‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1380 sur 1729 · RENNE · texte numérisé non relu

RENNE

D ipi'ra:', Métozoau), la Place Royale à Paris, une partie du «liàlcaii de Fontainebleau. — La" sni/pture française, qui, nu nioven âge, tenait un rang émincnt en Europe, conserva au xvi" siècle, tout en subissant quelque intlucnce (11! l'Italie, un caractère national par sa grâce et son élégance avec Colomb (toml)eaux à Nantes, St Georges et le dragon pour le château de Gaillon, etc.), Jean Juste de Tours (I. de Louis XII), J. ïexier (bas-reliefs de la cathédrale (|j Cliartres), J. Bologne, P. Bontemps (t. de François l"), ,1. Goujon, bas-reliefs de la Fontaine des Innocents (Diane de Poitiers, le Christ au tombeau. Caryatides au Louvre), Germain Pilon (t. de Henri II, de René de Birague; groupe des Trois Grâces), Bernard Paiissy (faïences), Delaulne (orfèvrerie), etc. — La peiiitu7-e avait déjà fait de grands progrès avant François 1"', comme on en peut juger par les œuvres du miniaturiste .leiian Foucquet de Tours, qui peignit le portrait du pape Eugène IV, par les portraits si lins de J. et de Fr. Clouet, par les tableaux et les vitraux de J. Cousin, enfin par les émaux de Léonard Limousin. Elle fut cultivée avec succès dans les provinces par des maîtres inconnus qui conservèrent les traces d'imitation naïve des Clouet et constituèrent l'ancienne école française.

En Espagne, V architecture se distingua surtout au moyen àg<> où elle éleva les cathédrales de St-Jacques de Composteile, de Léon, de Tarragone, de Burgos, de Tolède. La sctdptii7-e se signala dès le xiV siècle nar d'intéressants essais, empruntés à l'art français comme l'ardiitecture, avant de s'inspirer de la statuaire antique à l'époque de la Renaissance. La peinture, après avoir dans l'origine subi l'influence flamande, s'inspira des artistes italiens. Elle ciiercha la vérité et la couleur ; mais souvent elle traduisit les rêves ascétiques du cloître et les légendes des saints en images violentes dont elle trouva les modèles dans les auto<lafés de l'Inquisition. On cite : dans l'école de Valence, Rincon, Berruguete, Pereda, Juanez, les deux Ribalta ; dans l'école d'Andalousie, Greco, Coello,J.deJoanès, L.deVargas, J. de las Roelas: dans l'école de Caslille, Morales, Navaretle.

En Allemagne, la peinture produisit à Colmar Schongauer, à Ulm Zeitblom, à Aschaifenbourg Griinewald, dans l'école d'Augsbourg, les deux Holbein, Baldung Grûn, Burgkgmaier ; dans celle de Dresde, Lucas de Cranach ; dans celle de Nuremberg, Wolgemuth, Albert Durer. Dans les Flandres, au début du xv' siècle, les deux frères Van Eyck peignent leur grand polyptyque de l'Agneau mystique; les plus célèbres des grands artistes qui leur succédèrent sont Van der Weyden, Cristus, Bouts, Memling et, au début du xvi« siècle, Gérard, David et Quintin Metzys d'Anvers. L'influence italienne fait perdre à l'art flamand du xiii^ siècle tout caractère national, sauf à quelques artistes, le paysagiste Breughel le vieux, Bosch, Patenier, etc. En Hollande travaille au xvi« siècle im grand artiste, Lucas de Leyde.

Consulter : Hallam, Histoire de la littérature pendant les xv«, xvi"= et xvn" siècles; Charpentier, Histoire de la renaissance des lettres au xv° siècle; Berty, la Renaissance momunentale, les grands Architectes français de la Renaissance ; L. et R. Ménard, Histoire de la sculpture, Tableau historique des Beaux-Arts; L. Viardot, les Merveilles de la peinture; Ch. Blanc, Histoire des peintres; P. Lacroix et F. Seré, le Moyen âge et la Renaissance; Léon Palustre, la Renaissance, et surtout Eug. Mùntz, Histoire de l'Art pendant la Renaissance, en 5 vol. gr. in-S" illustrés, dont les 3 premiers, sur l'Italie, sont complets (1 895) ; le tome IV comprendra la Renaissance en France, et le tome V la Renaissance en Allemagne, en Angleterre et en Espagne.

RÉNAL (du lat. renalis, de ren, rein), se dit de tout ce qui a rapport aux reins.

