‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1382 sur 1729 · REPAS · texte numérisé non relu

REPAS

di's créanciers ilc l'Etat eu des créances nouvelles rai)|X)rl-int un moindre intérêt. Eu 1797, la délie publique de la traiicc s'cle ail à 2 milliards 800 millions : fa loi du 9 vendémiaire an vi la réduisit de deux lici-s : le tiers restant, qu'on nomma tiers consolidé, est ce qui devint plus tard le 5 p. 100. En 1823 Turent créés le 3 p. 100 et le 4 1/2 p. 100 : les porteurs de rentes 5 p. 100 turent alors autorisés à les convertir en l'un ou l'autre de ces deux fonds, avec garantie contre tout rcmljourscmcnt pour le premier, et contre le remlwui'semenl |)cndant dix ans pour le second. En 1852, un décret du 14 mai-s a converti la renie 5 p. 100 en 4 1/2, avec faculté de remlx»ursement au pair pour ceux qui le demanderaient, et garantie contre l'exercice du droit de remlx)urscmcnt jjcndant dix ans |X)ur ceux qui accepteraienl la conversion. En janvier 1894, le 4 1/2 a été converti en 3 1/2. — De pareilles convei-sions ont eu lieu à l'étranger : l'Angleterre a réduit par trois conversions successives, de 1822 à 1844, le 5 p. lOl) en 3; la Prusse a réduit en 1842 son 4 1/2 en 5 1/2; la Belgique en 1844 son 5 p. 100 en 4 1/2, etc.

R ENTOILAGE (des préf. re, en et de toile), opération par laquelle on soutient et on conserve la toile d'un tableau en la collant sur une toile neuve. — On étend ce nom à une opération de restauration beaucoup plus délicate, qui consiste à enlever la peinture d'un tableau dont la toile est déchirée, pourrie ou gàlée, et à la transporter sur une toile neuve. Pour cela, on colle d'alwrd sur la pointure plusieurs doubles de papier qui forment un cartonnage, puis on enlève la vieille toile, soit en riiumectant avec une éponge mouillée, soit en l'usant avec une pierre iwnce, et on applif^uc sur l'envers de la peinture une toile neuve après avoir enduit l'un et l'autre d'une couche de colle. Quand cette dernière esl presque sèche, on promène un fer chaud sur la toile pour la rendre unie et adlvérente; après quoi il ne reste plus qu'à enlever le cartonnage, ce qui se fait avec une éponge, et le tableau se trouve rentoilé. Ce procédé a été imagine au xvin" siècle par Hacquin et Picault.

RENTRÉE (de i-entrer). En Musique, on désigne par ce mot le retour du sujet dans la fugue, ou du thème prmcipal dans un morceau quelconque, souvent après un dévelopjïcmenl. — Toutes les fois qu'une partie reprend après un silence plus ou moins long, on dit aussi qu'elle fait sa rentrée.

RENVERSABLE (contrepoint). On ap|)elle ainsi un contrepoint disposé de telle sorte que la partie inférieure peut devenir la |)artie supérieure, et inversement.

RENVERSEMENT (de renverser). En Musique, on nomme renversement d'un intervalle rintervei*sion de la position resjKîctive des sons qui le forment, de façon que le son grave de l'intervalle a renverser devienne le son aigu du renversement, et réciproquement. Les intervalles renvei-sés changent de nom : la seconde devient septième ; la tierce, sixte; la quarte, quinte; la quinte, quarte; la sixte, tierce; la septième, seconde; V octave, unisson, et Yunisson, octave. — En Harmonie il y a renversement dans un accord loi-sque la basse de cet accord esl une note constitutive autre que la fondamentale. Par conséquent, les accords de 3 sons ont 2 renversements; ceux de 4 sons en ont 5.

RENVI (de re et envi, enchère), se dit, à certains jeux de caries, de ce qu'on met par-dessus l'enjeu.

RENVIOAGE (île renvider, des préf. re, en et de vider). Les Tisserands appellent ainsi l'action de tourner le fil sur la broche en le rappi-ochanl du rouet. Dans la plupart de nos usines, le renvidage s'effectuait par l'intervention du fileur qui imprime le mouvement au chariot. Cette intervention du fileur a été remplacée en Angleterre par l'emploi d'une machine, dite renvideur mécanique, appliquée auj. dans la plupart des filatures.

RENVOI (du prcf. re et de envoi). D'anrès l'art. 15 de la loi du 25 ventôse an xi, les reniH)is dans les actes ne peuvent être écrits qu'en marge ; ils doivent être sigiiés ou parafes tant par les notaires que les autres signataires, à peine de nullité.

