‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1433 sur 1729 · SANGSUE · texte numérisé non relu

SANGSUE

la famille des Méliacées, tribu des Tricbiliccs, croît dans les îles Philippines et aux Moluques.

SANDRE, Lticioperca, genre de Poissons acanthoplérygiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Percoïdes,

3ui ont les nageoires et les préopercules de la Perche, et es dents pointues comme celles du Brochet, d'où le nom scientifique (de lucius, bi-ochet, elperca, [jcrche). Le S. commun [L. sandra) vit dans les fleuves et les lacs du nord et de l'est de l'Europe : il dépasse quelquefois 1 mètre. Il est verdâtre, à bandes brunes. Sa chair est blanche et agréable.

SANDSTONE, saxdstein, noms anglais et allemand des roches de gycs. Voy. ce mot.

SANDWICHS, tartines de pain sans croûte, beurrées et garnies de tranches mùices de jambon, de fdet de bœuf, de foies gras, etc.

SANG (du lat. satiguis), liquide qui remplit le système circulatoire des animaux. Il est rouge intense chez l'Homme et tous les Vertébrés, hormis l'Amphioxus, rouge ou vert chez les Annélides, jaune ou rougeàtre chez beaucoup d'Insectes et de Crustacés, faiblement bleuâtre chez les Mollusques et les Arachnides, incolore chez les Echinodernaes.

Dans le sang de l'Homme on dislingue une partie liquide {plasma sanguin) et des corpuscules ou globules en suspension, les uns rouges [hématies], les autres blancs {leucocytes). C'est aux hématies aue le sang doit sa couleur, rutilante dans le sang artériel, rouge-noir dans le sang veineux, parce que les hématies elles-mêmes sont rutilantes ou noires selon qu'elles contiennent plus ou moins d'oxygène. Ce sont elles d'ailleurs qui sont chargées de porter dans toutes les parties du corps l'oxygène nécessaire à l'aclivité de ces parties; elles contiennent une substance riche en fer, Yhématocrislalline ou hémoglobine; on y a noté aussi, dans ces derniers temps, la présence de la matière cérébrale appelée lécithine [Voy. ces mots). Quant aux leucocytes, ils possèdent des mouvements propres, vont et viennent contre les parois des vaisseaux et poussent de temps à autre des prolongements ou pseudopodes qui leur servent à progresser. Ils jouent en outre un rôle important dans la défense de l'organisme contre les microbes [Voy. phagocytose). Le plasma contient 780 p. d'eau sur 1000, plus des principes minéraux (carlwnates, phosphates, etc., chlorure de sodium) ; on y trouve encore des principes cristallisables d'origine organique (laclalcs, urates, urée, eréatine, corps gras) , enfin une proportion plus considéral)lc de principes coagulables, la serine et la plasmine ou fibrinogène : celle-ci peut se dédoubler en deux, la fibrine dissoute et la fibrine coagulable.

Dans l'état de santé, le sang se modifie à chaque instant

Ïiar l'arrivée de la lymphe et des iieplonos intestinales de a veine porte, et par la disparition des éléments sécrétés et de ceux qui vont former les différents tissus. Le sang artériel, seul revivifiant, dilfère du sang veineux, impropre à la nutrition, en ce que la proportion de l'oxygène à l'acide carlwnique est de 58 à 100 dans le premier et seulement -de 22 à 100 dans le second. — Pour le mouvement propre à l'un et à l'autre, voy. circclatiox, artère, veine.

Lors<|ue le sang est abandonné à l'air, le dédoublement de la plasmine a lieu ; la fibrine coagulable emprisonne les globules rouges dans une masse appelée caillot : le reste, appelé sérum, comprend la fibrine dissoute, la serine et tous les autres princii)es signalés ci-dessus. Dans les maladies inflammatoires, la fibrine n'augmente pas, mais le dédoublement dont nous parlons est plus complet et l'on voit se former à la surface un caillot léger [couenne inflammatoire) . — Les altérations morliides de la composition du sang, ou dyscrasies, sont les symptômes de maladies très graves. Dans le charix>n, la fièvre typhoïde, l'infection purulente, le choléra, l'altération porte sur les principes coagulables; dans l'urémie et l'albuminurie, elle porte sur les principes cristallisables d'origine organique. — Dans l'empoisonnement par l'oxyde de car!x)ne (asphyxie par le charbon), les globules rouges sont tués, minéralisés; c'est comme SI 1 on enlevait subitement à l'animal fout son sang ; dans 1 anémie, la chlorose, la proiwrlion des globules rouges est diminuée ; dans la leucocythemie, la proiiortion des globules blancs est augmentée.

Le sang de certains animaux peut être appliqué à divers usages : outre l'emploi que font les Charcutiers du sang de bœuf et du sang de porc pour la confection des Iwudiiis, le sang de Ijoeuf, en raison des matières albuminoïdes qu'il contient, sert a clarifier les sirops et le sucre; desséché et pulvérise, le sang des animaux entre dans la composition des

superphosphates azotés destinés à remplacer le guano, etc. Enfin, depuis la découverte de la sérumthérapie ( Voy. ce mot) on emploie le sérum de cheval immunisé comme agent thérapeutique dans les cas de croup et de diphtérie.

