‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1434 sur 1729 · SANTAL · texte numérisé non relu

SANTAL

permettent d'adhérer fortement aux objets auxquels elle s'applique : dans la cavité antérieure est située la bouche, qui est armée de trois petites lancettes dentées en scie, à 1 aide desfiucUes elle pique la peau des animaux et y fait une incision triangulaire. C'est avec leurs lèvres, qui forment ime espèce de suçoir, et au moyen d'un mouvement particulier des anneaux dont leur corps est com|)osé, que les sangsues parviennent à se gorger de sang. Si l'on ne fait rien pour les forcer à rendre le sang qu'elles ont avalé, ce sang est plusieurs mois à disparaître.

tjuand on se sert de sangsues pour tirer du sang, on commence par mouiller avec du lait ou de l'eau sucrée la partie du corps sur laquelle on veut les appliquer. Pour leur faire ensuite lâcher prise, on les touche avec un peu de sel ou de tabac; les sangsues enlevées, on favorise l'écoulement du sang par des lotions chaudes ou l'application d'un cataplasme ; si l'écoulement, au contraire, persiste trop longtemps, il suffit le plus souvent d'appuyer quelque temps le doigt sur la plaie |)our l'arrêter.

Parmi les variétés de la Sançjsiie médicinale, on distingue : la S. grise : robe d'un gris obscur, avec deux bandes plus foncées de chaque côté, non compris un liséré noir formant la séparation du dos et du ventre, qui est entièrement maculé de noir; la S. verte : robe d'un vert olive plus ou moins clair, avec trois bandes de chaque côté, qui «ont roussàtres ou noirâtres, et quelquefois disposées par taches distinctes; ventre uniformément coloré en jaune verdàtre; la S. noire : robe noire, mais oiVrant cependant •des traces de bandes sur les côtés Toutes ces variétés sont •également bonnes.

Les anciens connaissaient l'avidité des sangsues pour le sang de l'homme et des animaux ; ce n'est toutefois qu'assez tard, après l'ère chrétienne, qu'on a commencé à les employer en médecine. .\ujourd'nui l'usage en est généralement répandu. Lyon et Paris sont les principaux entrepôts du commerce des sangsues. La consommation qui s'en fait est si considérable que ces annélidcs ont presque entièrement disparu de notre sol, et qu'après avoir mis à contribution l'Europe entière, on a été ooligé de les faire venir à grands frais de l'Asie Mineure et de la Géorgie. — Cette pénurie a fait imaginer des sangsues artificielles (Voy. BOELLOMÈTRE ct scARincATECB) : mais l'usagc de ces instruments ne parait pas s'être répandu.

Outre la Sangsue médicinale, le ^nre Hirtido comprend les espèces dites Bdelte, flémopide ou S. de cheval. Atdastotne et Haemenlérie. Les autres espèces, Branchiobdelle, Néphélis, Trochétie, Albione ou Pontobdelle, Hsemocharis, Branchellion, Malacobdelle, etc., doivent être rapportées aux divere genres qui constituent la famille tles Bdellaires.

Sangsue volante, nom vulgaire du Vampire phyllostome, sorte de Chauve-Souris.

SANGUIN, qui appartient au sang. On appelle : système sanguin, l'ensemble des vaisseaux {vaisseaux sanguins) qui contiennent le sang et servent à sa circulation ( Voy. ciRcrLATiox) ; — tempérament sanguin, celui où domine le système sanguin ( Voy. tempérament) ; — maladies sanguines, celles qui dépendent de la surabondance du sang.

SANGUINAIRE, Sanguinaria, genre de la famille des Papavéracées, tribu des Argémonées, ainsi nommé à cause de la couleur rougeâtre du suc fourni par toutes ses parties : c'est une petite plante herbacée, originaire du Canada, qu'on cultive dans nos jardins sous le nom de Grande Célandine : racine épaisse et traçante, d'où sort une feuille unique radicale, presque ronde, d'un vert noi' râtre en dessus, d'un blanc bleuâtre en dessous, traversée

iiar des nervures rouges ; tige nue , grêle , portant une leur blanche assez grande, à 8 pétales et à étamines nombreuses. La Sanguinaire s'emploie en médecine comme émétique. Elle sert aussi à teindre la soie et la mousseline en couleur orangée.

