SAUR
obtenue par la simple immersion des objets dans un j licj^uide aurifère; médailles saucées, des médailles de cuivre couvertes d'ime mince feuille d'argent.
SAUCISSE, SAUCISSON (de l'ital. salsiccia). La saucisse est un lx)yau de porc rempli de viande liacbée et assaisonnée. Le saucisson est une sorte de grosse saucisse très épicée. Les saucissons de Lyon sont estimés. — Pondant la guerre de 1870-71, les soldats prussiens ont été fournis de saucisses [Erbswurst) composées de pois, de viande et de saindoux cuits très salés, le tout envelopjié dans du parcbemin et pouvant donner une soupe en cinq minutes. Ce produit donne rapidement de la dyspepsie et de la diarrhée, et les soldats s'en dégoûtent bientôt. La forte proportion de graisse contenue dans ces saucisses est à noter : une ration de six onces contenait deux onces de graisse. Cet aliment convient surtout à des hommes ayant à faire de grands elTorts coriiorels.
Outre leur acception culinaire, ces mots s'cniploient par analogie dans l'Art militaire et dans celui de l'Arlilicicr, pour désigner des rouleaux de diverse nature. Ainsi on appelle sauctsse,dc la poudre à tirer mise en rouleau dans une toile goudronnée. On nomme saucisson : 1° une espèce de fascine de 6 m. de long, dont on se sert dans un siège pour la construction de l'épaulement des batteries et iwur réparer les brèches ; 2° un sac de toile ou de cuir, long et étroit, rempli de poudre, dont on se servait autrefois pour porter le feu dans la chambre ou le fourneau d'une mme ; o» une espèce de fusée dont on garnit les feux d'artifice : elle est sans étoiles ni serpenteaux ; on en met plusieurs ensemble pour faire plus de bruit.
SAUF-CONDUIT. C'est, en général, la permission donnée par une autorité publique d'aller en quelque endroit, d'y demeurer un certain temps et de s en retourner, sans crainte d'être arrêté. Une personne munie d'un sauf-conduit est toujours sacrée.
En Diplomatie, on nomme ainsi une sorte de passeport remis en temps de guerre aux étrangers qui doivent se retirer d'un pays en guerre avec le leur.
En Droit commercial, c'était la permission donnée par un tribunal à un failli sous le coup de la contrainte par corps de faire usage provisoirement de sa liberté, moyennant une caution et certaines formalités (C. de comm., art. 472-78, 488, etc.; C. de procéd. civ., art. 782).
SAUGE, Salvia (de salvare, sauver; à cause de ses vertus), genre de la famille des Labiées, tribu des Monardées, contient plus de 500 espèces. Ce sont des plantes à tiges ligneuses, à feuilles opjwsées, en général grandes, de forme variable, à fleurs de couleurs assez vives, dis|X)sées en épi. La S. officinale [S- officinalis) est suirrutescenle, vivace; rameaux nombreux; leuïlles pétiolces, d'un vert cendré; fleurs d'un bleu rougeâtre. Elle est amère, d'une odeur aromatique forte; on l'emploie comme tonirnic, excitante, antispasmodique ; on en fait une infusion tiiéiforme assez agréable; en Chine, on la fume en guise de tabac. La S. pomifère [S- pomifera) a souvent ses jeunes tiges piquées par un insecte : il résulte de ces piqûres des tumeurs charnues, dont la chair est à demi transparente comme de la gelée, et qu'on nomme pomme de sauge : on les mange confites. Parmi les autres espèces, on cite : la S. des prés (S. pratensis], à fleurs bleues; la S. sauvage (S. sylvestris), qui a aussi des fleui-s bleues ; la S. sclarée (S. sclarea], dite aussi Toute-bonne, Orvale, qu'on croyait propre à éclaircir la vue; dans le Nord, elle rcmpla<;e le houblon pour la fabrication de la bière ; la S. cotonneuse (S. œlhiopis), dont les calices sont entourés d'un duvet épais et très blanc ; la S. glutineuse (S. glufinosa], à grandes fleurs jaunes enduites d'une humeur visqueuse; la S. ormin, semblable à la S. sclarée, dont elle a les vertus; la S. fulgens, la S. formosa, la S. coccinea, à fleurs d'un beau rouge écarlate, etc.
On apjJcUe : Sauge amère, S. des bois, deux Germandrées ; 6. en arbre, la Phlomide frutescente ; S. de Jérusalem, la Pulmonaire officinale.
