‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1432 sur 1729 · POLICE · texte numérisé non relu

POLICE

SALUT (du lat. salus], démonstration extérieure de cinlité ou de respect faite à quelqu'un en l'abordant. Chaque peuple a sa manière de saluer. Les Européens saluent en se découvrant et en s'inclinanl ; les Américains se pressent la main sans se découvrir : les Ottomans saluent en s'inclinant et en portant la main droite sur le cœur, ou en élevant les deux mains au-dessus de la tète. — On donne aussi le nom de salut aux formules que l'on prononce en s'abordant, formules qui ne sont pas moins variées que les manières extérieures de se saluer, ainsi qu'à celles qu'on emploie dans les lettres, dans les préambules des lois et ordonnances, des bulles, des mandements, des lettres patentes. Les Romains commençaient leurs lettres par la formule : S. D. [salutem dicit). Les rois de France disaient, en tête des actes émanés de leur autorité : A tous ceux qui ces présentes verront, salut. Sous la première République, on terminait les lettres par les mois : Salut et fraternité. Autrefois, dans les livres, les epilrcs et les préfaces portaient souvent ces mots : Au tecteiir, salut.

Salut militaire. Le salut dans l'armée est une forme exlerieurc de respect ; il est dû en toutes circonstances par le subordonne à son supérieur et, entre officiers, à grade égal par le plus jeune au plus ancien ; il se fait en portant la mam droite à hauteur de la visière de la coifture. la paume de la main tournée en dehors. — Dans certaines circonstances et notamment dans les défilés, les olliciers saluent du sabre ou de l'épée en portant leur

arme verticale devant la figure et l'abaissant ensuite en étendant le bras. Tout militaire doit le salut an drapeau.

Salut de mer, salut militaire que se rendent récijjroqucment les vaisseaux de même ou de dillérenles nations, ou qu'ils échangent avec les places ou châteaux (pii sont sur les côtes. Les saints de mer se font tantôt par le pavillon et les voiles, tantôt par des décharges d'artillerie. Un salue avec le canon en tirant un certain nombre de coups de canon l'un après l'autre, et l'un d'un Iwrd, l'autre de l'autre alternativement. Lorsque le salut a lieu entre égaux, il se rend en nombre pareil. Si celui qui salue est inférieur, le supérieur rend quelques coups de moins. Les bâtiments de l'Etat salués par ceux du commerce rendent le tiers des coups qu'ils ont reçus.

SALUT, félicité éternelle qui attend le juste mort en état de grâce. C'est un dogme de la foi chrétienne que nous ne pouvons obtenir le salut que par Jésus-Christ, et que c'est pour nous le procurer que le Fils de Dieu est venu sur la terre : c'est ce qui lui fait donner le nom de Sauveur. Les Catholiques ont pour maxime : hors de l'Eglise point de salut, ce qu'il ne faut entendre que de ceux qui, ayant eu connaissance de la vraie doctrine, n'ont pas voulu la suivre. — Dans la Liturgie catholique, on appelle salut des prières que l'on chante le soir, après vêpres ou compHes, notamment les jours de fête, et qui se terminent par la bénédiction du St Sacrement.

Salut d'or, monnaie en or qui portait l'empreinte de la Vierge recevant la salutation angclique, et qui fut frappée en France sous Charles VI, puis sous Henri VI, roi (l'Angleterre, maître alors d'une partie de la France. Les saints d'or valaient 15 sous tournois, environ H fr. 41.

SALUTATION Angélique, prière à la Ste Vierge, qui commence par ces mots : Ave, Maria, gratia plena (Je vous salue, Marie, pleine de grâce), etc. Elle se compose des paroles que l'Evangile met dans la bouche de l'ange Gabriel lorsqu'il annonça à Marie le mystère de l'Incarnation, de celles que proféra Elisabeth lorsciu'elle reçut la visite de Marie, et enfin de celles que 1 Eglise emploie pour implorer l'intercession de la Mère de Dieu. — On récite ordinairement cette prière à la suite du Pater.

SALUTH, Silurus glanis, poisson. Vou. siluue.

