‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1417 sur 1729 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

cune (les joues pari une série de rayons qui viennent tous aboutir sur un même cercle tracé sur la jante (jui est en acier. Les deux séries de rayons forment ainsi deux sortes de cônes très aplatis, et le profil de la roue a l'aspect d'un losange. Cette disposition des rayons a pour but d'éviter que la roue ne se déforme latéralement. La jante, en acier, est assez résistante pour ne pas se déformer sous l'elfort qu'elle aura à supporter. A chaque instant, le moyeu est comme suspendu à celui des rayons qui aboutit au point le plus élevé de la jante, c.-à-d. que tout le poids du véhicule qui pèse sur le moyeu a i)our •elfet de tendre le rayon aboutissant au point le plus liant de la roue. On voit que, dans de telles roues, les rayons peuvent être flexibles, il sutlit qu'ils résistent à la traclion. On obtient, ainsi, des roues très légères et très résistantes cependant. Enfin, pour protéger la jante d'acier contre les heurts et pour adoucir le roulement, la jante €;t entourée d'un bandage amortisseur [ 1 oj/. bandage).

Houe de gouvernail, une roue en bois ou en fer sur les rayons de laquelle un ou plusieurs hommes agissent pour amener la barre du gouvernail à faire l'angle convenable avec la quille.

Houe hydraulique, roue mue par une eau courante, et destinée à transmettre le mouvement à un moulin, à une machine quelconque. La circonférence de ces sortes de roues est ganiic de palettes aubes], ou de ca\-ités [auges ou augets,, de l'orme variable, qui, frappées par l'eau, font tourner la roue ainsi que son axe, lequel communique le mouvement au moyen d'engrenages. Les principales roues hydrauliques sont : les roues en dessus, à augels, qui servent pour les grandes chutes; les roues de côté, emboîtées dans un coursier circulaire [machine hydraulique de Marly) : les roues en dessous, c.-à-d. avec vanne, soit à aulies planes, soit à aulies courbes [roue Poncelet], les roues pendantes, sur bateaux: les roues à axe vertical appelées turbines [l'oy. ce motj. — I-a vitesse de l'eau à la sortie de la roue doit être (a même qu'à l'entrée, de sorte que la force motrice est produite par le poids de l'eau qui presse la roue, ou par la vitesse qu'acquiert l'eau en tombant. Les meilleures roues ont un rendement de 75 à 80 p. 100. Le travail disponible dans une chute d'eau s'obtient en multipliant le poids de l'eau qui tombe par la hauteur de la chute. Si on évalue ce travail on une seconde, on n'a qu'à le diviser par 75 et on obtient la force de la chute en chevaux-vapeur (4 oy. chute). — On appelle danaide une sorte de roue hydraulique qui sert à convertir le mouvement rectiligne d'un c-ourant d'eau en un mouvement de rotation continue. Elle fut inventée au xviii' siècle par le marquis Manoury d'Ilectot.

Dans les Loteries, on appelle roue de fortune le tambour en forme de roue où l'on enferme les numéros pour les tirer au sort, après les avoir mêlés en faisant tourner la roue.

Supplice de la roue, supplice qui consistait à coucher le criminel sur quatre soliveaux assemblés en X, les bras «t les pieds assujettis par des cordes; à rompre à coups de barre les os des bras en deux endroits, ainsi que ceux des reins, des jambes et des cuisses, puis à exposer le corps ainsi disloqué autour d'une roue qu'on faisait tourner. — On attribue l'invention de cet affreux supplice à l'empereur romain Commode. Il fut infligé pour la première fois, en France, aux assassins du comte de Flandre, sous I/)uis le Gros; mais il ne fut établi légalement que sous François I""" : un édit du 4 février 1554 ordonna de l'appliquer aux voleurs de grand chemin et de maisons habitées. 11 fut étendu aux assassins en 1547. Le supplice de la roue ne fut aijoli qu'en 1789.

ROUELLE (du lat. rotella, petite roue). Ce mot, qui ncst guère usité que dans l'Art culinaire, se dit de tranches coupées en rond, comme une rouelle de citron, une rouelle de pomme, etc. — Rouelle de veau, partie de la cuisse d'un veau coupée en travers, et qui se trouve ainsi de figure ronde.

ROUENNERIES, toiles communes de coton, peintes, rayées et à carreaux, qui servent à l'habillement des femmes, et où dominent certaines couleurs, telles que le rose, le violet, le lilas, mais plus ordinairement le rouge. Elles se fabriquent surtout à Rouen : d'où leur nom. — Cette industrie fut créée vers 1700 par un négociant de Rouen nommé Delarue; elle a pris rapidement une grande extension.