SAULE, Salix, genre type de la famille des Salicinécs, «! compose d'arbres de moyenne taille, qui se plaisent dans les terrains humides. Leur tronc est presque toujours creux et pourri dans le cœur; leurs rameaux droits portent des leuïlles nombreuses, alternes et lancéolées; les fleurs sont petites tantôt monoïques, tantôt dio'iques, en chaton : Chatons maies ecailleux, renfermant en général 2 étamines; chatons femelles jwrtant un grand nombre d'ovaires munis d un slyic et de 2 stigmates, placentation
pariétale ; capsules à 2 valves, graines très petites. — Le Saule blanc [S. albà) est l'espèce la plus commune. Son tronc s'élève à la hauteur de 10 m.; son feuillage répand un éclat soyeux et argenté; ses fleurs sont rechercliées des abeilles. Son lx)is est souple et tenace; avec les grosses branches on forme des cercles pour les tonneaux, du cliarlwn pour les crayons et pour la fabrication de la poudre à canon ; les rameaux servent à faire des liens : la coupe périodique de ces rameaux finit par épaissir le tronc, qui est dit alors taillé en têtard. L'écorce du saule peut servir à tanner les cuirs; on en obtient une couleur rouge et une substance, la salicine, à laquelle on attribue des vertus fébrifuges. Les chèvres, les vaches et les moutons mangent les feuilles du saule. Le S. fragile (S. fragilis] se distingue par la fragilité de ses rameaux à leur ix>int d'insertion. Le S. hélix (S. hélix) s'élève moins haut que le précédent ; on le plante le long des rivières, pour empêcher l'éboulement des terres. I^e S. rouge ou Osier rouge, Verdiau [S. purpurea), l'Osier brun [S. triandra), V Osier blanc (S. viminalis), le S. ondulant (S. undulala) ne sont que des variétés au Saule hélix. Le S- osier ou Osier jaune [S. vitelUna) se recoiv naît à la couleur jaune de ses rameaux [Voy. osier). Le S. marceau [S. caprea) fournit des perches et des échalas pour soutenir la vigne. Le S. pleureur (S. babylonica) est employé à orner les tombeaux et les pièces d eau des jardins paysagers. Ses branches, très longues et très déliées, s'inclinent vers la terre, ce (^ui leur donne un air de tristesse et de deuil ; mais il doit son nom à cette propriété qu'à certaines époques de l'année sa sève tombe en larmes de l'extrémité des rameaux.
SAULSAIE ou SAUSSAIE, lieu planté de saules.
SAUIVION, Salmo, genre de Poissons malacoptérygiens abdominaux, de l'ordre des Squamodermes et type de la famille des Salmonidés : corps plus ou moins fusiforme, arrondi vers le ventre, ecailleux et tacheté; dorsales situées en avant des ventrales ; mâchoire fortement armée.
— Le Saumon ordinaire [S. communis) est long de près de 1 m. et pèse plus de 10 kilogr. ; il a le dos noir, les flancs bleuâtres, le ventre argenté. Sa chair est rougeâtre, laraclleuse, d'un goût exquis, mais de digestion difficile. Il vit en troupes nombreuses dans les mers septentrionales, d'où il émigré tous les ans jwur visiter les mors plus temlîérées : au printemps on voit les saumons remonter très liant dans les fleuves \ymr y déposer leurs œufs; les satimoneaux ne redescendent vers la mer que lorsqu'ils sont déjà forts. La pêche de ce poisson est très importante sur les côtes de la mer du Norcl. On le sèche, on le sale ou on le fume [)our le conserver. — On trouve sur nos côtes une espèce moins estimée, le Bécard [S. hamatus), reconnaissable au crochet saillant qu'il porte à la mâchoire inférieure, et dans le Danulx;, le lluch [S. hucho), remarciuable par sa longueur. — Le Saumon est un des jwissons que la pisciculture a le mieux réussi à multiplier artificiellement.
Voy. TRUITE.
Dans le commerce des Métaux, on appelle saumon une masse de fer, de fonte, de plomb ou d'étain coulé, du poids d'env. 100 kilogr. Voy. lingot.
SAUMONÉ, se dit des poissons, surtout des Truites, dont la chair est rouge comme celle du Saumon.
SAUMURE (du lat. sahnuria), substance liquide qui se déiwse dans les vaisseaux où l'on a salé le poisson ou la viande, et qui, après la salaison parfaite de ces substances, est imprégnée de sel mêlé aux parties volatiles et huileuses des chairs qui y ont été macérées. On se sert de la saumure comme d'assaisonnement et ou la fait entrer dans la sauce de certains poissons. On estime les saumures d'esturgoon, d'anchois, de thon, etc.
Dans les Salines on donne aussi le nom de saumure à l'eau saturée de sel qu'on fait évajiorer jx)ur obtenir ce produit.
SAUNAGE, SAUNERiE (de saunier, du lat. salinarius). On appelle saunage la fabrication et le débit ou trafic du sel marin. Le faux saunage, ou débit du sel en fraude, sévèrement défendu par les ordonnances, était puni de la peine des galères [Voy. gabelle). — On appelle : sauneric l'ensemble des bâtiments, puits, fontaines et instruments propres à la fabrication du sel ; saunier, l'ouvrier qui travaille à faire le sel. Voy. sel.
SAUPIQUET, corruption de Sauce piquante.
SAUR, sacre (orig. inc). Le hareng saur est un linroiiï salé qui a pris la couleur saïue (c.-à-d. jaune i-oux; on
SALME