RENAISSANCE
REMORDS (lin lat. icinoidrrr, mordre', rcproi'lic que le roupable reçoit de sa conscience. Envisajfé psychologiquemenl, c'est un phénomène complexe qni se compose da fiigeinent par lequel le coupable condamne son action et du scnliment de douleur né de celle condamnation. C'est la première des sanctions de la loi morale. Voy. conscience.
Le Remords est figuré allégoriquement par le vautour rongeant les entrailles de Prométhée. On l'a aussi représenté par un homme couché sur la terre, les vêtements déchirés, cl se mordant les poings; un serpent l'entoure et lui déchire le cœur.
REIMORQUE (du lat. remrdcum, câble de halagc), action de traîner un bateau, un vaisseau ou tout autre corps flottant au moyen d'une corde ou chaîne, dite totdine. Quand la remorque s'elleclue à l'aide de machines lixes, elle reçoit particulièrement le nom de louage. Quand elle a lieu par la l'orce de l'homme ou celle de chevaux, au moyen de cordes sur lesquelles s'exerce leur traction musculaire, elle prend le nom de halage. Dans les ports il existe des bateaux à vajMîur, appelés reniorgueurs, qui aident les navires à sortir des bassins, ou vont les prentlre <!n rade pour les introduire dans le port.
REIMOULADE ou remolade (de remoudre), espèce de sMuce piquante faite avec de la moutarde, huile et vinaigre, de l'ail, des ciboules et autres ingrédients haches menu ou broyés ensemble.
REMOULAGE (de re et moulage, mouture), son provenant de la monture du gruau.
REMOUS (de remoudre), sorte de contre-courant qui .«c pro<luit dans le sillage d'un bâtiment lorsqu'il cingle avec vitesse ( Voy. hocaciie). Dans les rivières dont le cours «!sl assez rapide, on l'observe en aval de toutes les arches ■tic |jont. — Ou appelle encore ainsi certains tournoiements d'eau que l'on remarque sur des rochers, des bancs, elc, au niveau de la mer, lorsqu'elle n'est pas agitée.
REMPART (de remparer), masse «le terre ou de maçonnerie servant d'abri aux défenseurs d'une place ou d'un retranchement quelconque et permettant de faire usage des armes dans les conditions les plus favorables. Le rempart, primitivement formé d'une muraille, prit ce nom iorsqu'afin de donner à celle-ci plus de résistance on l'appuya d'une masse de terre à laquelle on mêlait des pièces de Iwis, opération qui s'appelait remparer les terres. Son épaisseur s'est accrue au fur et à mesure que les armes de siège prenaient plus de puissance. Le rempart doit donner au défenseur un certain commandement sur le terrain avoisinant, c.-à-<l. dominer celui-ci, afin dobte- Jiir des vues plus étendues et une action plus grande ; on évite cependant d'exagérer cette hauteur pour ne pas trop ■exposer le rempart aux coups de l'ennemi et par mesure «l'économie. Le rempart est bordé d'un fossé formant ■obstacle, entouré lui-même d'un glacis bien battu par le rempart. La ligne horizontale ou légèrement inclinée qui termine la partie supérieure du rempart se nomme la ^■réle ou ligne de feu; à l'intérieur on trouve : des ban- <[ucttes pour l'infanterie et l'artillerie ; un terre-plein ou large plate-forme sur laquelle on peut circuler à l'abri «les vues et en partie des coups de l'ennemi ; le rempart be termine par un talus dans lequel des rampes sont ménagées; dans les villes fortifiées il est séparé des mais«jns par une rue militaire dont la largeur est fixée par la loi de 1791 à 4 toises (7 m. 98). Voy. fortification, fossé,
l'I.ATE-FORME.
REMPLACEMENT. Le remplacement militaire, auj.
supprimé dans l'armée française (Loi du 27 juillet 1872), a été longtemps autorisé par nos lois, notamment par «•elles du 21 mars 1832 et du 1'^ février 1868. Pendant l'iiigtemps il fut livré en toute liberté à la spéculation jiiivéc; la loi du 6 avril 1855 chargea l'Etal d'opérer par Ini-mcme les remplacements, et d'y pourvoir particulièrem«?nl en conservant autant que possible sous les drapeaux les anciens militaires. Aux termes de cette loi, les jeunes gens désignes par le sort pour faire partie du contingent ■annuel pouvaient s'exonérer du service militaire en payant une somme fixée par l'Etal et qui était versée dans la caisse de la dotation de l'armée. Ce système de recrutement n'ayant pas produit les avantages qu'on en attenilail. la loi de 186S avait rétabli le remplacement institué par «elle de 1832. La guerre «le 1870 et la réorganisation du >irvice militaire, qui en fut la conséquence, amenèrent la suppression du remplacement. Tout Français doit actuelleiiient le service militaire personnel. Voy. recrutement.
REMPLACE (de rcmpler p. remplir], action île remplir une pièce «le vin qui n'est pas lout à fait pleine. Le remplage a pour but d'empêcher que le vin ne s évente ou ne s aigrisse.