En Procédure civile, on apjiclle demande en renvoi les conclusions d'une partie qui demande que le tribunal, mal a propos saisi, la renvoie devant les juges compétents. En gênerai, il y a heu au renvoi d'un tribunal devant un autre pour cause de sûreté puijlifiuo, de suspicion légitime, de narente ou d alliance entre lune des parties cl l'un des juges : le renvoi est prononcé par la cour de cassation

(C. de proc, art. 368-77; C. d'inslr. crim., art. 5i2-62)- En Matière correctionnelle ou de simple jiolice, le renvoi du prévenu est synonyme d'absolution ou d'acquittement (C. dinstr. crim., art. 191).

RÉPARATION (du lat. reparatio). Dans la Construction,, réparations se dit particulièrement de tous les travaux d'entretien que nécessitent les bâtiments. La loi dislingue les grosses et les menues réparations. Les grosses réparations sont à la charge (les propriétaires : telles sont celles des murs, des planchers, des couvertures, etc. Le locataire est tenu à faire les tnenues réparations ou réparations locativss, comme celles des vitres, des carreaux» des dégradations d'âlre, etc., à moins que ces dégradations ne soient occasionnées par vétusté ou par force majeure. — On appelle R. viagères et d'entretien les réparations autres que les grosses réparations, qui sont à h charge de l'usufruitier, etc. (C. civ., art. 605, 664, 1720, 1754). En Droit, on api)elli; réparations civiles : 1° la somme adjugée à la partie civile, pour la dédommager du tort gue le crime ou le délit lui a causé ; 2° les dommagesintérêts accordés à un accusé contre la j)ersonne qui l'a injustement dénoncé. Ces réparations enlraînenl la contrainte par corps.

RÉPARTITION (de répartir). On nomme ainsi, dans \» jierception des Contributions directes, l'opération par laquelle, après que le budget des recettes a été volé par les^ Chambres, l'autorité centrale répartit entre les départements la somme totale à i)ercevoir. L'autorité départementale répartit à son tour entre les arrondissements le contingent qui lui esl échu; l'autorité d'arrondissement, entre les communes, cl l'autorité communale, entre les individus.

En Matière de Faillite, le Code de commerce (arl. 513) règle le mode de répartition de l'actif mobilier du failli entre ses créanciers. Ceux d'entre eux qui n'ont j)oint fait l'aflirmalion de leurs créances ne sont pas admis à y prendre part ; néanmoins la voie de l opposition leur est ouverte.

REPAS (du préf. re et de past, du lat. pastus, nourriture). Les Grecs faisaient communément trois repas par iour. Le 1" (àpiorov), qui avait lieu de grand malin, et le2'' (SopTTOv), qui avait lieu le soir, paraissent n'avoir été I que de simples collations. Le 3' [Seî-xvov), qui se faisait à midi, était le plus considérable ; il se comjwsait ordinaire- ] ment de trois parties : dans la 1"= ou prélude (Tpooifxiov), i on servait des œufs, des huîtres, des herbes amères, et ! tout ce qui est propre à exciter l'appétit ; la 2°, le 7'epas proprement dit, était composée de mets solides ; la 3* ou dessert consistait en mets plus friands et plus délicats. — Les Romains avaient le déjeuner du matin [jentaculum], le dîner [prandium), à midi, et le souper ou repas principal [cœna), qui se prenait vers quatre heures. Plus lard on ajouta le soir la collation (comessatio). Le souper était divisé en deux jMirties, le premier et le second service {mensa prima et mensa secunda). On sait (pic les Romains prenaient leurs repas couchés sur des lits. Ils déployaient un luxe excessif dans les grands repas : un roi du festin, ordinairement désigné par le sort, présidait la fête, et réglait le nombre des coupes à vider. — Chez les modernes, on retrouve les trois repas des anciens, le déjeiinei; le dîner et le souper ; mais les heures de ces repas ont souvent varié. Nos aïeux, sous François l", dînaient à 9 heures du matin et soupaienl à 5 heures ; sous IjOuis XIV, la cour dînait à midi. Aujourd'hui nous déjeunons à peu près à l'heure où l'on dînait autrefois et l'on appelle preinier déjeuner la collation légère (soupe, café an lait, chocolat ou tiié) que Ijeaucoup de personnes prennent en se levant ; quant au dîner, il a pris la place du souper, qui n'a plus guère lieu que par exception : on dîne (M^lmaironient entre 6 et 8 heures du soir.

Rej>as funéraires. Chez les Grecs, on en distinguait de deux espèces : les uns avaient lieu dans la maison du mort, au retour du convoi, entre ses parents et ses amis ; les autres se faisaient sur le tombeau même : on y servait à manger pour les âmes errantes. L'usage des repas funéraires existait aussi chez les Romains, et il s'est mainlenu jusqu'à nos jours dans plusieurs provinces de la France.

Repas publics. Les Lacédémoniens prenaient leurs repas en public : c'est ce qu'ils appelaient uuiiafTta, tpEtSÎTia; on ne pouvait, sans s'exjwser à être puni, se dispenser d'assister à ces repas. — A Alliènes il y avait aussi des repas publics ; mais on n'y admettait qu'un petit nombre de citoyens

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