RIRE
pour montrer ou pour cacher la scène aux spectateurs, et qui a remplacé les rideaux dont on se servait autrefois pour le même usage et qui se tiraient à droite et à gauche. — A Rome, la scène était également fermée par un rideau {aulseum ou siparium) ; mais ou ne le levait pas, on le baissait. Il restait alors plié sur la partie antérieure du proscenium, ou descendait par une trappe dans Vhyposceniuin.
RIDELLES (orig. inc), les deux côtés d'une charrette, (]ui sont tantôt à claire-voie ou en forme de râtelier, tantôt pleins, et qui servent à empêcher que ce qui est dedans ne soit vu ou ne tombe.
RIDEN NE, espèce de Canard du sous-genre Souchet, dit aussi (Ihipeau et Rousseau. Voy. sodciiet.
RIEUR, oiseau. Voy. tacco.
RIEUSE. Voy. molette.
RIFLARD (de ri fier, aplanir). On nomme ainsi dans les Arts : 1° une espèce de grand ralx)t à deux |)oignées, qui sert à dresser le bois de charpente ; 2'* un ciseau en palette, à l'usage des maçons ; 5" une grosse lime pour dégrossir W^s métaux.
RIFLE (mol anglais), synonvmc de Carabine.
RIGEL, pOrion, étoile de l'"" grandeur.
RIGODON (de l'inventeur liigaudl), ancienne danse provençale dont l'air, très animé, était à 2 temps et se <livisait en 2 reprises, phrasées de 4 en 4 mesures, et commençant par la dernière note du deuxième temps. Le pas du rigodon se fait à la première place sans avancer ni reculer, ni aller de côté, quoique les jambes fassent plusieurs mouvements.
RIG-VÉDA. Voy. védas.
RILLETTES, viande de jxjrc hachée menu et mêlée de graisse. On estime les rillelles de Tours.
RIME (du lat. ryllunus, du gr. pOtiôç), retour du même son à la fin de deux ou de plusieure vei"s : armer et charmer, belle et rebelle, forment des rimes. — La rime est dite : masculine, ouand les mots se tenninent par un son plein, par une syllaue sonore, sans e muet (captif, rélif] : féminine, quand ils se terminent par un e muet (secrète, poète]. Elle est : riche, quand les mots olfrent une gi-ande conformité de son [auteur, hauteur) ; pauvre, quand les mots n'offrent que la plus petite ressemblance jMssible, ne rimant que par le son final i^] aimai, je parlai) ; suffisante, quand il y a identité non seulement entre les voyelles finales, mais aussi entre les consonnes qui les précèdent [candeur, pudeur). Les poèmes dont les vers se suivent par couplets dans un ordre alternatif de deux rimes masculines et de deux rimes féminines sont dits à rimes plates ou suivies; ceux qui présentent des rimes masculines et féminines, se croisant et se mêlant avec ou sans régularité, sont dits à rimes croisées ou mêlées. On appelle rimes 7cdoublées mi certain nombre de rimes semblables qui se suivent.
Dans l'enfance de notre })oésie, on se plaisait à multiplier les difficultés de la rime. On distinguait alors : les rimes annexées, concaténces ou fraternisées, suite de vers dont chacun commençait par le dernier mot ou par la dernière syllalx? du vers précédent ; les rimes batelées, qui consistaient à répéter à la fin du premier hémistiche de chaijue vers le dernier son du vers précédent ; les rimes brisées, vers dont les premiers hémistiches rimaient entre eux, et pouvaient se détacher, de manière à former un couplet distinct : les rimes équivoques, équivalentes ou homonymes, dans lesquelles on reprenait au commencement ou à la fin de chaque vers la dernière syllabe du vers précédent, en lui donnant un sens différent, etc.
Sans avoir le même charme que la mesure des anciens, la rime, qui caractérise la poésie des modernes, a aussi ses avantages : elle plaît à l'oreille, soulage la mémoire, tient en éveil res|)iit du poète, et lui fournit souvent d'heureuses inspirations.
On n'est point d'accord sur l'épocrue de l'invention de la rime. D'après l'opinion la plus généralement adoptée, elle s'introduisit peu à peu dans la poésie latine pendant les siècles de décadence, remplaçant la quantité, négligée ou plutôt oubliée. Quoi qu'il en soit, on la voit apparaître pour la première fois dans le latin barbare du vr siècle; le plus ancien monument de poésie rimée que l'on trouve dans la langue des Franks est le livre des Evangiles en vers rimes, par Otfrid, moine bénédictin du ix* siècle. Les troubadours perfectionnèrent l'emploi de la rime : ils la fixèrent où elle est maintenant, à la fin du vers. Ce fut au
xiii" siècle que l'on commença à entrelacer les rimes masculines et féminines. On doit à Malherbe les règles qui subsistent encore aujourd'hui.