ROUÉS. Ce nom, donné d'abord à ceux qui subissaient

le supplice de la roue, fut étendu, sous la Régence et sous Louis XV, à des libertins sans pudeur et sans foi, dignes de la roue : c'étaient pour la plupart des grands seigneurs, capables, pour arriver à leurs fins, de tous les crimes. Les principaux roués de la Régence étaient les ducs de Richelieu, de Rrc^lie, de Biron, de Brancas, Canillac. Noce, etc.

ROUET (de roue), machine à roue qui sert à filer. On distingue : le rouet dit de la bonne femme, qui se meut à l'aide du pied, et a deux fonctions bien distinctes : l'une de tordre létoupe, à mesure qu'elle sort des doigts de la fileuse, et l'autre de l'envider sur une bobine ( \'oy. fcsf.au et dévidoir) ; — le rouet du cordier, qui se compose d'une grande roue mise en mouvement par un manœuvre, laquelle tord la corde à mesure que le cordier lâche la filasse en marchant. Voy. cordier et filature.

Les Arquebusiers donnaient autrefois le nom de rouet à une petite roue d'acier faisant partie de la platine de l'arquebuse qui, mise en mouvement par un ressort faisait battre de ses dents un morceau de pyrite martiale dont elle détachait des étincelles qui mettaient le feu à la charge de poudre. Les arquebuses qui avaient ce mécanisme étaient dites arquebuses à rouet, fusils à rouet. Voy. fusil.

On nomme encore ainsi : 1" un assemblage circulaire, à queue d'aronde. de plusieurs plates-formes de bois de chêne, sur lequel on pose en retraite la première caisse de pierres ou de moellons à sec, pour fonder soit un puits, soit un bassin de fontaine ; 2» une petite roue attachée sur l'arbre d'un moulin, et garnie de dents qui entrent dans les fuseaux de la lanterne jx)ur faire tourner les meules.

ROUF du holiaiid. roef, toit), se dit. en termes de Marine, d'une construction élevée sur l'arrière d'un navire : on dit aussi carrosse. Voy. kuxette.

ROUGE du lat. nibeus\, l'une des sept couleurs primitives et la moins réfrangible de toutes : elle est placée dans le prisme au-dessous de l'orangé.

Houge d' Andrinople, préparation faite avec la garance, le rocou, le rouge de cartliame, lécarlate, le ponceau. que l'on obtient en précipitant le rouge du cartliame tenu en dissolution par la potasse, la cochenille, le bois de Brésil. On l'applique sur le colon à laide de mordants, tels que le chlorure d'élain, l'alun ou l'acétate d'aluminium.

Houge d' Angleterre, couleur dune teinte plus vive et moins jaunâtre que l'ocre rouge foncé. Elle est constituée par du sesquioxyde de fer. Voy. rouges à polir.

Houge de Fernambouc. Voy. brésili.ne.

Houge de Hollande, ocre jaune rendue rouge par le grillage.

Houge de Prusse. Voy. rouges à polir.

Houge végétal, fard préparé avec le rouge de cartliame et le talc de Venise.

Houges à polir. On comprend sous ce nom le rouge d' Angleterre ou de Prusse, le brun-rouge et le rouge da colcotar, employés en poudre pour polir l'acier, les autres métaux, le verre, etc. ; ce sont des peroxydes de fer, dont quelques-uns sont naturels, mais qui sont obtenus presque tous par la calcination et le lavage du sulfate de fer.

Fièvre rouge. Voy. scarlatine.

ROUGE, maladie des porcs. Voy. rouget

ROUGE-GORGE, Hubecula, vulg. Honhomme misère, joli petit oiseau de l'ordre des Passereaux dentiroslres et du genre Rubiette. Son plumage est d'un gris brun olivâtre en dessus, blanc en dessous, avec la gorge, la poitrine et le front d'un roux ardent. Cet oiseau est commun dans les bois de l'Europe et n'émigre que très tard, souvent même il reste l'hiver dans le voisinage des habitations. 11 niche

Eirès de terre, et, pendant toute la durée de l'incubation, e mâle égayé la femelle par son ramage doux et modulé. Sa chair est très délicate en automne.

ROUGEOLE (de rouge), exanthème contagieux, précédé de fièvre, de larmoiement, de coryza et de toux, s'annonce à l'extérieur par de petites taches" rouges, irrégulières, les unes légèrement saillantes, le plus grand nombre avant les dimensions et les formes les plus variées. Ces taclies paraissent vers le 5* ou i' jour de l'invasion, quelquefois Elus tard, d'abord à la face, puis sur le tronc et les memres ; elles disparaissent vers le 7° ou 8« jour, laissant souvent après elles une desquamation fnrfuracée. Lorsque l'éruption est complète, la fièvre et le malaise diminuent ; mais l'inflammation des muqueuses, la toux et rcnrouement persistent plus longtemps. La rougeole par elle-même est une aiTection bénigne ; mais elle peut devenir grave si

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