SALVADOR E (d'un nom propre), Salvadora, genre de la tribu des Salvadorées qui se rattache aux Oléacées, se compose d'arbrisseaux qui croissent en Asie et en Afrique. L'espèce type est la S. de Perse [S. persica), qu'on trouve en Asie et en Afrique : feuilles opposées, un peu cliarnues; fleurs blanches, très petites, en Ijouquets terminaux; baies pyriformes, jaunes, monospermes. On emploie les feuilles broyées comme résolutives; les Arabes en font usage contre la morsure des serpents. Les baies sont comestibles.

SALVATELLE, veine qui commence sur la surface dorsale des doigts et de la main par un grand nombre de radicules et qui remonte jusqu'à la partie interne de l'avant-bras, où elle prend le nom de veine cubitale postérieure. Les anciens recommandaient d'ouvrir cette veine dans la mélancolie, l'hypocondrie, etc., et ils attribuaient à cette saignée une grande efficacité : d'où le nom de salvatelle (de salvatio, salut).

SALVATOR, nom latin scientifique du genre Sauvegarde. Voy. ce mot.

SALVE (du lat. salve, salut), décharge de coups de canons ou de toutes autres armes à feu. que l'on lire en même temps ou successivement, soit en l'honneur de quelqu'un jwur le saluer [Voy. salut), soit pour la célébration d'une fêle, soit enfin pour l'annonce d'une boiuic nouvelle.

SALVE REGINA (c.-à-d. /e vous salue, reine), premiers mots latins d'une prière à la Vierge, par laquelle on a coutume de terminer l'office divin pendant un certain temps de l'année. On attribue cette prière à Hermannus Contractus, ou à Pierre de Monsoro, évêque de Compostelle. Les paroles qui la terminent sont altrinuées à Si Rernard.

SALVIA, nom latin botanique du genre Sauge.

SALVINIE. Salvinia, genre de plantes cryptogames, aquatiques, flottantes, de la famille des Rhizocarpées. Voy. ce mot.

SAMA. Voy. vedas.

SAMARE (du lat. samara, semence d'orme), nom donné, en Botanique, aux capsules coriaces et membraneuses, indéhiscentes', à une ou deux loges, munies d'ailes sur les

SAMARIIM

SA?snORICLM

«ôtés ou terminées {«r une lan^iette foliacée : tels sont les fruils de l'orme, du frêne, de l'érahle, etc.

SAMARIUM, clément qui, d'après MM. Delafuntainc isTS' et l^ecoq de Boisbaudi-aii, accompagne la didynïe dans la samai-skite

SAMARSKITE, niol>ale de fer, d'uranium et d'ytlrium, [5tFe.l.V)0.Mj^^]. avec un v>eu de didyme, f^u'oh trouve en masses noires orlDorliomb., danslasyénitedc Miask(Oural).

SAMBUCUS, nom latin lx>tauiqué du Stireau, a forme le mot Sambucées qui désigne une tribu de la famille des Cjiprifoliacées, comprenant les genres Sambucus, Vibttrmiiii, etc.

SAMBUQUE Mu lat. sambttca), instrument de Musique des anciens : c était tantôt une espèce de flûte qui tirait sans doute son nom de ce que dans l'origme elle était faite de lx>is de sureau, tantôt une espèce de harpe a cordes de nature et de longueurs différentes — Ancienne nmcliine de guerre qui consistait en une plate-forme aussi haute que les murailles que l'on \-oulait attaquer. Mareellus <it usage de la sainbu(]uc au siège de Syracuse. Selon IHulartjuc, ce nom lui serait venu d'une ressemblance de forme avec la harpe appelée sambiique. Les coides qui montaient etdescemlaieut l'échelle ressemblaient aux conles de la sambuque.

SAMÉ, poisson de mer qui remonte les rivières : c'est une espèce de Muge, qui diffère peu du Mulet, excepté qu'il a la tète \A\\% grosse et plus pointue, la chair moins blaiiche et moins grasse. Voij. hcge.