Dictionnaire de rimes. Voy. versification.
RiMULE. liimula, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Scutibranches, famille des Fissurellidées ; coquille conique, à sommet recourbé et latéral, percée d'une entaille allongée entre ce sommet et le bord. — Les Rimules vivent en grand nombre dans les mers actuelles; les espèces fossiles apparaissent avec l'étage bathonien.
RINCEAU (p. rainceau, du lat. ramicellus, rameau, feuillage), nom donné, dans le Dessin d'ornement, à diverses compositions dont l'idée est prise soit de branchages . recourbes, soit de plantes qui se contournent sur ellesmêmes, ou naturellement, ou par l'effet de qucl(]ue obstacle accidentel. On emploie les rinceaux soit à faire l'ornement courant des frises, des archivoltes ou des pilastres dans les édifices, soit à décorer des vases, des candélabres et autres objets de ce genre.
En Blason, on appelle rinceaux des branches chargées de feuilles croisées et enlacées, tressées en couronne et liées par le bas.
RINFORZANDO, « en renforçant », terme italien fort usité en Musique pour indiquer qu'on doit augmenter le son: c'est presque l'équivalent du crescendo, mais on l'emploie plus particulièrement soit pour un petit groupe de notes, soit jmur une note seule.
RINGARD, barre de fer courbée ou affilée par l'un de ses iKuits, et avec laquelle on remue le combustible dans les fourneaux et les forges.
RINGICULE, liinyicula, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des l'ectinibranches, famille des l'yramidellidées : coquille spirale et ventrue, oniée extérieurement de stries transverses ; bouche oblongue, labre pourvu d'un bourrelet extérieur, sinus antérieur profond et callosité calcaire au bord columellaire postérieur. Les Ringicules habitent les fonds sablonneux des mers chaudes.
RINGINELLE. liinginella, genre de Mollusques gastéropodes, de la famille des PyTamidcllidées, doit être rapporté au genre Avellana.
RIPARIA, l'un des plus célèbres parmi les cépages américains. C'est une variété sauvage, à sarments rougeâtres, à feuilles subentières, à racine pivotante. Il réussit dans tous les terrains profonds, sauf les terrains trop compacts I ou trop humides. De nombreuses variétés ont été obtenues par la culture ; les plus connues sont le /{. gloire de Montpellier, le /{. Fabre, le H. tomenteux. On les emploie surtout comme porte-greffes.
RIPE (de l'allem. rippen, p. riben, gratter, frotter), outil à l'usage des maçons, des tailleurs de pierre, des sculpteurs, et qui sert à gratter un enduit, de la pierre, une figure, etc.
Dans la Marine, riper signifie glisser : il s'emploie en parlant <le cordages, d'amarres, de garcettes, qu'on fait glisser l'un contre l'antre.
RIPIDOLITE (du gr. ^irM, éventail, et At6o;, pierre), minéral du groupe des chlorites, dont la formule un peu variable peut s'écrire [9(FeMg)O.2Al*0^5Si02-f 7H»0]. On trouve la ripidolite en lames hexagonales d'un vert plus ou moins foncé, groupées en éventail, et de système cristallin indéterminé, au St-Gothard, en Tyrol. etc. ; plus fréquemment en écailles minces (Chlorite écailleuse) formant des amas dans les granités et les schistes chloriteux.
RIPIENO. Instruments ripieni, ou supplémentaires, nom donné aux instruments d'accompagnement dans un orchestre. Cette locution , fort en usage au xviii^ siècle, s'emploie peu de nos jours.
RIRE (du lat. ridere), mouvement de la bouche, souvent accompagné d'éclats plus ou moins violents, et causé par l'impression qu'excite en nous quelque chose de gai. de plaisant ou de ridicule : c'est généralement l'expression de la joie. Considéré physiologiqucment, le rire est caractérisé par une suite d'expirations courtes, rapides, saccadées et comme convulsives, avec contraction des muscles faciaux et résonance plus ou moins bruyante du larynx ou du voile du palais. Le rire immodéré peut conduire à l'asphyxie : on raconte que le philosophe Chrysippe mourut d'un rire qu'il ne put arrêter. — Outre les causes morales qui l'excitent le plus souvent, et auxquelles corresjKindent plusieurs sortes de rires très différents, le rire gai. le rire bienveillant, le rire moquetir, le rire amer, cruel, etc., ce phénoraène peut aussi avoir des causes phy-