SANGUINE , sorte de crayon rouge fait avec du fer oxydé rouge ou hématite [Voy. oligiste), ou avec de l'ocre rouge, et qui est d'un grand usage dans le dessin. On a, au musée du Louvre, des dessins à la sanguine de Raphaël, du Corrège, du Dominiquin, etc. Au xviu' siècle, la sanguine fut employée preférablement à tout autre crayon par les peintres "et les gi-aveurs. Bouchardon, Carie Vaiiloo, Pierre, Boucher, Cochin, Greuze, Gilles Demarteau, etc., ont laissé de remarquables dessins en ce genre. — La sanguine sert aussi à polir et à brunir.

SANGUINOLAIRE, Sanguinolaria, genre de Mollusques

acéphales, de la famille des Tellinidées et très voisin des Psanimobies. Voy. ce mot.

SANGUISORBE, Sanguisorba, genre de la famille des Rosacées-Dryadées, très voisin des Pimprenelles, renferme des plantes herbacées, vivaces, à feuilles alternes, ailées avec impaire ; à folioles opposées, péliolées, et à fleurs disposées en capitule sur de longs pédoncules axillaires ct terminaux. La S. commune [S. officinalis), vulg. Grande Pimprenelle, P. d'Italie, croît dans les pâturages de l'Europe ; la S. du Canada [S. canadensis) est plus haute que la précédente ; ses fleurs blanches en épis font un bel ellet. Ces deux plantes plaisent aux bœufs, aux vaches et aux moutons. Leurs Heurs s'emploient en teinture, et donnent un très beau gris sur la soie, la laine et le coton. La Sanguisorbe a été longtemps usitée en médecine comme vulnéraire : d'où son nom.

SANGUISUGA, nom lalin de la Sangsjte.

SANHÉDRIN (du gr. uuvéSptov), conseil suprême des Juifs, i oy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

SANICLE, Sanictda, genre de la famille des OmbcUifères, division des Orthospermées, et type de la tribu des Saniculées, renferme des plantes herbacées, vivaces, à feuilles palmées ou digitées; à fleurs blanches disposées eu ombelles, condensées presque en capitules et donnant chacune naissance à 2 grauies ovales hérissées de pointes nombreuses. Ces plantes croissent en petites toulfes dans les lK)is et les lieux ombragés. La S. commune (S. officinalis), vulg. Toute-saine, fleurit en mai et en juin : elle entre comme astringente dans les vulnéraires suisses. — On nomme vulg. : Sanicle mâle, la Sanicle commune ; S. femelle, l'Astrance; S. de montagne, la Benoîte officinale et une espèce de Saxifrage; Petite Sanicle, la Moscalellinc.

SANIOINE, var. d'Orthose [Voy. ce mot), à éclat vitreux, contenant souvent une quantité notable de soude, qu'on trouve dans les trachytes, notamment dans l'Eifel.

SANIE (du lat. santés), matière purulente, liquide, sanguinolente et d'une odeur fétide, produite par les ulcères ct les plaies d'un mauvais caractère.

SANITAIRE, qui est relatif à la santé. Voy. santé.

Convention sanitaire internationale, convention conclue en 1852 entre les principales puissances maritimes de l'Europe, a eu pour but, tout en sauvegardant la santé publique, de faciliter les relations commerciales et maritimes dans la .Méditerranée. Conformément aux principes posés dans cette convention, un règlement sanitaire, en date du 22 févr. 1876, a déterminé tout ce qui regarde les quarantaines, les lazarets [Voy. ce mot), les patentes de santé, les médecins sanitaires, etc.

Cordon sanitaire. Voy. cordon.

SANKHYA, philosophie semi-orthodoxe des Hindous. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

SANSCRIT (c.-à-d. ^a ;/a «7 ), langue sacrée des Hindous. Voy. langues et, au Dict. d'Hist. et de Géogr., le mot

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