‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1357 sur 1729 · RAMBOUILLET · texte numérisé non relu

RAMBOUILLET

eroyanccs et dans noire coniliiilc f'oij. intelligence, sens commcn). 2° Dans son acception spéciale et philosophique, la raison est la partie la plus relevée de l'intelligence, la faculté qui rapporte nos pensées et nos actions à certaines réffles universelles et immuables, qui nous met en communication avec Dieu par les idées du vrai, du bien et du beau, etc. Sa fonction est de concevoir ce qui est absolu et nécessaire, c.-à-d. l'Etre infini et par/ait, ainsi que les vérités premières qui servent de fondement à toutes les sciences. On lui dorme d'ailleurs divers noms d'après ses applications : /{. spéculative, R. pure ou intuitive, pour les principes métaphysiques et logiques et pour les axiomes mathématiques: /{. pratique ou conscience morale, pour les principes moraux : ijoùl. pour l'appréciation du beau. Par le rôle qu'elle remplit ainsi dans notre es|irit, la raison se distingue «le {'earpérience et préside &u jugement ainsi qu'au raisonnement. Voy. ces mots.

On a beaucoup discuté sur la nature et les caractères de la Haison, sur ses rapports avec les autres facultés, sur le nombre des idées que nous lui devons. Il v a. sur ces divers points, deux systèmes : l'un, appelé idéalisme et rationalisme, lait de la raison une faculté spéciale : l'autre, nommé empirisme, lui refuse une exislence à part, et prétend expliquer l'origine de toutes nos connaissances par l'expérience aidée de l'abstraction, de la généralisation et du langage. Le premier système doit montrer comment la raison fait son apparition, comment elle saisit les idées qui sont de son domaine ; il doit détemiiner ce qu'elle est eu elle-même, si elle est l'intelligence humaine envisagée dans une de ses applications, comme l'ont enseigné .\ristote [Traité de l'âme]. Si Thomas, Kant (Critique de la raison pure), Reid, etc., ou si elle est la lumière par laquelle Dieu éclaire noire esprit, comme l'ont pensé Platon {liépubliquc), Plolin [Ennéade IV} , Si .\uguslin. Descaries, Iktssuet [De l'existence de Dieu et de la connaissance de soi-même, I, IV), Fénelon {De l'exist. de Dieu, I, *2), Malebranche [Méditations], etc. ]'oy. EJiPiitisME, ioéalisme. — Consulter : Cousin. Du vrai, du beau et du bien ; Bouillier, Théorie de la raison impersonnelle; Ravaisson, la Philosophie au xix"' siècle.

Raison se prend aussi dans le sens de cause, motif : c'est ainsi qu'il faut entendre le principe de la raison suffisante, établi par Leibniz, principe en vertu duquel aucun fait ne peut avoir lieu sans qu'il y ait une raison suiïisantc pour qu'il soit de telle manière plutôt que de telle autre. Voy. dkteujiimsme.

BAisox (Math.). Voy. imiogressiox. On dit que deux quantités varient en raison directe ou en raison inverse l'une •le l'autre quand, l'une devenant 2, 5, 4 fois plus grande, l'autre devient par suite 2, 3, 4 fois plus grande ou plus petite.

En termes de Commerce, les mots raison, raison sociale, signilient les noms des associés eu nom collectif ou irommandités, rangés et énoncés de la manière que la société a déterminée pour signer les lettres missives, billets et lelties de change.

RAISONNEMENT ou iiaisox disccrsive (en lat. ratiocinatio), opération de l'esprit qui consiste à établir un rapport entre deux idées au moyen d'une troisième, ou, en d'autres termes, à passer d'un jugement à un autre. Le i-aisonnemenl s'appelle induction quand il va du particulier au général; p. ex. : c. Leau. l'alcool, l'huile se dilatent par la chaleur: or ce sont des corps liquides: donc les corps liquides se dilatent par la chaleur ». Il s'appelle déduction quand il tire d'une proposition générale une proposition particulière : p. ex. : « Les corps liquides se dilatent par la chaleur: or le mercure est un corps litiuiiie: donc le mercure se dilate par la chaleur ». Il s'appelle raisonnement par analogie, quand il lire d'une proposition particulière une autre proposition particulière: p. ex. : « L'eau se dilate par la chaleur: donc l'huile doit se dilater par la chaleur u. Quelquefois il se l)orne à reproduire une proposition sous une forme dilférenle, comme dans une série d'équations. — Dans les sciences démonstratives, comme les nKithématiques, la déduction s'emploie exclusivement. Dans les sciences expérimentales, comme la physique, l'induclion donne les lois qui servent de principes, et la déiluclion en lire les conséquences.

Voy. INDCCTIOX, DÉDtCTIOX. SYLLOGISME, ÉQIATIOX, Ctc.

