SAUVAGE
aVIiant à la luniée : on dil aussi hareng sauri ou saurct. — Satire se dit : 1° d'un cheval dont la robe est jaunebrun ; 2" d'un oiseau tant qu'il a encore sa première livrée, i-.-à-d. pendant tout le cours de sa première année. On dit aussi sor.
SAURE, Saïa-us, genre de Poissons malacoptérygiens alxioininaux, de l'ordre des Squamotlermes, famille des Salmonidés, est facile à distinguer à son museau court et à sa gueule fendue jusque fort en arrière des yeux. Les Saures sont des poissons de mer très voraces, que l'on trouve dans la Méditerranée. Les principales espèces sont le Salmo saurîis, le Salmo fxtens et le Salmo badi.
SAUR EL, ou MAQUEREAU BÂTAitD, uoms vulgalres du Caranx trachiirus. Voy. caranx.
SAURIENS (du gr. aaûpoi;, lézard), Saurii, 3° ordre de la classe des Reptiles propr. dite, renferme des animaux longtemps confondus sous le nom général de Léiards, le plus souvent quadrupèdes, et quelquefois apodes ou n'ayant qiie des pieds rudimentaires (Anguis, Scbellopusick) : corps allonge, couvert d'écaillés ou d'une peau fortement chagrinée ; doigts garnis d'ongles crochus ; paupières mobiles, tympan de l'oreille visible à l'extérieur, mâchoires armées de dents enchâssées, etc. Parmi les Sauriens, les uns habitent les eaux, d'autres la terre ; ceux-ci sont amphibies, ceux-là se tiennent dans les lieux secs et élevés; quelquesuns (Dragons) peuvent se maintenir quelques instants en l'air, à l'aide de membranes qui remplacent les ailes. Tous sont pourvus d'une queue plus ou moins longue. Les Sauriens habitent surtout les pays chauds : ils se nourrissent de mammifères, d'oiseaux, de mollusques, etc. — Cuvier divisait cet ordre en 6 familles ; celles des Crocodiltens, des Lacertiens, des Iguaniens, des Geckotiens, des Caméléoniens et des Scincoïdiens. — Les Crocodiliens forment aujourd'hui un ordre à part ; et deux nouvelles familles, celles des Varaniens et des Chalcidiens, ont été ajoutées par Duméril et Bibron.
Les Sauriens fig-urent en grand nombre parmi les animaux fossiles, sous les noms d'Ichtyosaure, de Plésiosaure, de Pleurosaure, etc., et se trouvent surtout dans les tcrraùis secondaires; ils avaient alors des dimensions beaucoup plus grandes que celles qu'ils ofl'rent aujourd'hui.
SAUROPTÉRYGIENS, ordre de Reptiles fossiles, comprenant surtout les Plésiosaures.
SAUROTHERA, oiseau Grimpeur. Voy. tacco.
SAUSSAIE ou saulsaie, lieu planté de Saides.
SAUSSURITE, minéral compact , d'un gris verdâtrc , praissant provenir de l'altération de certains feldspatlis {labrador, anorthite), et consistant surtout en zoïsite ; elle entre dans la constitution de certaines cuphotidcs, notamment du verde di Corsica, d'Orczza (Corse).
SAUT (du lat. saltus), mouvement brusque par lequel le corps se détache du sol, au iTioyen de l'extension rapide d'une ou de plusieurs parties de son corps pi'éalablement (lé-chies. — En Cliorégrapbie, le saul est un pas de ballet où l'on élève en même temps son corps et ses deux pieds en l'air comme pour faire la cabriole, ce qui se fait ordinairement à la lin d'un couplet et pour marquer les doubles cadences. Le saut est simple, lorsque les jambes, étant en 1 air, ne font aucun mouvement ; il est battu, lorsque, les jambes étant en l'air, les talons battent l'un contre l'autre une ou plusieurs fois.
En Musique, on appelle saut toute succession de notes par degrés disjoints. A l'école, certains saufs sont proscrits comme donnant lieu à des intonations difficiles.
Saut basque, danse nationale des Basques français, exécutée par des hommes seuls. Cette danse, extrêmement ancienne, est d'une grande noblesse. Il existe plus de vingt façons de danser le saut basciuc.
Saut de ca7-pe. saut que les baladins exécutent à plat ventre en s'élevant et retombant horizontalement.
Saut de loup, fossé que l'on creuse au bout d'une allée, à l'extrémité d'un parc ou d'un jardin, pour en défendre l'entrée sans borner la vue.
Saut de mouton, mouvement capricieux par lequel un cheval, en s'enlevant, baisse la tête, voûte l'épine dorsale, ramène les extrémités sous le ventre, et se jette de côté, de manière à renverser son cavalier.
SAUTE de vent, terme de Marine, se dit d'un changement subit de plusieurs quarts dans le vent régnant. Les sautes de vent sont fréquentes dans les mers des Antilles.
