‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1429 sur 1729 · SALAIRE · texte numérisé non relu

SALAIRE

gapcrio, la saisic-forainc et la saisie-revendication, qiiaprts un coinmamlement fait à la personne ou au domicile du débiteur, qu'après l'expiration des délais fixés, cl en vertu d'un titre exécutoire.

Parmi les Saisies mobilières, la loi distingue : 1° la saisie-arrél, par laaucUe un créancier fait arrête? cuire les mains d'un tiers les sommes ou effets mobiliers appartenant à son débiteur : tout créancier porteur de titres autlicntiques ou privés peut faire signifier une saisie-arrêt : les sommes ainsi arrêtées entre les mains des dépositaires doivent être versées à la caisse des dépôts et consignations (C. de proc, art. 56 et suiv.) ; — 2° la saisie-brandon, par laquelle un créancier saisit les fruits pendants par racine, c.-à-d. encore attachés à la terre, appartenant à son débiteur, pour les faire vendre à leur maturité et se faire payer sur le prix de vente : on ne peut opérer cette saisie que dans les six semaines qui précèdent l'époque ordinaire de la maturité; la vente doit èlre faite un jour de dimanche ou de marché (art. 626-635) ; — 3" la saisieexécution, saisie qu'exerce le créancier pour faire vendre les meubles de son débiteur et être payé sur le prix : cette saisie doit être précédée d'un commandement fait un jour au moins avant i'exéculion du jugement (art. 583-625) ; — 4» la saisie-foraine, exercée par un créancier dans la commune qu'il habite et sur les choses appartenant à son débiteur forain ; on peut la faire sans commandement et sans autorisation du tribunal ou du juge de paix (art. 822) ; — 5° la saisic-gagerie, qui a pour but d'empêclicr que les meubles et les fruits garnissant la maison ou les terrains du propriétaire ne soient déplacés ou enlevés au préjudice des loyers et des fermages qui lui sont dus : cette saisie se !ait dans la forme de la saisie-exécution et, s'il y a des fruits, dans celle de la saisie-brandon; — 6' la saisierevendication, réclamation d'un effet mobilier qui se trouve dans la main d'un tiers, et sur lequel on prétend avoir un droit de propriété ou celui d'un gage privilégié (art. 826 et suiv.); — 1" la saisie des rentes constituées sur part icidiers, saisie des rentes que possède le débiteur : elle est nulle quant aux rentes sur l'Etat et les communes, que la loi déclare insaisissables, du moins en ce qui concerne le trésor public.

La Saisie immobilière, dite aussi Expropriation forcée, est pour les immeubles ce que la saisie-exécution est pour les meubles. Elle a pour but de mettre les immeubles du débiteur entre les mains de la justice pour les faire vendre et payer les créanciers sur le prix. Elle entraîne des formalilés nombreuses, et ne peut être exécutée que 30 jours après le commandement(C. civ., art. 2204-22 19, et C. de proc, art. 673-748). Voy. les lois du 2 juin 1841 et du 21 mai 1858. SAISINE. C'est le fait d'être saisi, c.-à-d. mis en possession d'une chose. Il se dit particulièrement, en matière de Succession, des biens qui sont dévolus à l'héritier par la loi ou par la volonté du testateur. La saisine légale appartient à l'héritier légitime, résL»rvataire ou non, ou au légataire universel, lorsqu'il n'y a pas d'héritier à réserve. Les légataires à titre universel ou à titre particulier n'ont jamais la saisine légale ; ils doivent demander la délivrance de leur legs aux héritiers à réserve ou au légataire universel (C. civ., art. 724, 1006-1014). — Voy. M. Dufourmantelle, la Saisine héréditaire (1891).

SAISON (du lat. salio, semaille). Ou appelle saisons les quatre parties dans lesquelles l'année tropique est partagée par les équinoxes et les solstices. Le printemps s'étend de l'équinoxe du printemps (20 ou 21 mars) au solstice d'été (21 juin), et dure 92J 20'" 25"»; Vêlé s'étend du solstice d'été à l'équinoxe d'automne (22 septembre), et dure 92J 14'' 22™: l'automne s'étend de l'équinoxe d'automne au solstice d'hiver (21 décembre), et dure 89' 1 7'' 57" ; enfin Vhiver s'étend du solstice d'hiver à l'équinoxe du printemps et dure 89' l" 20^. L'inégalité des saisons vient de ce que le soleil dans son mouvement apparent annuel tourne d'autant plus vite qu'il est plus près de la terre, en sorte que, le périgée arrivant aujourd'hui vers le 31 décembre, le soleil a, pendant l'automne et l'hiver, une vitesse angulaire plus grande que pendant les autres saisons. Du reste les durées respectives des saisons varient avec les positions relatives du périgée et de l'équinoxe du printemps, en sorte que par la suite des siècles il arrivera un moment ou la durée de l'automne et de l'hiver réunis sera supérieure a celle du printemps et de l'été.

