‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1378 sur 1729 · REMORA · texte numérisé non relu

REMORA

narrliomiiis assouplis ilo papiers, de; à I appropriation (les nerfs ou faux nerfs ; à la coupe et à la parure des peaux (le nianji^uin, etc., faljri(iu(;es spécialement pour la reliure; à l'applicalioii de l'une de ces peaux sur le volume, ce (|ui constitue la couvnire propr. dite. La partie artisli(|ue par excellence consiste à empreindre en or, en gauliure ou en couleurs sur la couverture, à la main ou au balancier, les pièces gravées sur bronze [fers à dorerj, caractères, etc., servant à l'ornementation du livre ou à la d(''sig^nation de l'ouvrage. On achève la reliure par le collaqc des gardes, la mise en presse et le vernissage.

La reliure, qui nous vient îles Grecs, était déjà classée comme un art chez les Romains : on distinguait les libi-arioli, les glulinatores, etc. (Voy. G. Peignot, Essai sur la reliure chez les anciens, l'834; Géraud, Essai sur les livres dans l'antiquité, 1839). Dans l'antiquité et au moven âge, les reliures furent parfois splendides, mais toujours lourdes et surchargées d'ornements en métal, en ivoire, etc., et parfois recouvertes simplement en peaux tannées avec le poil. Après la découverte de l'imprimerie et à i'épo(iue de la Renaissance, cet art prit un grand essor : dès la (in du xv^ siècle, on vit des reliures en maroquin et en veau succéder aux reliures en bois recouverts d'étolfes ou de peaux de bêtes fauves. L'Italie, puis Lvon et Paris fournirent alors les plus habiles relieurs; oii cite en France : Pierre Rolfet, dit le Faulcheux, libraire et relieur sous François I" et Henri II ; Nicolas et Clovis Eve sous Charles IX, Henri III et Henri IV. Les amateurs recherchent les livres que firent relier les bibliophiles de ce temps, Jean Grolicr, qui fut initié à cet art par les Aide de Venise, son ami Th. Maioli, Canevarinc, le président de Thon, etc. Au xvit" siècle, les arabesques italiennes, les filets à entrelacs, les ornements rehaussés d'or et de couleurs firent place assez souvent à des reliures simples et sévères en maroquin et en veau uni comme les reliures dites jansénistes. Le Gascon, le doreur si délicat, Ruette l'inventeur de la marbrure, puis Boyer, Radier, Du Seuil, Derome, Padeloup, Dubuisson et Rradel sont les relieurs les plus estimés du xvii° et du xnii<= siècle ; on cite de la morne époque en Angleterre, Raumgarten, Welcher, Roger, Payne, Kaltbober, etc. Le xix° siècle n'a pas dégénéré sous ce rapport : on admirera longtemps les reliures de Purgold, de Simier, de Thouvenin, de Bauzonnet et de Trautz son gendre, celles de Gruel, de Chambolle-Duru, Niédrée, Cape et du doreur Marius Michel, etc., en France, et de Clarke, Lewes, Hering, Rivière, etc., en Angleterre. — Voy. Le Roux de Lincy, Recherches sur J. Grolier et sa bibliothèque, 1866: J. Arnett, History of the art of bookbinding, 1837 ; Ed. Fournier, VArt de la reliure en France aux derniers siècles, 1864; Marius Michel, la Reliure française, 1880-1881 ; L. Gruel, Manuel historique de l'amateur de reliures, 1887 ; Em. Bosquet, la Reliure, études d'un praticien, etc., 1890-1892.

RELOCATION (du préf. re et de location). C'est, en Droit, lacté de louer de nouveau ou de sous-louer une chose. En cas de résiliation d'un bail par faute du locataire, celui-ci est tenu d'en payer le prix pendant le temps nécessaire à la relocation (C. civ., art. 1760). Quand il s'agitde sous-louer, on dit plntôl sous-location. Voy. ce mot. REMBLAI. Voy. terrassement.

REMBOURSEMENT des rentes. Voy. rente.

REMÈDE (du lat. remedium). En Pharmacie, ce mot se dit de toute substance simple ou composée dont on fait usage pour combattre les maladies [Voy. médicament). On apiiclle : R. officinaux, ceux que les pharmaciens préparent à l'avance et qu'ils conservent dans leurs officines ; /{. magistraux, ceux qui ne se composent que sur l'ordonnance du médecin; R. secrets, tous les remèdes dont la préparation ne se trouve point au Codex. Certains remèdes, longtemps tenus secrets, ne sont connus que par le nom de hm inv(înteur, et le nom de quelques-uns n'a été conservé qu'à titre de synonyme ou par abréviation (Voy. les Traites de Pharmacie). — La vente et la distribution des remèdes secrets sont prohibées par la loi française (Lois «lu 21 germinal an xi. art. 56; du 29 pluviôse an xiii; Décret du 18 août 1810). Toutefois les auteurs et inventeurs de remèdes nouveaux peuvent en remettre la formule au ministre de l'intérieur, qui nomme une commission pour examiner la composition et le mérite du remède, et cil autoriser la vente en attendant qu'il puisse être mscrit au Codex (Décret du 3 mai 1850).

