante, mais non éeumeusc, qui ne durent pas au delà d'un jour. Dans la 2* périotle appjiraissenl les hallucinations et le délire, qui atteint quelquefois jusqu'à la fureur maniaque ; il est excessivement rare toutefois que le malade cherche à mordre. Le patient est en proie à des spasmes con^Tilsifs qui se rapprochent et se généralisent de plus en plus. Puis, toute lueur d'intelligence disparaît, les sensations deviennent obtuses : c'est la période d'affaissement, interrompue encore par quelques attaques spasmodiques et se terminant par la mort. — La maladie se déclare en moyenne 40 jours après la morsure : dans quelques cas l'invasion du mal ne s'est produite qu'après 5 ou 7 mois. On a signalé un cas de guérison spontanée (Decroix, 1864). Le tiers seulement des individus mordus devient enragé. Autrefois on ne reconnaissait comme remède efficace que la cautérisation immédiate avec le fer rouge ou un caustique puissant, comme le b<Hirre d'antimoine. Aujourd'hui, grâce aux travaux mémorables de Pasteur et de ses élèves, on pratique avec succès les vaccinations antirabiques après morsure. Ces vaccinations sont faites avec des virus atténués, avec des moelles rabiques dont la virulence a clé graduée. En France, les vaccinations antirabiques se font uniquement à l'Inslilut Pasteur. Il existe aussi plusieurs Instituts antirabiques à l'étranger. — On ne connaît mallieureusement pas encore l'agent microbien de la maladie.

Chez le chien, la maladie apparaît d'ordinaire 4, 5, 6 ou 8 semaines après la morsure. Le malade perd la gaîtc et l'appélil, cherche à se cacher dans l'ombre, devient plus excitable et n'obéit qu'à regi"et aux ordres qu'il reçoit. Dans quelques cas très exceptionnels il peut cependant se montrer plus affectueux qu'à l'ordinaire. A une période plus avancée de la maladie, il cherche à mordre sans motif les personnes qu'il ne coimaîl pas ou peu, déglutit des matières étrangères à son alimentation : paille, morceaux de bois, cailloux, etc., aboie d'une façon caractéristique et fuit le domicile de ses maîtres. Enfin, dans une ô' et ilernière

fiériode, il présente les symptômes de la rage furieuse qui e conduisent à la mort à bref délai : accès de fureur, envie permanente de mordre, hallucinations, aboiements particuliers, salivation écumeuse, paralysie, etc. Dans quelques cas assez rares, la rage paraît présenter d'emblée les symptômes paralytiques : c'est la forme désignée sous le nom de Raye mue.

RAGOT (du wallon roguin, jeune cochon?). En termes

de Vénerie, on donne ce nom à un sanglier qui a déjà quitté les compagnies, mais qui n'a pas encore tout à fait trois ans.

BAGUE ou POMME DE RACAGE. On appelle ainsi, dans la Marine, de petits blo«'s en Ijois presque sphériqucs. percés diamétralement pour recevoir le cordage appelé le bâtard; ces pommes facilitent les mouvements de bas en haut et de haut en bas des racages. — Une ragiie goujée est celle qui a deux goujures ou entailles à angle droit sur sa surface, l'une servant au passage d'un cordage dormant, l'autre recevant la ligne qui fixe la rague sur le dormant.