SAMEDI 'du lai. sabbali dies. }o\iv du sablmt, septième ol dernier ,j)ur de la semaine. Les Païens l'apwlaient /0!/r fie Saturne. Les Juifs, qui le nommaient sabbat, le con- ^acraient au re|ios, («i-ce cpie Dieu se reposa ce jour-là, après avoir crée le monile en six jours. Dans les premiers temps du Chnslianisme, le samedi était fêté comme le dimanclie ; aujourd'hui, il est consacré à la Vierge. — Pour les catiioiiques, le samedi est un jour maigre. C'est en llOl) seulement qu'un coïKÙle prescrivit ce jour daljstmence ; celte ol)hgation a été su}>})rimée progressivenienl par les papes Pic IX et Léon XIII.

Samedi saint, celui qui précède le jour de Pâques : c'est ce jour-là que l'on fait la bénédiction de l'eau.

SAMIS, nom qu'on donnait autrefois a une étoile, tramée de lames d'oc et d'argent, qui venait de Venise, et fju'on employait surtout jiour rameubleincnt des |ialais. L'orillanumè était de samis vermeil.

SAMOLE, Samoiiis, nom que les Druides donnaient à une plante sacrée, qu'on croit être la Darba7-ée, espi>ce de crucifère a Heurs jaunes, à laquelle ils attribuaient des propriétés merveilleuses.

Linné a ilonné ce nom à un genre de la famille des Prunulacées, renfermant des plantes lierliacées, bisannuelles, à tige droite, à racines fibreuses, à feuilles alternes et à lleui-s blanches, en grappes ou en corymbes : ces plantes vivent au Ijord des eaux et dans les marais. Le S- aqua tique [S. Valeiamli , vulg. Mouron d'eau et Pimprenelle aquatique, passe pour vulnéraire et antiscorbutique.

SANATORIUM ou si^ATOiRE, lieu ou site qui. par ses con-iitions géologiques ou atnwsiJK^rifjues, favorise la santé ou la guiTison de ceux qui vieiuicnt y séjourner; se dit aussi d'un établissement, hôpital, liotel. particuUèrement disposé suivant les exigences de la nïédecine et tle l'hygiène.

SAN-BENITO, vêtement dont les inquisiteurs revêtaient ceux qu ils avaient condamnés à être brûlés : c'était une robe de moine, de couleur jaune ou grise, jXMrtant la ligure d'un homme delxjut au milieu des flammes d'un bûcher et environné de démons. Ce vêtement avait la même forme que riiabit des religieux de St-Benoît. — l'oj/. chemise ardente.

SANCIR, terme de Marine, signifie couler à fond sous voiles et à l'ancre, en plongeant par l'avant.

SANCTIFICATION, action de la grâce qui nous purifie et iii>us rend saints ; elle est aussi un des elTets des sacrements. Voy. GR.icE et sacrement. — On appelle sanctification du dimanche l'acte d'accomplir en ce jour les exercices prescrits par l'Eglise.

SANCTION (du lat. sanctio). En Morale, la sanction est l'ensemble des récompenses et des peines attachées à l'exéciilioB et à la violation de la loi. On entend par récomj>ense le plaisir obtenu à la suite d'une action vertueuse jK>ur cette seule raison qu'elle est vertueuse ; et rtxîiproquement par peine, la souffrance infligée à une mauvaise action par cela seul qu'elle est mauvaise. Ces principes posés, on distingue 5 espèces de sanctions: 1'' la S. morale.

c.-à-d. le remords et la satisfaction de conscience; 2" la S. naturelle, c.-à-d. les conséquences naturelles de nos actions (p. ex. la sobriété entretient la santé, tandis que l'intem-

Férance est une cause de maladieh 3" h S. sociale, c.-à-d. estime et le mépris de nos semblables; 4° la S. légale c.-à-d. les peines et les récompenses instituées par les lois positives; 5° la S. religieuse, c.-à-d. les peines et les récomiienses que Dieu doit réaliser dans une autre vie pour rétablir entre la vertu et le bonheur l'harmonie qui n'existe jias sur la terre par suite de l'insuffisance des sanctions précédentes.