Il se dit encore : en Architecture, des meneaux ou motifs divers, à jour, qui forment des ligures géométriques dans la partie supérieure des baies gothiques et parfois de la Renaissance ; — en Maçonnerie, d'un blocage en moellons, en briques ou en cailloux, dont on remplit avec du mortier le vide ou l'entre-deux dés parements d'un mur construit en pierres de taille ou de toute autre manière: — en Charpcnterie, de tous les bois qu'on place «lans un pan de Ijois, dans une cloison, dans une ferrure, poi:r remplir les vides.
REMPLOI. On nomme ainsi, en Droit, le remplacement des deniers qui proviennent de la vente d'un immeuble, d'une rente, etc., «leniers avec lesquels on fait lacquisitioi; d'un autre bien. L'obligation de faire le remploi des deniers dotaux est une «les clauses ordinaires des contrats de mariage qui stipulent le régime dotal. Le Code civil (art. 1434-35) règle la cause, la forme et les elfels du remploi du prix des biens des époux vivant en communauté qui ont été aliénés durant leur mariage. Voy. subrogation.
RÉMUNÉRATOIRE (de rémunérer). En Droit. «»n appelle donation rénnméraloire celle qui est faite on récompense d'un service rendu. Elle est soumise à la plu]}art des règles ordinaires, notamment à la révocation pour survenance d'enfant (C. civ., art. 960).
RENAISSANCE. Dans l'Italie, son pays d'origine, la Renaissance est une transformation des arts et des lettres par l'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité. En France, elle est surtout le développement continu «lu mouvement réaliste qui se dessine dans Fart dès le xiii° et même dès le xii" siècle. La vue des monuments antiques, dont la découverte provoquait l'admiration des cours raffinées, des académies, «les amateurs, influença profondément les artistes italiens du xv" siècle. Citons à cette ép(K|ue : parmi les architectes, Brunellesco et Alberti ; parmi les sculpteurs. Ghiberti, Donatello, Luca délia Robbia, son neveu Andréa et ses quatre fils, Agostino di Duccio, A. Pollajuolo, Yerrocchio, Benedetto da Majano, Rossellino, Mino da Fiesole, J. délia Quercia, Vecchiella, etc. ; parmi les peintres, Masaccio, Fra Angelico, Andréa del Castagne, Paolo Uccejlo, Filippo Lippi, Benozzo, Gozzoli, Botticelli, llosselli, Ghirlantlajo. Filippino Lippi, à Florence; Gentile da Fabriano. Piero délia Francesca, Signorelli, en Ombric: Perugin. Pinturichio, à Pérouse ; Pisanello, Squarcione, Mantegna, Melozzo da P'orli. dans la Haute Italie: Cossa, à Ferrare: les Bellini, Carpaccio, Cima, Basa'iti, à Venise; Foppa, Boigognone,. enfin Léonard de Vinci, en Lombardie. (j'est sur la fin du XV" siècle et au xvi* siècle que l'admiration fanatique de l'antiquité et l'enseignement scientifique, dogmatique de l'art, professé déjà au xv° siècle, achève d'absorber complètement les sculpteurs et les architectes. Les germes de la décadence sont «îéjà contenus dans les chefs-d'œuvre de Raphaël et de Michel-Ange. Citons à cette époque Fra Bartolommeo. André del Sarto, Corrège, Palma, Titien. Moroni, Moretto, Tintoref, Véronèse ; — les sculpteurs Cellini, Bandinelli; — les architectes Bramante, San Gallo, Michelozzo, Sanmicheli, Sansovino, Yignole, Ammanati, Palladio, Scamozzi.
En France, durant le xvi' siècle s'élevèrent encore des monuments dans le vieux style national, tout en adoptant des arabesques ou des rinceaux et moulures empruntées aux anciens. Celte architecture, fine et légère, brille plus par la grâce que par la grandeur. On cite St-Euslache à Paris, la façade de St-.Michel à Dijon, les églises de Troves. le jubé de Limoges, etc. ; les tombeaux de Louis Xlî et d'Anne de Bretagne, de François I"", de Henri II et «le Catherine de Médicis à St-Denis, celui de François II de Bretagne à Nantes. Sous Charles VIH, on construisit le château d'Amlwise et l'Hôtel de ville d'Orléans: sous Louis XII, le château de Gaillon, le château de Blois, l'hùtel de Cluny à Paris; sous François I^' et Henri II. les châteaux de Chambord (P. Triiioueau) , de Sl-Germain-en-Laye, de Fontainebleau, de Cnenonceaux, d'Anet (Pli. Déforme), d'Ecouen (J. Bullant), la moitié de la façade du Louvre dite F. de l'Horloye (Pierre Lescot), l'Hôtel de ville de Parij (Chambiges), brûlé en 1871 ; sous Charles IX et Henri III. les Tuileries (Ph. Delorme), brûlées en 1871: sous Henri IV, la galerie du Louvre (J.-B. Ducerce-iu,