L'évidence propre au laistxmeinent est médiate et démonstrative, parce qu'elle résulte ilu rapport établi entre plusieurs jugements qu'on a disposés dans l'ordre propre

.1 faire ressortir leur liaison. Elle suppose l'évidence immédiate ou intuitive dans chacun de ces jugements. C'est aussi par ce caractère ijue le raisonnement se distingue de la raison dont il dérive et à laquelle il se rattache parce qu'il en applique les principes. Voy. certitcue, dêmqxs-

TlUTIOS.

RÂLE (orig. germaniq.), en lat. rhonchus. Dans le langage vulgaire, le mot râle désigne le brait que font entendre les moribonds en respirant : il est produit par le }>assage de l'air à travers les mucosités accumulées oans le larynx, la trachée artère ou les grosses divisions des bronches. — Les médecins appellent ainsi tous les bruits contre nature que peut protluirc le passage de l'air pendant l'acte respiratoire, soit en traversant des liquides ou des mucosités qui se trouvent dans les bronches, soit en raison d'un rétrécissement partiel des conduits aériens. Tous ces bruits anormaux peuvent se ramener à deux types généraux : les râles secs, sibilants ou vibrants et les taies humides ou bullctu-. Voy. acsccltatiox et stétiioscoi-e.

nÀLE. Rallus. genre d'()iseaux, de l'ordre des Ecbassiers macrodactyles, et type de la famille des Rallidés. Les Râles courent avec rapidité et ne voient guère. Ils vivent isolés dans les joncs, les broussailles, etc. Les deux espèces les plus connues sont le liâle d'eau (/.'. aquaticus], d'un roux brun, avec des nuances blanchâtres et grises, et le bec rouge, plus long que la lète, et le Râle de genêts (/{. crex), vnlg. Roi des cailles, parce que son arrivée annonce celle de ces oiseaux : il est d'un brun fauve, tacheté de noirâtre en dessus et gris-roussàtre en dessous; il a le bec plus court f(ue la lèlc. On cite encore le R. d'eau poussin (//. pusiltus], le It. de Raillon fH. Raillonii], «[ui fréquentent surtout l'Europe orientale; le li. marouette {R. porzana), qui ressemble à une poule d'eau, etc. I^ chair des râles est estimée.

RALINGUE (de l'anglo-saxon raa, vergue, et lœccan, saisir . cor<lage cousu autour des Iwrds d'une voile pour la fortilier. On distingue : la R. de têtière ou d'envergure, qui Iwrde la partie supérieure de la voile: la /{. de fond ou de bordnge, qui boi"de la prtie inférieure, et les deux R. de chute, qui bordent les côtés verticaux. — Ralinquer. mettre en ralingue, c'est disposer les voiles dans la direction du vent qui souflle. de manière qu'elles ne reçoivent le vent sur l'une ni sur l'autre face.

RALLENTANDO. terme musical, emprunté à l'italien, signifiant qu'on doit peu à peu retarder la mesure.

RALLUS, nom latin scicntiliquc du genre ràle.

RALUTS. nom vulgaire des angelots d'or frappés à Paris en 1427. j)ar Henri VI, roi d'.\ngleterre. alors maître de la France, foy. angelot.

RAIMAOAN ou ramazan, le carême des Musulmans. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Gcogr.

RAIMAGE idu lat. ramaticum, branchage', une des opérations de la fabrication du drap. Voy. rame.

RAMASSE (de l'ital. ramazza, du lat. rainus. branche), espèce de traîneau fait de branches d'arbre, guidé par un homme qui se tient en avant pour en modérer le mouvement et dans lequel les voyageurs descendent les montagnes couvertes de neige. Les voyageurs (|ui traversent les Alpes en descendent souvent les pentes en ramasse.

RAMAYANA, ancienne éfiopce liindoue. a |)our auteur le poète Valmikî; elle a dû être composée, au moins sous sa forme actuelle, vers le ix» ou le x° siècle; en tout cas, la langue et les doctrines religieuses indiquent que le Ramayana est postérieur au Mahûbhârata ( Voy. ce mot). Le héros du poème est Rama, roi de Kausala, incarnation de Vichnou. Consulter : Langlois, Monuments littéraires de l'Inde: Eiclihoff. Poésie héroïque des Indiens.

RAM BERGE (de l'anjrl. row-barge. Ijarque à rames), ancieime espèce de navire île guerre de la Méditerranée, adoptée ensuite par les Anglais- Sa forme était longue et étroite.

l'n des noms vulgaires de la Mercuriale annuelle.

RAMBOUILLET. Hôtel Rambouillet, résidence du marquis de Ramlx)uillet. de sa femme Catherine de Vivonne- Pisany. et de leur fille Julie d'Angennes, plus lanl mai-quise de Montausier. Autour dcCatherine de Hamlxmillet Arthénice, par anagramme «le Catherine) et do Julie d'.\ngennes se réunissaient, de 1024 environ h Iti.^O. les plus beaux esprits du temps. L'Hôtel de Ramliouillet, eu conséquence, fut un de ces Salons littéraires qui dans l'ancienne société française faisaient la loi dans la « République des lettres ». Ce fut le plus iilujttru. lous les au-lcurs de ce temps dont

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