‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 137 sur 1729 · AVOUE · texte numérisé non relu

AVOUE

l'ordre n'est acquise qu'après un stage de trois ans, pendant lequel le jeune avocat doit suivre les audiences des tribunaux et les conférences tenues pour l'instruction des slapiaires; il a néanmoins pendant son staçe le droit de plaider toutes les affaires qui lui seraient confiées d'office ou autrement. I^es avocats de chacjue barreau sont soumis à un conseil de l'ordre électif, présidé par un bâtonnier. Ce conseil connaît des plaintes que les clients peuvent former contre les membres de l'ortlrc à raison de l'exercice de leur profession; il a, en outre, droit de surveillance sur tous les avocats inscrits au tableau, et principalement sur les stagiaires. 11 peut, en certains cas, infliger des

Peines disciplinaires, savoir : l'avertissement, la réprimande, interdiction temporaire, dont 'la durée ne peut excéder une année, enlin, la radiation du tableau, sauf recours devant une cour d'appel. Bien qu'inscrits sur le tableau d'une seule cour, les avocats peuvent plaider par toute la France. Leur profession est incompatible avec les fonctions de préfet, sous-préfet et secrétaire général de préfecture ; avec les fonctions judiciaires, les offices de greffier, notaire, avoué; les emplois à gages et toute espèce de négoce. L'avocat ne peut réclamer judiciairement ses honoraires. Il est soumis à un droit de patente (loi du 18 mai 1850). Voy. les Règles de la profession d'avocat, de MoUot, de Liouville, de Cresson, etc. — Pour l'histoire de l'ordre,

voy. BARREA0.

Les Avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation sont des officiers ministériels qui jouent à la fois le rôle d'avoués et le rôle d'avocats. Ils sont chargés de suivre la procédure et de plaider pour les parties devant le conseil d'Etat et la cour de cassation. Ces deux offices, jadis séparés sous divers titres, ont été réunis par l'ordonnance du 10 sept. 1817, qui en même temps a réglé la discipline intérieure de ce corps. Pour remplir ces fonctions, il faut être âgé de 25 ans, avoir au moins trois années de stage comme avocat, et être agréé par le conseil de l'ordre, le ministre de la justice et la cour de cassation. Ces offices sont transmissibles à prix d'argent : leur nombre est fixé à 60.

]' Avocat général est un magistrat attaché au ministère public près fa cour de cassation ou près les cours d'appel et qui est chargé de porter la parole au nom du procureur

fénéral et sous sa direction, pour défendre la loi et ordre public ; il est secondé et suppléé au besoin par des substituts. Cette fonction est antérieure à la Révolution. Son organisation actuelle date de la loi du 20 avril 1820.

Voy. MINISTÈRE PUBLIC.

AVOCATIER (d'aouicate, mot caraïbe), Laurus persea, Persea gratissima, arbre d'Amérique, de la famille des Laurinées, a la hauteur du Poirier, est toujours vert, et donne un fruit vulgairement appelé poire avocat, qui ressemble pour la forme et la grosseur à une poire de bonchrétien : sa pulpe épaisse, grasse et fondante est d'un goût agréable, mais un peu fade. On mange ce fruit comme le melon, ou bien accommodé au sucre ou au vinaigre. Les feuilles entrent dans la composition de l'élixir dit de Courbelles.

AVOCETTE, Recurviroslra, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers limicolcs : pieds palmés, bec membraneux, allongé, grêle et recourbé en haut, à partir de la moitié de sa longueur. Ce sont des oiseaux de rivage, voyageurs, et que l'on trouve particulièrement dans les pays froids ou tempérés, sur les côtes d'Europe et d'Amérique. La forme et la faiblesse de leur bec les obligent à se nourrir d'aliments mous, comme le frai des poissons, les vers et les insectes aquatiques qu'ils trouvent -dans la vase. Ils courent et nagent avec vitesse et sont très farouches. La chair des

i'eunes avocettes est assez délicate. L'A. d'Europe est de a grosseur d'un pigeon ; elle a le plumage mêlé ae noir et deblanc, avec la tête et les tarses noirs. Cette espèce est commune dans le Poitou, où elle est l'objet d'une chasse active.

AVOINE (du lat. avena), Avena, genre de la famille des Graminées, type de la triou des Avénacées, fait partie du groupe des Céréales et a pour caractères : fleurs en panicules, glume bivalve à deux ou plusieurs fleurs, glumelle à deux valves pointues, l'extérieure portant une arête longue, raide et tordue à sa base. On connaît une cinquantaine d'espèces du genre Avoine, presque toutes originaires d'Europe, et quelques-unes du cap de Bonne -Espérance. L'^. commune [A. sativa) est, comme on le sait, la nourriture j)ar excellence du cheval ; on la donne autsi aux bestiaux et

aux volailles. Elle engraisse les moutons, elie augmente la production du lait des brebis-mères et double la ponte des œufs dans les volailles. Elle sert encore dans quelques nays pauvres à faire du pain; mais ce pain est lourd et d une saveur désagréable. On peut faire, aveece grain, de la bière et de l'eau-de-vie ; les amidonniers en font des gruaux [Voy. ce mot). Enfin, les tiges vertes de l'avoine donnent un excellent fourrage, et les balles servent au coucher des enfants. L'avoine se sème en septembre ou octobre dans l'ouest de la France, et partout ailleurs en février, mars ou avril. — L'Avoine commune présente plusieurs variétés : VA. d'hiver, à balles rayées de brun; 1'^. de Géorgie, à feuilles larges et à grain jaunâtre; 1'^. de brie, à grain noir, très renflé; VA. de Hongrie, à grains blancs et gros, mais qui a l'inconvénient de s'égrener facilement ; 1 ^. patate, à grain blanc et court, importée d'Anffleterre et sujette au charbon ; VA. de Zélande, qui est a plus belle et la meilleure. — Parmi les autres espèces d'Avoine, nous citerons : 1" VA. unilatérale, à panicules serrées, dont les épillets s'inclinent tous du même côté; on en distingue de blanche et de noire ; 2° 1'^ . de Tartarie oii A. nue, qui doit ce dernier nom à la disposition qu'ont ses grains à sortir tout mondés de la balle par le battage; 3" 1'^. courte, à feuilles, à barbes et à grains plus courts que dans les autres espèces; 4° la Folle- Avoine [A. fatud), ainsi appelée à cause de sa panicule étalée, grêle et munie de longues barbes qui oscillent au moindre vent. — Les trois premières de ces espèces s'emploient comme l'avoine commune. La folle-avoine, au contraire, est une des plantes les plus nuisibles aux récoltes : elle étouffe les blés par ses racines, et ses graines, mijres de bonne heure, se ressèment d'elles-mêmes, au point q^u'il est difficile d'en débarrasser les terres qui en sont infestées. Les Hollandais l'ont cependant mise à profit pour raffermir le sable mouvant de leurs dunes. — Avoine élevée. Vou-

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