Les phénomènes qui caractérisent chaque saison diffèrent d un climat à un autre. Dans la zone tempérée de l'hémi-

sphère boréal, l'été est la saison chaude, parce que c'est l'époque où les jours ont la plus grande et les nuits la plus netite durée, et aussi parce que les rayons du soleil arrivent le moins obliquement ; |)our des raisons inverses, l'hiver est la saison froide. L'automne et le printemps y sont des saisons itc température moyenne. Dans la zone glaciale, les phénomènes sont analogues, avec cette dill'éreiice que, le soleil étant caché sous l'horizon pendant une partie de l'année, tandis que pendant le reste ses rayons ont toujours très obliques, l'hiver est beaucoup plus rigoureux et l'été beaucoup moins chaud que dans la zone iempérée. Enfin, dans la zone torride qui avoisine l'équaleur, la température reste à peu près invariable toute l'année, et la seule différence entre les saisons, c'est que les unes sont sèches, les autres caractérisées par de: pluies abondantes. Dans l'hémisphère austral, les phénomènes sont tout à fait inverses de ceux de l'hémisphère boréal : notre hiver y est la saison chaude, et notre été la saison froide. — On donne le nom d'antichtones aux peuples qui habitent à égale latitude, de part et d'autre de l'équateur, et pour qui par conséquent les saisons sont renversées.

Les anciens avaient personnifié les Saisons. Le Printemps est représenté couronne de fleurs : il lient par la main un chevreau ou il trait une brebis; l'Eté est couronné d'épis de blé, et tient d'une main une gerbe, de l'autre une faucille ; l'Automne a dans ses mains des grappes de raisin ou un panier de fruits sur la tête; l'Hiver, couvert d'épais vêtements, est auprès d'un arbre dépouillé de verdure, et chauffe ses mains Ireinblantes sur un brasier allumé. — Thomson, St-Lambert, Laprade ont chanté les Saisons.

SAJOU, genre de Singes américains, plus connu sous le nom de Sapajou. Voy. sapajous.

SAKI, Pithecia, genre de Quadrumanes, de la famille des Singes, tribu des Cébins, section des Sagouins, renferme des espèces à tête ronde, à queue lâche, non prenante et très touffue (d'où le nom de Singe à queue de renard], qui vivent dans les forêts de la Guyane et du -Brésil, se nourrissant de fruits et d'insectes. On dislingue les Sakis propr. dits, à queue aussi longue que le corps, et les Brachyures, à queue courte. Le Sala à ventre roux (P. rufiventer), type du genre, est long de 0 m. 50. Il habite les forêts de la Guyane française.

SALADE (de saler), mets composé d'herbes ou de légumes assaisonnés avec du sel, du poivre, du vinaigre et de l'huile. On fait des salades de laitue, de romaine, d'escarole, de pourpier, de viâche, de pissenlit, de cliicorée, de barbe-de-capucin, de céleri, de betterave, etc. On appelle encore salade le mélange de plusieurs mets» viandes froides, poissons, etc., assaisonnés à peu près comme les salades d'herbes et de légumes; ainsi l'on dit une salade de homard, d'anchois, de volaille, etc. — On a même étendu le sens de ce mot jusqu'à désigner des mets assaisonnés sans sel, comme des oranges coupées par tranches et arrosées d'eau-de-vie avec addition de sucre et d'eau.

Vulgairement on nomme : Salade de chanoine, la Mâche ; S. de chouette, une Véronique ; S- de grenouille, la Renoncule d'eau ; S. de taupe, le Pissenlit.

SALADE (de l'esp. celada, du lat. cselala [cassis], casque ciselé), sorte de casque rond et léger, sans visière, autrefois à l'usage de la cavalerie. Ce mot ne s'emploie plus qu'en parlant des derniers siècles ou dans le style plaisant. SALAIRE, rémunération de l'ouvrier. En Droit français, l'ouvrier a un privilège, qui prime les droits de tous les autres créanciers de son patron pour le paiement du salaire de ses derniers mois de travail. Depuis la loi du 12 janvier 1895, les salaires de l'ouvrier ne peuvent être saisis par ses propres créanciers que jusqu'à concurrence des quatre cinquièmes.

Economiquement le salaire dépend : 1° de la valeur et de la quantité des produits fabriqués par les ouvriers; 2" du nombre de patrons qui offrent du travail et d'ouvriers qui en demandent ; 3° du coût de la vie de l'ouvrier (car il ne consentira à travailler que s'il peut, par son salaire, subvenir à ses besoins). Le socialiste Lassalle soutenait que le salaire tombe forcément, par l'ctlet de la concurrence entre ouvriers, au minimum nécessaire pour 'vivre : c'est ce qu'il nommait la loi d'airain du salaire. Mais l'élévation continue des salaires industriels auxix" sièile, démontrée par la statistique, lui a donné tort. — Quant à la fixation par l'Etat dun salaire minimum pour chaque

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