En Droit, la sanction est l'acte par lequel le chef du pouvoir exécutif, exerçant une partie de l'autorité législative, donne à une loi l'approbation, la confirmation sans laquelle elle ne serait point exécutoire. Cette sanction n'est nécessaire que dans certains Etats monarchiques où l'on admet que le souverain exerce une partie du jxjuvoir législatif. En France, elle n'existe plus de nos jours : le Président de la RépublKfuc ne peut que promulguer les lois votées par les 2 Chambres ; s'il ne les approuve pas, son seul droit est de demander aux Chambres une nouvelle délil)eralion.

Sanction se dit encore de constitutions oa ordonnances sur les matières ecclésiastiques ou même politiques, loy. PRACMATiQrE au Dict. d'Hisl et de Geogr.

SANCTUAIRE ^du lat. sanctuarium]. C'était chez les Juifs la partie la plus secrète et la plus intime du temple de Jérusalem. On l'appelait aussi le Saint, le Saint des Saints. Voy. saint.

Chez les Chrétiens, on appelle ainsi l'endroit où est placé le maître-autel, et qui est fermé d'une balustrade. — Il se dit, dans un sens ar.alogue. des temples consacrés aux divinités du paganisme, p. ex. tlu lieu ou la Pythie rendait ses oracles.

SANCTU8. mot latin qui veut dire saint, désigne la partie de la messe qui commence par les mots Sanclus, sanctus, sancttis, Dominus Deus, etc. (Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu, etc.) et qui suit immédiatement la préface. C'est un cantique de louanges et de gloire que les esprits célestes ne ccs-ent de chanter devant la majesté de Dieu (Isaïe, VI, 3).

SANDAL, bois exotifjue. Voy. santal.

SANDALE ,du hl. sandalium), sorte de chaussure usitée diez les anciens : ce n'étaient guère que des semelles de cuir ou de bois qui couvraient la plante des pieds, et nui étaient atlacliées sur le pied et autour de la jambe par des courroies. Dans la primitive Eglise, tous les ministres de l'autel portaient des sandales. L'usage s'en perdit par la suite; cependant quelques congrégations monastiques en |x>rtent encore, notamment les capucins. Le pape et les évêqnes portent aussi la sandale quand ils officient dans certaines circonstances. — Voy. paxtocfle.

Dans la Manne, on nomme sandale un bateau de transpoi't on usage sur les côtes barbaresques.

SANOARAQUE (du gr. cavôapdxT, , résine qui découle d'une Cuprcssinée, le TImya arliculata de l'Arabie. On la trouve dans le commerce en larmes allongées, d'un blanc jaunâtre et d'une cassure vitreuse. On s'en sert pour préparer des vernis, et pour couvrir, afin do l'empêcher de lx)iro, le papier gratté ou non colle. — On retire une espè-ce de santlaraque du Genévrier de Suède, mais oUc est inférieure à la précédente.

liOS alchimistes avaient donné le nom de sandaraque au réalgar sulfure d'arsenic rouge) ; c'est le sens que ce mot avait communément chez les Grecs.

SANOBERGÉRITE, var. de texnantite.

SANOERLING, Arenaria, genre d'Oiseaux, de l'ordre dos Echassiers limicoles, famille des Longirostres : Ikw médiocre, grêle, droit, mou, flexible, plus large vers la pointe qu'au milieu; pie(b grêles et offrant seulement trois doigts oirigés en avant. I.a livrée de ces oiseaux varie d'une saison à l'autre : au printemps, la face et le sommet de la têlc sont marqués de grandes taches noires, Iwrdécs de roux et Usérées de blanc ; le reste du corjis est un mélance régulier de taches rouges, noires et blaiKhes. Le pluma;.'C d'hiver est grisâtre en dessus, blaiw en dessous et aux flancs. I-e Saiiderling émigré le long des bords de la mer, et recherche les pays froids.

SANOJAK. officier turc chargé du gouvernement d'une circonscription territoriale appelée sandjakat. Voy. ce mot au fUrt. d'Hist. et de Géoyr.

SANDORICUM, Faux Mangoustan ou Hantol, arbre de

SANDRE

Page 1