RÉMÉRÉ (du lat. re, de nouveau, et eniere, acheter), synonyme de rachat. Voy. ce mol.

" RÉMIGES (du lai. reniex, remigis), nom donné aux plumes allongées et raides des ailes (les oiseaux, parce que, dans le vol, elles font l'office de rames.

RÉMINISCENCE (du lat. reminiscentiu, ressouvenir), souvenir faible et imparfait d'une notion qui se représente à l'esprit spontanément et qu'il ne reconnaît point avoir déjà eue. Dans la Littérature et dans la Musique, les auteui*s prennent parfois pour des créations de leur imagination certaines réniiniscenccs qui les font à tort accuser de plagiat {Voy. mémoire, imagination). — Dans l'Histoire de la philosophie grecque, le mot réminiscence a un autre sens. D'après Platon [Philèbe, Ménon), la mémoire est le souvenir des sensations et la réminiscence est l'acte par lequel l'esprit se rappelle les connaissances précédemment acquises, soit dans cette vie, soit dans une existence antérieure. D'après Aristote {de la Mémoire et de la Rétniniscence), la réminiscence est également supérieure à la mémoire et consiste dans le souvenir volontaire accompagné de la notion du moment auquel on a pour la première fois connu l'idée remémorée.

REMINISCERE, le 2" dimanche de Carême, est ainsi appelé parce que l'introït de ce jour commence par ces mots : Reminiscere miserationum tuarum.

RtMIPEDE (du lat. remus, rame, et pes, pied), Reniipes, genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes macroures, dont l'espèce la plus connue est la Rémipède tortue, de l'Australie. — Ce mot se dit aussi des insectes de l'ordre des Coléoptères, qui ont des tarses propres à la natation.

REMISE (de remis), s'entend, en Droit, de l'action de décharger un débiteur de son obligation : la remise peut résulter d'une déclaration formelle ou de l'abandon volontaire du titre au débiteur (C. civ., art. 1282-88). — En termes de Banque, remise se dit des valeurs que les négociants font remettre à leurs correspondants, par lettres de change ou autrement, pour les couvrir de leurs avances, valeurs qui doivent plus tard figurer en ligne de compte : c'est en ce sens qu'on dit : faire des remises de place en place. L'expression remise en espèces signifie versement en argent. — Dans l'administration des Finances, on appelle remises les sommes que l'on abandonne aux fonctionnaires chargés de faire les receltes, sommes qui s'ajoutent à leurs appointements, ou qui en tiennent lieu. C'est dans leurs remises que consiste le revenu principal des receveurs généraux et particuliers.

RÉMISSION (du lat. remissio). En Théologie, ce mot est synonyme de pardon : c'est en ce sens qu'on dit la rémission des péchés. Voy. pénitence.

On appelait autrefois lettres de rémission, des lettres patentes par lesquelles le roi accordait à un criminel la rémission de son crime, en cas que ce qu'il avait exposé à sa décharge se trouvât vrai.

En termes de Médecine, la rémission est la cessation plus ou moins complète des symptômes fébriles, entre les accès d'une fièvre intermittente. Il se dit, dans un sens plus étendu, de toute diminution temporaire des symptômes d'une maladie, soit aiguë, soit chronique. — On donne l'épithète de rémittentes aux maladies (jui présentent des rémissions.

REMIZ, sorte de Mésange. Voy. mésange.

REMONTE (de remonter). Le service des remontes de l'armée a pour objet l'achat et le dressage initial des chevaux destinés aux troupes de toutes armes. 11 s'elTcctue dans les dépôts de remonte installés sur le territoire, commandés par des officiers de cavalerie ayant sous leurs ordres les hommes de 5 compagnies de cavaliers de remonte. — En temps de guerre, chaque corps d'armée possède un dépôt de remonte mobile chargé de pourvoir au remplacement des chevaux de différents corps de troupe. — Dans un régiment on nomme chevaux de remonte ceux qui proviennent des dépôts et n'ont pas encore achevé leur dressage.

REMONTRANCES (droit de). Autrefois on appelait ainsi les actes par lesquels les parlements ou autres cours souveraines, telles que la cour des aides, la chambre des comptes, représentaient au roi les motifs qui les forçaient de s'opposer à l'enregistrement de ses édits, à l'exécution de ses volontés.

REMONTRANTS. Voy. le Dict. d'Uist. et de Géogr.

REMORA, poisson. Voy. écuène.

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