SAUTÉ. En Cuisine, on donne ce nom ii une manière de ! préparer rapidement certaines viandes d'un petit volume, |
telles que lapin, escalopes de veau, foie gias, poulet, etc.
SAUTER EAU, lame de Ixiis mince mmiie d'un morceau de plume ou de buffle qui, dans les clavecins, était poussée contre les cordes par la touche. La plume ou le buffle, en sautant, c.-à-d. en s'échappant, faisait l'effet d'un ressort, et produisait le son en frappant la corde du clavecin qu'elle rencontrait.
SAUTERELLE (de satiter), Locusta, genre d'Insectes, de l'ordre des Orthoptères sauteurs, famille des Acridiens et tj-pe de la tribu des Locustaires. Ces insectes, de couleur vert-jaunâtre, sont reconnaissables à leurs pattes postérieures beaucoup plus longues et plus fortes que les antérieures, ce qui leur permet de faire des sauts assez grands. Ils volent aussi très loin et très haut. Les mâles font entendre une sorte de chant qui est produit par le frottement de leurs cuisses contre les élytres ; les femelles déposent leurs œufs dans la terre : elles en |)ondcnt une assez grande quantité à la fois, rassemblés dans une membrane mince. Les larves ne dilfèrent de l'insecte parfait que |)ar l'abseiKe des ailes et des élytres. Sous leurs diflércntes formes, les sauterelles sont très voraces : elles ravagent les campagnes partout où elles s'abattent en grand nombre. Les dégâts occasionnés par la Sauterelle de passage ou Criquet voyageur {Voy. criquet) sont les plus considérables : l'Orient et le nord de l'Afrique y sont surtout exposés. Ces sauterelles arrivent en masses si grandes à travers les airs, qu'elles forment comme d'épais nuages et cachent par moments la lumière du soleil. On est quelquefois réduit à incendier les récoltes pour leur opposer une barrière. D'autre part, un vent violent, une pluie d'orage peuvent en détruire des millions en un instant; les oiseaux, les lézards et les grenouilles en dévorent une grande quantité; en outre, ces sauterelles se font entre elles une guerre acharnée. — Parmi les espèces d'Europe on cite surtout la Grande Sauterelle verte [L. viridissinia) ; parmi les espèces étrangères, quelques-unes se font remarquer par la variété de leurs couleui-s ou par la forme de leurs élytres, qui parfois ressemblent à des feuilles d'arbre.
On appelle vulg. : Sauterelle écumeuse, la lai"ve du Orcope écumeux; S. puce, une petite Cicadeile qui se trouve sur la luzerne; S. de mer, la Squiile mante.
Les Charpentiers et les Tailleurs de pierre donnent le nom de sauterelle à la fausse équerre mobile, instrument de bois composé de deux règles mobiles assemblées par un bout comme la tête d'un compas, et propres à prendre l'ouverture de toutes sortes d'angles rectilignes. Ils nomment S. graduée celle qui a autour de la pièce qui forme le centre de ses bras un demi-cercle divisé en 180° : elle sert à mesurer les angles avec rigueur.
SAUTEURS, nom donné par Cuvier à une famille d'Insectes, qui se confond avec celle des Acridiens [Voy. ce mot). — Ce mot s'applique encore à plusieurs animaux à cause de leurs allures : tels sont les Gerboises, une Antilope, un Tangara [Habia saltator), un Gecko, un Exocet, etc.
SAUTOIR, t. de blason. C'est une pièce héraldique honorable de première classe ; il est formé de la reunion de la tende et de la barre, qui se coupent en diagonale. On dit aussi deux bâtons passes eti sautoir en parlant, p. ex., des bâtons semés de fleurs de lis d'or passés derrière les armoiries des maréchaux de France. — On dit aussi qu'un ordre se porte en sautoir quand il a la forme d'un collier lomlant sur la poitrine et soutenant l'insigne de l'ordre : c'est ainsi que se porte la Toison d'Or.
SAUVAGE (du lat. silvaticus). En parlant des hommes, ce mot se dit de ceux qui vivent dans l'état de nature, habitant les bois, sans demeure fixe, sans lois, et il s'oppose alors à civilisé. Les philosophes se sont demandé si l'état sauvage était, comme le pensaient les anciens, la condition primitive de l'iiomme, ou s'il ne serait pas, comme Bonald l'a soutenu, l'effet d'une dégénération accidentelle. Quoi qu'il en soit, cet état est celui dans lequel ont été trouvées les peuplades qui couvraient la plus grande partie de l'Amérique et de l'intérieur de l'Afrique lors de la découverte de ces contrées. Du reste, l'état sauvage oflVe une foule de degrés, depuis le féroce Caraïbe jusqu'à l'Arabe nomade : l'état de barbarie est un intermédiaire entre l'état sauvage et l'état de société civilisée. Quelques amis des paradoxes, J.-J. Rousseau à leur tête, ont prétendu élever l'état sauvage au-dessus de l'étal de civilisation.