RAGUER, se dit dans le cas de frottement exagéré ou nuisible dans une manœuvre, de celui de la quille sur le fond.

j RAI AS ou R.VTAS (c.-à-d. troupeau en arabe), nom sous : lequel la Porte Ottomane désigne ses sujets non mahomé- ' tans, surtout en Arménie. Les raïas ont été longtemps i soumis, en Turquie, aux traitements les plus humiliants; ' leur sort s'est amélioré à mesure que la civilisation européenne a pénétré chez les Ottomans. Cependant, tous payent ' encore le tribut qu'on appelle hharadj. Voy. ce mot. i RAIE. Raja, genre de l'oissons chondroptérvgiens, de : l'ordre des Plagiostomes, famille des Sélaciens : corps large, I aplati horizontalement en forme de disque ; nageoires pec- I torales, laides et charnues ; queue longue et grêle ; bouche ' lar<re, située en travers à la face ventrale ; mâchoires armées j de dents menues. — Les Raies habitent exclusivement la mer : elles sont très voraces et se nourrissent de petits poissons et de crustacés. Les œufs de ces poissons sont enveloppés tians des espèces de petits sacs carrés, longs et aplatis, dont les quatre coins sont prolongés. On pèche les raies avec des filets et avec des lignes amorcées de petits i laissons. On les transporte au loin, et l'on remarque que I la chair en est beaucoup meilleure que lorsqu'elle n'a pas I voyagé. Les espèces principales sont : la Raie commune, ! R' blanche ou cendrée (R. bâtis], qui habite presque toutes les mers; elle atteint jusqu'à 4 mètres, et porte à la queue deux épines fortes et pointues; la R. boucléCy vulg. Clavel ou Clavelade (R. ctavala), reconnaissable à ' sa peau hérissée de tul)ercules osseux, munis cliacim d'un aiguillon recourbé comme une boucle, d'où son nom : cette ! espèce a le dos bleuâtre et semé de taches rondes et blanches; on la trouve dans toutes les mers d'Europe; c'est j la plus recherchée pour la table; la R. à museau aigu ou I Oxyrhynquc, appelée vulg. Alêne dans le midi de la France; la R. pastenague, vulg. Ratepenade (Voy. mocrixe). — Au groupe de Raies il faut encore rapporter VAnacanlhe, la Torpille, etc. l'oy. ces mots.

Raie péchei'esse : c'est la Rauaroie. Voy. ce mot. R.UE (du lat. radius, rayon). En Optique, on appelle raies du spectre les lignes noires qu'on aperçoit dans le spectre solaire ou les lignes brillantes discontinues auxquelles se réduit le sj)ectre des vapeurs métalliques ( l'oy. spF.CTROscoPEs) . Ccs raies ne se trouvent pas seulement dans la partie visible du spectre, mais aussi dans celles que révèlent uniquement des phénomènes calorifiques ou chimiques. Ces raies ne tombent pas aux limites des couleurs ; mais elles sont réparties avec une grande irrégularité depuis le rouge jusqu'au violet. Pour établir quelques points de repère, Fraunhofer. à qui l'on doit la découverte des raies obscures du spectre solaire, a choisi les huit plus saillantes et les a désignées par les lettres a, b. c. d, e. f. g, h. Le nombre des raies connues par leur réfrangiljilité s'élève à plusieurs milliers. Le spectre solaire ne donne que des raies obscures ; celui d'une flamme contenant une vapeur incandescente présente des raies brillantes caractéristiques. En observant une éclipse de soleil, MM. Janssens et >'ormann Loitkyer ont découvert des raies brillantes dans la lumière des pn>tul)érances solaires. En s'appuyant sur ces diverses observations, on peut reconnaître que les raies brillantes sont protluites par les rayons qui émanent directement des sources lumineuses ; les raies oliscures sont dues à l'interposition de vapeurs entre la source et l'oliservateur : ces vapeurs absorbent certains rayons, lesquels font alors défaut dans le spectre. On attribue ainsi à l'atmosphère solaire les raies obscures du spectre; l'atmosphère terrestre en produit aussi. On les appelle raies telluriques.

RAIFORT ùle l'anc. fr. raiz, racine, et de fort). On appelle : Raifort sauvage, le Cochlearia armoracia, vulg. Cranson de Rretagne et Moutardelle [Voy. armoracia)^ R. d'eau, le yasturliuin aniphibium.

RAIL, mol anglais qui signifie barre, a été employa

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