SANG DE RATE, iiom donué au charbon des animaux domestiques, parce que, dans cette maladie, les vaisseaux, la rate surtout, sont gorgés de sang. Voy. charbon.

SANG-DRAGON (p. sang de rfra^ow) , substance résineuse d'un rouge brun, dont la composition est très variable suivant les espèces. Elle nous vient des régions tropicales de l'Asie et de l'Amérique. Le sang-dragon est donné par des plantes dugenre Calamus et particulièrement parun Palmier, le Calamus draco; la substance résineuse qui constitue le sang-dragon du commerce est une exsudation résineuse qui se lait à la surface des fruits de cet arbre et remplit quelquefois l'intérieur. Le sang-dragon a été longtemps préconisé en médecine comme astringent et comme dessiccatif; son usage est presque abandonné aujourd'hui. Il s'emploie pour la confection des couleurs à l'usage des peintres et donne un Ijeau coloris rouge ; il entre dans la composition des vernis.

On désigne encore sous le nom de Sang-dragon la résine rouge que l'on retire du Dragonnier [Dracœna draco), arbre gigantesque des îles Canaries. Le S. oi-iental et le S. de Gambie sont des gommes-résines attribuées à deux Ptérocarpes.

SANG-GRIS (de sa couleur), boisson forte, en usage aux Antilles, se fait avec du vin de Madère, du sucre, du jus de citron, un peu de cannelle, de girofle et de muscade, " et une croûte de pain rôtie.

SANGLIER (du lat. singularis, seul; parce que cet animal vit solitaire), Sus scrofa, mammifère de l'ordre des Arsiodactyles, sous-ordre des Porcins et souche de notre Cochon domestique [Voy. cochon). Il a la tête plus allongée que le cochon, le chanfrein plus arqué, les oreilles plus courtes et moins pointues, les défenses plus longues; les soies plus grosses, raides, d'un brun noirâtre, et mêlées d'une espèce de laine noirâtre cendrée ou jaunâtre. Sa queue est droite et courte. Jusqu'à six mois on nomme le sanglier marcassin : à cet âge, on l'appelle béte rousse; à un an, béte de compagnie; à deux ans, ragot; à trois, sanglier à son tiers an; à quatre, quarlenier; plus tard, vieux sanglier ou solitaire.

Le sanglier est d'un naturel farouche et la chasse en est dangereuse. Cet animal est d'une grande hardiesse dans le danger : il est surtout terrible à l'âge de 3 à 4 ans, loi"»que ses défenses ont atteint leur plus gi'and développement et sont devenues tranchantes ; il tient tête aloi-s à toute une meute et se précipite comme la foudre sur les chasseurs. Le sanglier choisit jxiur bauges les endroits les plus sombres et les plus humides des forêts : il ne sort que le soir })our aller chercher sa nourriture. Il se nourrit de fruits sauvages, de racines et de graines, et dévore les jeunes lapins, les levrauts et les perdrix, lorsqu'il est pressé par la faim. Comme les cochons, il fouille le sol, mais en droite ligne et profondément. Dans le temps du rut, les mâles se livrent entre eux de terribles combats; la femelle met bas, au mois de mars, de 3 à 9 petits, qu'elle allaite trois mois. — La chair du sanglier a beaucoup de ressemblance avec celle du porc; on ne sert sur la table que la hure (tête), les filets, les jambons et les quartiers de devant.

Chez les anciens, le sanglier était l'animal qu'on sacrifiait à Diane chasseresse.

On appelle Sanglier d'Afrique le Phacochère, et Sanglier d'Amérique le Pécari.

SANGLOTS (du lat. singultus), soupirs redoublés, poussés avec une voix entrecoupée, que font naître les peines violentes. Physiologiquement c'est l'clfet des contractions spasmodiques, brusques et instantanées du diaphragme, qui sont aussitôt suivies d'un mouvement de relâciiement par lequel le peu d'air que la contraction avait fait entrer dans la poitrine est chassé avec bruit.

SANGSUE (du lat. sanguisuga), Hirudo, genre d'Annclidcs suceurs de l'ordre des Abranches sans soies ou Apodes, constituant la famille des Hirudinées ou Bdellaires ( Voy. ce mot), se compose des espèces dont la bouche porte 3 mâchoires ou un suçoir protraetile raide et pointu. La S. médicinale [H. sanguisuga, latrobdella) a le corps long de 0 m. 8 à 0 m. Ï5, plissé transversalement et com- )X)sé de 94 anneaux marqués de taches noires à leur face dorsale, et offrant en dessous deux séries de jiores qu'on regarde comme des organes respiratoires. Elle [wi-te, aux deux extrémités du corps, deux cavités contractiles qui lui

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