RENARD (du nom donné au goidpil dans le roman de Renart [Voy. ci-après), et qui veut dire rusé; orig. germaniq.), Vulpes, genre de la famille des Canidés, renferme des animaux bien connus, et qui se distinguent du Chien par leur museau pointu, leur tète plus large, leur queue longue et très touffue, et surtout par leurs prunelles, oui de jour sont fendues verticalement, ce qui indique des liabitudes nocturnes. Le Renard ordinaire {Catiis vulpes), commun dans les deux continents, est d'un quart moins grand que le loup; il a le pelage fauve, semé de poils blanchâtres et de quelques taches noires, avec la gorge, le devant du cou, le ventre, l'intérieur des cuisses blancs, et le museau roux. On connaît les mille ruses du Renard, qui ont fait de cet animal le type de l'astuce : il est la

terreur des basses-cours. Il creuse ordinairement son terrier à l'entrée d'un bois, dans le voisinage des fermes. II fie chasse que la nuit : il fait alors entendre un cri particulier, analogue à l'aboiement du chien, et qu'on nomme glapissement. Le Renard se nourrit surtout de poules et d'œufs, ou de perdrix, de lapins, de lièvres, et aussi de miel, de raisin et de baies de genévrier. Cet animal exhale une odeur très forte. La femelle porte 9 semaines, et met bas 7 ou 8 petits. La ciiasse du renard est une des plus suivies en Angleterre. On fait avec la peau de cet animal une assez bonne fourrure. — Outre le Renard commun, on connaît le R. argenté, ou R. noir, de l'Amérique du Nord, et le R. bleu, ou Isatis, qu'on chasse tous deux pour leur fourrure ; le J{. tricolore d'Amérique, le R. gris du Brésil, et le Petit Renard jaune, dit aussi Adive ou Corsac. Voy. ce dernier mot.

Roman de Renart, poème allégorique qui est une ingégénieuse satire des mœurs du moyen âge : les acteurs sont des animaux : Vulpin dit le Renart et Tsengrin (le Loup) en sont les principaux personnages ; viennent ensuite Noble (le Lion), Tibert (le Chat), Binin (l'Ours), {Chante-clair (le Coq), etc. On attribue cette œuvre à Pierre de St-Cloud, poète français du xiii" siècle, ou à Hugues de Trymberg, instituteur à Thùrstadt près de Bamberg. Henri d'Alkmaar en a donné le texte bas-saxon en 1498. On trouve ce poème traduit de fort bonne heure dans toutes les langues, et répandu dans toute l'Europe; Gœthe l'a mis en allemand moderne. Quelques savants ont prétendu

aue le héros de ce poème allégorique était Reinhard, comte e Hainaut, qui sut se maintenir par la ruse contre Zwentibold, roi de Lorraine. — Voy. l'Histoire littéraire de la France (t. XXII) et A. Rothe, les Romans de Renart examinés, analysés et comparés (Paris, 1854).

RENARD, petite constellation, voisine de celle de l'Ole. Voy. ce mot et fleuve du tigre.

Renard ou Requin bleu. Voy. requin.

RENDEMENT. Le rendement d'une machine industrielle est le rapport du travail utile au travail moteur. Il est toujours plus petit que 1, et d'autant plus voisin de 1 que les résistances passives de la machine sont plus faibles.

En termes de Boucherie, on appelle rendement le rapport qui existe entre le poids net de viande fournie par un animal, et son poids vif avant l'abatage.

Ce terme s'applique également aux impôts : on dit le Rende?nent de l impôt.

RENÉGAT (du lat. renegare, renier), celui qui a renié la foi chrétienne pour embrasser une autre religion, particulièrement l'islamisme.

RÊNES (du lat. retinere, retenir). Voy. bride.

RENETTE, outil. Voy. rainette.

RENGAGEMENT, opération par laquelle un homme déjà hé au service militaire et sur le point d'être libéré ou même déjà libéré du service actif, contracte un nouvel en-

?agement pour une période déterminée. D'après la loi du 5 juillet 1889, sont admis au bénéfice de rengagement : les soldats décorés ou médaillés, ou inscrits sur les listes d'aptitude pour le grade de caporal ou brigadier; les ca-

f»oraux ou brigadiers dans leur dernière année de service, es hommes des troupes coloniales après six mois de service pour une durée de 2, 5 ou 5 ans ; les sous-officiers sont également admis à se rengager pour cinq ans, à partir de l'année qui précède celle de leur libération. Les rengagés reçoivent une haute paye et après 15 ans de service ont droit à une retraite. — Les rengagements sont admis également dans la marine et dans les troupes coloniales. — Consulter le Bulletin officiel du Ministère de la guerre. — Les administrations civiles réservent une partie de leurs emplois aux anciens sous-ofliciers rengagés.

RÉNIFORME, se dit, en Botanique, de ce qui a la forme d'un rein, comme le Haricot.

RÉNITENT (du lat. retiitens, qui fait effort). En Médecine, on appelle tumeur réniiente une tumeur dure, sur laquelle la peau est tendue et résiste à la pression en donnant la sensation d'élasticité. Certaines collections liquides sont rénitcntes.

RENNE (de l'allem. Renn, de rennen, courir), Tarandus, Rangifer, genre <le Mammifères ruminants, de l'ordre des Bisulques, famille des Cervidés, renferme des animaux propres aux contrées les plus froides de l'hémisphère septentrional, et reconnaissanles à leurs bois sessiles, pourvus d'andouillers aplatis et dentelés. Contrairement à tous ses congénères, le bois existe chez le Renne dans les

RENOiBIÉE

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